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LE MONDE DE DERRIÈRE DES BARBELÉS

/REDIFFUSION DU WEBSITE « BALLADYNA / BLOG ANARCHISTE »
http://balladyna-bloganarchiste.tumblr.com
DU 3 OCTOBRE 2013/


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Voilà une histoire oublié il y a longtemps,
mais qui revient maintenant liée au sujet de ce texte.
Il y avait une fois une artiste.
L’artiste qui ne se battait pas, ne se révoltait pas, et qui même les textes de Nietzsche récitait avec une résignation d’une citoyenne en grande dépression habituelle.
Elle disait qu’elle se bat – mais ce n’étaient que les mots, elle disait qu’elle se révolte – mais elle n’y faisait rien, elle disait qu’elle n’accepte pas de ce qui se passe autour, et avec les gens – mais comme autant des autres elle suivait le chemin montré par le pouvoir politique pour elle et ses semblables. Sa voix douce et ralentie, probablement adoucie et ralentie encore en cours des années de domptage des artistes du pays, témoignait l’état de son âme, et sa posture – loin d’être tendue, et plutôt malléable – était une preuve vivante de ce qui se passe avec les êtres humains dans la contrée où ils se trouvent pratiquement forcés – un jour ou l’autre – de se rendre dans les tentacules de l’assistance.
Vivant de l’argent de son compagnon ainsi que de revenu minimal attribué aux ayant droits, elle se sentait assez protégée pour pouvoir se permettre à respirer calmement. S’asseoir dans les cafés et y parler de sa révolte. Boire une boisson offerte et regarder les belles rues par lesquelles il passaient plus malheureux qu’elle. Les SDF-s déshumanisés car sans papiers statuant s’ils sont les humains ou pas du tout. Les jeunes filles à la peau de la rose et avec l’hurlement de l’enfer noir dans l’âme. Les ramasseurs des déchets, désarmés dans leur révolte par un contrat du « travail » pour les sous-hommes, fraîchement sortis de la prison où ils se sont trouvés après avoir volé ce que chacun devrait pouvoir avoir normalement. Les prostituées, les filles vendues une fois, car dans leur cas la loi du pays aussi n’a pas raté de statuer leur statut moins qu’animal, et qui aujourd’hui n’avaient que de continuer de se vendre en sachant que sinon, on les prendrait encore plus violemment : les filles presque au bout du tout, et qui peut-être, demain ou dans une semaine, ne vont plus être là, au moins essayer de ne plus être là, dans tous les cas chercher d’une solution pour partir pour toujours, ne jamais revenir sur la terre.
L’artiste qui raconte son révoltement sourit et on voit qu’elle est sincèrement triste. Sa résignation est maintenant encore plus apparente et elle avale une gorgée de sa boisson délicieuse qui fait tellement du bien à ses nerfs.

– Ah… ! – elle somme tout ce qui a été dit, ce qui se voit autour, elle somme tout ce que la vie est et qu’elle ne devrait pas être malgré tout. – Tout cela n’est pas grave. Dans tous les cas, chacun est un bourreau pour quelqu’un – elle constate avant avaler une gorgée délicieuse de plus.
Ce – n’est – pas – important.
… – Et, tu vois… ? Pour ajouter à tout ça, tu vois ce gosse qui dort le visage collé au trottoir… ?

 

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***

 

Les gens en France se révoltent.
Ils le disent car ils aiment de le dire.
Ils le disent, ils admirent de le faire, et après… ils mettent leurs ties étranglant leurs cous au matin.
Ils le disent, ils admirent de le faire…
Ils le mentent.

 

***

 

Ceux qui, en avalant leurs gorgées de la boisson délicieuse dans les cafés, disent que dans la vie, on a toujours le choix, ne sont que les shabby creatures et leurs visages nantis, les expressions d’assurance comme celles des mômes de dix ans, stade d’avant même entrer dans la période pré-pubertaire, me font sentir toujours une nausée implacable.
Pourquoi… ?
Parce qu’aujourd’hui, s’ils le disent, ils le font souvent à cinq mètres, pas plus, de ceux qui ne pourront jamais dire de la même chose. Et ils le disent, en les regardant – avec l’arrogance et l’orgueil – ou avec un air simplement et seulement stupide : ce qui est encore le plus acceptable du tout.
Ils n’ont rien vécu, rien vu. Ils se caractérisent aussi par un manque d’imagination atterrissant, et c’est probablement un seul exemple où le manque d’imagination, donc – dans tous les sens – de l’intelligence qui serait développée suffisamment pour comprendre et pour voir les choses de ce monde – fait de l’homme un salaud.
Leur inconscience accablante leur donne le comportement des bobos bien planqués au Canal Saint-Martin et la certitude de leurs jugements fondés sur… rien.
Mais ils s’en réjouissent.
Ils constatent.
Ils se placent plus haut que ceux dont ils parlent comme de la racaille sans droit à exister – ou (encore pire) ayant le droit, bien sûr, comme toute la merde : mais dans tous les cas une merde, merde qu’eux, ils ne pourraient jamais être, car non, ils sont l’autre chose, ils sont nés dans le meilleur, ils sont les hommes pendant que les exterminés par le système meurtrier ne sont que les animaux – et les animaux, ils envoient à l’abattage car comme on sait, tel est leur sort.
Le carnage continue. 
Ils vous parlent avec leurs mines des universitaires et – dirigeables par tout ce qui se nomme « l’autorité », même si elle ne se nomme ainsi qu’elle-même – vous leur croyez.

 

 

UN HOMME TUE UN AUTRE


Dans cette histoire, construite sur la base d’un vécu véritable, mais transformée pour le besoin de ce texte, l’autre, c’est le médecin qui a prescrit à la fille du premier – nota bene, une seule qui s’est sauvée du transport clandestine – une drogue mortifère. Comme on le sait très bien, l’industrie pharmaceutique a très besoin de fleurir, et les médecins le savent aussi.

Si l’homme ainsi que sa fille vivaient dans leur pays, la telle chose n’aurait été jamais arrivé : les médecins ne traiteraient pas d’une humaine comme la chair vivante, ils en auraient plus de respect et surtout plus de la peur des conséquences qui pourraient faire la suite de l’affaire. Mais là, c’est l’autre chose et ni le père, ni la fille, n’ont pas eu de la possibilité de choisir leur docteur.
…Choisir leur docteur… ? Ne pas accepter de quelconque vétérinaire affamé d’expérience… ? Aurais-je bien entendu… ? Le rêve. Ils n’ont même pas eu de la possibilité de ne pas tomber malades, ces deux. Si on verrait les conditions de leur vie… ! 

