Archives de la catégorie ‘THÉÂTRE… ET LA VIE’

 

« TOUTES LES FRONTIÈRES, CHACUNE CRÉE PAR LE POUVOIR HUMAIN QUI SE VOULAIT UN TOUT PUISSANT BOURREAU – ET QUI APRÈS LA GUERRE SE RÉVÉLAIT N’ÊTRE QU’UN GUIGNOLE DE L’IMPUISSANCE, TOUTE LA PRISON, TOUS LES CRIS DE LA RAGE QUI DEVENAIT SACRÉE PARMI LES MURS… »
RÉFLEXIONS SUR LE SENS DE L’INVIVABLE

 

« MYSLI I POGLÀDY POCHODZÀCE Z TRZECIEGO WYMIARU –
SÀ PO PROSTU ENERGIÀ, KTORA CZEKA NA TO, BY UZNAL JÀ
JAKIS RECEPTYWNY STAN UMYSLU.
Jestescie Tworcami.
I zaczynacie rozumiec, ze jako Tworcy, mozecie zmienic siebie i wasz swiat.
Na tym polega ODEBRANIE z powrotem waszej mocy.
(…)
Kazda dusza opracowuje przed wcieleniem plan, zgodnie z ktorym majà pojawic sié w danym zyciu TE doswiadczenia i relacje, ktore uznaje ona za konieczne na drodze swojej ewolucji.
Niektorzy « zapominajà » o tych planach, gdy tylko zejdà w géstsze energie.
Ale wiékszosc pamiéta.
…Wielu z was zdecydowalo sie doswiadczyc koszmarow (…) – i zastanawiacie sié, dlaczego tak sie stalo. Bardzo wazne jest, abyscie zrozumieli, ze przed inkarnacjà dusza czésto wybiera w swym planie zyciowym doswiadczenia, jakie posluzà ponownemu uaktywnieniu okreslonych energii, ktore majà zostac uwolnione ».

/ »Certains de vous ont pris la décision de vivre et d’avoir l’expérience des choses qu’on considère invivables (…) – et vous réfléchissez pourquoi cela a été ainsi. Il est très important de comprendre qu’avant son incarnation l’âme souvent choisit dans son plan de la vie les expériences qui serviront à la (re-)activation des certaines énergies, qui devraient être libérées » {pour la réalisation de ce plan – ndB-W}/.

 

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…Serait-elle donc, la force qu’il fallait utiliser pour « ré-activer » dans mon âme et dans mon corps les énergies nécessaires prévues pour la réalisation des choses dans cette vie, serait-elle donc, cette force tellement grande – donc les cauchemars et les « invivables vécus » tellement cruels et invivables – puisque sans elle je m’aurais peut-être allongé à terre, dans une bienaisance repue, sans même de la moindre pensée révolutionnaire, et sans un rêve que ce monde se transforme, change et avance…?

Ou, peut-être, les cauchemars étaient-ils tellement monstrueux, les « invivables vécus » tellement cruels et invivables, puisque les choses à faire, prévues avant, et qu’il faudra donc réaliser – devraient être dans la vie, celle-là, aussi proportionnellement grandes…?
On ne propulse pas d’une balle qui devrait s’arrêter tout à côté
en y utilisant une force que l’on y mettrait pour celle qui devrait voler très loin,
telle une fusée à la vitesse supersonique, ne plus jamais arrêtable…

 

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Toutes les frontières, toutes les prisons – toutes les persécutions à la perversité inimaginable suivant chaque acte de les dépasser et de se retrouver en liberté des actes, tous les cris de la rage qui – après les années, dans l’autre réalité qui suivait la malédiction première – devenait sacrée parmi les murs, et tout le temps de l’impossible imposé par un pouvoir scabreux – aurait-cela été donc une organisation des choses exprès, pour savoir, dans cette vie-là, qu’est ce que vivent sur la Terre ceux que le monde des humains psychologiquement malades* – s’efforce à condamner à l’enfermement et à l’impossible dans quelque soit la forme…?

* …d’une maladie qui se nomme « le pouvoir » et qui s’en prend – selon le modèle – aux anciens et/donc actuelles victimes (les politiques au passé d’enfant plus que « difficile », les soi-disant « chefs » des familles, des sectes, des religions et des nations, ainsi que les bourreaux et les autres malheureux de tous les genres… La règle inchangéable: il s’agit toujours des individus restant eux-mêmes – dans le « maintenant » ou dans leur passé – dociles vis-à-vis d’un « pouvoir », des « suiveurs des ordres » de leurs propres bourreaux ou de ceux qui se voulaient leurs « seigneurs » – …ces personnages-là, dans un « ailleurs » ne font que de reproduire le schéma des automates crées par le patriarcat; ils rêvent donc et ils deviennent: les tyrans, les auto(psycho)crates, les psycho(auto)pathes et – là où ils arrivent de le faire – les donneurs des ordres – sans coeur, sans pensée, sans lucidité, sans projection dans l’avenir)…

 

Le boycott de la Witch – donc pas une humaine – par les « autorités » usurpatrices de cette Terre (grâce à avoir eu ce vécu, le mot « autorité » ne peut d’ailleurs aujourd’hui que de m’apparaître dans toute sa vérité: burlesque, compromettant et déraisonnable), toute la silencieuse ou perverse, jouissive, malheureuse violence (ceux qui se veulent les bourreaux sont toujours les êtres malheureux qui essaient de jouir comme ils le peuvent, désespérément), toute la réalité vécue où de se trouver – seule, parmi les cents des autres – ‘SANS DROIT…!’, avec un et les milles des: ‘TOI – NON…!’, ‘AU BÛCHER AVEC CELLE-LÀ…!’, ‘LES AUTRES ONT LES DROITS: MAIS PAS TOI – LES AUTRES, CELA SIGNIFIE ‘LES NÔTRES’…! » (je me rappelle encore les visages/gueules des servants aux ordres de ceux et celles-là, leur attitude de la soumission vis-à-vis du « plus grand dans la hiérarchie », leur impuissance ne se résultant que de la cowardice et leurs respirations de soulagement après l’ordre exécuté de l’envoi de la Witch en enfer, le danger que le « seigneur » serait donc mécontent se trouvant désamorcé) – serait-ce pour en avoir de l’expérience…?

Par ces moyens honteux – dont utiliser ne se recule pas le « pouvoir » – la mise en solitude parmi les « tous », cruelle, forcée, et en même temps la condamnation à voir sa vie attaquée et envahie par la présence des humains-monstres –
ces deux composantes faisant que durant les époques de la vie qui s’ensuivent après il n’y a plus de la porte séparant du monde humain et qu’on pourrait ouvrir encore, et que l’on voudrait ouvrir – serait-ce pour en avoir de l’expérience…?
À la place de la beauté – vue depuis l’enfer toujours de loin, car celle-là ayant dans chaque vie sa source dans la liberté – la réalité des créatures répugnantes: leurs pensées, leurs bruits, les regards, la bêtise, les images des épouvantails et des ogres – serait-ce pour en avoir de l’expérience…?
Peut-être… suite de ça, devais-je comprendre ce comment naît la haine – pas cette « en théorie » mais la véritable haine physique – pour la laideur humaine – et la haine la plus simple pour les hommes-monstres, peut-être avais-je dû appréhender la répulsion et les rêves exterminatifs dont la cible devient la laideur des humains-monstres, peut-être avais-je dû concevoir comment et suite de quelles affres vécues, dont source toujours est la même – naissent dans l’esprit et dans le coeur les idées des crimes commis massivement sur les monstres – qui, même dans toute leur impuissance – restent toujours puissants de leur laideur: celle des humains-monstres…?
Comprendre la règle qui – dans toute histoire du monde visible – a décidé, à multiples reprises, des exterminations massives des peuples…?

 

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L’enfermement dans l’impossible – désespérant, enrageant – serait-ce pour en avoir de l’expérience…?
La pseudolibération – après que le « pouvoir » usurpateur était arrivé pourtant déjà au but de son oeuvre: la destruction et son prolongement – serait-ce pour en avoir de l’expérience…?
Les descentes en enfer – d’abord directes, car l’enfer était là, direct sur place, ensuite également dans un train crée des apparences – serait-ce pour en avoir de l’expérience…?
S’approcher à- et connaître les réalités de la négation des droits les plus simples d’un être vivant – serait-ce pour en avoir de l’expérience…?
L’infasabilité, l’inexécutabilité, l’irréalisabilité organisé par un « pouvoir », toujours ce même – de la création – pour devenir comme une Folle-Dingue, une
Dieu de soi-même, et une Furia crachant de la couleur Rouge et Noire – celle du Changement – partout où son regard tombe, et pour laquelle une seule chose qui ferait que sa vie puisse désormais avoir le sens et de laquelle elle peut dépendre est exactement celle-là: la Création – serait-ce, aussi, pour en avoir de l’expérience…?
Réalité de la destruction et de l’horreur engendrées suite de la prise du pouvoir, malgré toute la révolte, sur le corps et l’âme par quelqu’un d’autre – serait-ce pour en avoir de l’expérience…?
Pour savoir de se révolter, pour voir qu’est ce que « le pouvoir » est vraiment, et qu’il pue, affreusement, de son propre intérieur – serait-ce pour avoir en inconditionnel et pour toujours sa propre indépendance – et pour savoir en avenir que là où l’on pensait qu’il y ait un « pouvoir » – il ne s’y trouve qu’un triste, malheureux et regrettable guignole: et pourtant que c’est en dépendance de ces guignoles-là, ou des autres qui les ressemblent, vit encore aujourd’hui la plupart des individus et des nations de ce monde…?

Se demander pourtant:
« Comment cela se fait – qu’eux, de leur part, n’essaient ni de sortir de la prison dans laquelle on les a enfermés et où on les retient, ni de se rebeller, ni de vivre autrement…? »
Se le demander – et, suite de voir les conditionnements en réel et les consécutives éléments de pile décidant du processus de la formation du mental humain – en connaitre, hélas, bien la réponse…?

Suite des efforts presque surhumains de la prise du pouvoir par une force exterminatrice, humaine, automatisée, et qui ait mal tournée – savoir qu’est ce que d’être volée du pouvoir décisif sur sa vie, ses rires, ses cris, ses larmes, son corps – et donc sur son esprit – pour savoir qu’est ce que cela signifie pour ceux qui, les siècles durant, doivent vivre le même dans quelconque forme – et pour regagner ensuite, après l’enfer dans lequel on a été jeté, et après la prison, et après que les murs bâtis par la force usurpatrice tombent – tous ces pouvoirs en multiplié, la liberté absolue, pour reVenir en UniVers de la puissance indépendante des efforts de qui ce soit et de la circonstance de quel qu’elle ne soit genre…?
Savoir qu’est ce que d’être privée de tout – et créer de rien, là où le rien aurait tué les êtres humains sans cette préalable expérience…?
APPRENDRE – ET DONC DE LE SAVOIR – CRÉER DE RIEN: ET DE LE FAIRE ENSUITE AVEC LES MOYENS PUISSANTS, CAR SAVOIR DÉSORMAIS QU’IL EST POSSIBLE DE CRÉER TOUT – DONC AINSI L’OEUVRE ELLE-MÊME, QUE CE QUI REND RÉEL SA CRÉATION, SA RÉALISATION ET SON EXISTENCE…?
Descente à l’enfer – serait-elle, elle-même, pour en avoir de l’expérience…?
Pour connaître – et pour être consciente des choses qui ont lieu dans ces endroits-là, partout dans les endroits de la planète où « la règle » qui y règne, depuis les siècles, persiste la même – et pour transformer la réalité qui devrait être transformée…?
On ne peut pas métamorphoser d’un univers – ni même à rêver de le faire – si on ne connait pas de son contenu et si on ne sait pas à quoi ressemblent les choses concernées par le changement…

 

 

Savoir – que toute la torture que les peuples et les individus, humains ou pas, vivent sur la Terre, toutes les horreurs, tous les emprisonnements, toutes les tueries en incluant leur après-vente, tous les invivables impossibles, tous les meurtres, et même – peut-être – toutes les maladies, et tous les départs de la vie de ceux qui durant les siècles n’en peuvaient plus
– ont comme leur source cette seule et la même chose:
la prise du pouvoir, l’usurpation du pouvoir, les règles fixées suite de
la maladie du pouvoir qui se répande dans le monde visible, humain, celui des corps qu’on prive des droits à l’âme, et que – depuis le moment de leur naissance – on soumet à une gouvernance.
Comprendre, et avoir la clarté concernant les choses, les actions, les bassesses, et tout ce de quoi le « pouvoir » des monstres de la Terre ne se recule jamais pour empêcher les « composantes étrangères de la réalité » – donc dangereuses pour un ordre – d’agir en liberté – pour mettre en impossible toutes les actions qui pourraient se conclure par une transformation et l’abolition de l’ordre établi par eux: les monstres.
Transformer tout – et de le faire puisque agir par- et dans la CRÉATION – et de le continuer, et de ne m’arrêter jamais, en savoir tout cela et en ayant de la clarté en ce qui se trouve d’être les racines du malheur sur toute la Terre, la source des injustices, des tortures, des crimes, des vies mises en cendres au lieu qu’elles puissent briller comme la lumière ou de brûler comme les flammes,
les origines de la réalité des avilissements des personnes et de leur négation autant que des personnes, les roots d’une réalité faite des exterminations, des chasses à l’autre et des discriminations.
TRANSFORMER TOUT.
Descendre jusqu’à l’enfer – pour y amener une flamme – serait-ce pour en avoir de la conscience…?

 

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BALLADYNA-WITCH ¥ PARIS, 26-27 & 30 AVRIL 2016
PHOTOGRAPHIES: FROM THE VIDEO « WITCH – ALL THE WINDS NEEDED TO STRANGLE THEM. VISUAL WORK ON THE SONG » – http://youtu.be/GCIT8w6wTqU.
CITATION « VOUS ÊTES LES CRÉATEURS » au début du texte:
WEDRUSSA POLSKA – « POBUDKA WEDRUSOW. JAK RADZIC SOBIE Z WYZSZYMI WIBRACJAMI » – http://youtu.be/SUOI_9AvfTY.

