« N’ALLONS PAS PLUS LOIN QUE LES FRONTIÈRES DE CE DANS LE CADRE DE QUOI ON A DIT QUE LES CHOSES EXISTENT… ! »

 

Pendant ces derniers jours je suis tombée sur deux exemples des plus évidents et révoltants de ce combien la pensée humaine reste coincée dans certains limites (je peux me permettre de parler de l’espèce comme si je la regardais de l’extérieur car comme la Witch, je n’y appartiens plus) : et jusqu’au quel point – même en faisant l’impression qu’elle cherche de « nouveau » – elle ne dépasse, honteusement pas, de la frontière de ce qui a été « déjà trouvé », « autorisé », « attesté comme une possibilité unique » (et ce par quelle « autorité »… ?), existant.
Même si ce « autorisé et existant » niait tout ce qui est la logique, la dignité de l’autre et de soi-même, le bon sens et une conviction qu’on ne soit pas décérébré, aveugle ou handicapé à l’autre façon.
Cette conscience de la propulsion des humains à vouloir faire exclusivement les « découvertes » de ce qui se trouve déjà découvert, sans dépasser des frontières du « connu » (et surtout sans dépasser des celles de « l’autorisé », car là en plus la punition par les « autorités » et par la foule devient un vrai danger), j’avais déjà – pourquoi alors j’en parle aujourd’hui… ?
Car les exemples de ces derniers jours m’ont fait particulièrement fort penser sur certaines règles – des comportements humains persistants, et qui – hélas – font beaucoup du malheur et de la souffrance. Je pourrais dire même que cette limitation de la pensée – qui en général s’arrête sur les bords de « l’autorisé », du « déjà vécu et déjà connu », n’allant pas plus loin – est une des premières causes du fait que le pourcentage gigantesque de ce monde est en train de vivre la vie atroce, de subir, de s’esclaver, de « servir ».
Mais si seulement ça était la conséquence… !

 

***


Les deux exemples.

Voilà le premier.
« Have you heard the name Erwiana Sulistyaningsih? Her brutal story of torture and abuse at the hands of her employer in Hong Kong shocked the world and showed just how vulnerable domestic workers are to modern slavery ».
(L’histoire en entier est à lire sous ce lien : http://www.walkfree.org/hong-kong-domestic-workers/?utm_source=Subscribers&utm_medium=email&utm_campaign=hong-kong-domestic-workers&utm_content=Erwiana-HK_Petition_Chaser_en_Active_13Feb15).
En réaction et en réponse, l’Association Walk Free – de l’autre part une des plus respectables et nécessaires associations qui existent sur ce shitted monde – déclare :
« No one should suffer as Erwiana did. But the reality is that behind closed doors throughout Hong Kong, one of the wealthiest cities in the world, thousands more domestic workers like Erwiana face the same risks ».
Par conséquent… Voilà ce qu’elle propose :
« Call on the Hong Kong Government to put in place procedures to regulate and monitor placement agencies right now by:
– Establishing a robust, proactive body that monitors, investigates and punishes agencies that charge excessive fees, confiscate passports and encourage underpayment of wages;
– Introducing a government run system for payment of recruitment fees and wages so agencies and employers cannot exploit workers;
– Establishing a body where government, workers and employers agree on recruitment fees, and work towards the international standard of ‘no fee to the employee ».
On dirait que les bons gens qui semblent véritablement croire qu’ils font le grand pas en avant sur le chemin de la libération des personnes de l’esclavage, ont perdu quelque part le discernement : et considèrent que fringuer habillé(e) en un tablier et avec une serpillière dans la main en s’occupant du « bien-être » du « propriétaire » (qui donc – selon toute la logique d’un tel raisonnement – « vaut » mieux et dont le « bien-être » vaut mieux également, que celui de l’esclave enserpilliéré(e) puisque ce premier possède plus d’argent pour payer l’asservissement ici évoqué) – n’est pas un esclavage et que c’est la chose « normale ».
La raison de penser ainsi… ?
Il y a plusieurs – mais celle que « ainsi était depuis toujours » est une des raisons générales.
(Note importante : le fait que j’ai décidé de mettre la lettre « e » entre les parenthèses dans l’exemple en haut, n’est peut-être pas très légitimé : ne pas voir de l’ignominie et de l’abus commis sur les personnes enserpilliérÉes ayant une autre raisons à l’importance monstrueuse. Les personnes enserpilliérÉes de cette société, et de toutes les sociétés de ce shitted monde, sont principalement les femmes.
Et bien, le patriarcat a beaucoup à voir avec la limitation de la pensée sur laquelle parle ce texte, et avec le maintien gouvernemental obstiné de « status quo » chez le peuple.
…Qu’il faut tenir court, donc dont la pensée devrait être tenue court également. D’ailleurs, comment on peut s’en étonner – si même Erwiana elle-même rassure la presse :
« What I hope for together with my fellow domestic workers are just fair and humane treatment and for people to stop treating us like slaves »… ?(!)

 

Capture d’écran 2015-02-16 à 17.43.00recad
L’absurdité numéro 1 : « Help end modern slavery »…
without end modern slavery.
L’image : capture de l’écran du site Walk Free.

 

***

 

« Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce » – dit l’Association L214, et cela est la citation de la « loi » française.
Même donc les défenseurs des animaux – ceux qui s’y battent le plus – n’auraient-ils pas vu de la dialectique rampante de leur propre déclaration… ?
Ne se rendraient-ils pas de compte qu’on a à faire avec une incohérence logique, puisqu’il est certain qu’avoir un « propriétaire », être une « propriété » de quelqu’un – N’EST PAS « un impératif biologique » de quelle que soit l’espèce, quel que soit l’être vivant… ?
Et si on se rend compte de ce fait – la déclaration, qui aurait dû sans doute être sérieuse et noble – ne devient-elle pas simplement risible et insensée… ?

 

Capture d’écran 2015-02-10 à 22.41.48recad
L’absurdité numéro 2 : « Assurer aux êtres sensibles
les conditions compatibles avec les impératifs biologiques
de leur espèce sans assurer aux êtres sensibles
des conditions compatibles avec les impératifs
biologiques de leur espèce ».
ILS SONT FORTS, CEUX-LÀ… !

 

***

 

Ces déclarations et les exemples – d’une limitation de raisonnement sur les choses, et des actes de « rechercher des solutions à… » qui – ne dépassant pas des frontières de ce qui est « l’état établi », mènent souvent aux pseudo-changements hypocrites et aberrants – sont (ce qui est logique mais malheureux) la domaine des associations qui combattent pour les choses valant réellement la peine. Et même – qui, devraient être changées nécessairement et au plus vite pour finir avec certaines ignominies et les crimes restant aujourd’hui légitimés.
C’est normal – car ceux qui ne se battent pas – n’ont même pas de l’intérêt de chercher des solutions ni des moyens de changer quoi que ce soit.

Mais donc : comment ça se fait – que même les associations qui combattent l’extermination animale, ou celles qui luttent pour la liberté des personnes – n’arrivent pas de quitter de la frontière de la pensée, en dehors de laquelle seulement on voit l’hypocrisie et le détournement, voire la risibilité des certains constats… ?
La propulsion conservatrice malgré tout… ?
L’amour immobiliste de la « douceur avant tout, autrement on est en danger et on a peur » … ?
L’aversion pour tout ce qui est radical – même si ce « radical » est une condition incontournable pour que ça puisse être digne et pour que les crimes, la privation des Droits Fondamentaux des certains êtres vivants, et un simple parasitisme sur les vies des certains – puissent voir sa fin… ?

 

LE CERVEAU HUMAIN NE S’AVENTURE PAS PLUS LOIN
QUE CE À QUOI ON L’AIT « HABITUÉ » ET « AUTORISÉ »…

 

Enfin, un cerveau statistique et considéré comme « normal ».
Et cela est un fait honteux.
…Ce son trait caractéristique est très bien profité (car depuis toujours ça paie magnifiquement) par les « autorités » de tous les genres – et surtout gouvernementales.
C’est aussi par ce fait, l’appel : « N’ALLONS PAS PLUS LOIN QUE LES FRONTIÈRES DE CE DONT ON A DIT QUE LES CHOSES EXISTENT… ! » – est le plus humiliant, et témoignant le plus sur la limitation cérébrale de celui qui le suit – qu’on peut s’imaginer.

 

UNE DÉFAILLANCE OF THE BRAIN… ?

 

…Pour la définir une fois plus précisément, on pourrait dire que cette défaillance se résume au fait que les individus de l’espèce humaine – et ce leur partie prédominante, accablante par sa portée – dans leur raisonnement, leur pensée, dans ce qu’ils sont capables de « s’imaginer »… NE DÉPASSENT JAMAIS de la ligne, d’une frontière en-dehors de laquelle il se trouve ce qu’ils « n’ont pas connu déjà précédemment ».
Ou : ils ne dépassent jamais de la ligne, d’une frontière À L’INTÉRIEUR DE LAQUELLE il se trouve ce qu’on leur a montré, manipulé, indiqué, dit, appris.
(L’esclavage est mauvais… ? Créons un « meilleur » esclavage… !
Le système de la Vème république est perverse…? Faisons le VIème, mais aussi république : les mêmes règles, sauf que nous dirions qu’elles soient différentes… !
On harcèle les femmes de ménage…? Créons les beaux « lois » – bien sûr « beaux » seulement prétendument et selon ceux qui utiliseront les femmes-torchons – qui diront qu’il faut pas harceler des femmes de ménage {mais nos cerveaux sont TROP esclavés et emprisonnés pour réagir plutôt par une idée qu’il faut finir avec l’esclavage quel qu’il soit et répondre par donner la raison aux lois fondamentaux de chacun, les lois qui mettraient au clair qu’il est UNE CHOSE INDIGNE de mettre l’autre en asservissement…!}

Certains salauds font le mal aux animaux « possédés », donc – est ce que c’est moi qui fait ici l’erreur logique…? – se trouvant dans la position des OBJETS, des CHOSES…?
Statuons alors – et ce avec tout le sérieux – qu’il faut que dans L’EMPRISONNEMENT ET L’ENCAGEMENT, on procède avec chaque animaux « en accord avec ce qui aille avec la nature de son espèce » {ET « EN ACCORD AVEC CETTE « NATURE », ON CONTINUE DE LES RETENIR EN CAGES, sans le moindre réflexe qui nous ordonnerait de penser sur la perversité, de l’hypocrisie et de l’aberration – la chose toute sauf naturelle – de telle situation…!
Il y a même les véritables dingues – qui se battent pour le « bien-être » soi-disant des animaux dans… les ZOO-s, sans le moindre propos en simultané, que pour qu’un être vivant puisse sentir le bien-être… il ne doit d’abord pas se trouver derrière les barreaux… ! C’est un peu comme si se faire une bataille pour le gavage des oies « humanitaire » et « avec respect pour la psychologie des oiseaux »… en se souciant en même temps de « droit » des gros rustres à se remplir leurs ventres de ces détritus des martyres…}
Les personnes « Sans Papiers » sont exterminées par les noyades dans les mers de tout le monde… ? Crions contre cette extermination et indignons-nous – mais aux mêmes instants, signons une suivante condamnation pour une jeune femme dans la « situation irrégulière » et refusons lui le droit à gagner sa vie : elle ne va sûrement pas ni atterrir dans un bordel, ni au fond de la rivière, comme cet homme que nous avons condamnés il y a quelques jours… !
Etcetera, etcetera, etcetera).
Faisons que ce qui est « autorisé » et « connu ».

Tout ça – en abstrahant de la règle de l’obéissance, qui n’est pas le sujet de ce texte – est l’exemple de la LIMITATION HORRIBLE, VOIRE MONSTRUEUSE, DU CERVEAU HUMAIN.
…Dont la pensée, la soi-disante « réflexion » – évolue toujours dans la fourchette du « déjà existant ».
Rien de nouveau…!

 

CHANGEONS LES CHOSES… !