Une femme – et il est important de dire ici qu’il s’agit d’une femme, puisque déjà ce fait souligne jusqu’à quel point la personne elle-même ne décide pas de ce qui se nomme  les facteurs principaux qui la mettent dans la position défavorisant dans la vie – …donc, une femme hurle chaque jour et chaque nuit sur l’escalier d’un bâtiment hideux. Peut-être, elle hurle car elle est violée, d’un viol bien organisé suite de telle et pas autre répartition des Human Rights qui pour elle n’ont pas été prévus, ou elle hurle car elle se trouve horrifiée par son ravisseur. Le ravisseur peut être, par exemple, un repoussant vieillard, à la compagnie duquel elle se trouve purement et durement condamnée : les pouvoirs du pays l’ont bien organisé également dans ce cas et la loi est parfaitement exécutée pour maintenir la situation jusqu’à amener la personne à la mort.
Elle atterrit peut-être enfin dans un hôpital psychiatrique où elle se sauve ayant un seul rêve: de se libérer de l’accouplement atroce et inimaginable, ou – dans tous les cas – dans les mains des servants du système. En cette façon, la vérité qui pourrait révéler la grave maladie de ce même système, également que la révolte dans l’âme de la personne harcelée jusqu’à l’impossible et inimaginable, sont professionnellement détournées en ridicule par un diagnostique d’un docteur, d’un psy, d’un vétérinaire (lire : d’un pion de complément aux services du status quo).
Ainsi, l’ordre établi est donc sauvé. Il ferait tout pour être sauvé.
Qu’est ce que cela signifie : le prix d’une vie.

Ou, l’autre option de la même histoire :
Une femme – et il est important de dire ici qu’il s’agit d’une femme, puisque déjà ce fait souligne jusqu’à quel point la personne elle-même ne décide pas de ce qui se nomme  les facteurs principaux qui la mettent dans la position défavorisant dans la vie – …donc, une femme hurle chaque jour et chaque nuit sur l’escalier d’un bâtiment hideux.
Peut-être, elle hurle car elle est violée, d’un viol bien organisé suite de telle et pas autre répartition des Human Rights qui pour elle n’ont pas été prévus, ou elle hurle car elle se trouve horrifiée par son ravisseur. Le ravisseur peut être, par exemple, un repoussant vieillard, à la compagnie duquel elle se trouve purement et durement condamnée : les pouvoirs du pays l’ont bien organisé également dans ce cas et la loi est parfaitement exécutée pour maintenir la situation jusqu’à amener la personne à la mort.
Un jour, elle n’en peut plus et elle tue le vieillard avec un grand couteau qu’elle vise exactement dans son ventre.
Elle s’en retenait les mois entiers, peut-être les années, mais elle savait qu’un jour il devra y avoir la fin.
Elle est transportée à la taule et est emprisonnée pour la vie.
Dans cette situation, il n’y a donc même plus besoin des services des psys, des docteurs et des bandes des autres analgésiques ambulants que le gouvernement prévoit pour les humains pour les rendre malléables et ductiles: car la révolte dans l’âme d’un élément potentiellement subversif a été bien maîtrisée, enfermée – et la personne désarmée.
Ainsi, l’ordre établi est donc sauvé. Il ferait tout pour se sauver, on le sait.
Qu’est ce que cela signifie : le prix d’une vie, cent vies, mille vies.


Une fille roumaine vole un portefeuille.
Les hommes les plus respectueux se jettent sur elle en le racontant sur l’internet – en insultant sa provenance, sa race et tout ce qu’elle est.
Avant voler la chose, ce matin, la fille s’imaginait qu’elle n’était pas née comme une MERDE : qu’elle puisse aller à l’école, vivre avec la tête haute et pas la tête sale d’une exclue, chanter pas pour mendier, apprendre, lire, voir le monde autrement… En bref, elle rêvait de pouvoir vivre comme le peuvent ceux qui vont la condamner maintenant.Elle rêvait de ne pas être elle – mais, par exemple, cette belle femme qu’elle a vue un jour dans le métro et qui la regardait curieusement. Ou cette petite fille – portée par une maman française dans une poussette de couleur. Ou – encore mieux – un petit garçon né ici où elle, elle voit sa vie interdite et sabotée. 

Elle rêvait…
…Combien faut-il, de la souffrance – pour atteindre ce point où on rêve de ne pas être soi-même… ?
Revenons à ce matin. Après voler le portefeuille, la fille s’en va très vite et son butin est partagé parmi les hommes cinq fois plus vieux qu’elle. Ensuite, la petite sera violée par un d’eux dans la nuit (la rue est la scène merveilleuse pour ceux qui voudraient écrire un thriller s’ils voulaient s’approfondir là où ils ne s’aventurent jamais).

Un jour, elle n’y sera plus.

Le même matin, une jeune femme sans papiers (« Mais qu’est ce qu’elle fait donc là, chez nous… ! Gare… ! » – hurlent ici les débiles : faisons semblant de ne pas l’entendre) se tue après être forcée à se mettre à nu pour vendre la documentation de sa nudité en images à un photographe plus que salopard. Avant de débarquer dans ses tentacules, le même jour, elle a été harcelée par un autre bastard possédant les papiers, donc les droits à s’approprier qui il veut – à regarder les photographies indigestes faites par lui-même et qui ont détourné les viscères de sa proie.
Les bodys de ses propres esclaves, des personnes qui ne ressemblent même plus des personnes : on dirait plutôt les objets avec les objets dans les culs. Le psyche de la jeune femme n’a pas résisté, elle a été morte longtemps avant qu’elle a donné la mort à son corps.
– « Slaverie est notre loi… ! » – a hurlé le bastard, et après elle n’a pas vu rien de plus. Que le noir.

 

***


Tu sors de chez toi – ton beau échappatoire où tu peux t’éloigner de toutes les maux du monde, de l’omniprésence des bastards dont toi, tu ne sais même pas qu’ils le sont (ayant les droits aussi, tu les connais comme les friends), de l’indigence cérébrale de ton « chef », par la soumission à qui tu confirmes d’ailleurs le fait de l’esclavagisme persistant comme la règle sur laquelle est fondé le fonctionnement de tout – …tu sors – et tu les vois : eux deux.

Cette fois c’est le couple des Roumains : la mère – on dirait d’une cinquantaine, donc ayant sans doute trente ou même vingt-cinq ans – et le fils.
Le fils arrive à peine à la poitrine de sa mère, et jusqu’au milieu de la hauteur de la poubelle dont la valve il tente d’atteindre.
Tu les vois aujourd’hui, tu les verras demain et tu les vois chaque jour.
– « Tous ont le choix… ! » – tu continues de gueuler pourtant. – Tous !