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« MOI, QUI N’AVAIS PLUS RIEN À PERDRE, JE CRIAIS D’UNE VOIX FORTE, SÛRE D EMOI: POURQUOI ME FRAPPEZ-VOUS…? J’AI AUSSI LES DROITS…! COMMENT POUVEZ-VOUS VOUS CONTENTER DE VOIR LES GENS MOURIR SANS AGIR…?! »*

I AM THE GODDESS OF HELL FIRE AND I BRING YOU**…

Photographies of the creation: the screenshots from the video-recording of the performance « FIRE…! » (Music: « Fire…! » de Arthur Brown. La Cantada, 5 décembre 2014). As Arthur Brown: Duncan Clarke. Performance du « FIRE… ! » a été liée et consacrée au thème des brûlures des visages des Femmes en Iran, et en protest contre le système patriarcal. Avec les paroles finales et la présentation du livre de Azam Hadj Heydari « Le Prix de rester humain ».

 

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Ça n’aurait pas dû être tout à fait comme ça.
Mais on n’a jamais vraiment travaillé ensemble, tout était fait sans la préparation suffisante, tout a existé plutôt grâce à s’avoir parlé sur les choses que grâce à les avoir testé comme il faut en avance. …Mais qu’est ce que tu fais, Duncan…?! Tu aurais dû menacer avec ton fouet au public – surtout pas à moi, la Witch – et qu’est ce que je vois sur la vidéo…? Et cette corde – qui au cours des quelques minutes a gagné la signification tellement différente que ce dont on parlait…?
M’enrouler dedans et de me libérer.
Dans tous les cas personne ne m’aura sur une laisse…!
…Les effets de faire une performance presque sans la préparation qui l’aurait précédée, si on le fait en duo, sont mortels.
Les gestes, les expressions, les mouvements.
Le sens – qui, lui – se perd…?
Vraiment… ?
La corde, qui devrait servir pour un lien de contact entre la Witch et le personnage au micro – est devenue comme un outil de – on dirait – presque ligotement, les regards menaçants du chanteur – qui me visent soudainement au lieu de viser le public (dansant devant, je m’en rends compte seulement en regardant la vidéo), ainsi que certains objets dans ses mains – sont la source de l’impression évidente: malgré mon non-accord à incarner un personnage féminin contrôlé et encagé, malgré avoir décidé de la chose totalement différente, on a à faire ici avec la description d’un emprisonnement, une métaphore – et une mise en scène spontanée d’un essai de la prise de contrôle sur l’individu féminin qui vole jusqu’aux les points les plus éloignés du centre de la cage.
La Witch – qui se prend sa place dans cette espace minimale, la Witch qui n’hésite pas d’aller jusqu’aux murs de la cave de La Cantada – mais toujours se trouvant sur un fil – est une évidence: tout cela raconte l’univers incarcéré, on est dans une prison.
Je – suis: DANS UNE CAGE…!
– « Virer cette vidéo, virer tout le souvenir de cette satane danse…! La Witch – N’EST PAS D’ACCORD, ON NE L’ENFERMERA JAMAIS PLUS : NI DANS UN IMPOSSIBLE, NI DANS UNE CAGE : AVEC PERSONNE ET NULLE PART…! »

 

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…Et – ici – quelque chose comme la lueur de la conscience.
Serait-ce uninexplicable concours des circonstances: qu’exactement aujourd’hui, le jour de la performance, quelques heures avant et sans planifier (je n’aurais même pas dû être là), je me suis trouvée dans ce lieu, au Boulevard Saint-Michel, Paris – et où j’ai rencontré Nabi Niakan, avec qui nous avons discuté assez longtemps, tout devant le stand avec les photographies des femmes aux visages brûlés par l’acide par les criminels musulmans jouissant des pleins droits de traiter une femme pire qu’on traite un chien… ?
Donc, le droit a l’encager, à la faire souffrir, à transformer son visage en une plaie brûlante.
À taillader son visage, sa dignité, sa vie…?

***

Au cours des dernières semaines, au moins 25 femmes – en Iran seulement – ont été « traitées » par l’acide par leurs bourreaux certains qu’ils sont impunissables.
Et même si c’aurait été une seule…
« Où sont nos visages…?! » – crient les femmes des affiches à Paris.
Elles devraient crier: « Rendez-les nous…! Rendez-les nous, et allez vous pendre… ! Allez – sinon, c’est nous, quo allons maintenant brûler vos vies, vos corps des faiblards frustrés, et vos consciences…! »
Vous allez brûler.
Pas comme vous avez planifié.

***

Moi, qui dans mon autre vie, avant devenir la Witch – ou simplement avant que le processus a été conclu et a pris sa fin – dans toute l’inconscience des crimes commis probablement tout à côté, me promenais joyeusement dans les rues d’Ispahan, la même ville où aujourd’hui on organise les manifestations… Moi, reconduite par la police à Téhéran à leur commissariat, et ce exactement pour un « délit » de porter une bandana qui permettait à s’échapper à quelques mèches trop visibles… Moi, qui malgré voyager pendant la moitié du trip avec les amis-hommes ne trouvais pas d’être une chose normale de ne pas pouvoir prendre de ma liberté de pénétrer seule dans les ruelles qui m’intéressaient… (« Tu es venue là, tu devrais respecter leur culture…! » – m’ont brusqué-t-ils, en lien avec les exigences sexistes de leurs confrères musulmanes, de ne pas me promener seule et de me couvrir jusqu’aux oreilles – en prenant par ceci clairement leur position en ce qui concernait les violations de ma liberté, dans la situation où la leur, puisqu’ils possédaient les corps masculins, ne se trouvait pas en danger. Seriez-vous totalement bourrés, mes prétendus amis…?! Faut savoir faire la différence entre la culture qui ne mettrait pas en question de la dignité et de droit au bonheur de la personne – et celle qui se donne le droit de statuer que la moitié de l’humanité est en réel une caste des sous-humain(e)s, des esclaves asservi(e)s à l’autre sexe…!). Moi verbalisée pendant une visite dans le musée de la civilisation sexiste à la capitale, encore pour avoir porté une manche trop courte : qui dans un 30° environ ou plus ne cachait pas de ma main jusqu’aux doigts…
Et enfin – moi : qui a dû vivre, et ce également par les raisons discriminatives, la discrimination des femmes ayant la soif de la liberté étant incorporée dans le système patriarcal – ici, en France, à Paris – dans une véritable cage suite de mon refus immuable de me voir « attribuée » à un homme, et malgré qu’une fois ils m’ont eue, poussée au bout… ? Ne serait-ce pas pour que aujourd’hui je comprenne une autre enfermée en cage… ?
Ne serait-ce pas – pour que je comprenne : tou(te)s encagé(e)s du monde… ?
ET PAR QUELLE RAISON ÉTRANGE JE DÉBARQUE AUJOURD’HUI ICI, DANS CETTE RUE – ET CE TOUT AVANT LA PERFORMANCE : ET NE SERAIT-CE PAS POUR QU’ELLE BRÛLE… ?

 

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« LE PRIX DE RESTER HUMAIN »

 

« Un témoignage captivant et douloureux sur une des périodes les plus sombres de l’histoire, trouvant de troublants échos avec l’horreur des camps de concentrations nazis » – on a écrit du livre de l’Iranienne Azam Hadj Heydari, résistante contre le régime des religieux et le régime patriarcal tout cour.
Pourchassée par les chiens de Khomeiny, incarcérée pendant les années dans une prison organisée par les gardiens du système, et pendant huit mois enfermée dans une cage, accroupie, aux yeux bandés, elle a échappé la mort, et aussi celle de son âme.
Un témoignage sur une des périodes de l’histoire…?
Les échos troublants avec l’horreur des camps de concentration nazis…?
Seulement les échos…?
De l’histoire – ainsi que des crimes de l’extermination, des morts commis bien sûr sur celles qui depuis les siècles, le début de ce monde, traitaient comme la chose évidente, l’affaire de l’honneur et de la dignité, donc de la survie*** – de ne pas suivre de l’ordre qu’une moitié de l’espèce humaine – celle aux corps du genre masculin – a réussi d’imposer à l’autre – née avec les corps des femmes…?
Les photographies sont atroces. Monstrueuses même, et encore plus s’il existait le mot plus fort.

 

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– « Je veux bien faire comprendre dans quelle famille je suis née et j’ai grandi – écrit Azam Hadj Heydari : dont le livre j’emporte avec moi le jour de la performance. – « Une famille fanatique et religieuse imprégnée de l’idéologie des mollahs, qui n’accorde aux femmes d’aucune valeur et pour qui ces dernières n’ont été crées que pour assouvir les désirs des hommes. Dans cette conception, la femme n’a d’aucune identité. Avant le mariage, elle a l’identité de son père. Après le mariage, celle de son mari. Et même après la mort de ce dernier, elle n’a toujours pas d’identité propre, mais est reconnue à travers un de ses fils dont elle va porter le nom. La femme n’a qu’un rôle : faire la cuisine, la vaisselle, la lessive, tout ce dont l’homme a besoin, lui faire des enfants et les élever. Dans de nombreuses maisons de notre quartier, les hommes n’appelaient pas leur femme par leur prénom, mais par le nom de leur fils, comme par exemple « maman Hassan ». (…) Dans certaines familles, on appelle même la femme par un nom masculin qui est le plus souvent celui d’un enfant mort »****.  
BRÛLE… ! BRÛLE, FIRE… !
« …You’ve been living like a little boy,
in the middle of your little world.
And your mind, your tiny mind,
you know you’ve really been so blind.
Now’s your time burn your mind,
you’re falling far too far behind.
Fire, I’ll take you to burn »…

 

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* Azam Hadj Heydari: « Le Prix de rester humain »; Jean-Claude GawseWITCH (!) Éditeur, Paris 2010.
** Comp. : http://www.youtube.com/watch?v=NOErZuzZpS8
*** Il y en a encore celles pour qui ces deux – honneur et la dignité – signifient la survie.
**** Ibid (*).

Le stand de Nabi Niakan et de l’Association des Réfugiés Politiques Iraniens en France au Boulevard Saint-Michel à Paris (Place de la Sorbonne) va y rester toute la semaine. Avec la possibilité de signer la pétition contre le régime religieux des mollahs en Iran et d’acheter plusieurs livres traitant des sujets de la domination sexiste dans la culture crée par les religieux, discrimination des femmes et crimes commis sur les « exemplaires non-obéissants », ainsi que sur le régime politique en général.

BALLADYNA IN THE STORM / THÉÂTRE DE RÉVOLTE, XXI SIÈCLE. 

 

 

FUC(…)ING LES DEPRESSIFS.
NIE ZAMYKAJ OCZU


« I later calculated that all that destruction, and waste of the ressurces (…)
could easily provide (les moyens) for every human need on the planet ».
(Jacque Fresco, dans la vidéo « Question Everything » :
http://youtu.be/Z6xaBYUlDYw).



 

Paris, Gare de l’Est.
Après la minuit. Le temps pour ceux qui aiment le noir, le lieu duquel les bus de la provenance de la capitale partent, les chemins comme les bras de l’étoile, à toutes les villes de banlieue. Le lieu où la fissure entre les sorts des milles des personnes dont les chemins se croisent ici, est visible jusqu’au point qu’on ne peut pas nier de l’ignominie du systèmE.
Ce dont je vais écrire ici, est bien su et connu – tous se sont habitués et tous le vivent sans révolte, bien contents que pas eux – pas aujourd’hui… ? dans la prochaine vie… ? – appartiennent aux condamnés.
Tous voient alors.
Pourtant la juxtaposition des deux mondes est aujourd’hui – et chaque jour – de plus en plus grossière, arrogante, shameless, éhontée.
Les  deux mondes – et les symboles de deux, corps après corps, visage après visage, la puanteur des pieds pas lavés (car où – donc pourquoi…?) depuis plusieurs jours ou peut-être plus que ça – et le parfum qui veut ressembler l’Imperial Majesty.
(Cette question me travaille dans la tête : comment peut-on acheter le parfum pour cents milles d’euros, si on pourrait payer avec la même somme les années de la vie à une personne qui crève aujourd’hui sur un matelas près de l’hôtel, et à laquelle le gouvernement immonde a « interdit » de gagner sa vie – car la peur que la personne puisse enlever du budget national quelques milles d’euros annuels est trop grande… ?
Et bien, il y a la peur. Par exemple, celle ressentie par la femme d’un chef de la grande entreprise, d’un gouverneur ou d’un ministre, qui se sert de cette bouteille qui sent bon, et ayant un bouchon avec un diamant de 5 carats…
Une rareté… !) 