 

« Changeons les choses… ! », mais : « ce qui a été dit – a été dit », « ce n’est pas à toucher » – c’est à dire, il pourrait sembler que le mot a son poids et ce qui a été statué est considéré par le sujet comme inchangeable.
(On effleure ici le principe du poids immense du mot une fois prononcé, du fait de « nommer » la réalité et les règles – qui transforme cette réalité en l’apprivoisant – http://www.fabula.org/actualites/l-acte-de-nommer-linguistique_19266.php* – et d’une tradition : il est pourtant étrange que dans les situations où de se tenir des règles du « mot sacré » et de l’habitude est désavantageux et ne va pas avec l’intérêt de l’individu, celui-ci dans la plupart des cas n’a d’aucun problème avec oublier le caractère sacrée de la parole… Ce qu’on nomme d’ailleurs la « loi » et les paroles gouvernementales en sont le meilleur exemple).
Il semble alors, paradoxalement, que la limitation de la pensée humaine se limiterait… là où se limite son propre intérêt… ?
L’erreur du raisonnement.
J’ose de penser, que là où il s’agit de l’intérêt propre de l’individu, dans la situation où ce dit intérêt le mènerait à dépasser toutes les règles… il le dépasse, tout simplement – mais il ne s’agit pas du tout de finir avec la limitation de la pensée – mais… de ne plus penser du tout. Le propre intérêt est tellement important, qu’on laisse tomber tout ce qui était la limite, et également cérébrale.
Seulement, ce n’est pas un tel « dés-emprisonnement » (je n’utilise exprès pas ici du mot « libération ») qui devrait intéresser l’humain – au moins celui qui veut enlever ses propres jougs mentaux…
Comment le faire de les enlever alors… ?
Si lui-même s’obstine tellement dans l’habitude de rester « dedans le cercle de la sécurité », et où ce sont « les autres », qui vont « dehors » et plus loin… ?
(Alors, qui… ? Dans une « société » qui ne tarde pas d’envoyer au bûcher ceux et celles qui le font, qui dépassent le « connu » et qui se font les voyages « non-autorisés » sur les terrains inexplorés, cela est une question d’un perverse ou d’un désespéré, on le dirait…
Sauf si la réponse – au moins partielle – ne s’imposerait.
Arrêter de dresser les gens dès qu’ils naissent, et pour que même leur logique et la propension à penser eux-mêmes se trouve en défaillance… ?
Cesser de dresser les « suiveurs », qui dissimuleraient – et ce même par la négation de la simple logique – les erreurs et les immondices du « système » qui lui-même leur a bien infligé la défaillance… ?
Parler aux jeunes gens des certains valeurs… – hélas, ici on tombe sur un grand obstacle, car ces valeurs sont par hasard les mêmes que les gouvernements tiennent au plus fort que les gens ne les apprennent jamais ni n’en entendent jamais.
L’indépendance de la pensée et de la réflexion – qui ne permette pas de se « diriger » par aucun « parce que le monsieur a dit » y serait la première. Avec, au premier rang : le courage, l’intégrité de ce qu’on est et de ce qu’on pense, l’indépendance des appâts financiers et l’insoumission à ceux qui veulent acheter les personnes en brandissant devant leurs yeux des appâts financiers…
Peut-être, une année minimum en solitude complète, en séparation totale du « troupeau » pour chacun – y aussi servirait. Car regarder le « troupeau humain » d’en-dehors, avec toutes ses débilités et les « lois » qui prétendent au « sérieux » – ça enlève le respect pour tout ce qui a été ou serait « écrit » ou « établi », en en quoi les « autorités » quelconques exigeraient qu’on y croie – sauf que l’on y croie vraiment).

 

ALLER PLUS LOIN QUE LES FRONTIÈRES
DE CE DANS LE CADRE DE QUOI ON A DIT QUE LES CHOSES EXISTENT… !

 

La simple logique – si on veut un peu regarder autour – met en évidence le constat suivant:
Les lois et les règles du monde d’avant « nous » ont été crées par le cerveau humain d’avant nous, le cerveau arriéré,
moins développé qu’il est aujourd’hui -
et il est la chose aberrante donc de s’y tenir aujourd’hui.
Et pourtant, le monde – tel un réactionnaire et un lâche – s’en tient convulsivement.
On dirait même qu’il choppe un infarctus à chaque fois où abolir une « loi » immonde menace le bien-être des vieux boucs au gouvernail du bateau. Il semblerait qu’il réagit par une peur bleue toujours où les certaines « règles » – celles dont l’insensité ressemble plutôt à un atavisme que l’autre chose – risquent d’être mises en question ou combattues.

Le système de l’ancien monde a été fondé sur une hypocrisie et les immondices accablantes.

L’hypocrisie et les immondices sur lesquelles, en dépit de la logique – suite de la lâcheté, la soumission et la bêtise des uns, et suite de l’adoration du « status quo » et du « rien ne doit changer – car cela nous sert » des autres – il continue d’être basé.
Les deux exemples donnés dans ce texte, suivis par quelques autres, ne sont que le petit ersatz – des faits découpés de la réalité – de ce qui a le lieu autour.
Partout.
Pour continuer avec les mêmes exemples : ainsi être « propriété » de quelqu’un, que passer sa vie en SERVANT à l’autre avec une serpillière, N’EST PAS un impératif biologique de qui que ce soit ; quel que soit l’espèce, la race, le status – tout court – et ce s’il s’agisse d’un animal, ou s’il s’agisse d’un être humain non plus.
Ceux qui veulent encore penser ainsi se recrutent des mainteneurs de l’ancien système : patriarcal, machiste, prisonnier des animaux et prisonnier des êtres humains, violeur et vendeur des femmes – système de l’exploitation et de la décérébration.
Le système où les plus vieux, moches, repoussants et barbus – trouvaient toujours le moyen pour s’assurer ce qu’ils voulaient.
Au prix des crimes, des violations et des abus.

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BALLADYNA-WITCH ¥ / THÉÂTRE DE RÉVOLTE, XXI SIÈCLE
(Livry-Gargan, February 2015).
Le texte publié simultanément sur: http://balladyna-bloganarchiste.tumblr.com/post/111758276532/nallons-pas-plus-loin-que-les-frontieres-de-ce

* F. de Saussure aurait sans doute beaucoup à en parler… Et surtout sur la différence de la fonction des mots – celle qui est « nommer les choses » – et leur fonction qui peut sembler secondaire en étant en réel la principale – celle de créer la réalité par « combiner plusieurs mots »…
En plus simple – celui qui dicte qu’est ce que ressemble la « réalité », est celui qui les maîtrise le mieux – ou… celui qui les manipule le mieux.
(« The most important function of language does not consist in designating things, but in relating and combining words in different ways »…)

« MOI, QUI N’AVAIS PLUS RIEN À PERDRE, JE CRIAIS D’UNE VOIX FORTE, SÛRE D EMOI: POURQUOI ME FRAPPEZ-VOUS…? J’AI AUSSI LES DROITS…! COMMENT POUVEZ-VOUS VOUS CONTENTER DE VOIR LES GENS MOURIR SANS AGIR…?! »*

I AM THE GODDESS OF HELL FIRE AND I BRING YOU**…

Photographies of the creation: the screenshots from the video-recording of the performance « FIRE…! » (Music: « Fire…! » de Arthur Brown. La Cantada, 5 décembre 2014). As Arthur Brown: Duncan Clarke. Performance du « FIRE… ! » a été liée et consacrée au thème des brûlures des visages des Femmes en Iran, et en protest contre le système patriarcal. Avec les paroles finales et la présentation du livre de Azam Hadj Heydari « Le Prix de rester humain ».

 

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Ça n’aurait pas dû être tout à fait comme ça.
Mais on n’a jamais vraiment travaillé ensemble, tout était fait sans la préparation suffisante, tout a existé plutôt grâce à s’avoir parlé sur les choses que grâce à les avoir testé comme il faut en avance. …Mais qu’est ce que tu fais, Duncan…?! Tu aurais dû menacer avec ton fouet au public – surtout pas à moi, la Witch – et qu’est ce que je vois sur la vidéo…? Et cette corde – qui au cours des quelques minutes a gagné la signification tellement différente que ce dont on parlait…?
M’enrouler dedans et de me libérer.
Dans tous les cas personne ne m’aura sur une laisse…!
…Les effets de faire une performance presque sans la préparation qui l’aurait précédée, si on le fait en duo, sont mortels.
Les gestes, les expressions, les mouvements.
Le sens – qui, lui – se perd…?
Vraiment… ?
La corde, qui devrait servir pour un lien de contact entre la Witch et le personnage au micro – est devenue comme un outil de – on dirait – presque ligotement, les regards menaçants du chanteur – qui me visent soudainement au lieu de viser le public (dansant devant, je m’en rends compte seulement en regardant la vidéo), ainsi que certains objets dans ses mains – sont la source de l’impression évidente: malgré mon non-accord à incarner un personnage féminin contrôlé et encagé, malgré avoir décidé de la chose totalement différente, on a à faire ici avec la description d’un emprisonnement, une métaphore – et une mise en scène spontanée d’un essai de la prise de contrôle sur l’individu féminin qui vole jusqu’aux les points les plus éloignés du centre de la cage.
La Witch – qui se prend sa place dans cette espace minimale, la Witch qui n’hésite pas d’aller jusqu’aux murs de la cave de La Cantada – mais toujours se trouvant sur un fil – est une évidence: tout cela raconte l’univers incarcéré, on est dans une prison.
Je – suis: DANS UNE CAGE…!
- « Virer cette vidéo, virer tout le souvenir de cette satane danse…! La Witch – N’EST PAS D’ACCORD, ON NE L’ENFERMERA JAMAIS PLUS : NI DANS UN IMPOSSIBLE, NI DANS UNE CAGE : AVEC PERSONNE ET NULLE PART…! »

 

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…Et – ici – quelque chose comme la lueur de la conscience.
Serait-ce uninexplicable concours des circonstances: qu’exactement aujourd’hui, le jour de la performance, quelques heures avant et sans planifier (je n’aurais même pas dû être là), je me suis trouvée dans ce lieu, au Boulevard Saint-Michel, Paris – et où j’ai rencontré Nabi Niakan, avec qui nous avons discuté assez longtemps, tout devant le stand avec les photographies des femmes aux visages brûlés par l’acide par les criminels musulmans jouissant des pleins droits de traiter une femme pire qu’on traite un chien… ?
Donc, le droit a l’encager, à la faire souffrir, à transformer son visage en une plaie brûlante.
À taillader son visage, sa dignité, sa vie…?

***

Au cours des dernières semaines, au moins 25 femmes – en Iran seulement – ont été « traitées » par l’acide par leurs bourreaux certains qu’ils sont impunissables.
Et même si c’aurait été une seule…
« Où sont nos visages…?! » – crient les femmes des affiches à Paris.
Elles devraient crier: « Rendez-les nous…! Rendez-les nous, et allez vous pendre… ! Allez – sinon, c’est nous, quo allons maintenant brûler vos vies, vos corps des faiblards frustrés, et vos consciences…! »
Vous allez brûler.
Pas comme vous avez planifié.

***

Moi, qui dans mon autre vie, avant devenir la Witch – ou simplement avant que le processus a été conclu et a pris sa fin – dans toute l’inconscience des crimes commis probablement tout à côté, me promenais joyeusement dans les rues d’Ispahan, la même ville où aujourd’hui on organise les manifestations… Moi, reconduite par la police à Téhéran à leur commissariat, et ce exactement pour un « délit » de porter une bandana qui permettait à s’échapper à quelques mèches trop visibles… Moi, qui malgré voyager pendant la moitié du trip avec les amis-hommes ne trouvais pas d’être une chose normale de ne pas pouvoir prendre de ma liberté de pénétrer seule dans les ruelles qui m’intéressaient… (« Tu es venue là, tu devrais respecter leur culture…! » – m’ont brusqué-t-ils, en lien avec les exigences sexistes de leurs confrères musulmanes, de ne pas me promener seule et de me couvrir jusqu’aux oreilles – en prenant par ceci clairement leur position en ce qui concernait les violations de ma liberté, dans la situation où la leur, puisqu’ils possédaient les corps masculins, ne se trouvait pas en danger. Seriez-vous totalement bourrés, mes prétendus amis…?! Faut savoir faire la différence entre la culture qui ne mettrait pas en question de la dignité et de droit au bonheur de la personne – et celle qui se donne le droit de statuer que la moitié de l’humanité est en réel une caste des sous-humain(e)s, des esclaves asservi(e)s à l’autre sexe…!). Moi verbalisée pendant une visite dans le musée de la civilisation sexiste à la capitale, encore pour avoir porté une manche trop courte : qui dans un 30° environ ou plus ne cachait pas de ma main jusqu’aux doigts…
Et enfin – moi : qui a dû vivre, et ce également par les raisons discriminatives, la discrimination des femmes ayant la soif de la liberté étant incorporée dans le système patriarcal – ici, en France, à Paris – dans une véritable cage suite de mon refus immuable de me voir « attribuée » à un homme, et malgré qu’une fois ils m’ont eue, poussée au bout… ? Ne serait-ce pas pour que aujourd’hui je comprenne une autre enfermée en cage… ?
Ne serait-ce pas – pour que je comprenne : tou(te)s encagé(e)s du monde… ?
ET PAR QUELLE RAISON ÉTRANGE JE DÉBARQUE AUJOURD’HUI ICI, DANS CETTE RUE – ET CE TOUT AVANT LA PERFORMANCE : ET NE SERAIT-CE PAS POUR QU’ELLE BRÛLE… ?