Ne peux-tu choisir : fouiller dans la poubelle, ou aller acheter ce qu’il te faut au magasin… ?
Donc, où est le problème, et qu’est ce qu’on te veut ici… ?
…Tu choisis – quoi, dis… ?
Tu souris à cette question étrange.
– « Revenez chez vous, les morons… ! » – tu cries, ou au moins tu le penses.
Ta débilité indéniable est presque ainsi indéniable que ton manque d’esprit.

 

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RÉPARTITION « ÉQUITABLE » DES RÔLES… ?


La dernière histoire.

Un enfant naît dans la famille des juges. Ou – mieux – des ministres, des financiers, des banquiers. Il semble d’être ni pas brillant, ni très intelligent, mais il est envoyé à la Grande École où on fait l’impossible et où on le fait apprendre ce qu’il faut. Ensuite, le manque de l’intelligence, sans dire même de la brillance (les gènes… ? ou le manque de l’expérience… ?) ne l’empêche pas de joindre les rangs de ceux qui décideront de l’avenir des autres : il finit comme le député dans le parlement du pays.
Pour lui, ainsi comme pou tous les autres ici décrits, tout était bien prévu. 
Fixe en avance.
Pas besoin de voler, de mentir pour survivre (celui-là, il mentira par l’ignominie qu’on l’a instruit), de se prosterner devant les fonctionnaires (il fera devant les ministres), de vendre son corps aux dizaines des bastards pour ne pas être vendu aux cents, pas besoin de risquer sa vie en s’attachant au ventre d’un camion pour passer la frontière, et pas besoin d’être tué enfin.  


Les bourreaux – sont dans tous les cas tous – chacun pour quelqu’un… ?
Pourquoi ce constat, prônant le mode « équitable » de la redistribution des rôles « bourreaux » – « victime » – de l’actrice à la voix douce et ralentie m’irrite autant… ?
Et bien, puisqu’il est pas seulement le plus bête et idiote que j’ai jamais entendu, mais puisque – sorti de la bouche d’une artiste – il a été en plus prononcé par une personne de laquelle les tels mots ne devraient être jamais sortis.
Je comprendrais encore si cette phrase, j’avais entendu de quelqu’un qui – lui-même, appartiendrait à la caste des « bourreaux ». Un violeur dans le costume et cravate, un ministre, un Rockefeller, ou un président. Eux tous ont leur intérêt de diffuser les mots d’endoctrination et de l’acalmement, de les faire vivre dans les têtes du peuple – et ils le font déjà par tous les moyens qu’ils le peuvent. Leur conscience allant aussi un peu plus loin que celle de la foule, ils savent très bien de ce qui depuis toujours fait maintenir le status quo.

En revanche, dans le monde comme on l’a, prononcer ces mêmes mots et en croire en plus – si on est artiste, professeur, journaliste, SDF, éboueur ou un marchand des fleurs – n’est qu’un manque de la cervelle stupéfiant et impardonnable, ou au moins de sa partie principale : car celle qui décide de ce qu’on est.
Puisque sur notre terre, dans les pays, les rôles des bourreaux et des victimes ne sont jamais réparties équitablement. C’est le fait. Par contre, ceux qui maintiennent telles théories hallucinantes, si ce soit par la raison de se calmer ou de se sentir bien – ne voient pas – ou ne veulent pas de le voir – que si on accepte l’ordre meurtrier, celui d’aujourd’hui – on risque de devenir les victimes un jour : nous aussi. Et beaucoup plus que nous ne sommes déjà maintenant. Même si pour l’instant on dort tranquillement car c’est pas nous mais un gosse étranger qui reste dehors avec son visage collé contre mur.
Un jour, s’ils ne vont pas réussir à l’exterminer, il sera un bourreau : cela est sûr.

 

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EN L’HONNEUR DES VOLEURS


Je me souviens que presque tout après m’avoir trouvée en France, on m’a fait connaître un voleur étranger (les Français vivaient déjà en tirant l’aumône de 400E chaque mois en les tirant à partir d’un mur). Je me souviens, aussi, qu’à l’époque, connaissance d’un voleur était pour moi une chose exotique (cela ne pouvait se faire qu’en voyage) et le fait de voler – où que ce soit et quoi que ce soit – critiquable et punissable.

Et bien, aujourd’hui, je peux avouer qu’il y a quelques jours à peine, j’ai laissé la note à un voleur mentionné dans un article d’un journal, en lui souhaitant de tout le meilleur dans la vie. J’espère aussi que le monsieur bandit pourra voler encore beaucoup des grands magasins et que ce qui se nomme la justice ne le rattrapera jamais plus.
Vous vous étonnez… ?
Mais vous pensez, que QUI – il vole… ? Vous pensez, bien sûr, que c’est vous, n’est ce pas… ?
Réveillez-vous donc : pour voir que ce n’est pas vous, qu’il vole – car à vous, à vos pays, sur toute la terre – n’appartient rien de plus. Arrêtez aussi de croire à vos gouvernements, que ce sont les étrangers, qui vous dérobent : vos lieux du travail-esclavage, vos maisons bâtis par les Espagnols et les Polonais, vos soi-disant carrières, votre status, et votre dignité pourtant souvent morte longtemps avant que la première tête d’un étranger ait apparue à l’horizon.
Réveillez-vous – et révoltez-vous enfin – car sinon, ce sont les autres : pas du tout ceux que vos gouvernements vous ont appris à nommer les voleurs – qui vont vous voler avant que vous arrivez de voir ce qui a lieu.
Réveillez-vous – et voyez que ce sont les autres : les voleurs. Ce sont les autres : ceux qui vous apprennent de vous mépriser réciproquement, ceux qui vous instruisent de mépriser les étrangers, les gens sans papiers, les sans droits, les superflus, la MERDE HUMAINE, les coupables de tout
Réveillez-vous – et révoltez-vous enfin – car sinon, ceux qui vous ne nommez pas « les voleurs » mais qui le sont vraiment, vont vous dérober encore plus que ce qu’ils ont vous dérobé déjà, et vous n’aurez même plus de vos âmes qui ne seraient pas volées ou vendues.     
Réveillez-vous.

 

 

ANÉANTIR – L’AUTRE


Il y a le besoin flagrant de changer le système dans lequel nous devons vivre aujourd’hui.

