Archives de la catégorie ‘THE LIFE IMAGINES MORE THAN HUMAN IMAGINATION’

PEUT-ÊTRE J'ÉTAIS... (VERSAILLES 2015)
Peut-être j’étais une grande menteuse :
qui par ses mots irresponsables, et pour lesquels les gens en touchés
devaient porter les conséquences, j’envoyais les êtres humains à la mort – ou à un incomparable pire qu’elle… ?
Peut-être, j’étais une créature jetant les mots sur le vent… ?
Ou même (plus horrible mais moins inconscient donc moins plébéien – il en faut quand même certaine intelligence… Mais plus délibérément pervers également) qui jouait avec les paroles – pour se donner un plaisir maladif, comparable avec celui d’un roi ou un gouverneur qui – pour montrer sa soi-disante force, n’étant que celle des millions esclaves aux ordres, rien à voir avec la force de l’âme – de « faire avec les êtres humains tout ce qu’il souhaite »… ?

Peut-être, j’étais un chevalier, XVIII siècle – qui en passant par le chemin sur lequel elle s’est égarée, a violé une fille de la famille inculte, laissant un fruit d’une relation momentanée – une fillette – dans les mains des bouchers monstres… ? Celle-ci, pouvant ensuite que de rêver des chevaux et des chemins ouverts, comme son inconnu père, devenant la cible de la vengeance de la mère sur celui qui a laissé dans son monstrueux ventre l’empoisonnée semence… ?

Peut-être j’étais un homme, grand ou petit intellectuel, ou un garçon issu de l’intelligentia – avec une bonne stratégie dans la vie : mais est ce que également avec la force d’esprit… ? – tombé sur les charmes d’une paysanne, propriétaire terrienne entrée sur le chemin universitaire grâce aux « points de faveur » pour cette classe sociale en époque de socialisme à l’Est – et qui, l’homme sans savoir ce que ce status signifie, sans s’imaginer des gouffres mentaux basiques ni des différences en ce qu’on s’imagine en entendant les mots « la vie », a fait une vraie descente aux enfers en rejoignant la « famille »… ?
L’enfer dans lequel, en s’en sauvant, puisque lui-même libre – il a laissé sa fille… ?
(Encore fil(l)e… !)

…Il y a les simplifications dans les histoires chantées par Szałapak – puisque les filles des riches paysans, nourries et vivant de la graisse de tous les êtres vivants possibles tués pour trouver la tombe dans leur assiette, « elles » aux cerveaux soumis et lavés jusqu’à la sale non-blancheur, ne restent jamais longtemps un bon objet des rêves d’un garçon affamé de la beauté éternelle qui ne se dissolverait pas dans le primitivisme des mots et des actes…

Rude, paysanne, à l’intelligence rampante, momentanément belle et physiquement subtile mais dont l’apparence a suivi très vite la vérité de ce qui était son âme – à l’intérieur répulsif, dévitaillé des corps des animaux abattus depuis son enfance par le père-roi des sorts des êtres animaux, l’exterminateur du vivant…

Le petit grand homme inconscient, un peu poète, un peu guerrier, un leader seulement grâce à la présence de sa sabre, j’ai laissé mon germe dans ce corps monstrueux, encore beau au moment de l’insémination…
– Fallait ne pas te manifester sur mon chemin, la femme… ! Ne me pas tromper par ta beauté mensongère, éphémère car couvrant toute ta laideur intérieure qui a vite sortie, tous tes comportements despicables, toute ta cruauté et ta hideur que ta jeunesse masquait autant… !
La beauté, j’en croyais, j’en cherchais tellement… !
J’ai été trahi… !
Par toi, par tes semblables… !

…Ensuite, j’ai fui vite : car ce qui se manifestait devant mes yeux dépassait le niveau de la monstruosité visuelle que je pourrais survivre sans devenir un fou à lier. À la rude exterminatrice au cerveau féminin de l’esclave à la qualité de la non-existence, maintenant en plus respirant de l’envie de prendre sa revanche sur quoi que ce soit qui aurait le lien avec ma personne sortie vivante – j’ai laissé une fille.
Le fruit de mon aveuglement de quelques années.
C’est elle – qui le payerait.
(Voilà la fille, une troisième fois…)

…Peut-être j’étais un gouverneur à l’immondice incomparable avec tout ce qui peut se concevoir par l’imagination : comme ceux qui gouvernent actuellement en envoyant les créatures vivantes à la mort en silence, arrivant à leurs buts à la façon malhonnête, se cachant derrière les faux-semblants, faisant l’impression généreuse couvrant la médiocrité du caractère et d’esprit…

Peut-être je portais un costume de bourreau de derrière le bureau ; peut-être je prononçais les sentences de la condamnation, en conservant les mots de victoire pour ceux qui me payaient pour que encore je puisse m’amuser, ou qui se plaçaient au-dessus de moi dans la hiérarchie…

Peut-être je maltraitais les enfants, les animaux je jetais dans le feu vivants, ainsi que les Sorcières… J’exterminais les Étrangères, avec mon air bien équilibré d’une autorité puante en diffusant les informations faisant penser les masses naïves que les Sorcières, elles, soient les sources de tous les maux, j’écrivais les lois dont l’état pourri et honteux ne me révoltait guère… au contraire : tout ça m’arrangeait…

Peut-être j’étais une pourriture gouvernementale qui se cachait derrière la fumée des grands et beaux mots : bien sûr les paroles fausses.

Peut-être un organisateur des injustices, des tortures et des affres.