 

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« LE PRIX DE RESTER HUMAIN »

 

« Un témoignage captivant et douloureux sur une des périodes les plus sombres de l’histoire, trouvant de troublants échos avec l’horreur des camps de concentrations nazis » – on a écrit du livre de l’Iranienne Azam Hadj Heydari, résistante contre le régime des religieux et le régime patriarcal tout cour.
Pourchassée par les chiens de Khomeiny, incarcérée pendant les années dans une prison organisée par les gardiens du système, et pendant huit mois enfermée dans une cage, accroupie, aux yeux bandés, elle a échappé la mort, et aussi celle de son âme.
Un témoignage sur une des périodes de l’histoire…?
Les échos troublants avec l’horreur des camps de concentration nazis…?
Seulement les échos…?
De l’histoire – ainsi que des crimes de l’extermination, des morts commis bien sûr sur celles qui depuis les siècles, le début de ce monde, traitaient comme la chose évidente, l’affaire de l’honneur et de la dignité, donc de la survie*** – de ne pas suivre de l’ordre qu’une moitié de l’espèce humaine – celle aux corps du genre masculin – a réussi d’imposer à l’autre – née avec les corps des femmes…?
Les photographies sont atroces. Monstrueuses même, et encore plus s’il existait le mot plus fort.

 

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- « Je veux bien faire comprendre dans quelle famille je suis née et j’ai grandi – écrit Azam Hadj Heydari : dont le livre j’emporte avec moi le jour de la performance. – « Une famille fanatique et religieuse imprégnée de l’idéologie des mollahs, qui n’accorde aux femmes d’aucune valeur et pour qui ces dernières n’ont été crées que pour assouvir les désirs des hommes. Dans cette conception, la femme n’a d’aucune identité. Avant le mariage, elle a l’identité de son père. Après le mariage, celle de son mari. Et même après la mort de ce dernier, elle n’a toujours pas d’identité propre, mais est reconnue à travers un de ses fils dont elle va porter le nom. La femme n’a qu’un rôle : faire la cuisine, la vaisselle, la lessive, tout ce dont l’homme a besoin, lui faire des enfants et les élever. Dans de nombreuses maisons de notre quartier, les hommes n’appelaient pas leur femme par leur prénom, mais par le nom de leur fils, comme par exemple « maman Hassan ». (…) Dans certaines familles, on appelle même la femme par un nom masculin qui est le plus souvent celui d’un enfant mort »****.  
BRÛLE… ! BRÛLE, FIRE… !
« …You’ve been living like a little boy,
in the middle of your little world.
And your mind, your tiny mind,
you know you’ve really been so blind.
Now’s your time burn your mind,
you’re falling far too far behind.
Fire, I’ll take you to burn »…

 

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* Azam Hadj Heydari: « Le Prix de rester humain »; Jean-Claude GawseWITCH (!) Éditeur, Paris 2010.
** Comp. : http://www.youtube.com/watch?v=NOErZuzZpS8
*** Il y en a encore celles pour qui ces deux – honneur et la dignité – signifient la survie.
**** Ibid (*).

Le stand de Nabi Niakan et de l’Association des Réfugiés Politiques Iraniens en France au Boulevard Saint-Michel à Paris (Place de la Sorbonne) va y rester toute la semaine. Avec la possibilité de signer la pétition contre le régime religieux des mollahs en Iran et d’acheter plusieurs livres traitant des sujets de la domination sexiste dans la culture crée par les religieux, discrimination des femmes et crimes commis sur les « exemplaires non-obéissants », ainsi que sur le régime politique en général.

BALLADYNA IN THE STORM / THÉÂTRE DE RÉVOLTE, XXI SIÈCLE. 

 

 

FUC(…)ING LES DEPRESSIFS.
NIE ZAMYKAJ OCZU


« I later calculated that all that destruction, and waste of the ressurces (…)
could easily provide (les moyens) for every human need on the planet ».
(Jacque Fresco, dans la vidéo « Question Everything » :
http://youtu.be/Z6xaBYUlDYw).



 

Paris, Gare de l’Est.
Après la minuit. Le temps pour ceux qui aiment le noir, le lieu duquel les bus de la provenance de la capitale partent, les chemins comme les bras de l’étoile, à toutes les villes de banlieue. Le lieu où la fissure entre les sorts des milles des personnes dont les chemins se croisent ici, est visible jusqu’au point qu’on ne peut pas nier de l’ignominie du systèmE.
Ce dont je vais écrire ici, est bien su et connu – tous se sont habitués et tous le vivent sans révolte, bien contents que pas eux – pas aujourd’hui… ? dans la prochaine vie… ? – appartiennent aux condamnés.
Tous voient alors.
Pourtant la juxtaposition des deux mondes est aujourd’hui – et chaque jour – de plus en plus grossière, arrogante, shameless, éhontée.
Les  deux mondes – et les symboles de deux, corps après corps, visage après visage, la puanteur des pieds pas lavés (car où – donc pourquoi…?) depuis plusieurs jours ou peut-être plus que ça – et le parfum qui veut ressembler l’Imperial Majesty.
(Cette question me travaille dans la tête : comment peut-on acheter le parfum pour cents milles d’euros, si on pourrait payer avec la même somme les années de la vie à une personne qui crève aujourd’hui sur un matelas près de l’hôtel, et à laquelle le gouvernement immonde a « interdit » de gagner sa vie – car la peur que la personne puisse enlever du budget national quelques milles d’euros annuels est trop grande… ?
Et bien, il y a la peur. Par exemple, celle ressentie par la femme d’un chef de la grande entreprise, d’un gouverneur ou d’un ministre, qui se sert de cette bouteille qui sent bon, et ayant un bouchon avec un diamant de 5 carats…
Une rareté… !) 

Donc aujourd’hui, je vois tout cela près de la gare.
Tout – se trouve ici.
Peut-être, je le vois juste ce soir, plus fort encore que normalement et plus distinctement, à cause de ce que j’ai vécu la même journée, un peu plus tôt, ou peut-être simplement à cause des panneaux lumineux de l’hôtel à côté duquel je passe en attendant à mon bus, et sur lequel les prix affichés dépassent le revenu mensuel d’un homme absent sur un matelas que je vois posé à quelques pas de la porte.
Peut-être à cause des deux.
Peut-être, aussi, parce que j’ai passé par plusieurs vies, et je sais que dans chacune on veut une seule chose. Cette chose-là s’appelle le bonheur: et je sais également qu’il y a les vies dans lesquelles on ne peut que mépriser l’aveuglerie et la bêtise des humains qui – ayant le droit politiquement accordé au dit bonheur, n’hésitent pas de « donner les conseils » aux exterminés par les pouvoirs politiques avec la lenteur plus encore cruelle que si c’était par une balle envoyée directement au crâne.
Les « conseils », et les sagesses débiles (et oui, un vrai paradoxe linguistique fondé sur antonymie car la chose est tellement incroyable) : en style « Tu vas voir ; tu changeras la façon de penser et de voir le monde – et tout changera ».
« Hop…! », « J’étais exterminé – j’ai changé la façon de le voir, et je ne suis plus, youppiiii… ! » 

 

 

Et oui, les présidents des pays qui discriminent les personnes – cesseront de discriminer les individus.
Les « autorités » qui jouent avec l’humanité des condamnés à la rue – arrêteront de jouer avec les vies.
Les fonctionnaires-chiens, plus zélés que leurs maîtres – vont cesser de déchaîner leur vivacité sur les privés des Human Rights en se payant par ceci leur propre droit indéniable à l’éternelle frustration.
Et toi, avec ton problème DANS TA TÊTE EXCLUSIVEMENT – tu comprendras que ce que tu te sens discriminé… ce n’est qu’une impression, ce n’est pas le fait, ce n’est pas objectif : et tu verras, exterminé – tu ne le seras plus… !
On dit tout cela pendant que c’est toi qui dort sur le matelas sous un hôtel, et pendant que ce sont eux, qui y entrent par la porte… N’est ce pas inadmissible… ? Et la question supplémentaire se pose ici : où l’homme, la femme – en cours de l’évolution qui a pris le tournant tellement honteux – ont perdu la brillance programmée de l’esprit…?
Dis-moi, belle Française (Belge, Italienne, Allemande – dans tous les cas, il ne s’agit pas vraiment de la nationalité, mais du fric sur ton compte – mais vu que les « papiers » possédés conditionnent ton droit à le gagner sur ce monde… la chose est claire et la gestion du nombre des esclaves maintenu parles gouverneurs (et je dis ici sur les esclaves de tous les genres : travaillant, jeté(e)s dehors, poussé(e)s au mariage, sexuel(le)s, etc.) – stable et assurant bien la ressource de tout ce qu’il faut aux gros porcs qui n’arrêtent pas de crier que le système est inchangeable et qu’il faut mettre sous le contrôle les révoltés car ils ne sont que le perdus qui ne savent pas que servir au maître est une seule vocation de l’être humain. 
…Dis-moi, belle Française donc (Belge, Italienne, Allemande) : pourrais-tu t’imaginer toi-même – comme tu le fais aujourd’hui – dans le rôle d’une prophète qui oserait de prôner devant les exterminés de tous les genres tes jugements reluisant de la naïveté – comme celui par exemple « qu’il faut seulement commencer de penser autrement, et hop ! – tout va changer »… ? De heurter leurs oreilles avec les bêtises prononcées sans honte… ? Oserais-tu de le faire – si à part de prononcer ces sagesses douteuses, et à part de t’efforcer à « donner les conseils » à cinq sous à ceux à qui tu n’as pas de droit moral ni éthique de les donner, tu aurais un peu plus de l’imagination et de la souplesse de l’esprit – jusqu’au point d’être capable à te visualiser, toi-même – à la place de ceux à qui tu oses aujourd’hui de parler… ?

 

 

Et si ton imagination était un peu seulement plus développée, tu pourrais t’imaginer peut-être – même si tu n’es pas en mesure de te mettre à la place de l’« autre » aujourd’hui – que dans la prochaine vie – ce sera à toi…?
Le problème, c’est ce qu’ils ne peuvent pas, qu’ils refusent : de s’imaginer.
Simplement ce n’est pas possible, s’est trop dur, et ils n’ont pas de la force.
Ils, elles, s’imaginent seulement ce… qu’ils ne sont pas obligés de « s’imaginer » du tout, car dans tous les cas ils l’ont dans leurs vies. Ils ne sont pas capables donc à supposer qu’il est possible d’avoir les problèmes qui n’auraient pas de leur source « dans la tête » (et, inversement : ils ne s’imaginent pas non plus qu’il est possible de ne pas avoir des problèmes « dans leurs têtes » : ils sont très fragiles et dépensent la grande partie de leur patrimoine pour payer les conseils des spécialistes, qui leur« permettent de se tenir psychologiquement sur la surface »…!
Ils refusent aussi de penser là où pour penser – il faudrait d’abord voir les choses.
- « Ça, c’est dangereux »…!



***


Ily a le refus constant des individus – donc de la société entière – de voir les choses.
Car hélas, si on les voyait – il faudrait arrêter de chanter les joyeuses musiques et les textes des bienheureux : et à se décider à la révolte.
- …Mais pourquoi tu T’ACCROCHES À ÇA…? – demandent, sans rien comprendre, les auteurs des dits textes à l’honneur du bonheur et des songs de la grande prophétie révélant que la vie, si on le veut, peut être belle (et oui: elle le peut – seulement il faudrait agir peut-être, pour qu’elle puisse de l’être pour tous, et pour ceux qui crèvent dans le néant aux mêmes instants où toi, tu chantes tes idioties enfantines, et ceux qui n’ont pas droit à sourire sans avoir mal, et ceux qui n’ont que de se vendre pour ne pas se noyer demain matin ou cette nuit encore, et ceux qui votre gouvernement condamne à un sort de la chair vivante pendant que vous baisez joyeusement les esclaves dans les beaux hôtels, et ceux qui bouffent DE LA MERDE que vous jetez à la poubelle car vous, vous avez les droits et eux – n’ont qu’un éternel « Non ».
Blasphème, swearword sur vos têtes… !
Mais d’abord encore – la honte.