Le système construit par l’humain, et que l’un humain a construit pour la perte de l’autre, pour marginaliser l’autre, profiter l’autre, avilir l’autre, pour dire à l’autre : « TU N’ES PAS IMPORTANT », ou encore : « TU N’ES RIEN : TU N’ES QU’UN SHIT ».
Il y a la nécessité flagrante d’anéantir toutes les différences artificielles ou basées sur les principes vieillots.
Tous les racismes (aujourd’hui, c’est la privation des moyens à vivre, qui statue de la couleur métaphorique de ta peau), toutes les inégalités qui viennent de la « nation », de l’histoire de ton peuple, du lieu de ta naissance sur la même terre, ou de croyance dans un putain « dieu » que tu crois car les gouverneurs te l’ont appris en t’imposant cela aussi.
Il y a la nécessité, et cette nécessité brûle.
Ce sont ces discriminations-là – qui décident aujourd’hui du malheur des gens, et de ce quelle réponse sera donnée à la question si les personnes auront le droit à posséder leurs propres vies.

Elles statuent – qu’aujourd’hui… de plus en plus des êtres humains – N’ONT PAS DE CHOIX.
N – ONT – PAS.
Telle caractéristique de la réalité où on vit est pourtant propre à l’état de guerre : qui a vu le film « If I Am not There » (si sa propre vie ne lui a pas donné des exemples des analogies) se rendra compte parfaitement de quelles situations et quelles métaphores il s’agit.

Cet état : l’état dans lequel nous nous trouvons maintenant – il est propre pour la guerre.
Il ne doit pas l’être – pour la vie.

 

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***


Dans les conditions du monde moderne, organisées par le système politique et économique que nous avons maintenant et dont les principes la plupart suit comme la bande des sheeps convaincus que la course pour remplir le portefeuille à un Rockefeller est la course pour leur propre « succès », le bonheur absolue et véritable ne peut pas exister.
Il faudra donc changer tout. Sans sentimentalisme pour les structures centenaires et périmées, sans pitié pour l’obsolète et pour ce qui parasite la réalité du monde d’aujourd’hui.
Il faudra changer.

Seulement si cela serait fait, ceux qui font aujourd’hui le vacarme en condamnant les criminels, ceux qui envoient les humains aux prisons, ceux qui parlent sur « la faute de la racaille », et ceux qui hurlent sur les « mauvais gènes » qui décideraient qu’un homme deviendrait un meurtrier, vont avoir le droit à tous leurs constats, aujourd’hui obstinés et injustifiés.
Mais s’ils les prononcent maintenant : sans que le changement se fasse et sans qu’on donne la chance de la vie véritable à tous – ils ne sont, comme ceux qui nous convainquent de la réalité du « choix toujours » et de la juste répartition des rôles « bourreau – victime » – soit les idiots, soit les salauds.
Car en vrai, pour la plupart de ceux qui vivent sur ce monde, et tout près de nous – le « choix » dont l’existence les théoriciens multiples nous assurent avec telle ferveur – ne peut être qu’un seul : rester sur place ou se jeter sur les barbelés pour être électrocutés à la mort.

 

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BALLADYNA / THÉÂTRE DE RÉVOLTE, XXI SIÈCLE. Première diffusion du texte: http://balladyna-bloganarchiste.tumblr.com/post/63018396331/le-monde-de-derriere-des-barbeles. Images : CHRISTIAN DEMARE : « KZ DACHAU » – part 1 & 2 (site d’artiste : http://christiandemare.fr), et le film « ZEITGEIST – MOVING FORWARD » (PETER JOSEPH, 2011). Lien pour le regarder: http://www.youtube.com/watch?v=jb1cTRAAzVw&feature=share&list=PLP-Mo2sArLBE5OffzVqfgi_R7EbXcIOtZ). 
Les photographies « KZ DACHAU » présentées dans ce texte sont aussi incorporées dans le PROJET “THE HUNTED PEOPLE”, en faisant la partie visuelle des trackscreams: « FROM THE MIDDLE OF THE HELL: SCREAMING » (http://balladyna-thehuntedpeople.tumblr.com/post/62995738594/from-the-middle-of-the-hell-screaming) et « FROM THE MIDDLE OF THE HELL: SCREAMING 2 » (http://balladyna-thehuntedpeople.tumblr.com/post/63320643866/from-the-middle-of-the-hell-screaming-2).

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THÉÂTRE DE RÉVOLTE PRÉSENTE LE CHANT « J’AURAIS DÛ DEVENIR FOLLE DE LA SOUFFRANCE. ET POURTANT, NON (TELL QUARAMEL) »


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TRACK I (PROLOGUE)
VOICE OF TELL QUARAMEL (PREVIOUS LIFE’S VOICE)
http://www.reverbnation.com/BALLADYNA/song/18577788-voice-tell-quaramel-previous-lifes

TRACK II
J’AURAIS DU DEVENIR FOLLE DE LA SOUFFRANCE (TELL QUARAMEL)
http://www.reverbnation.com/BALLADYNA/song/18577760-jaurais-d-devenir-folle-de-la-souffrance

BALLADYNA-07-16

THE SONG « J’AURAIS DÛ DEVENIR FOLLE DE LA SOUFFRANCE. Et pourtant, NON (TELL QUARAMEL) »
est la version vocale du texte écrit en mai/juin 2012
et à l’origine aurait dû être chanté
pendant la Sortiariae Nox, le 30 juin à La Cantada, Paris.

C’était pourtant un autre texte du même cycle (« Sorcière – c’est moi »)
aussi avec la même musique de GOTARD – qui y était finalement performé.   

LE TEXTE APPARTIENT ÉGALEMENT AU LIVRE « UNE LILITH DE PLUS. HISTOIRE D’UN MEURTRE LÉGITIME »*.
Il est le premier du cycle des trois chants qui seront enregistrés avec la même musique de GOTARD.

***

Au départ, il a été crée sur la base de… la vie elle-même, et sans prétendre à décrire ou à raconter des certains mécanismes de ce qu’on nomme « le système » : qui décide du bonheur et du malheur, de la vie et de la mort des personnes,
à la façon plus universelle.  
Et pourtant…

BALLADYNA : « W 2012 dalam temu utworowi tytul jako jednemu z « Chants de Witch » (Piesni Czarownicy)** – i w pewnym sensie tak jest, bo przeciez wszystkie moje spiewane slowa nimi sà : spiewem wyrzuconej « poza prawo » wiéc zyjàcej poza nim (to znakomite miejsce do tego, zeby widziec jak to wszystko funkcjonuje, z zewnàtrz… z wszystkimi aberracjami, widocznymi jak na dloni… »
(« En 2012 j’ai donné à cela le sous-titre comme à un des « Chants de Witch » – et en certain sens c’est vrai, même s’il n’appartient pas à l’album à ce titre**. Parce que toujours, tous les mots que je chante, le sont : les paroles et les chants de Witch ; d’une discarded (par le manque d’une – card… ?) en dehors dela « loi » donc vivant hors d’elle. C’est un endroit et un point de vue magnifique pour pouvoir voir comment tout cela fonctionne dedans : le voir de l’extérieur. Avec toutes les aberrations, visibles comme si sur la main ouverte… »)***.

