Archives de la catégorie ‘MOTS À RE-DIRE’

« HAVEL – EN LITIGE CONSTANT AVEC LE CONFORMISME DE SES COMPATRIOTES »
Quelques citations du texte « Jak uderzenie w twarz drzwiami w przeciągu »
de A. Michnik (trad. : auteure)

« Vaclav Havel est mort. Il avait 75 ans. J’étais à Prague pour son anniversaire »
– écrit Adam Michnik, – « …et j’ai vu un homme déjà physiquement très vulnérable et très malade.
Il bougait avec difficulté, mais son esprit a conservé les performances remarquables.
Je lui ai offert son essai magnifiquement sorti par les éditeurs et les imprimeurs
de notre équipe éditoriale. Vaszek était véritablement heureux.
Aujourd’hui je sais que ce texte – l’introduction au volume de ses écrits
« Le pouvoir des Sans Pouvoir et les autres essais » – était un
avis de partir ».

Voilà quelques réminiscences
traduites du texte du journal polonais

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LES AUTEURS DISSIDENTS

« …Il se demandait (…), qui sont les auteurs – dissidents. Et il se répondait que ce sont les seules personnes qui parlent tout haut ce que tout le monde sait, mais dont vous n’avez pas le courage de dire à haute voix. « Les dissidents » – bien que la pensée qu’ils seraient une quelconque conscience de la nation, leur est tout simplement intolérable – parlent pour ceux qui se taisent. Et exposent leur peau là où les autres n’osent pas l’exposer. Selon Havel, « tout art véritable est un art dissident (…). Parce que est ce que chaque artiste n’est finalement pas exactement celui qui s’expose, qui intègre soi-même dans la vérité comme l’humain, mais qui en même temps, détruit aussi désespérément et irrémédiablement lui-même? N’est-ce pas en cela que réside la tragédie existentielle de tout art véritable? »


PERSÉCUTION

« Il était (…) un ennemi du nationalisme ethnique. Mais surtout, il était un ennemi de la dictature (d e s  dictatures) et le défenseur des persécutés de partout sur le monde : Birmanie, Cuba, Chine – où que ce soit, partout ».

« IL EST PRÉFÉRABLE DE NE PAS VIVRE DU TOUT QUE… »

« Avec circonspection il employait le pathos, mais pendant les moments difficiles, il a dit la phrase qui vaut rester dans les mémoires : « Il est préférable de ne pas vivre du tout, que de vivre sans honneur » ».


REMUER LA SURFACE DE CE MONDE

« [Il] a noté: « Tout temps, je tiens d’être préparé pour le jugement dernier. Pour pouvoir me tenir devant la cour, où rien ne resterait caché, qui va évaluer tout ce qu’il y a besoin. (…) Pourquoi cependant je suis tellement attaché à l’idée de cette évaluation finale ? Normalement, ceux moments-là tout pourrait bien m’être égal.
Et bien, ça ne m’est pas égal, car je suis convaincu que mon existence – comme tout ce qui était arrivé où et quand ce soit sur ce monde – a remué (balancé, ang. : swing) la surface de ce qui EST, et que ce qui EST, après cette onde, la mienne – même si elle aurait été on ne sait pas combien marginale, insignifiante et passagère – est et sera pour toujours différente que c’était avant ».

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Recueil des citations et la traduction:
BALLADYNA De Tempête
Source: « Gazeta Wyborcza », Pologne 19.12.2011
Crédit photo: Katerina Sulova (AP; source: GW)
(http://wyborcza.pl/1,75968,10839357,Jak_uderzenie_w_twarz_drzwiami_w_przeciagu.html)

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TRISTE DÉMAGOGIE DES BEAUFS


 

Deux publications de ce matin,
qui non pas seulement correspondent l’une avec l’autre, mais se répondent parfaitement:
L’une est la « Lettre ouverte à mon (ex-)ami Eric Zemmour » – écrite par Jean-Philippe Moinet
http://www.rue89.com/2011/03/07/lettre-ouverte-a-mon-ex-ami-eric-zemmour-193734.
Ce n’est pas toujours que j’ai le bonheur (qui me laisse à croire encore en intelligence humaine) d’entendre un Français de critiquer un « humour assez limité » de l’autre – encore plus rarement de le voir démasquer ouvertement une admiration triste des certains pour les comportements des « rigolards professionnels » (« rigoler » même de ce dont rigoler on ne devrait jamais, semble d’être un sport national du pays, les mecs se croient en plus très « attirants » avec les visages déformés par leur ironie infantile des guignols).
Et, ce n’est pas toujours non plus, qu’on démasque ce que Jean-Pierre Bacri (l’autre publication dont je veux parler) à nommé simplement et très bien visant: « un comportement des beaufs modernes ».

Dans les deux publications il s’agit de la démagogie – qui fait dissimuler la conscience digne plutôt des… beaufs – sous les airs d’un intellectualisme bien ridicule.
« Il y a un vent mauvais, on le sait bien » – dit Jean-Pierre Bacri. – « Il est entretenu par ceux que j’appelle les « beaufs modernes », les tenants du soi-disant « politiquement incorrect » qui se donnent des airs d’analystes profonds en répétant qu’il n’y a que des noirs et des Arabes dans les prisons. Sans jamais s’interroger un seul instant sur les causes. C’est à se demander s’il n’y a pas une place pour un parti à la droite de Marine Le Pen. On nage en pleine confusion. Pour moi, il n’y a aucun tabou, il faut parler de tout. Mais le discours des beaufs repris à leur compte par des prétendus intellectuels, je ne peux pas ».