***


- « Et pourquoi tu t’accroches autant à ça…? » – ils et elles continuent de demander.
Ils et elles – ceux et celles qui font les jolis textes, qui de leur part ne font pas avancer de ce monde même s’ils soignent les âmes faibles des riches dépressifs clients des cabinets.
- Tu as besoin de ÇA…? – ils continuent.
Les grands inconscients. Je ne « m’accroche » à rien: je ne suis simplement pas d’accord pour que les uns meurent et les autres vivent en marchant sur leurs cadavres*. Serait-ce jusqu’au tel point difficile à comprendre… ?
Je ne suis simplement pas d’accord pour que les uns aient la vie toute en laideuret la souffrance, et les autres chantent en offrant aux gens une plate supercherie disant que la vie est belle.
Je ne suis simplement pas d’accord – à un tel mensonge.
Je ne suis simplement pas d’accord – à un AUTO-mensonge, exécutée avec telle maestria par les artistes et par les coachs des esprits faibles et incertains.
Je ne suis simplement pas d’accord – pour qu’on appelle les gens à fermer leurs yeux.

 

 


- « Tu ne te donnes pas droit à être heureuse…! » – crient donc les bandes des dépressifs qui se débarrassent de leurs dépressions au prix de la cécité et du lie.
Putain, je suis pourtant capable de ressentir le bonheur – malgré tout…
MALGRÉ – TOUT.
Surtout donc plus capable que ceux qui pour le ressentir doivent se barrer dans un faux paradis des chants sur le bien-être de ce monde.
J’en suis dans l’état, et je n’ai pas des problèmes des êtres égosensibles** : mais je sais aujourd’hui également ce combien facile est devenir écorché du bonheur qu’on a en soi : et comment cruellement ça arrive qu’on nous le vole si le « pouvoir politique » en décide – en tranchant par ceci de l’extermination d’un être humain.
À tous ceux qui osent – ou oseront en avenir, car des inconscients des enjeux politiques et des prôneurs des bontés du système est une armée – de me sortir avec les conclusions gênantes qu’il « faut se donner le droit à… ne pas voir des choses », et que c’est ça, et pas l’action pour les changer, qui serait la condition d’être heureux – à tous ceux qui n’arrêtent, toujours et sans cesse, de juger ceux qui ne restent pas en silence et n’hésitent pas de parler de l’hypocrisie contemporaine – je dis combien ils se trompent.
Je ne m’accroche pas ni à rien : le clou est juste en ce que j’ai vécu plusieurs vies, et (donc) j’arrive à m’imaginer dans les autres.
Il y en a, à qui ce fait dérange, car il n’engendre pas du calme


***


Les prôneurs de la beauté aveugle de la vie poussent pourtant, en ayant peur de tout mais bizarrement pas peur de l’exagération indigeste :
- « Tu vas voir : change ta façon de regarder ce monde et tout changera pour toi… ! » - ils continuent sur leur ligne. Et là, je fais ce qu’on appelle « péter les plombs ».
- « Je ne veux pas que ça « change POUR MOI », mon amétrope… ! Moi, je vais bien, as-tu entendu enfin, toi à qui ton bien-être personnel suffit et t’acalme… ? Je veux que CE MONDE – change : est-ce tellement difficile à cerner, et n’êtes-vous réellement pas aptes à le comprendre ou au moins à le concevoir… ?


 

Vouloir convaincre ce monde que le problème de tous les malheureux de cette terre « ne nous concerne pas », et qu’en plus « il se trouve forcement dans les têtes des personnes », est une chose simplement immonde.
Il est même incroyable de prétendre une chose pareille sans être simultanément gêné par sa propre hypocrisie (le « jeu » en « manque prétendu de la vue »).
Je répète, et répèterai éternellement : si tu as un problème, de ce qu’on nomme le « mal-être », ou le problème de n’importe quel genre, et qui te semble fixé à l’intérieur – il y a toujours une cause extérieure à trouver.
TOUJOURS.
Si tu n’arrives pas de la préciser – tu as effectivement le problème de la conscience.
Une incapacité de trouver la
cause – dans la réalité où tout est comme le mécanisme des toothed wheels – est une pure preuve de ton manque de la perspicacité, de l’aptitude de l’auto-observation, de l’autoréflexion et de l’analyse de toi-même et de ta propre vie.
Et si tu ne trouves pas de la cause de ton « mal-être » dans ta vie elle-même, si tu n’arrives pas à la préciser, peut-être s’est simplement la mauvaise bouffe et le manque de l’activité physique, qui t’alourdissent l’esprit et enlèvent la joie à ton corps : c’est très simple (à ça, on peut aussi chercher de la cause, car ce n’est pas ici que tout commence).

Mais si les « autorités » te prennent tes droits à ÊTRE, simplement, et à respirer, comme le font les autres – tu peux beau de te prétendre un prophète, et de chercher des causes encore : tu ne peux changer rien dans cette réalité dantesque couverte d’une supercherie organisée par les dirigeants ainsi que par le docile peuple.
Là, il restent seulement les bourgeois de la bohème, qui se prétendent les prophètes.
Malheureusement, en ce qui concerne les problèmes politiques et leur impact sur les vies des humains, ce sont eux qui sont le moins informés de tous.


***

 

Il est clair que ceux pour qui le bonheur est lie fermement avec la condition « de ne pas voir », estimeront toujours que puisque tu vois, ne fermes pas des yeux, et tu n’hésites pas à en parler – si ce soit dans ta création ou dans ta vie – tu ne te donnes pas droit à être heureux, heureuse.
Pour être claire : les gens qui ont les problèmes « dans leurs têtes », ne m’intéressent pas et c’est le principe de base.
Ainsi que ceux qui chantent que puisqu’ils peuvent se le permettre, ils ne voient pas des problèmes à l’autre côté du mur, la vie est belle et adorable, faisons donc un suivant chanson.
Leur art ne change de rien, même s’il est fait avec le plus grand talent du monde.
À part de soigner leurs semblables qui peuvent se permettre de vivre leurs dépressions et leurs états à la Prozac, bien sûr – mais ça ne change rien dans la réalité établie : celle de l’extermination des êtres humains, aujourd’hui et tout près : car ici, dans vos rues.

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BALLADYNA / THÉÂTRE DE RÉVOLTE. PHOTOGRAPHIES: THÉÂTRE DE RÉVOLTE
(1 – « Personnages », 3 & 4 – « Gare De L’Est, Paris ») & LES CAPTURES D’ÉCRAN DE LA VIDÉO
« QUESTION EVERYTHING »/Jacque Fresco (2 & 5).

* La conclusion : « Je ne « m’accroche » à rien: je ne suis simplement pas d’accord pour que les uns meurent et les autres vivent en marchant sur leurs cadavres » a un rapport direct avec les paroles de NICOLE CHARPAIL – comédienne, auteure et créatrice de « Miss GRIFF Association » – qui appelle les participants de ses ateliers du théâtre – eux-mêmes les auteurs : «  TROUVEZ-VOUS quelque chose qui – dans la réalité qui vous entoure – ne vous convienne pas, avec quoi vous n’êtes pasd’accord… ! Il n’est pas possible – d’être d’accord avec tout, avec cette réalité : elle ne laisse pas d’en être d’accord. Donc –TROUVEZ-LE… ! »
Les seuls qui ne le trouvent pas – sont les idiots ou les lâches.
(Les paroles de Nicole Charpail sont ici transcrits et cités à la manière approximative car puisant dans la mémoire).
** L’association des : « égo » et « sensible », signalant une fragilité de l’individu concernant surtout les problèmes liés à son « moi », et sa concentration sur ses propres faiblesses. 

WZGÓRZA, PAGÓRKI PRZEBIEGŁAM. ŚWIAT WE WŁOSACH MI SIĘ SZAMOTAŁ…

 

WITCH

 

Les œuvres de ANNE-MARIE VESCO contiennent en elles un grand Étrange.
Et ce n’est pas « la magie » : la magie, on utilise ce mot trop souvent en lui adonnant le sens lié à l’enfance – les petites couleurs joyeuses – tout allégé comme un fromage diététique emballé dans le rose. Ici rien de ça. Les œuvres sont sombres et lumineuses en même temps.
Chacune raconte une histoire importante, l’histoire de la vie.

Chacune a un sens.
Elles ont changé, ces œuvres, depuis deux ans pendant lesquelles je n’ai pas pu de les voir : aujourd’hui pas des corbeaux et des crânes peints sur le toile sobre, et que j’aimais autant – surtout ces oiseaux avec les ailes rapaces. Il n’y a plus de ce qui correspondait avec mon cri de l’époque : le cri horrible dans le temps réel, le cri qui aujourd’hui reste dans l’âme et qui sort, sortira toujours – malgré l’atrocité finie.
Mais il y en a toujours le Sang de la conscience.

 

…LE SANG, IL Y EN AURA TOUJOURS.

 

Le Sang, du cœur, de l’âme – c’est ce qui donne la vie, symbolise la tragédie et l’extase (seulement ceux qui n’ont jamais été près de deux en même temps, demandent : « Tu es masochiste, comme ça… ? »). Le Sang coulait sur mes jambes et il coulait de mes bras, le Sang comme une vocifération et comme la force avec laquelle tout se liait, une telle condition de la bataille pour qu’elle ne soit pas perdue, une nécessite : sinon, tu meurs, tu n’existes plus.
Le Sang… !
Les fleurs sauvages qui poussaient – toujours encore – de ma tête : dans tout le centre de l’enfer, elles – elles toujours poussaient… !
Et moi, en passant par l’enfer…
Je hurlais, je chantais.
Lilith… ! Un chant – à la guitare et à la vielle à roue de Éfren Lopez (Efren… ! J’ai racheté la nouvelle guitare, les fleurs noires pousseront encore… !)
Lilith courait par l’enfer et ses pieds étaient trop vites pour que les lois gouvernementales puissent l’attraper, et elle – était plus forte que tout avec quoi on voulait la combattre.
TE VOIR MORTE… !
TE VOIR ANÉANTIE… !
…Elle savait même quand ne pas sentir, quand sentir signifierait mourir.
Elle savait.
Et elle marchait.

 
***

« Wzgôrza, pagôrki przebieglam,
Wiatr we wlosach mi sié szamotal…
Stopy, stopy o kamienie
Ranilo sié serce

Wzgôrza, pagôrki przebieglam,
wiatr we wlosach mi sié szamotal…
Wlosy w szczyty mi zaplàtal
Serce na ostrze wbil

Wzgôrza, pagôrki przebieglam,
wiatr we wlosach mi sié szamotal…
Stopy, te stopy o kamienie
Ranilo sié serce
Wzgôrza, pagôrki przebieglam,
wiatr we wlosach mi sié szamotal…
Wlosy w szczyty mi zaplàtal
Serce na ostrze wbil
Serce
Na ostrze wbil
Serce
Na ostrze wbil
Serce
Na ostrze
WBIL… !


Wzgôrza, w przepascie wpadlam
Krwià we wlosach, wlosach malowalam
Na czerwieni w ogniu sié unioslam
…Jestem sosnà
Jestem sosnà
Jestem sosnà
Jestem sosnà…

Ploné…!
Jestem sosnà, jestem sosnà, jestem sosnà, jestem sosnà,
Jestem…
Wlosy na wiatr
Jestem…
Wlosy na wiatr rzucilam
Jestem…
Wlosy na wiatr…

Ploné…!
Do nieba, do piekla, do nieba, do piekla, do nieba, do piekla,
do nieba, do piekla, do nieba, do piekla, YA-AH… !

Wlosy na wiatr
Rzucilam
…KWIATY MI Z GLOWY WYROSLY… 
Jestem sosnà
Sosnà, sosnà, sosnà… !
Jestem sosnà, jestem sosnà
Jestem… Wlosy na wiatr…
Jestem…
Wlosy na wiatr
Rzucilam, rzucilam, rzucilam
JESTEM…
KWIATY MI Z GLOWY WYROSLY… 
Jestem…
Wlosy na wiatr…

JESTEM…
KWIATY MI Z GLOWY WYROSLY

Wyrosly
Wyrosly
Wyrosly…

Ploné…!