« Au moment d’écrire le texte et de chanter les mots
« J’AURAIS DÛ DEVENIR FOLLE DE LA SOUFFRANCE. Et pourtant, NON »
pour les premières fois, en privé et sans encore l’enregistrer,
je ne connaissais pas de l’histoire du track musical (de la musique seule) :
cette histoire – non plus – n’était pas encore écrite. 
Entre la création du texte et le moment de son enregistrement – création du chant –
la musique seule de JACEK KUL a prise pourtant son chemin elle aussi :
en gagnant son titre « QUARAMEL »

(à l’honneur de la plus ancienne ville de ce monde qui soit découverte jusqu’à ici)
et en incorporant dans cette forme l’album « GAÏA » de GOTARD »****.

Pour l’artiste & No-More Woman qui chante et hurle directement d’un bûcher
sur lequel la société depuis toujours brûlait les Sorcières de ce monde,
cette découverte pouvait avoir une seule tournure possible :
et le chant – se transformer de l’histoire personnelle,
de début déjà racontant ce qui est une règle générale s’il s’agit de la vie des révoltés,
de ceux « qui dérangent », des futurs
« éléments disturbants »
en histoire universelle.

B : « Encore une chose… Après que tu m’as raconté cette histoire, des old cities,
et après que moi-même j’ai ressenti cette musique, sans savoir encore duquel lieu elle parlait –
mon « J’aurais dû devenir folle de la souffrance. Et pourtant, NON »,
a gagné pour moi encore un autre sens.

Ce dont je chante, inspiré par la vie, et ce qui – en bref – raconte de ce qui peut être la vie des Witches si le système avec ses lois exterminatives réussit de s’y incruster trop et de nuire, les choses pour moi très concrètes – tout ça reste. Mais il s’y superpose maintenant aussi une histoire intemporelle.
Une histoire qui se répète.
Cela ne finit jamais.
Depuis le début de cette terre, il s’y passaient les choses,
qui poussaient les
Witches à « devenir folles de la souffrance ». 
Become like the crazies – from the suffer.
Endurer les vécus – durant lesquels il ne reste qu’un fil dans le cerveau – et après lequel on explose,
et on n’est plus ce qu’on était. Peut-être, on coure avec un couteau ensanglanté dans les rues, ou peut-être on est tué soi-même. Peut-être, chaque nuit, on se couche en mettant une chemise blanche ou noire avec les grands tâches du sang partout. 

Depuis le début de cette terre…
Quoi par exemple se passait, quoi avait lieu – en cette ancienne ville, Quaramel… ?
En autres villes, autres lieux… ?
Depuis le commencement de ce monde… ?
Tel récit sur ce qui depuis les siècles.
Jusqu’à aujourd’hui, malheureusement.
…Taka opowiesc o tym, co od wiekôw… az po dzis, niestety.
…So, such history… on what is, for centuries…
U
nfortunately, until today »******.

***

B : « Sama piesn w gruncie rzeczy nic konkretnego nie môwi : nie opowiadam ani o tym, co sié wydarzylo, ani nie zakreslam zasiégu historii. Dla mnie oczywiscie byl to môj spiew o tym, co wynikalo z mojej wlasnej historii – ale widzé tez wszystko jako rzecz bardziej generalnà ;
moja wlasna historia to historia – w rôznych konstelacjach i wydaniach –
innych osôb, innych Witches, innych Czarownic –
od wiekôw wyrzucanych czy eksterminowanych, glosno lub po cichu –
bo byly
« niewygodne », nie poddawaly sié, czy tez nie chcialy tak zyc jak bylo nakazane, lub po prostu przeszkadzaly.
Wiéc kiedy o tym môwié, czy spiewam, to oczywiscie pojawiajà mi sié w myslach rôwniez sylwetki eksterminatorôw : przez ten spiew wyzywane przed sàd jakiego nie ma »******.

NIE MA – i Witches plonà na szafotach tego swiata.
W najlepsze.
Nikt nie wola, ze to przeciez kaci i eksterminatorzy powinni znalezc sié na ich miejscu.
Lud – rzuca kamienie.
Lud – jest glupi, bo doskonale manipulowalny : pôki sam nie staje sié ofiarà.
Kiedyz sié obudzi… ?

(« Le chant lui-même en fait ne dit rien de concret, dans le sens de donner les détails et les faits : je n’y raconte ni des choses qui ont eu lieu, ni je ne dessine pas de la forme de l’histoire.
Pour moi, bien sûr c’étaient mes mots sur ce qui a été lié avec ma propre histoire – mais je vois tout cela aussi à la manière plus générale ; ma propre histoire chantée c’est l’histoire – en constellations différentes et transformée par les différents cas – des autres personnes, des autres Witches, des autres Sorcières, depuis les siècles bannies ou exterminées, publiquement ou en silence, parce qu’elles étaient incommodes, n’étaient pas d’accord à se soumettre au pouvoir, ne voulaient pas vivre comme c’était prescrit, ou simplement parce qu’ils, elles – dérangeaient.

Alors quand je chante de ça, bien évidemment je vois aussi les figures des exterminateurs :
par ce chant appelés devant le tribunal qui n’existe pas ». ******

N’EXISTE PAS – et les Witches brûlent sur les bûchers de ce monde.
Il n’y a pas de raison de faire du bruit pour rien.
Personne ne crie en disant que ce sont pourtant les bourreaux et les exécuteurs des ordres,
qui devraient se trouver à leur place.

Le peuple – jette les pierres.
Le peuple – est stupide, car manipulé à la manière géniale, avec véritable professionnalisme :
jusqu’à que lui-même ne devienne une victime.

Quand il se réveillera… ?)


GOTARD :

« Nie znam bardziej wymownych słów niz ten tekst,
którymi można by wyrazić tez to oburzenie które siedzi we mnie
i chyba w każdym faktycznie rozsądnym człowieku.
Strasznie wymowne, bo gdyby kierować się tylko wrażliwością, sumieniem…
naprawdę można w tym świecie oszaleć ».