Donc aujourd’hui, je vois tout cela près de la gare.
Tout – se trouve ici.
Peut-être, je le vois juste ce soir, plus fort encore que normalement et plus distinctement, à cause de ce que j’ai vécu la même journée, un peu plus tôt, ou peut-être simplement à cause des panneaux lumineux de l’hôtel à côté duquel je passe en attendant à mon bus, et sur lequel les prix affichés dépassent le revenu mensuel d’un homme absent sur un matelas que je vois posé à quelques pas de la porte.
Peut-être à cause des deux.
Peut-être, aussi, parce que j’ai passé par plusieurs vies, et je sais que dans chacune on veut une seule chose. Cette chose-là s’appelle le bonheur: et je sais également qu’il y a les vies dans lesquelles on ne peut que mépriser l’aveuglerie et la bêtise des humains qui – ayant le droit politiquement accordé au dit bonheur, n’hésitent pas de « donner les conseils » aux exterminés par les pouvoirs politiques avec la lenteur plus encore cruelle que si c’était par une balle envoyée directement au crâne.
Les « conseils », et les sagesses débiles (et oui, un vrai paradoxe linguistique fondé sur antonymie car la chose est tellement incroyable) : en style « Tu vas voir ; tu changeras la façon de penser et de voir le monde – et tout changera ».
« Hop…! », « J’étais exterminé – j’ai changé la façon de le voir, et je ne suis plus, youppiiii… ! » 

 

 

Et oui, les présidents des pays qui discriminent les personnes – cesseront de discriminer les individus.
Les « autorités » qui jouent avec l’humanité des condamnés à la rue – arrêteront de jouer avec les vies.
Les fonctionnaires-chiens, plus zélés que leurs maîtres – vont cesser de déchaîner leur vivacité sur les privés des Human Rights en se payant par ceci leur propre droit indéniable à l’éternelle frustration.
Et toi, avec ton problème DANS TA TÊTE EXCLUSIVEMENT – tu comprendras que ce que tu te sens discriminé… ce n’est qu’une impression, ce n’est pas le fait, ce n’est pas objectif : et tu verras, exterminé – tu ne le seras plus… !
On dit tout cela pendant que c’est toi qui dort sur le matelas sous un hôtel, et pendant que ce sont eux, qui y entrent par la porte… N’est ce pas inadmissible… ? Et la question supplémentaire se pose ici : où l’homme, la femme – en cours de l’évolution qui a pris le tournant tellement honteux – ont perdu la brillance programmée de l’esprit…?
Dis-moi, belle Française (Belge, Italienne, Allemande – dans tous les cas, il ne s’agit pas vraiment de la nationalité, mais du fric sur ton compte – mais vu que les « papiers » possédés conditionnent ton droit à le gagner sur ce monde… la chose est claire et la gestion du nombre des esclaves maintenu parles gouverneurs (et je dis ici sur les esclaves de tous les genres : travaillant, jeté(e)s dehors, poussé(e)s au mariage, sexuel(le)s, etc.) – stable et assurant bien la ressource de tout ce qu’il faut aux gros porcs qui n’arrêtent pas de crier que le système est inchangeable et qu’il faut mettre sous le contrôle les révoltés car ils ne sont que le perdus qui ne savent pas que servir au maître est une seule vocation de l’être humain. 
…Dis-moi, belle Française donc (Belge, Italienne, Allemande) : pourrais-tu t’imaginer toi-même – comme tu le fais aujourd’hui – dans le rôle d’une prophète qui oserait de prôner devant les exterminés de tous les genres tes jugements reluisant de la naïveté – comme celui par exemple « qu’il faut seulement commencer de penser autrement, et hop ! – tout va changer »… ? De heurter leurs oreilles avec les bêtises prononcées sans honte… ? Oserais-tu de le faire – si à part de prononcer ces sagesses douteuses, et à part de t’efforcer à « donner les conseils » à cinq sous à ceux à qui tu n’as pas de droit moral ni éthique de les donner, tu aurais un peu plus de l’imagination et de la souplesse de l’esprit – jusqu’au point d’être capable à te visualiser, toi-même – à la place de ceux à qui tu oses aujourd’hui de parler… ?

 

 

Et si ton imagination était un peu seulement plus développée, tu pourrais t’imaginer peut-être – même si tu n’es pas en mesure de te mettre à la place de l’« autre » aujourd’hui – que dans la prochaine vie – ce sera à toi…?
Le problème, c’est ce qu’ils ne peuvent pas, qu’ils refusent : de s’imaginer.
Simplement ce n’est pas possible, s’est trop dur, et ils n’ont pas de la force.
Ils, elles, s’imaginent seulement ce… qu’ils ne sont pas obligés de « s’imaginer » du tout, car dans tous les cas ils l’ont dans leurs vies. Ils ne sont pas capables donc à supposer qu’il est possible d’avoir les problèmes qui n’auraient pas de leur source « dans la tête » (et, inversement : ils ne s’imaginent pas non plus qu’il est possible de ne pas avoir des problèmes « dans leurs têtes » : ils sont très fragiles et dépensent la grande partie de leur patrimoine pour payer les conseils des spécialistes, qui leur« permettent de se tenir psychologiquement sur la surface »…!
Ils refusent aussi de penser là où pour penser – il faudrait d’abord voir les choses.
– « Ça, c’est dangereux »…!



***


Ily a le refus constant des individus – donc de la société entière – de voir les choses.
Car hélas, si on les voyait – il faudrait arrêter de chanter les joyeuses musiques et les textes des bienheureux : et à se décider à la révolte.
– …Mais pourquoi tu T’ACCROCHES À ÇA…? – demandent, sans rien comprendre, les auteurs des dits textes à l’honneur du bonheur et des songs de la grande prophétie révélant que la vie, si on le veut, peut être belle (et oui: elle le peut – seulement il faudrait agir peut-être, pour qu’elle puisse de l’être pour tous, et pour ceux qui crèvent dans le néant aux mêmes instants où toi, tu chantes tes idioties enfantines, et ceux qui n’ont pas droit à sourire sans avoir mal, et ceux qui n’ont que de se vendre pour ne pas se noyer demain matin ou cette nuit encore, et ceux qui votre gouvernement condamne à un sort de la chair vivante pendant que vous baisez joyeusement les esclaves dans les beaux hôtels, et ceux qui bouffent DE LA MERDE que vous jetez à la poubelle car vous, vous avez les droits et eux – n’ont qu’un éternel « Non ».
Blasphème, swearword sur vos têtes… !
Mais d’abord encore – la honte.

***


– « Et pourquoi tu t’accroches autant à ça…? » – ils et elles continuent de demander.
Ils et elles – ceux et celles qui font les jolis textes, qui de leur part ne font pas avancer de ce monde même s’ils soignent les âmes faibles des riches dépressifs clients des cabinets.
– Tu as besoin de ÇA…? – ils continuent.
Les grands inconscients. Je ne « m’accroche » à rien: je ne suis simplement pas d’accord pour que les uns meurent et les autres vivent en marchant sur leurs cadavres*. Serait-ce jusqu’au tel point difficile à comprendre… ?
Je ne suis simplement pas d’accord pour que les uns aient la vie toute en laideuret la souffrance, et les autres chantent en offrant aux gens une plate supercherie disant que la vie est belle.
Je ne suis simplement pas d’accord – à un tel mensonge.
Je ne suis simplement pas d’accord – à un AUTO-mensonge, exécutée avec telle maestria par les artistes et par les coachs des esprits faibles et incertains.
Je ne suis simplement pas d’accord – pour qu’on appelle les gens à fermer leurs yeux.

 

 


– « Tu ne te donnes pas droit à être heureuse…! » – crient donc les bandes des dépressifs qui se débarrassent de leurs dépressions au prix de la cécité et du lie.
Putain, je suis pourtant capable de ressentir le bonheur – malgré tout…
MALGRÉ – TOUT.
Surtout donc plus capable que ceux qui pour le ressentir doivent se barrer dans un faux paradis des chants sur le bien-être de ce monde.
J’en suis dans l’état, et je n’ai pas des problèmes des êtres égosensibles** : mais je sais aujourd’hui également ce combien facile est devenir écorché du bonheur qu’on a en soi : et comment cruellement ça arrive qu’on nous le vole si le « pouvoir politique » en décide – en tranchant par ceci de l’extermination d’un être humain.
À tous ceux qui osent – ou oseront en avenir, car des inconscients des enjeux politiques et des prôneurs des bontés du système est une armée – de me sortir avec les conclusions gênantes qu’il « faut se donner le droit à… ne pas voir des choses », et que c’est ça, et pas l’action pour les changer, qui serait la condition d’être heureux – à tous ceux qui n’arrêtent, toujours et sans cesse, de juger ceux qui ne restent pas en silence et n’hésitent pas de parler de l’hypocrisie contemporaine – je dis combien ils se trompent.
Je ne m’accroche pas ni à rien : le clou est juste en ce que j’ai vécu plusieurs vies, et (donc) j’arrive à m’imaginer dans les autres.
Il y en a, à qui ce fait dérange, car il n’engendre pas du calme


***


Les prôneurs de la beauté aveugle de la vie poussent pourtant, en ayant peur de tout mais bizarrement pas peur de l’exagération indigeste :
– « Tu vas voir : change ta façon de regarder ce monde et tout changera pour toi… ! » – ils continuent sur leur ligne. Et là, je fais ce qu’on appelle « péter les plombs ».
– « Je ne veux pas que ça « change POUR MOI », mon amétrope… ! Moi, je vais bien, as-tu entendu enfin, toi à qui ton bien-être personnel suffit et t’acalme… ? Je veux que CE MONDE – change : est-ce tellement difficile à cerner, et n’êtes-vous réellement pas aptes à le comprendre ou au moins à le concevoir… ?


 

Vouloir convaincre ce monde que le problème de tous les malheureux de cette terre « ne nous concerne pas », et qu’en plus « il se trouve forcement dans les têtes des personnes », est une chose simplement immonde.
Il est même incroyable de prétendre une chose pareille sans être simultanément gêné par sa propre hypocrisie (le « jeu » en « manque prétendu de la vue »).
Je répète, et répèterai éternellement : si tu as un problème, de ce qu’on nomme le « mal-être », ou le problème de n’importe quel genre, et qui te semble fixé à l’intérieur – il y a toujours une cause extérieure à trouver.
TOUJOURS.
Si tu n’arrives pas de la préciser – tu as effectivement le problème de la conscience.
Une incapacité de trouver la
cause – dans la réalité où tout est comme le mécanisme des toothed wheels – est une pure preuve de ton manque de la perspicacité, de l’aptitude de l’auto-observation, de l’autoréflexion et de l’analyse de toi-même et de ta propre vie.
Et si tu ne trouves pas de la cause de ton « mal-être » dans ta vie elle-même, si tu n’arrives pas à la préciser, peut-être s’est simplement la mauvaise bouffe et le manque de l’activité physique, qui t’alourdissent l’esprit et enlèvent la joie à ton corps : c’est très simple (à ça, on peut aussi chercher de la cause, car ce n’est pas ici que tout commence).

Mais si les « autorités » te prennent tes droits à ÊTRE, simplement, et à respirer, comme le font les autres – tu peux beau de te prétendre un prophète, et de chercher des causes encore : tu ne peux changer rien dans cette réalité dantesque couverte d’une supercherie organisée par les dirigeants ainsi que par le docile peuple.
Là, il restent seulement les bourgeois de la bohème, qui se prétendent les prophètes.
Malheureusement, en ce qui concerne les problèmes politiques et leur impact sur les vies des humains, ce sont eux qui sont le moins informés de tous.


***

 

Il est clair que ceux pour qui le bonheur est lie fermement avec la condition « de ne pas voir », estimeront toujours que puisque tu vois, ne fermes pas des yeux, et tu n’hésites pas à en parler – si ce soit dans ta création ou dans ta vie – tu ne te donnes pas droit à être heureux, heureuse.
Pour être claire : les gens qui ont les problèmes « dans leurs têtes », ne m’intéressent pas et c’est le principe de base.
Ainsi que ceux qui chantent que puisqu’ils peuvent se le permettre, ils ne voient pas des problèmes à l’autre côté du mur, la vie est belle et adorable, faisons donc un suivant chanson.
Leur art ne change de rien, même s’il est fait avec le plus grand talent du monde.
À part de soigner leurs semblables qui peuvent se permettre de vivre leurs dépressions et leurs états à la Prozac, bien sûr – mais ça ne change rien dans la réalité établie : celle de l’extermination des êtres humains, aujourd’hui et tout près : car ici, dans vos rues.

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BALLADYNA / THÉÂTRE DE RÉVOLTE. PHOTOGRAPHIES: THÉÂTRE DE RÉVOLTE
(1 – « Personnages », 3 & 4 – « Gare De L’Est, Paris ») & LES CAPTURES D’ÉCRAN DE LA VIDÉO
« QUESTION EVERYTHING »/Jacque Fresco (2 & 5).

* La conclusion : « Je ne « m’accroche » à rien: je ne suis simplement pas d’accord pour que les uns meurent et les autres vivent en marchant sur leurs cadavres » a un rapport direct avec les paroles de NICOLE CHARPAIL – comédienne, auteure et créatrice de « Miss GRIFF Association » – qui appelle les participants de ses ateliers du théâtre – eux-mêmes les auteurs : «  TROUVEZ-VOUS quelque chose qui – dans la réalité qui vous entoure – ne vous convienne pas, avec quoi vous n’êtes pasd’accord… ! Il n’est pas possible – d’être d’accord avec tout, avec cette réalité : elle ne laisse pas d’en être d’accord. Donc –TROUVEZ-LE… ! »
Les seuls qui ne le trouvent pas – sont les idiots ou les lâches.
(Les paroles de Nicole Charpail sont ici transcrits et cités à la manière approximative car puisant dans la mémoire).
** L’association des : « égo » et « sensible », signalant une fragilité de l’individu concernant surtout les problèmes liés à son « moi », et sa concentration sur ses propres faiblesses. 

AUTANT QUE… (TEXTE APRÈS LA PERFORMANCE “NE CESSEZ JAMAIS DE VOUS BATTRE”)

LE TEXTE EST UN REPRINT DE L’ARTICLE PUBLIÉ EN ORIGINAL LE 10.07.2014 SUR LE SITE « BALLADYNA / WITCH’S WRITINGS »: http://balladyna-witchswritings.tumblr.com/post/91371395892/autant-que-texte-apres-la-performance-ne-cessez.

 

AUTANT QU’UN SEUL EXTERMINÉ SUR CETTE TERRE – EXISTE.
AUTANT QU’UN SEUL EXTERMINÉ – SI CE SOIT PAR UNE ARME DU FER OU SI CE SOIT PAR VOTRE LOI.
AUTANT QUE – EN SOUMISSION ET DANS LA PEUR – VOUS EXÉCUTEZ LES ARRÊTÉS DE L’EXTERMINATION.
AUTANT QUE VOS BOUCHES RESTENT SANS MOT, VOS CŒURS SANS COURAGE ET VOS ESPRITS SANS RÉACTION.
AUTANT QUE VOUS PAYEZ POUR LA MORT ET AUTANT QUE VOUS VIVEZ DE VOTRE PROPRE ESCLAVAGE.
AUTANT QUE VOTRE PROCHE VOUS EST UN ENNEMI CAR AINSI VOUS AVAIT DIT VOTRE GOVERNOR ET PUISQUE VOUS AVEZ SUIVI SON ORDRE – SANS SENTIR NI DE L’IMMONDICE, NI DE LA RÉVOLTE, NI DE BESOIN D’UN CRI.