Wlosy mi plonà
Jestem sosnà
Wlosy na wiatr
Wlosy na wiatr
Wlosy na wiatr…
Do nieba, do piekla, do nieba, do piekla, do nieba, do piekla,
do nieba, do piekla, do nieba, do piekla, do nieba, do piekla, YA-HA… !
Jestem sosnà, jestem sosnà, jestem sosnà…
Wlosy na wiatr… !

 

WITCH



WZGÓRZA, PAGÓRKI PRZEBIEGŁAM
WIATR WE WŁOSACH MI SIĘ SZAMOTAŁ
WZGÓRZA, PAGÓRKI PRZEBIEGŁAM
ŚWIAT WE WŁOSACH MI SIĘ SZAMOTAŁ
WZGÓRZA, PAGÓRKI PRZEBIEGŁAM
WIATR WE WŁOSACH ROZKWITL MI

KWIAT WE WŁOSACH ROZKWITL MI
WIATR WE WŁOSACH ROZKWITL MI
KWIAT WE WŁOSACH ROZKWITL MI… ».

 

***

 

Et voilà ce soir – je vois LA WITCH.
Je la vois – c’est elle, LILITH.
Et je me vois, moi-même – et je vois les centaines des Sorcières que les rois des pays ainsi que les peuples depuis les décennies condamnaient et brûlaient sur les bûchers de ce monde.
JE ME VOIS.
Elle, avec les fleurs sur son front, comme les gouttes du Sang, les fleurs qui poussent de sa tête et qui apparaissent comme les Stigmatas d’une Witch maudite et glorifiée, tout ça dans une seule vie.
Le Sang qui coulait de mon cœur.
Le Sang – qui gicle aujourd’hui, vos gueules…!

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Texte & photographie de l’œuvre de ANNE-MARIE VESCO : BALLADYNA IN THE STORM / THÉÂTRE DE RÉVOLTE, 12-13.10.2014. Le song « CHANT DE LILITH », enregistré en 2008 avec Éfren Lopez-Sanz se trouve en écoute et en téléchargement sur Deezer (www.deezer.com/album/1225445) et Bandcamp (balladyna.bandcamp.com/album/chant-de-lilith). L’atelier de l’artiste peintre ANNE-MARIE VESCO reste ouvert pour les visiteurs encore demain – le 13 octobre 2014 – de 14h à 18h, à 17/23 Rue Beaumarchais au Montreuil.

AUTANT QUE… (TEXTE APRÈS LA PERFORMANCE “NE CESSEZ JAMAIS DE VOUS BATTRE”)

LE TEXTE EST UN REPRINT DE L’ARTICLE PUBLIÉ EN ORIGINAL LE 10.07.2014 SUR LE SITE « BALLADYNA / WITCH’S WRITINGS »: http://balladyna-witchswritings.tumblr.com/post/91371395892/autant-que-texte-apres-la-performance-ne-cessez.

 

AUTANT QU’UN SEUL EXTERMINÉ SUR CETTE TERRE – EXISTE.
AUTANT QU’UN SEUL EXTERMINÉ – SI CE SOIT PAR UNE ARME DU FER OU SI CE SOIT PAR VOTRE LOI.
AUTANT QUE – EN SOUMISSION ET DANS LA PEUR – VOUS EXÉCUTEZ LES ARRÊTÉS DE L’EXTERMINATION.
AUTANT QUE VOS BOUCHES RESTENT SANS MOT, VOS CŒURS SANS COURAGE ET VOS ESPRITS SANS RÉACTION.
AUTANT QUE VOUS PAYEZ POUR LA MORT ET AUTANT QUE VOUS VIVEZ DE VOTRE PROPRE ESCLAVAGE.
AUTANT QUE VOTRE PROCHE VOUS EST UN ENNEMI CAR AINSI VOUS AVAIT DIT VOTRE GOVERNOR ET PUISQUE VOUS AVEZ SUIVI SON ORDRE – SANS SENTIR NI DE L’IMMONDICE, NI DE LA RÉVOLTE, NI DE BESOIN D’UN CRI.

 

A Capture d’écran 2014-07-04 à 02.25.07

 

« EN VRAI, JE N’AI PAS LE DROIT.
PAS LE DROIT DE CHANTER ICI, DE DANSER, DE PASSER UNE SOIRÉE HEUREUSE ET AGRÉABLE, PAS DROIT :  D’ÊTRE PARMI VOUS.
EN VRAI, JE N’AI PAS LE DROIT.
PAS LE DROIT À ÇA AUTANT LONGTEMPS QUE SUR CE MONDE – À DEUX, À DIX, À MILLE DES PAS DE NOUS, DE V O U S, DE CETTE SALLE – EXISTE UNE RÉALITÉ DANS LAQUELLE LES HUMAINS MEURENT : ET MEURENT PAS PARCE QU’ILS MEURENT, NON – MAIS PARCE QU’ON LES TUE, COURTEMENT ET SIMPLEMENT.
JE N’AI PAS DE CE DROIT : CHANTER NI DANSER, NI MÊME RIRE SI CE RIRE ME FAISAIT D’OUBLIER L’EXTÉRIEUR INCONCEVABLE.
ET VOUS, VOUS N’AVEZ PAS DROIT : TELS SOUMIS, LES CERVEAUX MANIPULABLES (« PAIN ET JEUX OLYMPIQUES.. ! ») DE MANGER VOTRE PIZZA, DE VOUS ÉCROULER DANS VOTRE FAUTEUIL, DE REGARDER VOTRE FOOTBALL VENDABLE – QUAND AUX MÊMES MOMENTS, ON NOIE LES GENS DANS LA MER, ET AUSSI DANS LA MER DE VOS RUES.
VOUS-MÊMES EXÉCUTEZ L’ORDRE QUI EST CELUI DES CRIMINELS.

AVONS-NOUS LE DROIT – À RESPIRER… ?
AVONS-NOUS CE DROIT – QUI SEMBLE TELLEMENT FONDAMENTAL À CEUX QUI EN DISPOSENT, MAIS QUI NE L’EST PAS POUR CEUX QUI NE L’ONT PAS… ?
AVONS-NOUS CE DROIT – SI NOUS N’AGISSONS PAS… ?!

UNE SEULE CHOSE QUE JE PEUX DONC – SI JE SUIS DÉJÀ LÀ, ET COMME DANS TOUS LES CAS JE NE PEUX PAS VIVRE SANS CRI: QUI EST ATROCE ET HORRIBLE, MAIS QUI EST L’EXTASE EN MÊME TEMPS… (ON N’A PAS DROIT DE RESTER SANS VOIX, SANS MOT, SANS ACTION: SINON, ÇA SIGNIFIERAIT QU’ON EST D’ACCORD À CE QUI SE PASSE, QU’ON RESTE EN SILENCE; OR LES CHOSES QUI ONT LIEU SUR CE MONDE NE LE PERMETTENT PAS, ÉTANT TROP IMMONDES)…
UNE SEULE CHOSE QUE JE PEUX DONC – SI JE SUIS DÉJÀ LÀ, ET COMME J’AI UN CORPS ET UNE ÂME QUI RÉCLAMENT FORT CES ACTIONS – UNE SEULE CHOSE QUE JE PEUX DONC, AVEC LES OUTILS, LES ARMES QUE JE DISPOSE – C’EST D’EN HURLER, C’EST D’EN CRIER, C’EST EN DANSER.
DANSER ET CRIER : ET CRIER FORT, JUSQU’AU HURLEMENT – POUR QUE VOUS ARRÊTIEZ DE FAIRE PERSISTER CET ORDRE – QUI EST CELUI DU MEURTRE.
DANSER ET CRIER : ET CRIER FORT, JUSQU’AU HURLEMENT – POUR QUE VOUS VOUS RÉVEILLIEZ, POUR QUE VOUS CESSIEZ DE VOUS SOUMETTRE AUX BOURREAUX, POUR QUE VOUS CESSIEZ DE SUIVRE CE QUI VOUS DISENT VOTRE PEUR ET VOTRE CAFARDISE IRRÉFRAGABLE, POUR QUE VOUS CESSIEZ D’EXÉCUTER – LES ORDRES.
CAR C’EST UN HOLOCAUST – QUE VOUS EXÉCUTEZ ICI, SUR CETTE TERRE.
VOUS OUBLIEZ SEULEMENT D’EN PENSER ET D’EN PARLER »*.

 

Inhabitants of the Interzone

 

La performance après laquelle j’ai commencé d’écrire ce texte – et dont une partie a été le song « SABBATH (MAIS LES INNOCENTS VONT SOUFFRIR AUSSI) », version with the part « …ET LES SORCIÈRES… » – à trouver dans l’album « OSTRACISED ! » en cliquant sur le lien ici - a été inspirée (si parler de « l’inspiration » la plus directe) par le viol et meurtre des deux fillettes en Inde – pendues par les hommes-chiens à un arbre après le viol. Le concert et la choreograph¥ étaient consacrés à toutes les Witches, ainsi qu’à toutes les victimes de la société patriarcale – ainsi qu’à celles dont la dite société – toujours encore et infiniment – veut faire les victimes, en employant pour cela: la force, les ruses, et les paragraphes bien construits de la « loi ».
À tou(te)s celles qui font la guerre pour leur Liberté et leur Dignité des (No-More-)Women, No-More-Humans.
« Ne cessez jamais de vous battre ».


A Capture d’écran 2014-07-04 à 02.44.18-A

 

…Mais c’est aussi le texte que je planifiais – et en vrai, que j’aurais dû faire entendre, prononcé avec la vive voix, au moins quelques mots, les faire sonner et résonner comme un song – le jour de ma performance à l’occasion de la dernière Fête de la Musique à la CASA Poblano à Montreuil.
Le texte résonnant pourtant dans ma propre tête et dans ma propre conscience – la vitesse des préparations (paradoxalement étant en même temps la chose qui a engendré toutes les pensées qui vont suivre) empêchait quelconque travail sur le mot qui pourrait sortir en forme différente que celle du chant expressionniste.

À cause de la vitesse avec laquelle passaient les jours qui ont précédé l’événement, à cause de manque des certaines possibilités et certains moyens, mais surtout à cause du fait que les pouvoirs politiques et économiques de cette terre ont bien maîtrisé le jeu – en réussissant de faire tout pour interdire aux personnes d’avoir LEUR temps pour ELLES – en état d’urgence, il manquait peu pour que je sois en retard pour ma propre performance. Si pas l’organisation parfaite de l’événement et l’incroyable conscience (je dis : « incroyable » vu le niveau de l’inconscience générale de la société) des organisateurs – Minute Papillon Prod. – concernant ce en quoi peut se trouver transformée une vie après une guerre (et qu’elle continue d’être une guerre)  –  il a manqué très peu pour que le jour « J » je ne puisse ni chanter, ni choreograph¥er, ni parler par tous ces moyens de ce dont parler… est aujourd’hui nécessaire, vital, et dont laisser en silence serait – un crime.

 

***

 

Et pourtant – il en a manqué.
…Il en a manqué très peu : pour que je ne puisse ni parler des certaines choses (par hasard exactement celles dont l’existence est inadmissible et qui malgré ça existent bien sans que « le peuple » se révolte), ni être parmi vous. Parmi ceux qui « en ont droit » pendant que les autres soit ne les ont pas soit sont tués avant qu’un mot sorte de leur poumons et de leur bouche, les « pouvoirs » déjà évoqués voulant la voir monstrueusement déformée par la souffrance qui rend fou, mad, crazy, aliène, folle.
Qui tue, simplement.
Si tu deviens un fou, le monde ne t’écoute plus : et c’est ça de quoi il s’agit, n’est ce pas… ?
… 
Il a manqué très peu pour que je ne me trouve pas parmi vous – « les ayant droits à vivre » – et pour que je ne puisse pas de vous parler.
Très peu aussi – pour que je ne puisse – ni « avoir droit », ni « être autorisée » – ni « être », tout court.
Être – comme vous, vous « êtes ».
Naturellement.
Sans vous poser de la question sur un quelconque « privilège » : car la vie, est-elle un « privilège », une chose qui peut être attribuée par l’autre, contrôlée par lui, proscrite… ?
Faut-il être un « autorisé » – pour pouvoir AVOIR la sienne… ?
Pour pouvoir en DÉCIDER… ?
Pouvoir dire « NON », dire « OUI », dire « ÇA, JE NE LE VEUX PAS » quand tout en nous se révolte… ?

La terre d’aujourd’hui est pourtant un lieu où « être » est devenu une chose pas du tout naturelle.
Ah, cela est naturel pourtant, cela est une chose la plus normale qui existe, vous dites, et quelles bêtises je vous écris… ?
Bien sûr. Votre inconscience est trop grande. Et même, elle est immense et accablante. 