 


Tous les trois chants prévus comme le cycle, et dont celui duquel tout a commencé (qui fera le song second de la série) est présenté ici, ont cette même vocation :
d’incriminer la peur et de stigmatiser un indicible politique – le même depuis le commencement de ce monde, de la négation des droits fondamentaux aux humains, et de l’appropriation de ces droits par une poignée des individus au pouvoir, qui prétendent d’avoir le mandat à envoyer les personnes au néant, voir de les condamner à la mort.
Le 30 juin 2012 à La Cantada, Paris,
avec la même musique de « QUARAMEL »
a été présenté l’autre fragment du cycle :
le chant « Sorcière – c’est moi ».
(vidéo ici : http://www.youtube.com/watch?v=masvLzRg4E4&feature=share&list=TLpBrl6nE513E),
– racontant de la peur éternelle que la société domptée des humains
présente en rapport avec les Witches.
Le texte du chant
« J’AURAIS DÛ DEVENIR FOLLE DELA SOUFFRANCE.

Et pourtant, NON »
ainsi que quelques autres CHANTS DE WITCH
ont été présentés sur WordPRESS dans la série des articles :
https://balladynadetempete.wordpress.com/category/chants-de-witch-musics-textes/.

 

THÉÂTRE DE RÉVOLTE, XXI SIÈCLE, Paris, 12.09.2013
Texte, voice, performance du cycle : BALLADYNA
www.BALLADYNA-THEATREDEREVOLTE.COM
http://balladyna-de-tempete.tumblr.com
Compositeur : JACEK KUL (GOTARD) 
 http://streemo.pl/GOTARD
Photographic work (spectacles & sessions ;
sans la photo de GOTARD) :

CHRISTIAN DEMARE
http://christiandemare.fr

____________________

 

* Le livre n’est toujours pas accessible: et sortira quand le temps viendra.
** « Chants de Witch » – est aussi le titre de l’album avec les textes & voices de B. & musiques de L.O.U.P./Yves Jamet ; de là l’ambiguïté. Vu qu’aucun chant ne peut être désormais que celui de la Witch…
*** HISTORY OF THE SONG. Citations de la lettre au compositeur GOTARD.
**** Le mot sur la ville QUARAMEL: http://gotard.manifo.com/blog/qaramel—najstarsze-miasto-swiata—
***** Histoire du chant. Citations de la lettre au compositeur (GOTARD).
******Histoire du chant. Citations de la lettre au compositeur (GOTARD).

 

THEY WON’T DESTROY YOU

SHOUT AND LAUGH OF THE WITCH
BURNED AT THE STAKE, BY THE MOB.

INTERPRETATION : BALLADYNA
MUSIC : L.O.U.P.
Photo : B – by CHRISTIAN DEMARE (RED BLOOD LILY)

Les textes du cycle Chants de Witch sont publiés consécutivement sur ces pages,
chaque jour pendant la semaine de 23 juin – jusqu’au 30 juin 2012.
Ensuite, quelques d’eux seront présentés pendant la Sortiariæ Nox (La Nuit des Sorcières),
le SAMEDI 30 JUIN à 23h, à La Cantada, Paris
.

– I –
IL N’Y A PAS D’ÉPOQUE OÙ JE NE VIVRAIS
(CYCLE : CHANTS DE WITCH)


PHOTOGRAPHIE : CHRISTIAN DEMARE

Toujours il est mieux raconter l’histoire,
qu’écrire sur les faits en les vêtant en abstrait.
Car les gens s’en foutent de l’abstrait.
Ils s’en foutent de ce qu’ils devraient « S’IMAGINER ».
« S’IMAGINER » : ils n’en sont pas capables.
Jusqu’au qu’ils ne doivent vivre de la chose eux-mêmes – ils ne savent même pas qu’elle puisse exister.
Même s’ils disent qu’ils savent bien qu’elle puisse exister.
En vrai, ils ne s’imaginent jamais de la chose imaginée – comme la chose réelle.
Voilà pourquoi l’imagination humaine est une fonctionnalité handicapée, horriblement entichée, faisandée pendant le processus de l’évolution.
La chose imaginée – pour eux – ne peut exister que dans l’imagination.
Même s’ils savent bien que les autres – vivent les choses desquelles eux, ils ne font que spéculer dans leurs cervelles de rebut.

C’est l’histoire – qui les atteint, les touche ou les frappe.
C’est l’effet qui compte – et pas la cause : le déclenchement, catastrophique ou heureux – de tout.
Le ressenti, le sentiment.
…Mais quoi, quand on ne veut pas raconter trop concrètement d’une vie…?
De sa vie: puisque elle est à moi, pas aux autres, pas à ceux qui, dans tous les cas, ne pourraient la voir qu’avec leurs propres yeux – les yeux à eux, les yeux qui ne connaissent pas du même vécu, les yeux DES HUMAINS.
Quoi, quand on a un mépris infini – pour certaines indiscrétions et le concret habillé en bavardage… ?
Quoi, si toute sa vie on s’en sorte grâce aux métaphores… ?

…J’étais une poète, je décrivais mes sentiments.
Et alors j’ai vécu une histoire trop cruelle, trop impossible et trop infernale – et je suis devenue une bête, un monstre barbare, mais aussi une Witch – dont le rire résonne triomphalement.
Je ne me refuse d’aucun moyen – pour raconter l’enfer des humains.
Pas par pas.
Lettre par lettre.
Page par page.

Je vivrai cent ans.
Page par page.
J’ai mille ans déjà.
Des pages presque autant.
Il n’y a pas d’époque où je ne vivrais.

– II –
LA WITCH FAIT LA DIGRESSION PENDANT SON CHANT

En réponse à tous les affirmations des ministres du nouveau gouvernement pas plus noble que le précédant – les ministres et les hommes politiques qui osent affirmer qu’ils « assument », que les autres Humains soient :
condamnés à la Non-Être,
censés à rester Non-Existants, Non-Avançants, Non-Libres –
mais pas seulement : car aussi, très souvent, destinés à l’avilissement, l’humiliation, la destruction et toujours au malheur –
je n’ai qu’une réponse.
Et une question sonnant uniformément.

Est-il :
admissible, acceptable, recevable, possible
vraisemblable, juste, agreeable, passable,
carrossable, franchissable

… !

…qu’à la fin du XX, le début du XXI siècle – les milles des personnes –
vivants sur un territoire, et y vivant souvent toutes leurs vies (la durée est pourtant peu importante) –

S O I E N T
E X P E N D A B L E S.

QUI sont ceux – qui disent qu’ils « assument » le fait que les autres meurent, pendant qu’eux-mêmes vivent sans que quiconque mette en question leur Droit Fondamental : à Être Humain – QUI sont-ils… ?!
Si pas les Bastards.
Si pas les Bastards.
Si pas les Bastards, aveugles et horrifiants.