 

A Capture d’écran 2014-07-04 à 02.25.07

 

« EN VRAI, JE N’AI PAS LE DROIT.
PAS LE DROIT DE CHANTER ICI, DE DANSER, DE PASSER UNE SOIRÉE HEUREUSE ET AGRÉABLE, PAS DROIT :  D’ÊTRE PARMI VOUS.
EN VRAI, JE N’AI PAS LE DROIT.
PAS LE DROIT À ÇA AUTANT LONGTEMPS QUE SUR CE MONDE – À DEUX, À DIX, À MILLE DES PAS DE NOUS, DE V O U S, DE CETTE SALLE – EXISTE UNE RÉALITÉ DANS LAQUELLE LES HUMAINS MEURENT : ET MEURENT PAS PARCE QU’ILS MEURENT, NON – MAIS PARCE QU’ON LES TUE, COURTEMENT ET SIMPLEMENT.
JE N’AI PAS DE CE DROIT : CHANTER NI DANSER, NI MÊME RIRE SI CE RIRE ME FAISAIT D’OUBLIER L’EXTÉRIEUR INCONCEVABLE.
ET VOUS, VOUS N’AVEZ PAS DROIT : TELS SOUMIS, LES CERVEAUX MANIPULABLES (« PAIN ET JEUX OLYMPIQUES.. ! ») DE MANGER VOTRE PIZZA, DE VOUS ÉCROULER DANS VOTRE FAUTEUIL, DE REGARDER VOTRE FOOTBALL VENDABLE – QUAND AUX MÊMES MOMENTS, ON NOIE LES GENS DANS LA MER, ET AUSSI DANS LA MER DE VOS RUES.
VOUS-MÊMES EXÉCUTEZ L’ORDRE QUI EST CELUI DES CRIMINELS.

AVONS-NOUS LE DROIT – À RESPIRER… ?
AVONS-NOUS CE DROIT – QUI SEMBLE TELLEMENT FONDAMENTAL À CEUX QUI EN DISPOSENT, MAIS QUI NE L’EST PAS POUR CEUX QUI NE L’ONT PAS… ?
AVONS-NOUS CE DROIT – SI NOUS N’AGISSONS PAS… ?!

UNE SEULE CHOSE QUE JE PEUX DONC – SI JE SUIS DÉJÀ LÀ, ET COMME DANS TOUS LES CAS JE NE PEUX PAS VIVRE SANS CRI: QUI EST ATROCE ET HORRIBLE, MAIS QUI EST L’EXTASE EN MÊME TEMPS… (ON N’A PAS DROIT DE RESTER SANS VOIX, SANS MOT, SANS ACTION: SINON, ÇA SIGNIFIERAIT QU’ON EST D’ACCORD À CE QUI SE PASSE, QU’ON RESTE EN SILENCE; OR LES CHOSES QUI ONT LIEU SUR CE MONDE NE LE PERMETTENT PAS, ÉTANT TROP IMMONDES)…
UNE SEULE CHOSE QUE JE PEUX DONC – SI JE SUIS DÉJÀ LÀ, ET COMME J’AI UN CORPS ET UNE ÂME QUI RÉCLAMENT FORT CES ACTIONS – UNE SEULE CHOSE QUE JE PEUX DONC, AVEC LES OUTILS, LES ARMES QUE JE DISPOSE – C’EST D’EN HURLER, C’EST D’EN CRIER, C’EST EN DANSER.
DANSER ET CRIER : ET CRIER FORT, JUSQU’AU HURLEMENT – POUR QUE VOUS ARRÊTIEZ DE FAIRE PERSISTER CET ORDRE – QUI EST CELUI DU MEURTRE.
DANSER ET CRIER : ET CRIER FORT, JUSQU’AU HURLEMENT – POUR QUE VOUS VOUS RÉVEILLIEZ, POUR QUE VOUS CESSIEZ DE VOUS SOUMETTRE AUX BOURREAUX, POUR QUE VOUS CESSIEZ DE SUIVRE CE QUI VOUS DISENT VOTRE PEUR ET VOTRE CAFARDISE IRRÉFRAGABLE, POUR QUE VOUS CESSIEZ D’EXÉCUTER – LES ORDRES.
CAR C’EST UN HOLOCAUST – QUE VOUS EXÉCUTEZ ICI, SUR CETTE TERRE.
VOUS OUBLIEZ SEULEMENT D’EN PENSER ET D’EN PARLER »*.

 

Inhabitants of the Interzone

 

La performance après laquelle j’ai commencé d’écrire ce texte – et dont une partie a été le song « SABBATH (MAIS LES INNOCENTS VONT SOUFFRIR AUSSI) », version with the part « …ET LES SORCIÈRES… » – à trouver dans l’album « OSTRACISED ! » en cliquant sur le lien ici – a été inspirée (si parler de « l’inspiration » la plus directe) par le viol et meurtre des deux fillettes en Inde – pendues par les hommes-chiens à un arbre après le viol. Le concert et la choreograph¥ étaient consacrés à toutes les Witches, ainsi qu’à toutes les victimes de la société patriarcale – ainsi qu’à celles dont la dite société – toujours encore et infiniment – veut faire les victimes, en employant pour cela: la force, les ruses, et les paragraphes bien construits de la « loi ».
À tou(te)s celles qui font la guerre pour leur Liberté et leur Dignité des (No-More-)Women, No-More-Humans.
« Ne cessez jamais de vous battre ».


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…Mais c’est aussi le texte que je planifiais – et en vrai, que j’aurais dû faire entendre, prononcé avec la vive voix, au moins quelques mots, les faire sonner et résonner comme un song – le jour de ma performance à l’occasion de la dernière Fête de la Musique à la CASA Poblano à Montreuil.
Le texte résonnant pourtant dans ma propre tête et dans ma propre conscience – la vitesse des préparations (paradoxalement étant en même temps la chose qui a engendré toutes les pensées qui vont suivre) empêchait quelconque travail sur le mot qui pourrait sortir en forme différente que celle du chant expressionniste.

À cause de la vitesse avec laquelle passaient les jours qui ont précédé l’événement, à cause de manque des certaines possibilités et certains moyens, mais surtout à cause du fait que les pouvoirs politiques et économiques de cette terre ont bien maîtrisé le jeu – en réussissant de faire tout pour interdire aux personnes d’avoir LEUR temps pour ELLES – en état d’urgence, il manquait peu pour que je sois en retard pour ma propre performance. Si pas l’organisation parfaite de l’événement et l’incroyable conscience (je dis : « incroyable » vu le niveau de l’inconscience générale de la société) des organisateurs – Minute Papillon Prod. – concernant ce en quoi peut se trouver transformée une vie après une guerre (et qu’elle continue d’être une guerre)  –  il a manqué très peu pour que le jour « J » je ne puisse ni chanter, ni choreograph¥er, ni parler par tous ces moyens de ce dont parler… est aujourd’hui nécessaire, vital, et dont laisser en silence serait – un crime.

 

***

 

Et pourtant – il en a manqué.
…Il en a manqué très peu : pour que je ne puisse ni parler des certaines choses (par hasard exactement celles dont l’existence est inadmissible et qui malgré ça existent bien sans que « le peuple » se révolte), ni être parmi vous. Parmi ceux qui « en ont droit » pendant que les autres soit ne les ont pas soit sont tués avant qu’un mot sorte de leur poumons et de leur bouche, les « pouvoirs » déjà évoqués voulant la voir monstrueusement déformée par la souffrance qui rend fou, mad, crazy, aliène, folle.
Qui tue, simplement.
Si tu deviens un fou, le monde ne t’écoute plus : et c’est ça de quoi il s’agit, n’est ce pas… ?
… 
Il a manqué très peu pour que je ne me trouve pas parmi vous – « les ayant droits à vivre » – et pour que je ne puisse pas de vous parler.
Très peu aussi – pour que je ne puisse – ni « avoir droit », ni « être autorisée » – ni « être », tout court.
Être – comme vous, vous « êtes ».
Naturellement.
Sans vous poser de la question sur un quelconque « privilège » : car la vie, est-elle un « privilège », une chose qui peut être attribuée par l’autre, contrôlée par lui, proscrite… ?
Faut-il être un « autorisé » – pour pouvoir AVOIR la sienne… ?
Pour pouvoir en DÉCIDER… ?
Pouvoir dire « NON », dire « OUI », dire « ÇA, JE NE LE VEUX PAS » quand tout en nous se révolte… ?

La terre d’aujourd’hui est pourtant un lieu où « être » est devenu une chose pas du tout naturelle.
Ah, cela est naturel pourtant, cela est une chose la plus normale qui existe, vous dites, et quelles bêtises je vous écris… ?
Bien sûr. Votre inconscience est trop grande. Et même, elle est immense et accablante. 

 

***

 

Il n’y a pas de « naturel » aujourd’hui.
Il n’y a que les « autorisations ».
Vous avez une… ? Délivrée par une autorité infectueuse, et devant laquelle vous penchez votre tête comme si devant une divinité de l’Olympe…? Hourrah, vous avez le  d r o i t  à votre vie donc… ! Les véritables heureux.
Mais pas les héros.
…Ne pas  ê t r e  donc… ! Toi, sans « autorisation »… !

…Cela plairait, et même trop, aux governors de toutes les sortes : ceux-là font toujours ce qui est possible pour que la voix de la personne qui a pu voir trop – et surtout de ce qui est le « dessous » des supercheries bien organisées sur le niveau national et supranational – et qui a pu se rendre compte de l’existence du mécanisme – des  t e c h n i q u e s  même – de l’extermination contemporaine, l’extermination « à la douce », de l’extermination par la discrimination nationaliste, sexiste et raciale « au pays qui ne discrimine point » – ne puisse ni sonner, ni être entendue, ni être traitée sérieusement.

 

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Hélas pour eux, cette fois vous avez pu entendre.
J’étais là il y a quelques jours – et j’ai pu chanter « TO DEATH OF THE EXECUTIONERS », j’ai pu choreograph¥er, danser TO DEATH, SABBATH** et THE FOX*** et de mettre la peinture noire partout car la terre sous mes pieds était accueillante.
Ce dernier fait, après les longues années d’assumer les tentatives de l’extermination douce en France, je ressens toujours comme une exception et une chose effleurant l’irréel, malgré que depuis ce temps j’ai recevais les preuves de l’amitié, de l’accueil et de la bienveillance – tout ça étant aussi indicible qu’incroyable.
Après les choses du certain genre et de certain poids – ainsi que de certaine immondice dont l’existence on se rend compte seulement si on la vit – l’état d’esprit que je nommerais la vigilance, l’état d’être aux aguets vis à vis des « autorités » dont l’illégitimité on voit plus clairement si quand on regarderait un ciel à l’aube, reste pourtant inchangeable.
Et c’est très bien comme ça.
La Witch… !, personne ne va te surprendre désormais, personne te voir sidérée : tu es sans un point faible aujourd’hui pour eux – tu ne mourras plus ni de leurs balles, ni de leurs mensonges, ni de leur feintes, des jeux et des stratagèmes qui n’ont jamais de leur fin… !

La Femme maudite n’est plus une Femme.

Hex, Sorgin, Sorcière… ! Voilà ce qu’elle est depuis le temps où ils ont essayé de l’avoir morte – si pas l’avoir pour eux.
À eux, elle ne sera jamais : depuis le premier jour elle leur crachait dans les visages en rêvant de sa liberté quand ils l’emprisonnaient et quand ils tentaient (la « loi » patriarcale est bien pensée et parfaitement mise au point), depuis le premier jour elle les méprisait comme on méprise une immondice la plus grande.

 

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Les mots que j’aurais dû dire parmi les songs de la performance, après les premiers pas de la danse « TO DEATH OF THE EXECUTIONERS », étant déjà sur place, pendant la soirée à laquelle heureusement j’ai réussi d’arriver au dernier moment (voilà la victoire symbolique…), les paroles dont, ayant la conscience du temps qui passait trop vite, et emportée dans les flots de la peinture qui était comme le Sang Noir, je n’ai pas dit – étaient les mots d’un appel.
…Car j’ai failli de ne pas être là – et pas seulement ce jour-là : ne pas être là, du tout, parmi vous – et pourtant, encore vous ne me croyez point quand aujourd’hui je vous parle de l’existence des certains mécanismes, mis tellement bien en place, avec la perfection incomparable avec rien et avec la véritable maestria des professionnels du carnage, perversement – par ceux dont le but est d’amener certaines des « non-humaines » à l’état dans lequel elles deviendront soit les objets de l’usage, soit – sinon – mortes.

 

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Lilith Guerrière dit donc ce qui suit :
– « Ils voulaient me voir morte.
Morte – ou usable.

J’en parle clairement car je n’ai pas de la peur : ni de la mort, ni – il parait – que plus de rien.

Je n’ai pas senti de cette peur d’ailleurs, jamais depuis des années. Sauf, peut-être, une seule fois  – où elle a été près mais où le moment n’était pas bon.
Trop m’était pris, avant – et l’enfer à passer a été trop atroce, cruel, hideux et trop immense – pour que je puisse porter en moi la moindre crainte, l’effroi, quelconque hésitation avant l’acte.
Rien ne m’arrête – et rien ne m’arrêtera plus.
Je SUIS – ce qui est à Faire.
Rien ne m’arrête – avant l’action ». 

 

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Mécanisme – celui de l’extermination.
Douce, lente, invisible pour un œil de l’extérieur, invisible pour ceux qui « ont droit »… à ne pas voir.
On dirait, un mécanisme indétectable.
Si on s’en taise.
Si ceux qui l’ont vaincu – n’en parlent plus.
Mais Lilith – elle va prendre la parole.
Malgré tout.

 

***

 

Drame premier, scène numéro quatre-vingt troisième.
LILITH PARLE.

 

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LILITH :
– « Aujourd’hui, comme je l’ai vécu, et vu, moi-même – comme je l’ai senti sur ma propre peau : le toucher de la mort, l’horreur, l’atrocité de la réalité, la menace… Leurs cris : « Tu seras avilie, abaissée, humiliée, rien ne va te sauver de nous, qui sommes les maîtres du monde… ! », « C’est nous qui décidons de ton sort, ici, maintenant, demain, éternellement…! », « Et toi, tu nous seras un jouet, comme toutes les autres… ! », « Nous ferons tout pour que le monde crache : sur toi et sur ce que tu es – nous deviendrons les gestionnaires – de ton corps, de ton âme, de ton esprit… ! »  – je peux voir ce mécanisme, cette technique – gouvernementale, nationale, patronale – désormais à chaque fois qu’elle se trouve employée.
De ne pas en douter aussi, comme vous le faites – car les choses vous semblent incroyables et trop éloignées de ce qui est votre propre expérience – donc sûrement pas réelles et pas véritables.
Je ne dis même pas combien injustes sentent les personnes exterminées – les telles réactions.
Même si on se rend compte que les réactions du genre sont celles des bourgeois bohème soi-disant, des autres théoristes ou des esclaves apeurés de l’action, des inconscients, des simples idiots, et même si on sait bien que certains se protègent en sécurisant leur conscience par un mensonge imposé comme ils le peuvent… ».