 

***

 

Il n’y a pas de « naturel » aujourd’hui.
Il n’y a que les « autorisations ».
Vous avez une… ? Délivrée par une autorité infectueuse, et devant laquelle vous penchez votre tête comme si devant une divinité de l’Olympe…? Hourrah, vous avez le  d r o i t  à votre vie donc… ! Les véritables heureux.
Mais pas les héros.
…Ne pas  ê t r e  donc… ! Toi, sans « autorisation »… !

…Cela plairait, et même trop, aux governors de toutes les sortes : ceux-là font toujours ce qui est possible pour que la voix de la personne qui a pu voir trop – et surtout de ce qui est le « dessous » des supercheries bien organisées sur le niveau national et supranational – et qui a pu se rendre compte de l’existence du mécanisme – des  t e c h n i q u e s  même – de l’extermination contemporaine, l’extermination « à la douce », de l’extermination par la discrimination nationaliste, sexiste et raciale « au pays qui ne discrimine point » – ne puisse ni sonner, ni être entendue, ni être traitée sérieusement.

 

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Hélas pour eux, cette fois vous avez pu entendre.
J’étais là il y a quelques jours – et j’ai pu chanter « TO DEATH OF THE EXECUTIONERS », j’ai pu choreograph¥er, danser TO DEATH, SABBATH** et THE FOX*** et de mettre la peinture noire partout car la terre sous mes pieds était accueillante.
Ce dernier fait, après les longues années d’assumer les tentatives de l’extermination douce en France, je ressens toujours comme une exception et une chose effleurant l’irréel, malgré que depuis ce temps j’ai recevais les preuves de l’amitié, de l’accueil et de la bienveillance – tout ça étant aussi indicible qu’incroyable.
Après les choses du certain genre et de certain poids – ainsi que de certaine immondice dont l’existence on se rend compte seulement si on la vit – l’état d’esprit que je nommerais la vigilance, l’état d’être aux aguets vis à vis des « autorités » dont l’illégitimité on voit plus clairement si quand on regarderait un ciel à l’aube, reste pourtant inchangeable.
Et c’est très bien comme ça.
La Witch… !, personne ne va te surprendre désormais, personne te voir sidérée : tu es sans un point faible aujourd’hui pour eux – tu ne mourras plus ni de leurs balles, ni de leurs mensonges, ni de leur feintes, des jeux et des stratagèmes qui n’ont jamais de leur fin… !

La Femme maudite n’est plus une Femme.

Hex, Sorgin, Sorcière… ! Voilà ce qu’elle est depuis le temps où ils ont essayé de l’avoir morte – si pas l’avoir pour eux.
À eux, elle ne sera jamais : depuis le premier jour elle leur crachait dans les visages en rêvant de sa liberté quand ils l’emprisonnaient et quand ils tentaient (la « loi » patriarcale est bien pensée et parfaitement mise au point), depuis le premier jour elle les méprisait comme on méprise une immondice la plus grande.

 

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Les mots que j’aurais dû dire parmi les songs de la performance, après les premiers pas de la danse « TO DEATH OF THE EXECUTIONERS », étant déjà sur place, pendant la soirée à laquelle heureusement j’ai réussi d’arriver au dernier moment (voilà la victoire symbolique…), les paroles dont, ayant la conscience du temps qui passait trop vite, et emportée dans les flots de la peinture qui était comme le Sang Noir, je n’ai pas dit – étaient les mots d’un appel.
…Car j’ai failli de ne pas être là – et pas seulement ce jour-là : ne pas être là, du tout, parmi vous – et pourtant, encore vous ne me croyez point quand aujourd’hui je vous parle de l’existence des certains mécanismes, mis tellement bien en place, avec la perfection incomparable avec rien et avec la véritable maestria des professionnels du carnage, perversement – par ceux dont le but est d’amener certaines des « non-humaines » à l’état dans lequel elles deviendront soit les objets de l’usage, soit – sinon – mortes.

 

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Lilith Guerrière dit donc ce qui suit :
- « Ils voulaient me voir morte.
Morte – ou usable.

J’en parle clairement car je n’ai pas de la peur : ni de la mort, ni – il parait – que plus de rien.

Je n’ai pas senti de cette peur d’ailleurs, jamais depuis des années. Sauf, peut-être, une seule fois  – où elle a été près mais où le moment n’était pas bon.
Trop m’était pris, avant – et l’enfer à passer a été trop atroce, cruel, hideux et trop immense – pour que je puisse porter en moi la moindre crainte, l’effroi, quelconque hésitation avant l’acte.
Rien ne m’arrête – et rien ne m’arrêtera plus.
Je SUIS – ce qui est à Faire.
Rien ne m’arrête – avant l’action ». 

 

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Mécanisme – celui de l’extermination.
Douce, lente, invisible pour un œil de l’extérieur, invisible pour ceux qui « ont droit »… à ne pas voir.
On dirait, un mécanisme indétectable.
Si on s’en taise.
Si ceux qui l’ont vaincu – n’en parlent plus.
Mais Lilith – elle va prendre la parole.
Malgré tout.

 

***

 

Drame premier, scène numéro quatre-vingt troisième.
LILITH PARLE.

 

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LILITH :
– « Aujourd’hui, comme je l’ai vécu, et vu, moi-même – comme je l’ai senti sur ma propre peau : le toucher de la mort, l’horreur, l’atrocité de la réalité, la menace… Leurs cris : « Tu seras avilie, abaissée, humiliée, rien ne va te sauver de nous, qui sommes les maîtres du monde… ! », « C’est nous qui décidons de ton sort, ici, maintenant, demain, éternellement…! », « Et toi, tu nous seras un jouet, comme toutes les autres… ! », « Nous ferons tout pour que le monde crache : sur toi et sur ce que tu es – nous deviendrons les gestionnaires – de ton corps, de ton âme, de ton esprit… ! »  – je peux voir ce mécanisme, cette technique – gouvernementale, nationale, patronale – désormais à chaque fois qu’elle se trouve employée.
De ne pas en douter aussi, comme vous le faites – car les choses vous semblent incroyables et trop éloignées de ce qui est votre propre expérience – donc sûrement pas réelles et pas véritables.
Je ne dis même pas combien injustes sentent les personnes exterminées – les telles réactions.
Même si on se rend compte que les réactions du genre sont celles des bourgeois bohème soi-disant, des autres théoristes ou des esclaves apeurés de l’action, des inconscients, des simples idiots, et même si on sait bien que certains se protègent en sécurisant leur conscience par un mensonge imposé comme ils le peuvent… ».

 

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Ce que je voulais dire parmi les songs, les gestes et les arrachements plus ou moins violents de ma performance dernière, aurait été donc les mots : « Regardez, il y a les gens dehors quand nous, on (s’en)chante… ! Il y a les gens exterminé(e)s par la persistance des bourreaux, des législateurs, des servants et des soumis sous l’« autorité » horrifiante, les gens avili(e)s, les gens torturé(e)s, les gens tué(e)s… Et qui – eux, elles, pas comme moi aujourd’hui, et  depuis pas longtemps – ce soir ni peut-être jamais ne pourront être parmi vous.
Avons-nous donc – le droit, nous – à… ÊTRE… ?
…Ne croyez jamais que ce qui vous paraît inconcevable, n’appartenant pas à votre réalité, inimaginable dans votre vie – et  simplement, tout court: inimaginable – n’existe pas. La plupart pensent ainsi, en choisissant cette facilité et le manque de l’exercice cérébral : il est vrai que pas conçu pour les lâches, donc pas pour tous.
Mais est ce qu’être lâche – cela doit être la nature d’un humain… ?

Ne serait-ce pas mieux – si un jour, tous en disaient : « STOP »… ?
…Ne croyez jamais que ce qui vous paraît inimaginable, ne soit pas une chose réelle : une telle conviction vient le plus simplement de la paresse de votre cerveau – et est motivée par une raison tellement basse comme l’absence de l’effort.
…Ne croyez jamais que celui que vous voyez presque-mort, ait « choisi » cet état (quelle pensée parfaitement commode d’ailleurs… – mais combien il faut être perverti pour penser ainsi… ?)
…Ne croyez pas – comme beaucoup de vous adorent de faire – que la personne exterminée « ait son extermination dans sa tête », « qu’elle l’ait inventé » : puisque quand on est exterminé, on le sait bien ; ce sont ceux qui regardent de l’extérieur qui n’en savent rien.

 

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…Ne croyez jamais – que ceux que votre gouvernement a condamné à l’avilissement, à la haine, à la violence, à l’enfer infini et au bonheur qui ne peut que seulement se rêver quand on se trouve dans une cage, à la non-existence, enfin à la mort… À la folie peut-être, avant que cette dernière arrive… ? Aux atrocités de servir comme un objet – à vous… ? Aux traitements inhumains… ? Aux abus que vous voyez sans voir (vous pouvez vous permettre à ce luxe incontestable d’être aveugles), et dont les effets vous achetez avec la joie infantile car tout le processus vous échappe et car cela vous convient autant, parfaitement… ?
Aux… quoi encore…?
…Ne croyez jamais – que ceux qui votre gouvernement a condamné à l’invivable – s’« imaginent » les choses dont ils vous parlent.
S’ILS – parlent.
La vie dépasse l’imagination – et un thriller le plus sanguinaire coule encore moins du sang que le cœur de celui ou celle que les « autorités » veulent voir mort(e), fou/folle, sans âme, sans plus de contrôle de ses sens, sans son esprit et sans son corps.

 

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J’ai dans ma chambre aujourd’hui une carte éditée par une compagnie du théâtre, et qui reste accrochée au mur : car malgré que pendant le temps de l’extermination douce et lente je ne conservais pas des objets, la réalité et les conditions de la vie ne le permettant pas simplement, j’ai sauvé celle-ci en y faisant une exception. Parmi autres. Il s’agit d’un imprime d’un spectacle de la Compagnie Trans Europe Théâtre.
« PERSONNE NE M’AURAIT CRU, ALORS JE ME SUIS TU » – était le titre.
Et bien, qu’on se taise donc… ! C’est ce qu’ils veulent exactement, vos governors - et certains de vou le savent bien malgré toutes leurs attitudes de l’inconscience.
Vous devriez rester bêtes, comme ils ont planifié, depuis le jour de votre naissance.

Vous devriez rester bêtes, somnolants comme vous l’êtes, pas du tout clever, pas brillants, pas éveillés, pas perspicaces, ne voyant pas d’un problème – ou même, le voyant pas là où il se trouve vraiment.
Vous devez considérer que le problème – est l’existence de votre proche : et pas du tout l’extermination tellement habilement mise en route par ceux qui tirent les ficelles de vos vies.
Voilà donc, l’existence de votre proche: qui fait le problème.
Le problème, c’est sa vie près de vous.

Le fait qu’il bouge.
Sa respiration. 

 

***

 

D’ailleurs, ce n’est pas un proche, c’est un usurpateur…!

 

***

 

Vos governors font tout pour que ceux qui ont passé par l’enfer conçu de leurs « lois » basées sur les immondices et les mensonges, ne puissent jamais de vous en parler.
Et vous, les SurVivantes… !
Après tout, l’intérêt de ceux qui ont voulu de vous voir mortes, ne peut être l’autre que celui de vous voir silencieuses, sans mot, sans cri.

– « Taisez-vous… ! »

 

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Vous voir morte aurait été une meilleure solution pour cela – car la plus sure : morte, vous ne parleriez plus. Mais, comme quant à cette chose-là, ils n’ont pas pu de l’obtenir facilement (vous avez vaincu votre propre mort, vous n’étiez pas devenue ni un objet de l’usage, ni une folle qui délirerait dans la rue et y crierait les mots sans sens, ils n’ont pas réussi non plus de vous enfermer même s’ils essayaient à toutes les façons de vous faire vivre les situations qui devraient  vous amener à l’état où cela serait la chose possible) – ce qui leur reste, c’est faire tout ce qu’il faut maintenant : pour vous écorcher de chaque minute, chaque pensée, chaque heure et chaque seconde de votre temps, qui compte pour vous pourtant mille fois de plus que ce qu’il compte pour un être humain dont la liberté de faire n’était jamais violée ni anéantie.
Le temps de votre vie.
Tout cela – ainsi que le processus de l’extermination lente, par la « loi » qui en persiste – est tellement bien mis en place, que le système – il pourrait sembler – n’est menacé par aucun défaut, aucune « erreur de fonctionnement », aucune malfaçon.
En vrai, une personne qui a passé par l’enfer que les gouvernements des pays « civilisés » ont l’apitude d’organiser à un être vivant dont le visage, la tête, la nationalité, le sexe (féminin, combiné avec trop besoin de liberté personnelle: et oui – c’est proscrit encore aujourd’hui, c’est à annihiler sans aucune pitié), la façon de vivre ou les convictions antipatronales (par exemple) « ne leur conviennent pas »… selon ce qui est conçu et programmé, ne doit pas – de sa part – être apte : ni à en parler, ni à avoir d’une vie épanouie, ni à l’avoit tout court et simplement.
…Mais surtout : ni à en parler… !