Rien à dire de plus. Les beaufs vont suivre leurs dirigeants quoi qu’ils n’entendraient. En vrai, ils n’entendent pas.

BeaufsModernes
/
Le gouvernement devrait sans doute conférer cet insigne
à ses les plus méritants…/


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L’interview avec J.-P. Bacri – par O. De Bruyn – se trouve sous le lien:
http://www.evene.fr/cinema/actualite/interview-jean-pierre-bacri-avant-l-aube-politique-social-lutte-3117.php


 


Dans la section
« Les MOTS à RE-DIRE »
vous trouverez les textes et les articles
(ou les citations) des autres,
méritant d’être lus sans fin (car sur ce monde rien ne change malgré
l’encre versé sur le papier)…
Peut-être, alors… il faudrait…

FAIRE les Actions PLUS RADICALES…?
(“Aujourd’hui le mot féministe
sonne comme une grossièreté”)

Je cite ici en entier
l’article de Juliette Demey et Sarah Lévy

publié dans « France Soir »

& republié sur le blog des « Re-Belles »
le 26.08.2010


Le 26 août 1970 marque l’acte fondateur
de ce qui deviendra le Mouvement de libération des femmes.
Quarante ans plus tard, les combats restent nombreux.

Un clin d’œil ?
Pas seulement.
Pour l’écrivain Cathy Bernheim, le rendez-vous a un goût spécial : il y a quarante ans, le 26 août 1970, elle était l’une des dix femmes qui brandissaient la banderole proclamant : « Un homme sur deux est une femme », sur les Champs-Elysées. Sous l’Arc de Triomphe, elles avaient déposé une gerbe « à la femme du soldat inconnu », avant d’être interpellées. Ce 26 août, « pour la première fois, la volonté politique des femmes de se faire entendre apparaît sur la place publique », explique Cathy Bernheim aujourd’hui.
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Toujours des inégalités

Le mouvement de libération des femmes prendra ensuite son réel essor en France. Il a ses figures de proue : Simone de Beauvoir, Antoinette Fouque, Monique Wittig, Anne Zelensky ou Jacqueline Feldman. Quarante ans après, les acquis sont nombreux, de l’avortement à la pilule en passant par la parité…
Mais selon un sondage « Elle-Ifop », 75 % des femmes estiment que leur situation reste moins enviable que celle des hommes. Malgré 7 lois depuis 1972, elles gagnent toujours 27 % de moins que les hommes en moyenne. L’Assemblée nationale ne compte que 18 % de députées.
Sans parler des violences domestiques… Aujourd’hui, des mouvements comme Osez le féminisme, La Barbe ou les Chiennes de garde rappellent, chacun à leur façon, que ce combat pour l’égalité est d’actualité. « Chaque génération invente “son” féminisme », selon Christine Bard, historienne et sociologue. « Les jeunes femmes d’aujourd’hui sont confrontées à un monde plus dur et anxiogène que celui de leurs aînées. Elles ont besoin d’être soutenues, et non culpabilisées pour leur éventuel engagement. » Les aînées ont répondu présentes.
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“Aujourd’hui le mot féministe sonne comme une grossièreté”

Porte-parole de la cause féministe dans le monde culturel et médiatique, l’ex-chroniqueuse de Laurent Ruquier n’a pas sa langue dans sa poche quand il s’agit de défendre les droits des femmes. Actuellement, elle prépare même un spectacle sur ce thème.
France-Soir. Qu’évoque pour vous le MLF ?
Isabelle Alonso: Le MLF n’est pas de mon temps ni de ma génération, pourtant c’est le mouvement par lequel tout est arrivé.
F.-S.: Que représente le mot féministe pour vous aujourd’hui ?
I. A.: C’est une partie de ma panoplie d’humaniste et de démocrate. Quelque chose de fondamental pour un meilleur équilibre dans le monde.
F.-S.: Pensez-vous que les jeunes filles soient assez sensibilisées à la cause féminine de nos jours ?
I. A.: Ce serait un miracle si elles l’étaient. Il y a une telle entreprise de démolition de l’idée du féminisme que c’est mal vu de militer pour les droits des femmes. Aujourd’hui le mot « féministe » sonne comme une grossièreté. Les hommes ont immédiatement l’image d’une femme frustrée. Beaucoup pensent que je ne les aime pas. C’est faux ! Je ne déteste pas les hommes. Au contraire…
F.-S.: Comment la passion du féminisme vous est-elle venue ?
I. A.: Quand j’étais enfant, les différences entre les filles et les garçons me gonflaient déjà. Je ne trouvais pas normal qu’on doive jouer à la poupée tandis qu’eux avaient tous les jouets téléguidés. Et puis mon père et ma mère n’ont jamais considéré comme légitime la différence faite entre filles et garçons. J’ai toujours été traitée comme mes frères.
F.-S.: Pensez-vous qu’il y ait encore des raisons de se battre aujourd’hui en France ?
I. A.: Bien sûr, on stagne en ce moment, il reste la lutte contre les inégalités salariales, les violences faites aux femmes, la question du port de la burka. Certes, les femmes se considèrent davantage comme les sujets de leur propre vie mais au niveau social et politique, on recule.
F.-S.: Quelle solution s’offre-t-elle alors aux femmes ?
I.-A.: Si on faisait toutes ensemble des actions plus radicales, comme celles de José Bové, peut-être qu’on se ferait mieux entendre… Dans tous les cas, il faut se sentir belle et rebelle par principe car c’est toujours plus constructif que de dire « oui papa », « oui chéri » ou « oui mon fils » comme le disaient les féministes des années 1970.
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de Balladyna de Tempête:
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