______________________

(* La Digression de Witch
est directement liée à la « déclaration » de hier, du ministre de l’intérieur du nouveau gouvernement français).

– III –
ALORS, QUI VAINC… ?
(CYCLE : CHANTS DE WITCH)

FRAGMENT DU LIVRE « UNE LILITH DE PLUS. HISTOIRE D’UN MEURTRE LÉGITIME »

ALORS, QUI VAINC… ?
(So, who wins… ?!)
– « Tu te souviens ce que je t’ai dit… ? » – elle entend maintenant les mots de quelqu’un de loin. – « Tu te souviens ta voix d’avant… ?
Trop haute, trop aigüe, tellement vierge, insupportablement chaste, comme vierge et insupportable aujourd’hui à admettre était ton amour pour les gens.
Aujourd’hui… tu ne chantes plus avec cette voix-là.
La voix du passé.
Aujourd’hui, tu cries avec ta voix horrible et atroce.
Tu chantes avec ta voix qui pourrait faire s’écrouler les mûrs et effrayer les Bastards d’ici – et qui pourrait être celle d’une monstre – mais qui est pourtant toujours celle de Femme.
(Pas d’une Femme
Pas d’une Femme
Pas d’une Femme…!)
La voix qui voudrait transpercer les montagnes.

Ta voix… n’est plus une voix de Celle Qui Ne Sait Pas.
Car – tu le Sais déjà.
Tu as souffert beaucoup – pour pouvoir Crier vraiment.
Hurler vraiment – et chanter vraiment.
Chanter…
Ton Hurlement.
Souffrir beaucoup, et de ne jamais oublier ta souffrance – pour que ton Cri puisse sonner comme il sonne aujourd’hui.
Il s’infiltrera dans tout ce que tu feras, et sera présent dans tout ce que tu entreprendras,
il te mènera partout où tu décideras.
Il traversera dans ton chant.
Car il sera – ton chant.
Alors…
CRIE… ! CRIE… ! CRIE… !
Kra… ! Kra… ! Kra… !
CZARNA WRONA Z WLOSAMI UCZESANYMI W PIORUN
NIE WYRZUCI PIORUNA Z DUSZY*.
Jamais.
Voilà, qui vainc.

– – –

Victoire.
COUTEAU dans ta poche.
Désormais.
Et si pas dans ta poche – alors dans ton sac.
Toujours.
Pas d’un jour sans mon couteau.
Victoire… !

– – –

– …Et seulement, il y a cette seule défaite-là – Lilith, Witch, Sorcière, continue de parler. – Ma seule défaite à assumer, à admettre: sans pouvoir le changer.
Même les Witches, mes Sœurs, ne peuvent rien faire dans ces cas-là.

(…)

Dit-elle.
Dit Lilith.
Dit la Witch qu’elle est devenue, qu’elle devient et qu’elle deviendra.

(…)

Le monde – que tu aimais.
En te trompant horriblement.
Dans les deux cas.
Combien ton erreur était grand… !

– …Combien plus grand était le vôtre pourtant.
De ne voir en moi qu’une Femme.

– …Le monde ne fera plus de cet erreur-là, ma Sœur… !
Ma WITCH.
Il ne te dira jamais plus des âneries comme ça.
…Kra… ! Kra… ! Krrrrrrraaaaaaaah… !

– – –

Combien mon erreur était grand.
De ne vous pas Haïr.
De vous aimer.
De ne vous pas Haïr.

– …Combien plus grand était le vôtre pourtant.
De ne voir en moi qu’une Femme.

– …Le monde ne fera plus de cet erreur-là, ma Sœur… !
Ma WITCH.
Il ne te dira jamais plus des âneries comme ça.
KRA… ! KRA… ! Krrrrrrraaaaaaaah… !

_____________

* Langue polon. : Elle, Oiseau Noir Qui Ne Meurt Jamais, les cheveux coiffés en Foudre, ne renoncera jamais la Foudre dans son âme.

 OSTRACISED ! (EXPULSION – ÉLIMINATION – ÉVICTION – DISCRIMINATION)

TEXTE & CHANT : BALLADYNA
MUSIQUE : L.O.U.P.

Aujourd’hui, au lieu des textes pas encore enregistrés du nouveau cycle « Chants de Witch »
– je publie sur ces pages le texte du chant « OSTRACISED ! » –
qui sortira en musique le 1 juillet,
et qui va être un des chants présentés pendant la Sortiariæ Nox à La Cantada, Paris.
Pourquoi j’ai décide que les paroles du texte déjà enregistré se trouvent parmi le nouveau cycle… ?
Car « OSTRACISED ! » – est aussi – un Chant de Witch.
Et car, hélas, il reste en correspondance indéniable avec l’actualité politique
& avec la shamelessness des « hommes d’état ».
Les mots « Honte aux Français » présents dans le texte – pour ne pas injurier des gens nobles du pays, heureusement existants – peuvent être donc à l’occasion de la déclaration d’aujourd’hui du ministre de l’intérieur français –
optionnellement remplacés par les noms des gros babouins politiques, qui n’hésitent pas affirmer « qu’ils assument » (bravo, les courageux…) que les milles des Êtres Humains devront encore vivre l’enfer comme les Putes, les violées dans la rue, ou simplement crever de la faim ou de l’humiliation.
Honte ! Aux – certains : mais aussi à ceux qui restent en silence.

PHOTOGRAPHIE : CHRISTIAN DEMARE (POCHETTE DE L’ALBUM « OSTRACISED! »)

_____________

HAHA – HAHA.. ! HA-HA.. ! HA-HA.. !
SORCIÈRE !
SORCIÈRE… ! SORCIÈRE… !
SORCIÈREEEE… !
A-HA ! A-HA ! A-HA ! O !
HAHAHAHA-HA… !

WYKLUCZENIE – WYKLUCZENIE – WYKLUCZENIE

EXPULSION – ÉLIMINATION – ÉVICTION – DISCRIMINATION

OSTRACISME
RACISME
NATIONALISME… !
– … « TU N’ES PAS NOTRE SŒUR ! »
– JE LE SAIS… !
– « TU N’ES PAS NOTRE SŒUR ! »
– JE LE SAIS… !
– « TU N’ES PAS NOTRE SŒUR ! »
– JE LE SAIS… !
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHAAA !!
SORCIÈRE… ! SORCIÈRE… ! SORCIÈRE… !
HAHAHAHAHA! AAA ! AHA !

EXPULSION ! – ÉLIMINATION ! – ÉVICTION ! – DISCRIMINATION !

OSTRACISME
RACISME
NATIONALISME… !