 

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Ce que je voulais dire parmi les songs, les gestes et les arrachements plus ou moins violents de ma performance dernière, aurait été donc les mots : « Regardez, il y a les gens dehors quand nous, on (s’en)chante… ! Il y a les gens exterminé(e)s par la persistance des bourreaux, des législateurs, des servants et des soumis sous l’« autorité » horrifiante, les gens avili(e)s, les gens torturé(e)s, les gens tué(e)s… Et qui – eux, elles, pas comme moi aujourd’hui, et  depuis pas longtemps – ce soir ni peut-être jamais ne pourront être parmi vous.
Avons-nous donc – le droit, nous – à… ÊTRE… ?
…Ne croyez jamais que ce qui vous paraît inconcevable, n’appartenant pas à votre réalité, inimaginable dans votre vie – et  simplement, tout court: inimaginable – n’existe pas. La plupart pensent ainsi, en choisissant cette facilité et le manque de l’exercice cérébral : il est vrai que pas conçu pour les lâches, donc pas pour tous.
Mais est ce qu’être lâche – cela doit être la nature d’un humain… ?

Ne serait-ce pas mieux – si un jour, tous en disaient : « STOP »… ?
…Ne croyez jamais que ce qui vous paraît inimaginable, ne soit pas une chose réelle : une telle conviction vient le plus simplement de la paresse de votre cerveau – et est motivée par une raison tellement basse comme l’absence de l’effort.
…Ne croyez jamais que celui que vous voyez presque-mort, ait « choisi » cet état (quelle pensée parfaitement commode d’ailleurs… – mais combien il faut être perverti pour penser ainsi… ?)
…Ne croyez pas – comme beaucoup de vous adorent de faire – que la personne exterminée « ait son extermination dans sa tête », « qu’elle l’ait inventé » : puisque quand on est exterminé, on le sait bien ; ce sont ceux qui regardent de l’extérieur qui n’en savent rien.

 

IMG_1618 Favorie Incontestable

 

…Ne croyez jamais – que ceux que votre gouvernement a condamné à l’avilissement, à la haine, à la violence, à l’enfer infini et au bonheur qui ne peut que seulement se rêver quand on se trouve dans une cage, à la non-existence, enfin à la mort… À la folie peut-être, avant que cette dernière arrive… ? Aux atrocités de servir comme un objet – à vous… ? Aux traitements inhumains… ? Aux abus que vous voyez sans voir (vous pouvez vous permettre à ce luxe incontestable d’être aveugles), et dont les effets vous achetez avec la joie infantile car tout le processus vous échappe et car cela vous convient autant, parfaitement… ?
Aux… quoi encore…?
…Ne croyez jamais – que ceux qui votre gouvernement a condamné à l’invivable – s’« imaginent » les choses dont ils vous parlent.
S’ILS – parlent.
La vie dépasse l’imagination – et un thriller le plus sanguinaire coule encore moins du sang que le cœur de celui ou celle que les « autorités » veulent voir mort(e), fou/folle, sans âme, sans plus de contrôle de ses sens, sans son esprit et sans son corps.

 

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Nowhere#29-E


J’ai dans ma chambre aujourd’hui une carte éditée par une compagnie du théâtre, et qui reste accrochée au mur : car malgré que pendant le temps de l’extermination douce et lente je ne conservais pas des objets, la réalité et les conditions de la vie ne le permettant pas simplement, j’ai sauvé celle-ci en y faisant une exception. Parmi autres. Il s’agit d’un imprime d’un spectacle de la Compagnie Trans Europe Théâtre.
« PERSONNE NE M’AURAIT CRU, ALORS JE ME SUIS TU » – était le titre.
Et bien, qu’on se taise donc… ! C’est ce qu’ils veulent exactement, vos governors – et certains de vou le savent bien malgré toutes leurs attitudes de l’inconscience.
Vous devriez rester bêtes, comme ils ont planifié, depuis le jour de votre naissance.

Vous devriez rester bêtes, somnolants comme vous l’êtes, pas du tout clever, pas brillants, pas éveillés, pas perspicaces, ne voyant pas d’un problème – ou même, le voyant pas là où il se trouve vraiment.
Vous devez considérer que le problème – est l’existence de votre proche : et pas du tout l’extermination tellement habilement mise en route par ceux qui tirent les ficelles de vos vies.
Voilà donc, l’existence de votre proche: qui fait le problème.
Le problème, c’est sa vie près de vous.

Le fait qu’il bouge.
Sa respiration. 

 

***

 

D’ailleurs, ce n’est pas un proche, c’est un usurpateur…!

 

***

 

Vos governors font tout pour que ceux qui ont passé par l’enfer conçu de leurs « lois » basées sur les immondices et les mensonges, ne puissent jamais de vous en parler.
Et vous, les SurVivantes… !
Après tout, l’intérêt de ceux qui ont voulu de vous voir mortes, ne peut être l’autre que celui de vous voir silencieuses, sans mot, sans cri.

– « Taisez-vous… ! »

 

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Vous voir morte aurait été une meilleure solution pour cela – car la plus sure : morte, vous ne parleriez plus. Mais, comme quant à cette chose-là, ils n’ont pas pu de l’obtenir facilement (vous avez vaincu votre propre mort, vous n’étiez pas devenue ni un objet de l’usage, ni une folle qui délirerait dans la rue et y crierait les mots sans sens, ils n’ont pas réussi non plus de vous enfermer même s’ils essayaient à toutes les façons de vous faire vivre les situations qui devraient  vous amener à l’état où cela serait la chose possible) – ce qui leur reste, c’est faire tout ce qu’il faut maintenant : pour vous écorcher de chaque minute, chaque pensée, chaque heure et chaque seconde de votre temps, qui compte pour vous pourtant mille fois de plus que ce qu’il compte pour un être humain dont la liberté de faire n’était jamais violée ni anéantie.
Le temps de votre vie.
Tout cela – ainsi que le processus de l’extermination lente, par la « loi » qui en persiste – est tellement bien mis en place, que le système – il pourrait sembler – n’est menacé par aucun défaut, aucune « erreur de fonctionnement », aucune malfaçon.
En vrai, une personne qui a passé par l’enfer que les gouvernements des pays « civilisés » ont l’apitude d’organiser à un être vivant dont le visage, la tête, la nationalité, le sexe (féminin, combiné avec trop besoin de liberté personnelle: et oui – c’est proscrit encore aujourd’hui, c’est à annihiler sans aucune pitié), la façon de vivre ou les convictions antipatronales (par exemple) « ne leur conviennent pas »… selon ce qui est conçu et programmé, ne doit pas – de sa part – être apte : ni à en parler, ni à avoir d’une vie épanouie, ni à l’avoit tout court et simplement.
…Mais surtout : ni à en parler… !

 

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Faut dire que c’est ici, que le système des governors, de ceux qui vous considérez pour les dieux et qui ne le sont pas (on dirait aussi que bien que ce sont eux, les usurpateurs, mais c’est vous qui leur donnez les armes), s’en occupe de la tâche le plus adroitement : car objectivement, les choses par lesquelles la personne aurait fallu passer sont d’habitude trop atroces, trop inhumaines et de la cruauté indicible pour qu’on puisse s’en sortir sans un traumatisme avéré et garanti.
Et bien, il y a les fous qui s’en sortent pourtant, peut-être puisque – à leur chance – déjà avant vivre l’inhumain ils étaient fous : leur résistance a une insanité à suivre a été donc trop grande.
Même si ne plus humains, ne plus humaines – ils, elles – s’en sortent.

 

***

 

Ils s’agit maintenant de ce que vous ne receviez pas de leurs mots comme décrivant une chose inconcevable donc inexistante, comme une invention « car la réalité ne peut pas être telle : la notre est so different… ! »
C’est en concevant cette différence, vos « rois » – qui gèrent aussi vos vies, vos envies, les décisions pseudovôtres, vos choix soi-disant et votre temps – obtiennent votre obéissance, votre soumission, et – votre accord à l’inconscience ainsi qu’à la désinvolture jusqu’à l’indolence et l’air guignol.
Ils acquièrent en vous un état de vos esprits dans lequel vous suivez les ordres des criminels qu’ils sont, eux : des exterminateurs et des bourreaux des êtres humains.
L’ordre, dans lequel vous croyez en plus comme dans une chose légitime et indiscutable.
Et cette endoctrination – est la plus grande victoire des exterminateurs contemporains.

 

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On vous fait croire que votre proche est votre ennemi : oui, il est « différent » de vous, son papier – délivré par une « autorité » humaine mais que vous traitez comme divine et céleste – ne stipule pas qu’il puisse vivre et qu’il puisse le faire librement, voilà la différence. Vous vous croyez donc « plus autorisés », plus des « droits » aux objets divers que vous possédez sur cette terre vous revienne, dans vos pays qui spolient les pays des autres nations et dans lesquels – d’une langue de l’hypocrisie – vous parlez de la « misère du monde » que vous ne pouvez pas nourrir, vous…
Est ce qu’une plus grande imposture – existe…?
Un plus grand mensonge…?
Un plus grand manque de la honte…?
Dois-je vous dire encore combien vous ressemblez les petits veaux, demeurant en obéissance, sans une pensée qui soit vraiment de vous et à vous, vous qui penchez vos têtes devant vos maîtres et devant ceux qui vous possèdent, vous : en exécutant les ordres qui exigent de vous l’indicible et l’immonde – et qui ne se décrit même plus…?
« Les « autorités politiques »… sont capables de changer la vie d’une personne qu’elles veulent voir Sans Droits, et qu’elles considèrent – ou veulent voir – Pas Humaine (car « Pas Humaines », il y’en a toujours besoin pour que la règne puisse s’exercer sans obstacles) en un cauchemar » – je me rappelle d’avoir écrit ces mots à un artiste, le jour même de la performance.

Envoyé à 12H35, tout avant la répétition du chant qui a dû se faire en deux heures à peine.
Même si j’arrive au dernier moment – car ils se sont tellement bien occupés pour que, surtout si vous voyiez l’enfer donc savez de quoi il est bâti (info confidentielle…!) – vous soyez toujours à court de temps**** – il faut en chanter.
Il faut en danser.
Il faut en parler.
Toutes les révoltées, les Witches, les Sorgin, les Hex, celles à qui on annonce que vous êtes les Étrangères de cette terre, toutes les sortant du Hell que les « lois » des barbus ont programmé pour vous, contre vous – la victoire sera à nous.

 

***

 

« …ET LES SORCIÈRES – CELLES QUE VOUS VOULIEZ TUER,
S’ENVOLENT… !,
DE TOUS LES SABBATHS DE CE MONDE – ELLES S’ENVOLENT
POUR VOUS FAIRE SOUFFRIR
SUR TOUTE LA TERRE,
LÀ OÙ VOUS ÊTES.
VOUS ASSIGNER LA SOUFFRANCE.
À – VOUS.
…POURRIEZ-V O U S
  ÊTRE ÉTONNÉS… ?
POURRIEZ-V O U S  – NOUS REPROCHER.
RIONS, LES SŒURS
RIONS, LES ÉTRANGÈRES… !
RIONS ».

 

 IMG_8217 Favorie Incontestable

 

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* FRAGMENT DU TEXTE PUBLIÉ DÉJÀ PRÉCÉDEMMENT, ASSEZ VITE APRÈS LA PERFORMANCE – COMME LA PRÉAMBULE AU TEXTE ENTIER. CETTE NOTE A ÉTÉ DIFFUSÉE ENSEMBLE AVEC LES SETS DES PHOTOGRAPHIES, SIGNÉES PAR CÉDRIC BARBIER (www.facebook.com/media/set/?set=a.492270474239792.1073741829.225033570963485&type=1) ET PARTIELLEMENT AVEC LE SET DES PHOTOGRAPHIES PAR ANDREAS CARAISCO (www.facebook.com/media/set/?set=a.305513846294476.1073741832.193336117512250&type=1).
** TOUS LES SONGS SONT SIGNÉS ฿ALLADYNA (LYRICS) & L.O.U.P. (MUSIC).
*** “THE FOX” EST LE TRACK SIGNÉ PAR LE DUO PSUKAÏ.
**** C’est pour l’éventualité si vous aviez trop d’envie d’en parler.

PHOTOGRAPHIES DE CE TEXTE : CÉDRIC BARBIER (PHOTOS & ENREGISTREMENT VIDÉO / SOURCE DES IMAGES) – From ฿ALLADYNA / Théâtre De Révolte’s Performance « NE CESSEZ JAMAIS DE VOUS BATTRE » (WITCH’S SONGS & Choreograph¥. MUSIC: L.O.U.P., Psukaï) AINSI QUE  DE LA “WITCH’S DANCE” (DUO WITH MINUTE PAPILLON, MUSICIENS: CLAUDE PARLE & KARIM N). FÊTE DE LA MUSIQUE 2014 / CASA POBLANO, MONTREUIL, 21 June 2014. ORGANISATION : MINUTE PAPILLON PROD.
LE TEXTE EST ACCOMPAGNÉ AUSSI PAR LES PHOTOGRAPHIES DE CHRISTIAN DEMARE: “INHABITANTS OF THE INTERZONE”, “AT NIGHT #5” & « NOWHERE #29 ».

NOTE: L’AUTEURE DE CET ESSAI – POSSÉDANT UNE SOLIDE FORMATION LINGUISTIQUE UNIVERSITAIRE CONCERNANT SA PROPRE LANGUE ET LES LANGUES SLAVES, SUITE DE LA BATAILLE DURANT PLUSIEURS ANNÉES CONTRE LA GENTLE EXTERMINATION EN FRANCE (ET BIEN, CELA PREND TOUT LE TEMPS) A PU APPRENDRE LA LANGUE DE SON NOUVEAU PAYS EXCLUSIVEMENT À LA FAÇON AUTODIDACTE ET SPONTANÉEE, SANS FRÉQUENTER QUELCONQUES CURSUS. VEUILLEZ DONC ASSUMER LA RÉALITÉ DANS LAQUELLE VOUS ÊTES EN TRAIN DE LIRE  UNE NOUVELLE VERSION DE LA LANGUE FRANÇAISE, ET NE PAS REMONTRER AVEC UNE BASSE SATISFACTION DES ERREURS DE LA CONSTRUCTION DES PHRASES : IL EN EST TROP TARD.