 

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Faut dire que c’est ici, que le système des governors, de ceux qui vous considérez pour les dieux et qui ne le sont pas (on dirait aussi que bien que ce sont eux, les usurpateurs, mais c’est vous qui leur donnez les armes), s’en occupe de la tâche le plus adroitement : car objectivement, les choses par lesquelles la personne aurait fallu passer sont d’habitude trop atroces, trop inhumaines et de la cruauté indicible pour qu’on puisse s’en sortir sans un traumatisme avéré et garanti.
Et bien, il y a les fous qui s’en sortent pourtant, peut-être puisque – à leur chance – déjà avant vivre l’inhumain ils étaient fous : leur résistance a une insanité à suivre a été donc trop grande.
Même si ne plus humains, ne plus humaines – ils, elles – s’en sortent.

 

***

 

Ils s’agit maintenant de ce que vous ne receviez pas de leurs mots comme décrivant une chose inconcevable donc inexistante, comme une invention « car la réalité ne peut pas être telle : la notre est so different… ! »
C’est en concevant cette différence, vos « rois » – qui gèrent aussi vos vies, vos envies, les décisions pseudovôtres, vos choix soi-disant et votre temps – obtiennent votre obéissance, votre soumission, et – votre accord à l’inconscience ainsi qu’à la désinvolture jusqu’à l’indolence et l’air guignol.
Ils acquièrent en vous un état de vos esprits dans lequel vous suivez les ordres des criminels qu’ils sont, eux : des exterminateurs et des bourreaux des êtres humains.
L’ordre, dans lequel vous croyez en plus comme dans une chose légitime et indiscutable.
Et cette endoctrination – est la plus grande victoire des exterminateurs contemporains.

 

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On vous fait croire que votre proche est votre ennemi : oui, il est « différent » de vous, son papier – délivré par une « autorité » humaine mais que vous traitez comme divine et céleste – ne stipule pas qu’il puisse vivre et qu’il puisse le faire librement, voilà la différence. Vous vous croyez donc « plus autorisés », plus des « droits » aux objets divers que vous possédez sur cette terre vous revienne, dans vos pays qui spolient les pays des autres nations et dans lesquels – d’une langue de l’hypocrisie – vous parlez de la « misère du monde » que vous ne pouvez pas nourrir, vous…
Est ce qu’une plus grande imposture – existe…?
Un plus grand mensonge…?
Un plus grand manque de la honte…?
Dois-je vous dire encore combien vous ressemblez les petits veaux, demeurant en obéissance, sans une pensée qui soit vraiment de vous et à vous, vous qui penchez vos têtes devant vos maîtres et devant ceux qui vous possèdent, vous : en exécutant les ordres qui exigent de vous l’indicible et l’immonde – et qui ne se décrit même plus…?
« Les « autorités politiques »… sont capables de changer la vie d’une personne qu’elles veulent voir Sans Droits, et qu’elles considèrent – ou veulent voir – Pas Humaine (car « Pas Humaines », il y’en a toujours besoin pour que la règne puisse s’exercer sans obstacles) en un cauchemar » – je me rappelle d’avoir écrit ces mots à un artiste, le jour même de la performance.

Envoyé à 12H35, tout avant la répétition du chant qui a dû se faire en deux heures à peine.
Même si j’arrive au dernier moment – car ils se sont tellement bien occupés pour que, surtout si vous voyiez l’enfer donc savez de quoi il est bâti (info confidentielle…!) – vous soyez toujours à court de temps**** – il faut en chanter.
Il faut en danser.
Il faut en parler.
Toutes les révoltées, les Witches, les Sorgin, les Hex, celles à qui on annonce que vous êtes les Étrangères de cette terre, toutes les sortant du Hell que les « lois » des barbus ont programmé pour vous, contre vous – la victoire sera à nous.

 

***

 

« …ET LES SORCIÈRES – CELLES QUE VOUS VOULIEZ TUER,
S’ENVOLENT… !,
DE TOUS LES SABBATHS DE CE MONDE – ELLES S’ENVOLENT
POUR VOUS FAIRE SOUFFRIR
SUR TOUTE LA TERRE,
LÀ OÙ VOUS ÊTES.
VOUS ASSIGNER LA SOUFFRANCE.
À – VOUS.
…POURRIEZ-V O U S
  ÊTRE ÉTONNÉS… ?
POURRIEZ-V O U S  – NOUS REPROCHER.
RIONS, LES SŒURS
RIONS, LES ÉTRANGÈRES… !
RIONS ».

 

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* FRAGMENT DU TEXTE PUBLIÉ DÉJÀ PRÉCÉDEMMENT, ASSEZ VITE APRÈS LA PERFORMANCE – COMME LA PRÉAMBULE AU TEXTE ENTIER. CETTE NOTE A ÉTÉ DIFFUSÉE ENSEMBLE AVEC LES SETS DES PHOTOGRAPHIES, SIGNÉES PAR CÉDRIC BARBIER (www.facebook.com/media/set/?set=a.492270474239792.1073741829.225033570963485&type=1) ET PARTIELLEMENT AVEC LE SET DES PHOTOGRAPHIES PAR ANDREAS CARAISCO (www.facebook.com/media/set/?set=a.305513846294476.1073741832.193336117512250&type=1).
** TOUS LES SONGS SONT SIGNÉS ฿ALLADYNA (LYRICS) & L.O.U.P. (MUSIC).
*** “THE FOX” EST LE TRACK SIGNÉ PAR LE DUO PSUKAÏ.
**** C’est pour l’éventualité si vous aviez trop d’envie d’en parler.

PHOTOGRAPHIES DE CE TEXTE : CÉDRIC BARBIER (PHOTOS & ENREGISTREMENT VIDÉO / SOURCE DES IMAGES) – From ฿ALLADYNA / Théâtre De Révolte’s Performance « NE CESSEZ JAMAIS DE VOUS BATTRE » (WITCH’S SONGS & Choreograph¥. MUSIC: L.O.U.P., Psukaï) AINSI QUE  DE LA “WITCH’S DANCE” (DUO WITH MINUTE PAPILLON, MUSICIENS: CLAUDE PARLE & KARIM N). FÊTE DE LA MUSIQUE 2014 / CASA POBLANO, MONTREUIL, 21 June 2014. ORGANISATION : MINUTE PAPILLON PROD.
LE TEXTE EST ACCOMPAGNÉ AUSSI PAR LES PHOTOGRAPHIES DE CHRISTIAN DEMARE: “INHABITANTS OF THE INTERZONE”, “AT NIGHT #5” & « NOWHERE #29″.

NOTE: L’AUTEURE DE CET ESSAI – POSSÉDANT UNE SOLIDE FORMATION LINGUISTIQUE UNIVERSITAIRE CONCERNANT SA PROPRE LANGUE ET LES LANGUES SLAVES, SUITE DE LA BATAILLE DURANT PLUSIEURS ANNÉES CONTRE LA GENTLE EXTERMINATION EN FRANCE (ET BIEN, CELA PREND TOUT LE TEMPS) A PU APPRENDRE LA LANGUE DE SON NOUVEAU PAYS EXCLUSIVEMENT À LA FAÇON AUTODIDACTE ET SPONTANÉEE, SANS FRÉQUENTER QUELCONQUES CURSUS. VEUILLEZ DONC ASSUMER LA RÉALITÉ DANS LAQUELLE VOUS ÊTES EN TRAIN DE LIRE  UNE NOUVELLE VERSION DE LA LANGUE FRANÇAISE, ET NE PAS REMONTRER AVEC UNE BASSE SATISFACTION DES ERREURS DE LA CONSTRUCTION DES PHRASES : IL EN EST TROP TARD.


« RESPIRE… ! S’IL LE FAUT – AVEC UN COUTEAU DANS TA POCHE ». QUELQUES MOTS SUR LA RESPIRATION DANS LA SOCIÉTÉ DES ESCLAVES SANS MENOTTES

 

« LE FEU
EN TOI
NE MOURRA, JAMAIS
…TES CHEVEUX NE VONT JAMAIS S’ÉTEINDRE.
RESPIRE
RESPIRE
RESPIRE
CONTRE LES TENTATIVES DE CEUX QUI VOUDRAIENT TE VOIR MOURIR
CONTRE LES TENTATIVES DES BOURREAUX
CONTRE CE QU’ON TE DISE ET CE EN QUOI ON VEUT TE FAIRE CROIRE
RESPIRE…!
RESPIRE…!
RESPIRE…!

S’IL LE FAUT – AVEC UN COUTEAU DANS TA POCHE…
RESPIRE…!

S’IL LE FAUT – AVEC UN COUTEAU DANS TA POCHE…

MAIS…
RESPIRE 

RESPIRE
RESPIRE… !!!
TES CHEVEUX NE VONT JAMAIS S’ÉTEINDRE…

RESPIRE… ! »

 

D-luminositeetcontrastechangesparmoi

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

« RESPIRE » – chanté comme une déclaration individuelle, comme un manifeste et un constat : d’être décidé à tout s’il s’agit de se battre et de défendre sa liberté – est aussi le song appelant à quelque chose dans le sens plus général.
Une révolution… ? Qu’est ce que c’est d’autre – si on crie aux gens : « Vous pouvez vous battre », « Vous pouvez : de ne pas laisser qu’on vous écrase », « Vous avez – les Droits »… ?
Droits Fondamentaux – qu’aucun gouvernement ne devrait être en mesure de vous prendre, en vous niant par cela comme l’humain… ?
Le song – le sang.
La révolution – quoi que vous ne compreniez en entendant ce mot, et quel que soit le niveau de votre compréhension.
Je m’en suis rendu compte de cela un peu plus tard que le song était écrit.
Il était écrit comme un cri venant de mes propres vécus, de mes propres expériences : car oui, on a effectivement essayé de me tuer, même si lentement ; vos gouverneurs voulaient de me voir morte – ou au moins avilie, privée des droits à être humaine, privée des droits qui se nomment fondamentaux – et puis, ne faisant pas du « problème » aux « pouvoirs », aux législateurs-menteurs ni aux exécuteurs des ordres qui comptent pour ces derniers plus qu’une vie.
« RESPIRE » – je l’ai écrite et hurlé après – comme le cri tiré de mes propres expériences, très concrètes, qui m’ont permis de me rendre compte des choses inapercevables pour tous car bien cachées par le législateur, par l’executioner, des choses inimaginables pour ceux qui respirent, et des choses ignobles qui existent malgré être inconcevables.
Et cette conscience – qu’à part de crier à partir des expériences et de mon vécu, qui n’aurait rien du traumatique si pas la politique et la « loi » qui (au pays européen prétendant – à la façon risible, on en est d’accord – que sa culture soit basée sur les valeurs venant du passé révolutionnaire) statue et légitime l’extermination lente des « pas autorisés à avoir une vie »…

…À sentir – quoi que ce soit, à rire, sourire ou à aimer. À ne pas être utilisés, exclus, chassés, traités comme les choses ou comme les êtres non-existants car « cette terre ne leur appartienne pas : cette terre – est : à nous ». C’est qui : « nous » pourtant… ? Vous me parlez sur vos étiquettes et votre drapeau… ? Ne voyez-vous pas que ce drapeau ne signifie plus rien à part de la honte… ? Ne le voyez vous pas… ? Vraiment… ?
V r a – i m e n t… ?
…Cette conscience donc – elle m’est venue les mois ou peut-être les années après l’écriture du chant. Peut-être c’était deux ans après sa première présentation au « Langage des Viscères » aux Trois Baudets à Paris… ? À la fin de mon séjour à l’enfer… ?
Conscience : qu’en criant de mon propre vécu, ma propre décision, inconditionnelle, de me prendre la liberté et de la prendre sans cesse, sans jamais hésiter, arrêter, chaque moment –

je cris d’une chose ayant le sens plus vaste encore.
Je crie à tous.
Cette conscience m’était venue avec encore plus de force ce jour où je passais à côté d’une affiche, collée dans le long couloir du métro. L’affiche du genre dont il y a de moins en moins dans la masse de ce qui se colle sur les murs de ce monde, les « œuvres » hideuses et horribles, qui parlent de la vente et incitent aux achats, si ce soit des corps animaliers ou si ce soit de la chair humaine. Ce que j’ai vu était pourtant une affiche différente de ceux-là. Il s’agissait d’un expo.