Peut-être un discriminateur – moi-même – refusant aux êtres vivants dans les cages de reconnaître que celles-ci existent et ne soient pas les produits de l’imagination des condamné(e)s à s’y trouver, ni les effets de leurs actions…

Si j’étais une de ces créatures-là, je ne pourrais pas renoncer à payer aujourd’hui pour ce fait avec ma vie entière…

…Peut-être un législateur barbu, moustachu, moche comme ils sont aujourd’hui même si leurs visages désinfectés et leurs bouches lavées par toutes les solutions dentaires blanchissant le mensonge…

Un avocat : celui qui se vende comme une pute avec ce qu’il considère, en mettant en dépendance la vérité de l’endroit où se trouve la pitance…

Peut-être un menteur, une menteuse perverse.

Le signataire des faux paroles…

Peut-être un menteur, une menteuse perverse.
Peut-être un menteur, une menteuse perverse.
Peut-être un menteur, une menteuse perverse.

Peut-être, l’air hautain et niais mais sûr de soi, j’osais de parler de la résilience aux exterminé(e)s, immondément, moi-même vivant une vie sans violations, sans exterminations, sans dangers, sans menaces et sans souffrance… ?

Peut-être c’était une Sorcière : c’est elle – qui m’a maudite – pour mon délit de prononcer les mots indignes à l’instant où elle se trouvait sur le bûcher et où ses cheveux brûlaient… ? Peut-être – en passant près d’elle, les jours entiers, les mois, les années, mon air heureux jusqu’à la bêtise, ne rien sentant moi-même, ne rien sachant, j’ai osé de lui reprocher son air révolté ou torturé, j’ai eu le culot de lui dire que les affres ne sont que la création de son esprit – qu’en vrai, elles sont inexistantes… ?
(Tout ce qu’on n’éprouve soi-même, restera pour toujours inconnu,
faut passer par tout pour en avoir la simple conscience…).

Peut-être, enfin, j’étais une créature féminine – une membre de la foule humaine – qui suivant un ordre barbare, avec la horde des autres enslavés dont la seule existence et l’état de soumission faisaient honte, je me jetais sur les fillettes de mon tribu avec les morceaux de verre cassé et sale, pour les mutiler selon l’ordre de la folie humaine – celui de la tradition patriarcale…

Peut-être j’étais un bastard au gouvernail (encore… !) – et qui, en y utilisant la force de la loi nationale – a refusé à une femme de posséder un couteau, une arme, un quelconque moyen coupant, mitraillant ou explosif quand la guerre explodait – et qui, ensuite, traînait les femmes derrière les chevaux, aux sons des hurlements de ces premières, jusqu’au qu’elles ne respirent plus…
Lui, affamé de voir… !

***

Celui qui renonce de s’imaginer l’éventualité de tout ça, celui qui ne le peut pas, celui en qui tout refuse d’envisager certaines possibilités monstrueuses et difficilement imaginables si on n’avait pas vécu des choses qui semblaient inimaginables avant aussi et que tout « moi » soi-disant logique (car sans savoir suffisant) refuse – est soit un être humain heureux, une énergie jamais passée par les épreuves de l’invivable, jamais impactée par le mal, un être vivant chez lequel les incarnations portant les énergies les plus basses font la domaine du passé très éloigné ou même pas existant…
Soit…
Une autre éventualité : il peut s’agir également d’un être qui – au lieu de se trouver en stade très avancé de l’évolution – demeure honteusement fermé à toute l’information, toute l’intuition, tout le savoir qui dépasse la sphère de « aujourd’hui palpable » – l’inconscient et fuyant tout ce qui pourrait mouvementer son actuelle conscience.

SI LES HORREURS…

Si les horreurs n’étaient pas crées par nous-mêmes – les habitants de la terre – elles n’existeraient pourtant pas…
Au moins pas celles les plus atroces, cruelles, monstrueuses.

– « Par tout ce qui te retrouve dans ta vie – une de tes vies antérieures tu paies » – a dit une incarnation de la pseudo-sainte d’un tableau qui pendant quelques secondes était devenue vivante – et la Witch lui croyait pendant quelques secondes aussi, aujourd’hui elle-même ne sachant plus si donner la foi à ses mots ou si les rejeter devant la Witch-Instance.
– « …Mais aussi, le fait que toujours il y en a sur cette terre les êtres immondes, qui ne refusent jamais des rôles des bourreaux que la vie leur propose – et par lesquels les comptes de la cruauté des incarnations passées des personnes se règlent sans problème – signifie que le monde n’avance pas, ne se magnifie pas, ne devient pas plus beau ni plus grand, depuis les siècles…
L’immondice des humains est toujours présente, jamais finie… »

***

Si les mots de la tête peinte sur la toile et qui s’était animée pour quelques secondes, disaient la vérité… pas comme les mots des humains, les menteurs de cette terre… Il semble que naître enfin autant que la Sorcière On The Earth est une responsabilité pas seulement pour régler les comptes antérieurs, mais pour se battre pour la fin de la spirale de l’ignoble et l’inadmissible.

Se battre pour que l’immondice, la laideur, la cruauté, disparaissent – dans MAINTENANT. MAINTENANT fait le Futur – et en essence… il n’y a pas de la différence entre les deux.

Révolte est une responsabilité donc, une nécessité, une obligation qui toujours donnera à la Witch la Force.
Dans CETTE vie, pour plein des vies.
Jusqu’à la fin de tout déséquilibre, de toute l’injustice et de toute souffrance.

Capture d’écran 2015-09-06 à 23.25.37
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Text: B-WITCH ¥ (OCTOBRE 2015)
Photographies of the text: THE WITCH IN WITCHLAND
(AUGUST 2015; BY C.C.K./camera & B-WITCH/choreography & color postwork).

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