_________

EVOLUTION
D’UNE ESPECE
(« MALADIE INCURABLE
DES GUERRIERS »)

Dans le Théâtre et Centre d’Art « Onde » à Vélizy-Villacoublay,
on pourra bientôt voir la pièce dansée de Michel Onfray « Le Recours aux Forêts »*.

« Je veux simplement en finir avec le commerce de la folie
De la sottise
De la bêtise
De la noirceur des hommes »
– écrit l’auteur de la pièce, et le journal « Les Nouvelles de l’Onde » – en vrai une présentation de la programmation du théâtre – consacre à cette création quelques mots qui méritent de s’en arrêter.

« Un metteur en scène, un philosophe, une chorégraphe, un compositeur et un documentariste atypiques partent tous ensemble à la recherche du « Waldgänger ». Le proscrit qui choisit de vivre libre en se réfugiant dans les forêts.
Cette figure muette de rebelle, interprétée par Juha Marsalo, est chorégraphiée par Carolyn Carlson. Quatre acteurs portent sa voix, dans une atmosphère d’autre monde, faite d’eau et de brume, supports immatériels des images de François Royet.
« Le Recours aux Forêts » est à la fois un cri de révolte à l’adresse du cynisme du monde contemporain et une tentative de restaurer un espace utopique ».
Déjà après la lecture du premier paragraphe du texte – et sans doute  aussi après les premiers pas de la danse vue sur scène (même si on ne s’interroge guère dans les mêmes situations dans la vie) – viendra cette question :
« Est ce que c’est la seule vérité qui reste… ?
Ce seul choix – pour vivre libre, mais aussi pour pouvoir se dire qu’on ne se ment pas soi-même, et pouvoir se dire aussi : Je ne suis pas : l’opportuniste, hypocrite, menteur… ?
Est ce qu’il ne reste vraiment que ça : se réfugier dans les forêts… ?
Et, la même question, qu’on pourrait poser autrement :
Est ce qu’il ne reste que ça:  la « résignation » et le « choix » de « s’effacer » car… on a appris que le monde
est tellement pas noble et bas ?


…Si on ne veut pas être
souillé…


Si on n’a plus que mépriser ce monde – car sa bêtise et l’hypocrisie dans l’un : ces deux servant à dissimuler la lâcheté et la bassesse plus primitives que ces des animaux – ne laissent pas d’autre choix, d’une autre possibilité que ça : de ne pas vouloir d’en être touché, et vivre la répulsion à la seule pensée d’être effleuré par la souillure de ce qui se nomme « humain » et aurait du porter plutôt un nom de larve et d’un ver de terre


Figure muette
du rebelle

Est ce que les choses ont été amenées jusqu’à un tel état que la figure du rebelle – ne peut plus qu’être une figure muette… ?
…Ton cœur criant fera éclater ton âme si toi, tu ne crieras pas.
S’en aller dans la forêt.
Sincèrement, je déjà pensais sur ça : car… j’ai voyagé.

***

« Démocrite fut dans la Grèce antique un philosophe matérialiste fêté qui parcourut le monde. Lors de son périple jusqu’en Inde, il a constaté la vilenie des hommes, à la suite de quoi il fit construire une petite cabane au fond de son jardin pour y finir en sage le restant de ses jours. Je nomme tentation de Démocrite et recours aux forêts, ce mouvement de repli sur son âme dans un monde détestable. Le monde d’avant-hier, c’est celui d’aujourd’hui, ce sera aussi celui de demain : les intrigues politiques, les calamités de la guerre, les jeux de pouvoir, la stratégie cynique des puissants, l’enchaînement des trahisons, la complicité de la plupart des philosophes… » – écrit Michel Onfray**.

S’en aller dans la forêt.
Sincèrement, je déjà pensais sur ça : car…

le mépris pour la lâcheté humaine, couverte de sa part par la démagogie humaine, ne donne pas de possibilité de ne pas en avoir d’une idée et d’un rêve de se déclarer en séparé, éloigné, intouchable.
Mais si j’imagine un tel choix : un choix qui serait fait  v r a i m e n t  –  je me rends compte immédiatement de son impossibilité.
L’âme est trop brûlante – elle brûlerait à chaque son, chaque signal porté sur la bassesse et l’injustice révoltante, qui viendrait du monde des humains.
Elle brûlerait – car déjà, cette âme connaît bien l’injustice, la petitesse et l’hypocrisie du monde civilisé : elle en est Consciente.

***

Forêt.
A vrai dire, j’ai vécu déjà dans la forêt. J’ai derrière moi une expérience de dix ans, une expérience riche et renforçante pour toujours – d’une forêt ; mais d’une forêt, où on ne pouvait pas traverser de la route, et où on ne pouvait pas passer par un chemin quel que ce soit, « apparemment (et mensongèrement) ouvert mais pas pour les discriminés » ; une forêt, où on ne pouvait pas passer par les voies ni le plus simples ni le plus broussailleux, même si on avait les bras plus forts et si on fonçait avec la violence et l’agression, plus courageusement que les frêles aux corps délicats d’à côté. Une forêt, dans laquelle tu es condamné à l’extermination par la simple interdiction de tout ce qui est humain
.
J’ai vécu déjà dans la forêt : la forêt de la discrimination – les animaux n’inventeraient jamais d’une ignominie et d’une chose pareille.
Cette forêt, s’appelait la France.


KOLTUNIZM
(le KOLTUNISME)


Ca donne à l’esprit – et y laisse pour toujours – un mépris incroyable et inimaginable : car, la situation de la vie dans la forêt de la discrimination dont les animaux n’inventeraient jamais, apporte aussi certaines  b é n é f i c e s à l’esprit : et ce dans la forme de la vision plus perspicace de ce qui nous entoure et dont les « hommes statistiques » ne verront jamais ;
le mépris incroyable et inimaginable n’est qu’un effet d’avoir vu, vécu et appris de percevoir les choses également incroyables et inimaginables, l’indignité humaine  ineffable, leur ignominie inexprimable, la lâcheté des gens indescriptible et l’hypocrisie écorchée de tout le voile.
Ca fait aussi de se rendre compte d’entendre les bêtises incroyables, les constats et les jugements à la stupidité inimaginable et à l’inconscience de certains, qui fait à son tour de penser seulement de la véracité des mots sur la limitation de cerveau humain.
Vivre dans la forêt de la discrimination – à côté des gens de la même race qui ne se rendent totalement pas de compte de ce qu’ils voient en vrai et en quoi ils assistent, entendre leurs constats et leurs jugements : nauseants parce que privés de tout le sens – ça fait ne plus croire en intelligence humaine – mais donne une idée de la stupidité appropriée à la race.
Et, une des choses les plus importantes : ça fait se rendre compte aussi de KOLTUNIZM*** – ce trait caractéristique de l’espèce, accumulant toutes les traits du caractère du ver de terre déjà évoquées, mais où la lâcheté, l’hypocrisie et l’impudeur de leur propre bassesse sont renforcées par le villageoisme des personnages.
« …Le monde d’avant-hier, c’est celui d’aujourd’hui, ce sera aussi celui de demain : les intrigues politiques, les calamités de la guerre, les jeux de pouvoir, la stratégie cynique des puissants, l’enchaînement des trahisons, la complicité de la plupart des philosophes… ».
Le KOLTUNIZM (francisons ce mot et disons : KOLTUNISME – car il semble que sa francilisation est incontournable) des politiciens de chaque époque, qui créent les forêts de la discrimination – n’a aucun égale – et de point de vu d’une Sauvage qui a pu le passer et le Sur-Vaincre, je peux dire qu’il n’y a pas d’égale de celui de politiciens de France.
(Ailleurs, ils sont aussi répugnants, et on sait bien que l’injustice y règne également – mais au moins, ils le cachent et dissimulent moins ; or la France depuis toujours est un spécialiste de cachotterie et des coups politiquement bas (« cacher », « gentillesser », « mettre en costume des mots fades et pas forts ») – malheureusement un spécialiste qui fait sa chose assez maladroitement : car pour celui qui n’était pas passé par ce domptage culturel, toute cette tristesque cachoterie se voit de premier moment comme sur une main ouverte.
Les politiciens n’arrêtent pourtant pas de jouer – et le KOLTUNISME continue.
Important à dire est pourtant ce dont la société, la masse – ne veut ni admettre ni même d’apercevoir – ces jeux du pouvoir et la stratégie cynique des puissants dont parle Michel Onfray, sont possibles grâce au même cynisme – mais assaisonné en plus par la stupidité – des « non-puissants ».
…Qui – par accepter certaines activités, ou par accepter le silence et la myopie – deviennent les servants.
« Malheur au peuple de la bonne foi, duquel ils abusent avec tant de cynisme ! » – criait jadis Klaus Mann**** …et ici pour une fois il ne faut pas lui donner la raison. Car, ce peuple dont il regrette tant, s’il pèche par quelque chose ce n’est surtout pas par sa « bonne foi », mais plutôt par la paresse de son esprit, peu motivé de reconnaître (car il faut se dire que
« reconnaitre » dans certains situations ne peut signifier que : « agir contre » et ne pas rester comme un mouton sans rien faire) la démagogie de haut qui… sert aussi à lui.

***

Dans le dernier « Pariscope » – on lit la critique du film « AO, le dernier Neandertal », une belle épopée symbolique.
« …rien de plus humain que cet homme préhistorique doté d’une conscience d’une belle âme respectueuse de la nature et des autres hommes malgré leurs différences. Des résonances très actuelles… Neandertal est-il de nos ancêtres ? On l’espère, à la vue de ce beau spécimen… »*****.
J’ai lu ces mots.
Et puis, j’ai crié :
– « Quel culot… !
Quel culot… et quelle triste absurdité jusqu’à ridicule… ! »  – l’être le plus ignoble de cette terre, la plus grande larve de ce monde, « espère qu’elle vienne d’un ancêtre lumineux ». Ne puisse-t-on qu’en rire… ?
Ceux qui ont sortis des forêts crées et préparées par l’humain, ceux qui ont  p a s s é, vu et ne laisseront alors jamais de se droguer par la démagogie pour les bourgeois ni priver leurs yeux de regard qui  v o i t  – savent, que l’homme – si on ne se ment plus, car on a déjà la conscience et on a vu toutes ses traits caractéristiques bien dévoilées – est plutôt un descendant d’une liaison d’autruche décervelé et de ver de terre qu’on a évoqué déjà, encore plus lâche que son ancêtre.

Tout ça, se voit et se révèle pourtant que dans la situation où les effets de la bassesse humaine et de l’injustice on supporte en prolongée et en continu, pendant certain temps qui doit être aussi suffisamment long pour incorporer la perspicacité de l’esprit dans son être, et pour intérioriser le mépris (exclusion et la discrimination sont seulement certains des cas concrètes de telles situations, mais il y a sans doute aussi les autres possibles, dans lesquelles on reçoit ce fort apprentissage) – et important : la situation qui nous fait apprendre, doit être « vécue » vraiment et on y doit « participer » et être touché vraiment et personnellement (gare aux rôles des « sages-théoriciens », à la sagesse en vrai ridicule et pitoyable). On apprend
v r a i m e n t  et  s a i t  v r a i m e n t  seulement dans et par les situations dans lesquelles on est  o b l i g é  de voir la vérité : car, la vraie bassesse humaine, et jusqu’au degré limitement aigu, on ne voit jamais de sa propre volonté. Qui n’est pas – ou n’était pas – obligé de le sentir et de s’en rendre compte – peut continuer et continuera de se mentir et de « ne pas voir ».
Par contre, la situation d’un exclu politique donne un pouvoir et un point de vu d’un destiné à l’extermination douce d’une part et d’un observateur de la vie « interdite »
d’une autre part ; on gagne la conscience aigue et éternelle, et…
…Ca ne donne pas d’envie de vivre avec ceux qu’on regardait.
– POURQUOI rester alors… ? – on retourne ici de nouveau à la question de début de ce texte, déclenchée par le sujet de la pièce de Michel Onfray et par… la vie.

Pourquoi… ?


MALADIE INCURABLE
DES GUERRIERS


Partir, faire un recours aux forêts… ?
Mais alors – où est l’espoir, à ce que les choses puissent changer… ?
Laisser ce monde dans les mains des larves et des vers de terre… ?
On reste parce que – il existe cette maladie, incurable, des guerriers – qui ne laisse pas qu’on se dise : « Stop à ma bataille ».
Parce que pour certains de nous, l’injustice, l’hypocrisie, le KOLTUNISME et la bassesse, seront toujours ce qui va les révolter – et sans différence si elles se trouveraient dans « leur » monde ou à milles des kilomètres d’eux.
Et parce que sur le chemin – parmi les vers de terre, les KOLTUNS, les larves et les bourgeois… on rencontre pourtant les êtres rares : et c’est par l’espoir et pour pouvoir vivre, communiquer et lutter avec eux – qu’on reste.
Même si… les vers de terre, les KOLTUNS, les larves et les bourgeois – on méprise jusqu’aux os et sang.
On reste pourtant.
Pour ne pas rendre par un walk-over de la bataille qu’on espère de gagner, ensemble avec ceux qu’on apprécie et qu’on respecte.
Les autres… Les vers, les larves, les lâches… Ils sont comme une autre espèce : dont on sent désormais la répulsion même seulement en les regardant ou en les croisant.
On va lutter.
Peut-être, dans les cents d’années, nos deux espèces vont se diviser enfin.
Probablement – comme ils tentent déjà – eux, les vers de terre et les lâches, vont alors vouloir nous exterminer.
Heureusement, comme on peut deviner selon les tendances de leur évolution – ils n’auront plus des cerveaux.