– « BREATHE… ! » – criaient les lettres, et qui elles-mêmes avaient l’air hurlant.
Et c’est en ce moment, que j’ai pensé : que tout ça a une liaison indéniable – dont il n’est pas possible de ne pas constater ni en avoir la conscience.
J’étais en train de courir pour – comme on le dit encore – « assurer une prestation ».

Une prestation pécuniaire : dont on parle également « le travail » et dont – malgré que l’esclavage est la chose honteuse – certains crétins en sont fiers.
Depuis le premier moment, en attendant le RER, quand j’ai regardé les gens autour – j’ai eu en moi cette pensée inchassable. Voilà la civilisation des esclaves. Des serfs, des captifs – et qui même ne se rendent pas de compte de ce combien l’ordre dans lequel ils vivent sans vie – l’ordre qu’on leur impose – est pervers et cruel.
Donc à changer, et ce immédiatement.
Pervers.
Pervers.
Pervers.
Esclaves qui en souffrent.

(Ne vous souffrez pas, peut-être, en vous levant chaque matin, dans vos bâtiments du béton quadruples pour aller aux lieux où on vous prend vos vies, vos années, vos mois et vos heures, contre votre autorisation de sur-vivre, pour que vous payiez votre place sur cette terre… ? Car bien… il faut payer… !
Mais payer… – à qui… ?)
Esclaves qui en souffrent – mais qui font « la carrière »… !
Au moins, ils se le disent, pour que leurs cervelles ne disjonctent, et pour qu’ils ne se retrouvent pas les fous à lier.
(« On a besoin des slaves, n’osez pas à devenir fous… ! »)
Esclaves qui en souffrent.

…mais qui n’ont même pas de la conscience de cette perversité qui est devenue une règle.
Esclaves – appris pendant les siècles que leur esclavage soit une raison de se sentir fiers, indoctrinés pour croire que leur status des prisonniers des « maîtres » – soit une base du contentement des êtres assujettis et écorchés…
Huit heures ou neuf heures du matin. Normalement, ce n’est pas l’heure où un humain, un être vivant tout court, sentirait quoi que ce soit qui ressemblerait à un instinct naturel de se mettre à « bosser » pour l’autre (« bosser » pour soi-même, créer selon son envie, suivre sa passion, c’est l’autre chose : mais la chose dont justement nous ne parlons pas ici).

Prendre le métro, manger en vitesse, en courant dans les passages entre les rames dans le transport pour les esclaves…
S’asservir (disons-le clairement et sans euphémismes).
Mais voilà – après cette première violation de ce qui est naturel, après avoir forcé les individus à cet esclavage de couper leu sommeil, de se déplacer pour suivre les ordres (à ceux qui attendent le RER, ou le métro, au matin, ayant les visages pales avec les restes du sommeil qui s’y dessine… il manque des menottes sur les mains pour que la photographie puisse être fiable) – il y a une autre… !
Toute l’industrie est là… !
Les vendeurs du café et des petits pains sucrés (si les esclaves avaient la liberté de ne pas être ici et à ces horaires, ils n’en achèteraient pas du tout de ce shit…  En plus, ils dormiraient encore… Mais là, les « propriétaires » ont eu une bonne astuce aussi. Le glucose contenu dans le shit vendu va direct dans le sang des personnes, l’esclave réagit donc toute de suite : cela le réveille pour les premières heures et fait de se sentir dynamique même celui qui ne dormait pas suffisamment. Après, vers midi, il faudra que les propriétaires de vos corps inventent une autre chose – de là – la pause déjeuner… Voilà vous de nouveau opérationnels… ! Pardon, je voulais dire : dirigeables…), les boulangers, les pâtisseurs, qui avec leurs produits à l’odeur qui réveille et la formule qui fait ainsi…
Servent, eux aussi.
Et puis, les psys… ! « Qu’est ce qu’il ne va pas, mon petit monsieur… ? Vous avez la difficulté de rejoindre le système… ? Ah, ah-ah : le système, qui vous veut pourtant teeeellement du bieeeen… ! Vous n’allez pas bien donc, dites… ? » Ceux-là, plus esclavés encore que les esclaves dont les âmes ils « soignent » par un lavage des cervelles bien pensé, se mettent au travail après toutes les violences que les individus ont subi au préalable.

« La faute, l’erreur – est en vous, les fous… ! »
Combien d’années on peut se lever à l’heure indiqué par un « maître », pas par votre propre corps, combien des nuits se coucher tôt car il faut aller à la boîte (cage, prison, etc.) tôt aussi, et combien des mois il est possible de faire ce que veut de toi quelqu’un autre… ?
Combien des semaines – sans faire de ce que tu rêves de faire, toi-même… ?
N’es-tu pas encore fou, toi, dis… ?
…Il hoche les épaules.
– « Pourrais-je vraiment vouloir quelque chose, moi-même… ? » – il dit. – « Pourrais-je – avoir ma vie, qui soit libre… ? »

 

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Encore une chose : dans le système de l’esclavage tellement bien organisé, dans l’ordre actuel, « le mieux » vit celui qui s’esclave également « le mieux ». Laissons ici à côté l’ambiguïté de ce qui signifient les mots « le mieux » : le mieux – est surtout de souffrir le moins, de ne jamais perdre de son toit, et de ne jamais être vendu avec sa chair contre certains droits basiques que les autres ont sans condition.
Car oui, même parmi les esclaves il y a les différences. Ainsi, l’ordre ignoble est maintenu et persistant. Les propriétaires savent bien jouer : la plupart des servants peuvent vivre dans l’esclavage jusqu’à la fin de leurs vies, sans rébellion ni révolte, comme les chiens habitués à une laisse   – pendant que les autres n’ont que aboyer de la souffrance ou de mourir sur le champ.
Ceux donc qui s’esclavent « le mieux »…
…Portent les costumes bien brillants et s’en vont chaque six mois aux vacances… !
Mais leur souffrance est répartie aux milliers des matinées : des réveils violents à l’aube, visages pales, l’air des soldats à qui il manque que des carabins ou des menottes pour une belle image.
Esclaves privilégiés – comme plein – qui n’ont même d’un ombre de doute que tel est leur sort, tel est le système et l’ordre – et qu’il n’y a pas de salut, ni pour eux, ni pour les autres.
– « Notre vie – n’est pas pour nous… ! »
Car il n’y a pas de l’autre monde.

 

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Vu la soumission de la race humaine, il n’y a pas de l’autre monde.
Il est vrai : il n’y a pas. Et il n’y aura point : tellement longtemps que vous vous soumettriez en attendant des ordres.

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BALLADYNA IN THE STORM : « RESPIRE… ! S’IL LE FAUT – AVEC UN COUTEAU DANS TA POCHE ». QUELQUES MOTS SUR LA RESPIRATION DANS LA SOCIÉTÉ DES ESCLAVES SANS MENOTTES. PHOTOGRAPHIE: STÉPHANIE VIEUXBLÉ (DU PERFORMANCE DU SONG « RESPIRE…! S’IL LE FAUT – AVEC UN COUTEAU DANS TA POCHE » PENDANT « LE LANGAGE DES VISCÈRES » AUX TROIS BAUDETS À PARIS EN OCTOBRE 2011. SOIRÉE ORGANISÉE PAR AMINE BOUCEKKINE. VIDÉO DE LA PERFORMANCE – ENREGISTRÉE PAR CÉDRIC BARBIER – EST ACCESSIBLE ICI: http://youtu.be/AidBErRId3E?list=UUmmUd29OlO1NGD_fqGMJ5YA / LE SONG « RESPIRE… ! S’IL LE FAUT – AVEC UN COUTEAU DANS TA POCHE » EST TÉLÉCHARGEABLE AVEC L’ALBUM « SABBATH. THE BIRTH OF THE WITCH » OU SÉPARÉMENT – CONTRE LE PRIX LIBRE OU CONTRE UNE RÉFLEXION SÉRIEUSE SUR LA POSSIBILITÉ DE LA RÉVOLTE: http://balladyna.bandcamp.com/track/respire-sil-le-faut-avec-un-couteau-dans-ta-poche-breathe-if-the-need-with-a-knife-in-your-pocket

LES ESCLAVES S’ÉCLATENT

 

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La photographie du grand nuage à la couleur presque noire, au métro Saint-Paul hier soir. La lampe aveuglante et le carrousel existent pour détourner l’attention de la foule.
Paris – la ville change… !
Sur toute la longueur de la rue Saint-Antoine, jusqu’à la Bastille – malgré ce qui veut aveugler tous, on voit les gens : assis près des murs, sur les trottoirs – les femmes aux visages sans espoir, les hommes aux yeux sans plus de la passion, les enfants qui ne la connaîtront jamais. Les pieds des passants marchent… ! Les chaussures chic font un bruit constant, et surtout dans le coeur.
Personne n’aperçoit de nuage. Et pourtant, elle est là, et elle menace.
– « Le monde – c’est comme ça… ! Pour nous c’est le carrousel… ! » – la foule s’acharne.
Une station plus tôt – entre la Bastille et Ledru-Rollin – après tout ça le monde semble incroyable. Personne ne souffre, personne ne vit de l’humiliation, personne ne résiste et ne meurt lentement en apprenant chaque jour de regarder les autres comme le fait un chien.
Esclaves bien habillés, même si souvent sans goût, et dont l’odeur des corps est bonne vu qu’ils peuvent laver leur peau après chaque tâche de l’esclavage et même dix fois par jour s’ils le souhaitent, sortent d’une boîte pour passer à l’autre. Les restos où on vend les cadavres animales sont remplis, les rues sont du glare , l’émanation de l’eau de fleurs.
– « Ce parfum, c’est pour se mentir que les esclaves… nous ne sommes pas du tout… ! » – quelqu’un hurle. L’arôme est effectivement tellement forte qu’on a l’impression que c’est la rue elle-même qui s’aurait personnifié, et qu’elle aurait versé sur sa crête engourdie les flacons de l’eau de toilette.

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Esclaves qu’on a conditionné. Esclaves qu’on a habitué à ne même pas réagir, ni de se sentir touchés, ni révoltés, par le sort de leur proche. Esclaves payés suffisamment, et aux têtes bourrées suffisamment par ceux qu’ils nomment « leurs patrons » – s’éclatent… !
Esclaves – on les a appris de l’obéissance à l’ordre de ce monde. Les soumis des « grandes entreprises » : si on leur rendait leur liberté, ils ne sauraient même pas quoi faire avec…! 
Esclaves.
Regardez… !
Sur le mur, un idiot a collé un panneau « Au nom de l’amour pour des animaux, interdisons la mendicité avec les chiens ». Bien sûr, séparons encore ceux qui n’ont rien, des seuls êtres vivants qui tiennent leur existence…
Les enfants Gitans meurent à côté : ils meurent comme les chiens et les chats, et comme les rats pendant toutes leurs vies. Les femmes privées des Droits Humains dorment dans les bras des hommes qu’elles ne veulent pas, ceux-là privés de la passion. Les hommes n’attendent plus de rien. Les femmes vomissent. Les enfants tombent. La vie avance. Un esclave, costume brillant et le tie autour de son cou, coure avec un rire burlesque près du mur des rats-humains.
Esclaves de la Bastille, dont les corps ont l’odeur des fleurs artificielles, ne voient pas du nuage.


Brillants costumes, vous vivez pourtant tous comme les rats, les cous en-tie-s…!
Vils – car les ordres qui vous sont donnés exigent de vous être ainsi, et car vous ne trouvez pas d’une raison de s’opposer ni même de les mettre en question.
C’est vil pourtant – être un rat si on était né l’humain.
C’est vil : la soumission et l’obéissance.
C’est vil – de se parfumer la peau pour ne pas sentir de l’hypocrisie,
c’est vil: pour ne pas voir de la menace – regarder le carrousel et la lampe.

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BALLADYNA IN THE STORM / THÉÂTRE DE RÉVOLTE, XXI SIÈCLE (9-10 MAI 2014, FRANCE).