/photo du spectacle : Tristan Jeanne-Valés/

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* Michel Onfray : « Le Recours aux Forêts », pièce chorégraphiée par Carolyn Carlson avec la musique de Jean-Luc Therminarias. Au théâtre de l’Onde le 3 décembre 2010.
(Citations : « Les Nouvelles de l’Onde » : octobre-novembre-decembre 2010)
** Sur : http://www.londe.fr/spectacles/danse/item/41-le-recours-aux-forets.html
*** KOLTUNIZM (KOLTUNISME) – la nomination du caractère cumulant les traits les plus bas et sans pudeur de cette bassesse ; le mot vient de la pièce de Gabriela Zapolska « La Moralité de Mme Dulska » : où un KOLTUN représente un bourgeois au comportement d’un villageois (disons clairement que c’est en général la règle et le trait caractérisant des  bourgeois).
KOLTUN – sans métaphore, il signifie aussi le garrot des cheveux collés, brouillés et non pas lavés – comme sur la tête d’un bœuf humain avili, encrassé et sale.
**** Klaus Mann: « Esprit de logique »; dans: « Contre la BARBARIE », Phébus 2009
***** « AO, le dernier Neandertal », film de Jacques Malaterre (2009) ; critique dans : « Pariscope » du 29.09-5.10.2010 (« Film Nouveau »)


APRES VIVRE LA BARBARIE.
LA « VÉRITÉ » DANS LE THÉÂTRE DE LA VIE:
JUSQU’À… OÙ PEUT ALLER L’IMAGINATION

Le grand maître de théâtre dit :
« Tout théâtre cherche à être un miroir de la vie, mais ce miroir est rarement complet. Souvent l’accent n’est mis que sur le négatif (la pauvreté, l’injustice). Ou alors il y a le théâtre bourgeois qui donne une fausse image de la vie en rose. L’honnêteté de ce théâtre des townships {les propos sont une réponse à la question « Qu’est-ce qui vous émeut le plus profondément dans le théâtre des townships? » – inf. aut*} est d’exprimer deux vérités inséparables: celle de la douleur, de la misère de la condition humaine, et en même temps cette possibilité, à l’intérieur de chaque être humain, quelles que soient sa race et sa situation, d’affirmer avec joie le fait d’être en vie ».
Ensuite, le metteur en scène qui a vu tous les coins du monde et travaillé partout, s’enchante et étonne de ce qu’il nomme un « miracle sud-africain » :
– « La résistance passe-t-elle par le jeu ? » – le demande Anne-Sylvie Sprenger**.
– « C’est inséparable. Le ludisme est une forme d’expression tout à fait naturelle. Le miracle sud-africain, c’est justement la santé et l’optimisme de la campagne qui n’a pas été encore brisé et qui respire à travers la misère des bidonvilles. Dans les rues des townships, chacun exprime ce qui lui est arrivé la veille avec humour et vitalité. Ce partage se fait comme une affirmation du fait que, quoi qu’il arrive, aujourd’hui nous sommes là. Hier nous étions en danger de mourir et aujourd’hui on vit ».
Petite digression nécessaire :
Car voilà : tout change, quand nous ne pouvons pas de le dire : de dire – « aujourd’hui, on vit ».
Après les mots de Peter Brook, on peut se dire aussi, que visiblement, il y a les bidonvilles, et les bidonvilles.
Ceux vus par les yeux d’un artiste enchanté – et ceux, où on vit – et que seulement pas nombreux de ceux-de-dehors arrivent de voir avec les yeux un peu plus ouverts.
Est ce que vous avez lu ce texte, de Stéphane Mauchand – où l’auteur, qui pourtant, lui aussi, n’est qu’un passant – nous décrit le bidonville vu sans ce beau enchantement, qui fait un tel plaisir si on est un passant, et s’il peut être ressenti… ?
Tout change, quand « aujourd’hui » qui est celui de maintenant, et un « aujourd’hui » qui sera demain, et cet autre « aujourd’hui » qui était hier, et… milles des « aujourd’huis » futurs – car on nous ne donne pas d’espoir – on va entendre que le fait que « nous vivons », n’est pas la vérité.
Tout change, quand on voit que « TOUS, effectivement – sont « là » : mais pas vous ».
Tout change – et c’est avec les mots des grands maîtres du théâtre compris – quand vous – n’est qu’un  e x c l u  de la grande communauté humaine : vous n’êtes pas « là », on n’hésite pas de vous le répéter chaque fois – et vous n’en avez pas des mêmes droits que tout le reste de ceux qui vous apprenez alors nommer « la masse ».
Désormais, vous êtes solitaire.
TOI, tu es solitaire.
On veut te Tuer, ne le tu sais pas… ?
Tu t’en fiches car, dans tous les cas, tu ne le laisseras pas.
Mais, ils vont faire tout pour te rendre non-existant.
Tu leur fais peur : ta présence peut être dangereuse pour leurs portefeuilles, sûrement – et, parfois, pour leur vanité, leur estime de soi et leur prétention d’être seuls sur ce monde.
Fin de la digression.
C’est à ce court constat, prononcé dans le ton tellement certain comme s’il était vrai et objectif : constat nous disant que « souvent {dans le théâtre} l’accent n’est mis que sur le négatif (la pauvreté, l’injustice) », que je veux consacrer ce texte.

***

Car, quand Peter Brook dit que « Tout théâtre cherche à être un miroir de la vie, mais ce miroir est rarement complet » – cette vérité le concerne aussi.
Nous ne nous rendons pas compte de grandeur et de désespoir de ce que le grand maître (ce texte est écrit avec le respect pour sa création, son art, et ses essais – je répète : les ESSAIS – de l’« ouverture » vis-à-vis de ce qu’il ne connaît pourtant pas, car n’a pas VECU lui-même. Le grand POURQUOI de ce que ces essais ne peuvent être que infructueuses, je vais décrire dans la deuxième partie de ce texte) …nous ne nous rendons pas compte de grandeur et de désespoir de ce que le grand maître nomme : « la pauvreté, l’injustice », sur lesquelles, selon lui, « l’accent est mis » en rendant le théâtre un miroir pas complet et subjectif de la vie.
Car, si certains artistes arrivent, d’y « mettre l’accent », ce n’est pas par leur « recherche de le mettre », une recherche de souligner les choses que les bourgeois et malheureusement aussi les gens plus nobles que les bourgeois : ceux qui peuvent pourtant passer à côté en les observant – nomment avec le ton méprisant et les mines légèrement ennuyées : les choses « négatives ».
Si certains artistes arrivent, d’y mettre l’accent – c’est PARCE QU’ELLES EXISTENT, ET PARCE QU’EN VRAIE VIE ELLES EXISTENT ENCORE PLUS FORTEMENT, ET ETANT BEAUCOUP, INCOMPARABLEMENT PLUS GRANDES, QUE DANS LES PIECES QUI « Y METTENT ‘L’ACCENT’ » ET QU’IL SOIT POSSIBLE DE LE MONTRER DANS UN THEATRE.
Faut vivre une vie privilégiée, et tenir les yeux assez fermés, pour ne le pas voir.

***

« Né le 21 mars 1925, Peter Brook appartient à une famille londonienne très aisée et très cultivée d’origine russe. Après des études à Oxford, il manifeste très tôt un vif intérêt pour de multiples activités artistiques (cinéma, théâtre, littérature, opéra, arts plastiques et musique)… »
Il n’est pas étrange, qu’un artiste au passé privilégié comme celui-ci, un artiste qui d’abord : a heureusement eu le DROIT et la possibilité de vivre en aperçoivant et en atteignant les choses autres que le désespoir (ce dont n’ont pas eu ceux dont raconter l’accablement et l’oppression il voit « mettre l’accent aux choses négatives »), évoque le théâtre qui montre ces choses-là à la façon la plus crue – comme un faux miroir de la vie.

LA « JOIE D’ÊTRE EN VIE »


Et bien, dites la même chose aux milliers des condamnés – car ils ne sont que les condamnés – des banlieues ou des centres des villes, ceux qui n’ont jamais eu d’occasion ni de même chance que celle qu’ont eu ceux qui ont pu devenir les réalisateurs du théâtre et qui ont pu aussi ensuite ESSAYER d’atteindre le savoir sans vivre le désespoir ; dites tout ça à ceux qui n’ont même pas eu de chance de découvrir de la scène ni de l’aimer. Dites – le, aussi à cette femme violée, ou à une fillette condamnée à devenir une pute : dites… ! Dites – les mots d’un homme d’une « famille osée », qui n’a jamais eu de  d e v o i r  d e  v i v r e  ce qu’il prétend de « connaître », en le prétendant seulement car il « voyait beaucoup ».
Dites-le.
Dites, que le théâtre « n’est pas vrai, car et quand il montre les choses « négatives » : car c’est seulement qu’il y « met l’accent ».
Dites, que c’est le rire – en vrai superficiel – et le comportement qui masque la souffrance, chez les dégradés et des pariatisés de ce monde – qui est la vraie-vérité de la vie et du théâtre… !
Peut-être ce sera la première chose qui les fera… rire sincèrement ; mais combien ce rire sera autre que celui que vous entendez dans vos comédies qui vous détendent et apportent du plaisir d’oublier.

MAIS JE VOUS DIRAI L’AUTRE CHOSE.


– « Ils arrivent encore rire… ! » – cet enchantement, je vivais moi-même, quand j’étais allée à l’Inde, en Pakistan et dans certains lieux en Iran (et oui – même là les gens, les femmes, arrivent encore rire, ne serait-ce incroyable… ?! Les regards murés des détenues à prendre en compte et apercevoir seulement par ceux qui… veulent les voir).
Je n’ai pas pu accéder au même enchantement au Téhéran, ni en cette petite ville de Rajasthan où une femme, bien habillée, en beau sari rose et au visage pale, avec deux enfants, s’est accrochée à moi en me demandant avec affolement dans les yeux de lui rendre possible de s’échapper à un mari-primitif qui la frappait et la harcelait, ou de contacter une association qui aide aux femmes oppressées à mon pays.
Je n’ai pas pu accéder au même enchantement…
…Mais comme moi, j’ai pu rire encore le même soir, dans mon hôtel pour les passants – j’aurais pu de me dire que la réalité de cette femme, n’est pas la « réalité de ce monde » ; j’aurais pu penser, en habillant toute cette pensée ignoble dans les mots dont la platitude serait masquée par la pose d’érudition et de la modération nauséabonde – et de me dire que la réalité – est la chose « plus complexe » : la réalité – est la mienne… ! Et comme moi, j’ai pu encore rire…
Après avoir passé par les endroits où j’ai pu quand même m’enchanter, je suis venue en France. Et c’est seulement ici, et seulement beaucoup plus tard, j’ai compris – qu’avant, j’ai pu m’enchanter malgré tout : me concentrer plutôt sur les belles couleurs que sur ma révolte momentanée (car bien sûr… ! je me révoltais – mais Où était l’action… ? dans quelques pauvres écrits pour la presse, dans quelques mots peut-être qui ont suivis… ? moi, qui conservait toujours mon capacité au bonheur, sans être suffisamment atteinte de malheur qui n’était pas le mien… ?) et ma conscience de mon impuissance vis-à-vis des choses inacceptables – car je n’étais qu’une Voyageuse.
Une Voyageuse – dans le monde, dans lequel on ne peut plus fermer les yeux : car tout est visible et tout se raconte – mais, en même temps dans un monde où l’homme, grâce à son intelligence et à son cerveau capable à la manipulation de ses propres observations et de ses propres conclusions tirées de ce qu’il a vu – utilise cette capacité de plus en plus pour se cacher ce qu’il pourrait voir vraiment.
Dans le monde où je m’enchantais de rire étouffé de ceux qui n’avaient pas du tout pour rire, et sans voir de leur étouffement, sans même savoir qu’est ce que signifie ce mot – j’étais une Voyegeuse.
Et un Voyageur ne peut pas s’usurper de droit de dire et de juger ce qui est « vrai » et ce qui n’est pas « vrai » dans un tas des conclusions et des observations momentanées, qui ne sont qu’un effet de son court passage.
Ainsi, les plaisirs d’un bourgeois, ou même d’un noble, car Peter Brook est sans doute ce deuxième – ne sont pas une vérité sur ce monde, et celui qui a fait le spectacle comme « Sizwe Banzi est Mort », et qui n’hésitait pas essayer de VOIR toute la terre – n’a pas droit de dire que montrer la vie sans rire et sans plaisir est un négativisme. Car les vies sans rire et sans plaisir, les vies étouffées et oppressées, les vies sans droit à la vie – existent, et honteusement dans le monde d’aujourd’hui, monde du XXI siècle, ne sont pas une exception.

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Peter Brook dit d’une part sur le théâtre bourgeois – en l’opposant à celui qui montre seulement, ou même qui « met l’accent » sur ce qu’il nomme « le négatif » – mais ses mots sont les mêmes que j’ai entendus en passé d’un bourgeois qui – lui aussi – avait le DROIT – d’avoir « la joie », contrairement à ceux dont il… ne comprenait pas.
Et que les bourgeois, les privilégiés, les « ceux qui ONT LE DROIT » – osent de critiquer le théâtre qui montre, qui gueule, qui hurle et qui se révolte en MONTRANT effectivement les « choses négatives » (ou plutôt il faudrait dire : « les choses que les bourgeois nomment « les négatives » », et dont les bourgeois n’aiment alors pas) – c’est la chose « normale ». Mais ce qu’ils osent dire que ce théâtre, ne reflète pas de la vérité de la vie – est par contre une chose atteignant l’absurdité, et complètement paradoxale.
Je n’attaque pas ici de Peter Brook, qui en disant sur le négativisme, et  m a l g r é  dire les tels mots – et aussi malgré « avoir vu beaucoup mais ne pas vécu » des certaines choses – « essaie », et essaie sans cesse, comme le metteur en scène du théâtre, d’atteindre ce qu’on n’a pas VECU – et de montrer inatteignable et immontrable.
Le vrai est, que « moi »-bourgeois, « moi »-noble, ou « moi »-qui que ce soit – ne vais jamais CONNAÎTRE de vrai horreur, de la vraie souffrance que connaissent seulement ceux qui peuvent mettre le signe « = » entre ce mot et le mot « vie », ni de la vraie détresse – ni, je ne connaîtrai pas non plus de ce que la vraie détresse, la vraie souffrance, et la vraie privation de DROIT à VIVRE peut faire dans l’âme et la tête d’un condamné à les vivre et en « faire » leurs vies.
Et alors, je N’AI PAS DROIT non plus, de dire que parler sur ça – le  m o n t r e r, ou au moins essayer – est un « négativisme », ou un soulignement négatif de quoi que ce soit.
Le théâtre devrait montrer la vérité ; et de plus en plus souvent il montre le mensonge de la vie.
Car, la vérité, n’est pas celle des bourgeois.
Ni même celle des nobles, même si on se dit que c’est bien dommage.

JUSQU’À… OÙ PEUT ALLER L’IMAGINATION


Suggérer que le théâtre, ou l’art quel qu’il soit – « ne nous montre pas de la vraie vie » s’il « souligne » les choses que nous avons envie de légèrement nommer « négatives », penser que montrer sans euphémisme et sans s’amuser en « prendre en compte la délicatesse et la sensibilité humaine (celle d’un spectateur… !) » les choses atroces et pourtant normales dans les vies de beaucoup – …on pourrait se dire que tout ça, n’est qu’un essai de s’expliquer et de chercher une excuse de notre propre bien-être pendant que les horreurs sur cette terre, et près de nous, ne cessent pas de se passer.
On pourrait dire aussi, que l’humain est un animal surtout lâche, et que jamais il n’arrêtera de se chercher une excuse de son bien-être si l’autre est en malchance. Alors, dire que certaines choses ne sont pas vraies, ou qu’elles sont surdessinées, exagérées, et pendant que nous jouissons de la vie – elles ne sont que négatives.
Et, dire ça serait sans doute le vrai dans les cas de certain pourcentage des individus, et sûrement dans le cas des certains bourgeois – mais l’explication de tel état des choses (de ce qu’on trouve souvent « un négativisme » ce dont l’horreur et la vérité nous dépassent) se trouve ailleurs : l’humain, pèche d’un manque d’imagination – qui n’a pas des capacités de lui rendre possible d’atteindre et de s’imaginer certaines choses.
Malheureusement, il pèche aussi de l’orgueil et de la myopie – et les pauvres capacités de son imagination, ces capacités qu’il s’imagine aussi que grâce à son imagination pas suffisamment performante, il considère suffisantes pour atteindre ce que lui sera toujours inatteignable.
Il ne s’agit pas d’agrésser qui que ce soit par les mots de précédent paragraphe, en l’accusant de « manque d’imagination galopante » – car il faudrait alors attaquer tous et juger tous, avec l’auteure de ces mots compris – pendant que la vérité est, que – aucune imagination n’est pas suffisamment grande, aucune – suffisante.
Le péché – est alors plutôt l’orgueil humain, un manque de l’humilité, et un manque de conscience de ce fait-là.
« CE FAIT-Là », est ce que l’imagination humaine ne peut pas dépasser de certain point.
Le péché le plus répandu d’une part de ceux qui ont le pouvoir de décider sur les vies et des maîtres – et, sur un pôle opposé, de tout un tas des inconscients qui choisissent le cocon de facile inconscience.
Ecoutons ici plutôt Klaus Mann : car il est meilleur connaisseur de l’âme humaine que milles des « psys aux diplômes » et milliers des metteurs en scène du théâtre « grandis dans les familles osées », car – même si venu d’une famille plus que « osée », il a joint ensuite une autre famille humaine : celle des outsiders, des étrangers nulle part chez eux et des batailleurs**** :
« Il y a une différence étonnamment grande entre savoir et connaître, apprendre et expérimenter, « avoir beaucoup, beaucoup lu sur la question, des années durant » et « avoir été une fois sur les lieux pendant trois semaines »*****.
Je dirais, qu’il ne suffit même pas y « être ».
Je dirais, que pour s’i m a g i n e r  certaines choses – mais s’i m a g i n e r  jusqu’à pouvoir les  s e n t i r  – n’a qu’une seule solution, seule façon : les VIVRE.
« L’imagination humaine est limitée » – écrit Klaus Mann. – «  Qui est capable de se représenter des situations dont il n’a aucune expérience personnelle ? »
« Moi… ! Et moi… ! Et moiii… ! » – crieront les dizaines des fanfarons.
Et alors, tous s’« imaginent, et tous « ont l’impression » – celle qu’ils « peuvent s’imaginer les choses » – mais la vérité est que jusqu’à qu’on n’éprouve pas de chose  v r a i m e n t, ne la VIT pas  v r a i m e n t : et pas « observant l’autre » – on peut s’imaginer  R I E N  – et n’avoir que la ridicule « impression » qu’on est capable de « sentir ce que ressent l’autre ». L’impression qui accompagne à l’homme pour qu’il puisse se répéter qu’il est « sensible », « réceptif », empathique – et de se dire encore plein d’autres sottises.
« Qui est capable de se représenter des situations dont il n’a aucune expérience personnelle ? Le poète peut-être » – continue sa pensée Klaus Mann, – « …qui, intuitivement et par habitude, devrait savoir se mettre dans la peau des autres et compatir à leur vie pour pouvoir ensuite lui donner forme ».
Même les poètes, n’ont pas de telle capacité.
Et je peux le dire, car – j’étais, « une poète ».
Peut-être, je peux dire aussi que c’était dans une autre vie.
Et je me souviens – le temps « de poésie », d’enchantement et de la conviction sur ma propre « empathie ».
La conviction – durant jusqu’à que je n’ai pas  v é c u  et  é p r o u v é e  des certaines choses.
Je m’« imaginais » que je peux me les imaginer, moi aussi.
On ne « sait », et on ne peut éprouver que et seulement ce qu’on VIT – et SI on le vit.
Toutes les autres constatations ne sont que les usurpations des menteurs.

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Mais revenons à l’art, bien sûr celui qui se met un bout autre que « détendre la masse » : si ce soit le théâtre, le cinéma, ou la danse qui nous raconte les histoires.
Devant chaque pièce, chaque image cinématographique, chaque chorégraphie – nous restons et nous ne sommes que ceux qui  e s s a y e n t – de lire, de saisir et de déchiffrer le vrai sens symbolique de ce qu’on  e s s a y e de nous montrer. Car, l’effort de scénariste, de metteur en scène, de réalisateur, de chorégraphe – est aussi un  e s s a i – d’atteindre, par ce qui arrive
s e  m o n t r e r, par ce qui est possible à  s e  m o n t r e r  – ce qui est immontrable (on peut montrer une image, une situation, qui symbolise l’horreur, la souffrance, mais on ne peut pas  m o n t r e r  de leur pur ressenti – comme on ne peut pas montrer d’un ressenti par sa définition).
Le travail d’un artiste du théâtre ou du cinéma est un incessant essai, incessant effort d’atteindre ce qu’atteindre est impossible – et pareil, s’il s’agit du travail et effort du spectateur.

 

CELUI QUI CRIE : « JE HAIS… !! »


Qu’est ce que je peux savoir, sur l’horreur que je ne vis pas, et que je vois montré au théâtre… ?! Et encore, si on sait qu’il y a les choses dont on ne montrera jamais dans le théâtre – parce que le théâtre n’est pas capable de les montrer…
Est ce que je peux Vraiment – imaginer ce que ressent celui qui crie : « Je – HAIS !! », « JE – HAIS – TOUS et TOUT » sur une scène du théâtre… ? Savoir ce que ressent… non, pas lui : mais le personnage qu’il ESSAIE de nous symboliser, et que lui-même, essaie d’atteindre… ? Est ce que je suis capable… ?
…Savoir peut-être qu’il y a quelques années, il criait : « J’aime ! »… ?
Impossible et infaisable.
Je ne peux que  c o m p a t i r  – aussi superficiellement, malgré mes efforts – et se révolter.
En fait, c’est même ce que j’ai à faire impérativement. Et peut-être déclencher la révolte intérieure est un vrai rôle du théâtre, rôle politique du théâtre – et je ne dis pas ici sur celui des petits bobos ni des bourgeois qui viennent s’amuser dans le Palais des Glaces comme dans un bac à sable. Théâtre – c’est frapper – et FRAPPER FORT – pour que les choses puissent changer.
Me révolter alors.
Mais toujours avec certain genre d’humilité – ce genre qui me permettra de conserver cette conscience-là : que je n’ai pas d’accès à vrai mal de ce dont le  s y m b o l e  je vois sur les planchers, ni à la vraie souffrance  s y m b o l i s é e.
Je ne suis qu’un lecteur de ce qui se cache dans les yeux que je vois, je ne suis qu’auditeur du cri que j’entends.
Et alors… ne jamais parler sur le négativisme dans le cas si sur scène il y ait « trop » de souffrance : souffrance pendant que je sais que pour « moi »-bourgeois, « la vie est joyeuse, la vie c’est un plaisirrrrr… ! » – car la vérité, c’est que la souffrance qui arrive d’être montrée dans le théâtre, ce n’est pas trop encore, et même pas suffisamment en comparaison avec ce qu’on (ne) voit (pas) dans la vie.
Le « plaisirrrr », l’amour, la joie – sont les beaux mots, mais utilisés étonnement beaucoup plus souvent et avec la facilité plus grande par les bourgeois, que par les parias, par les exclus et par ce qui « n’en ont pas droit ». Alors, que les grands maîtres du théâtre continuent de nous dire que ce théâtre qui montre trop l’horreur, « n’est pas vrai, car il met l’accent sur le côté négatif ».
Horreur dans le théâtre – il existe, car il existe dans la vie.

« AVOIR BEAUCOUP, BEAUCOUP LU »

 

La Haine qui naît et grandit dans le cœur d’un EXCLU – personne ne peut l’imaginer.
Et personne – ne connaîtra jamais de sa grandeur.
Est ce que vous connaissez – qu’est ce que signifie : crier, et crier avec désespoir, qu’on déteste tout le monde… ? Est ce que vous savez – qu’est ce que c’est : le détester vraiment… ? Et comment vous pouvez le prétendre, si vous ne l’avez jamais senti pendant les années entières… ?
On peut essayer ; ou, je dois dire : v o u s pouvez essayer – mais tous vos efforts ne peuvent être que vains et finir en glissant sur le mur d’impuissance.
Ainsi, vous ne connaîtrez pas de révolte – celle qui naît pendant les années et les années – pendant lesquels on est  c o n c e r n é  soi-même et en personne. Les essais – des érudits, les efforts – des « poètes », les tirades des « psys » de tous les genres qui – eux aussi, connaissent seulement ce qu’ils ont vécu (gare alors à ces derniers, les usurpateurs de la connaissance d’âme de l’autre : quel culot de le prétendre…) ne sont que les jeux d’imposture, n’ayant pour le bout que caresser l’amour propre de ces derniers.
L’âme humaine exige d’une chose fondamentale si on veut s’y approcher et l’atteindre : l’humilité, dont je parlais tout à l’heure. Ne marchez pas dans les chaussures sales, les chaussures des usurpateurs de « connaissance », sur l’âme de celui dont vous ne connaîtrez jamais. C’est seulement l’âme de nous-mêmes, que nous pouvons prétendre et avoir l’espoir de connaître un peu.

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On peut avoir facilement L’IMPRESSION – qu’on atteint la vérité et la vraie dimension de ce qui nous était raconté par une métaphore d’art : et pourtant raconté déjà dans la forme symbolique, habillé dans l’euphémisme du théâtre – mais, la prouve que ce qu’on pense n’est qu’une impression, on trouvera nous-mêmes : le moment quand, après nous avoir indigné, et après avoir regretté les personnages du drame, ou après même nous insurger – nous revenons à nos maisons et nous passons au calme préparation d’un dîner sans plus penser sur le sort d’une fille violée ou incisionnée, d’un homme torturé ou d’une femme condamnée à subir éternelle soumission aux imams.
« Quand l’imagination manque de vigueur, la bienveillance envers autrui est toujours superficielle et éphémère » – voilà la dernière citation d’écrivain et de meilleur connaisseur de l’âme que les autres, Klaus Mann******.
Et, je peux dire, que vu ce qui se passe sur ce monde – « l’imagination » est toujours en manque : car, CERTAINES CHOSES QUI ARRIVENT AUX AUTRES, VOUS N’ETES PAS CAPABLES DE SENTIR, NI DE L’EPROUVER SUR VOTRE PROPRE PEAU ; la vérité sur l’imagination humaine paresseuse et pauvre, j’ai pu constater ici par l’expérience propre – mais malheureusement pas seulement ça : car malgré ce qui pourrait me satisfaire, j’ai du constater aussi que l’imagination des gens, de l‘homme, est paresseuse jusqu’à ce point qu’elle s’obstine d’assumer et d’admettre le « savoir » même de certaines choses qui lui seraient racontées – et alors dont il n’aurait aucun besoin de se les « imaginer » ni de faire effort.
On arrive ici pourtant jusqu’à la conclusion dépassant déjà le problème d’imagination – et on atteint le problème de la peur : cette honte de l’humain : honte dont il n’a jamais eu de capacité de dépasser. Mais – c’est déjà un sujet auquel il faudrait consacrer un autre texte, beaucoup plus long, et certainement beaucoup plus dur à lire pour… certains êtres pas courageux.

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NOTE D’EXPLICATION : J’ai donné à ce texte le titre « après vivre la barbarie », et pas : prenez en compte : « après l’avoir (seulement) vue »: et c’est exactement ce fait-là est celui qui a permis de lui donner l’approche différente.
Car « voir » – comme cela se trouve dit dans le texte – ne signifie rien. Ceux qui ont « vu », caressent bien sûr leur amour propre en annonçant et en prétendant qu’ils ont « senti » quoi que ce soit qui serait approché au ressenti de l’autre.
En réel – leur arrogance et la vanité des « informés grâce au regard », celui-là restant toujours de l’extérieur, les rend aveugles.

* Les citations parviennent de l’interview avec Peter Brook « Mon grand ennemi, c’est l’opéra traditionnel » (Anne-Sylvie Sprenger, dans : « 24 heures », Lausanne, 20 avril 2006).
** Ibid.
*** Citation du voyage de Stéphane Mauchand vous trouverez dans le texte « Exterminez-les… ! »  de ce blog.
Site de Stéphane Mauchand : http://www.myspace.com/stephanemauchand
**** Klaus Mann était le fils de l’écrivain Thomas Mann et de Katia Pringsheim. D’abord outsider de la famille, dans l’art sa position « esthétique » s’est transformé en celle d’artiste engagé, comme la suite d’impératif de s’opposer contre le régime nazi en Allemagne. Déchu de sa nationalité, il a choisi le chemin d’étranger dont les fruits sont les nombreux textes, « d’une vigueur et d’une clairvoyance remarquables ».
***** Klaus Mann : « De retour d’Espagne » ; dans « Contre la barbarie (1925-1948) », Phébus, Paris 2009.
****** Klaus Mann : Appel aux amis » ; dans « Contre la barbarie (1925-1948) », Phébus, Paris 2009.