HONTE…!

– « TU N’ES PAS NOTRE SŒUR ! »
– JE LE SAIS… !
– « TU N’ES PAS NOTRE SŒUR ! »
– JE LE SAIS… !

AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !!!!!!!!!!!!!
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !
AAAA-AAAAA-AAAAA-AAAAAA-AAAAAAAA-AAAAAAAAAA !
HA – HAAAAAAAAAAA !

– … « TU N’ES PAS NOTRE SŒUR ! »
– JE LE SAIS… !
– « TU N’ES PAS NOTRE SŒUR ! »
– JE LE SAIS… !
– « TU N’ES PAS NOTRE SŒUR ! »
– JE LE SAIS… !
HONTE AUX FRANÇAIS !*
– « SORCIÈRE… ! SORCIÈRE… ! SORCIÈRE… ! »
HAHAHAHAHA ! HAHA !

…BOJÀ SIÉ ZE ICH ZJESZ ! BOJÀ SIÉ ZE ICH ZJESZ !
BOJÀ SIÉ ZE ICH ZJESZ !
BOJÀ SIÉ… !
(ILS ONT PEUR QUE TU VAS LES MANGER)
ILS ONT PEUR QUE TU VAS LES MANGER
SORCIÈRE… ! SORCIÈRE… ! SORCIÈRE… !
SORCIÈRE… ! SORCIÈRE… ! SORCIÈRE… !
(HAHAHAHAAAAAAA-HAHA… !)
CE SONT LES MINABLES QUI ONT PEUR DE « L’AUTRE »
HONTE AUX FRANÇAIS*

SORCIÈRE… ! SORCIÈRE… ! SORCIÈRE… !
SORCIÈRE… !
SORCIÈRE… ! SORCIÈRE… ! SORCIÈRE… !

BOJÀ SIÉ ZE ICH ZJESZ ! BOJÀ SIÉ ZE ICH ZJESZ !

(SORCIÈRE… ! SORCIÈRE… ! SORCIÈRE… !)
SORCIÈRE… ! SORCIÈRE… ! SORCIÈRE… !
(BOJÀ SIÉ, ZE ICH ZJESZ !)
OSTRACISED ! OSTRACISED ! OSTRACISED !
HAHAHAAAAAAAAA ! HAHA !
HAAAAAAAHA !
…SORCIÈRE… ! SORCIÈRE… ! SORCIÈRE… !
(BOJÀ SIÉ, ZE ICH ZJESZ !)
AAAAAAAA-AAAAAA-HAAAAAAAAAAA !
…BOJÀ SIÉ, ZE ICH ZJESZ !
AAAAAAAAAAAA !
OSTRACISED !
– « TU N’ES PAS NOTRE SŒUR ! »

…BOJÀ SIÉ, ZE ICH ZJESZ !
ILS NE SAVENT PAS QUE TU MOURRAIS D’INDIGESTION…
(- « TU N’ES PAS NOTRE SŒUR ! »)

___________

Les textes du cycle Chants de Witch sont publiés consécutivement sur ces pages,
chaque jour pendant la semaine de 23 juin – jusqu’au 30 juin 2012.
Ensuite, quelques d’eux seront présentés pendant la Sortiariæ Nox (La Nuit des Sorcières),
le SAMEDI 30 JUIN à 23h, à La Cantada, Paris
.

BALLADYNA, ALBUM « OSTRACISED! (ELLE L’EST – LA TUEUSE EN SÉRIE – DÉSORMAIS) »,
Théâtre de RÉVOLTE,
Believe Digital 2012


« J’AURAIS DÛ DEVENIR FOLLE DE LA SOUFFRANCE.
Et pourtant, NON »
(CYCLE : CHANTS DE WITCH)

/LE TEXTE DE CE CHANT APPARTIENT ÉGALEMENT AU LIVRE
« UNE LILITH DE PLUS. HISTOIRE D’UN MEURTRE LÉGITIME »/
MUSIQUE DE LA PRÉSENTATION SCÉNIQUE : GOTARD

Les textes du cycle Chants de Witch sont publiés consécutivement sur ces pages,
chaque jour pendant la semaine de 23 juin – jusqu’au 30 juin 2012.
Ensuite, quelques d’eux seront présentés pendant la Sortiariæ Nox (La Nuit des Sorcières),
le SAMEDI 30 JUIN à 23h, à La Cantada, Paris
.

B-WITCH – PHOTOGRAPHY OF THE AUTHOR
PAR CHRISTIAN DEMARE

_____________________

J’aurais dû devenir folle de la souffrance – et pourtant je ne le suis pas devenue.
Ne serait-ce pas la preuve que je n’appartenais pas au genre des humains…?

J’aurais dû devenir folle de la souffrance, de l’horreur et de la stupéfaction.

***

J’aurais dû devenir folle de la souffrance.
J’aurais dû devenir folle de l’horreur.
J’aurais dû devenir folle de la stupéfaction.

Et pourtant, NON.
J’ai dit : NON… !
Je n’ai pas dit : « Je suis d’accord – de perdre mes sens ».
Ne serait-ce pas la preuve que ma force était infinie… ?

Mais…
Désormais…
JE – NE – VOUS – A – PPAR – TIENS – PAS.
JE – N’A – PPAR – TIENS – PAS.
ICI.
NULLE PART.
C’est coupé.
Pour de bien.

_________

 

I should have become crazy with the suffering – nevertheless, I am not became it.
I should have become crazy with the horror – nevertheless, I am not became it.
I should have become crazy with the stupor – nevertheless, I am not became it.

I should have become crazy with the suffering, with the horror and with the stupor.

I should have become crazy with the suffering – nevertheless, I am not became it.
Would this not be the proof (evidence, testimony) that I did not belong to the gender of humans …?

***

I should have become crazy with the suffering, with the horror and with the stupor.

Nevertheless : NO.
NO – I said… !
I did not say: « I agree – to losing my senses. »
Would that not be the proof (evidence, testimony) that my strength was infinite …?

But…
Now…
I – DO – NOT – BELONG – YOU.
I am not one of you.
I – DO – NOT – BELONG.
HERE.
Of you.
Anywhere.
Anyplace.
Nowhere.
This is cut.

For good.

For God.

 

_______________________

BALLADYNA Witch, mai-juin 2012
English corrector-redactor desired (moreover, as French).


« C’EST MOI – QUI VA VOUS TUER.
MAINTENANT ». LA WITCH PARLE
(CYCLE : CHANTS DE WITCH)

PHOTO : LILITH, WITCH & BALLADYNA – PAR CHRISTIAN DEMARE
______________________________

Ils me disaient : Tu n’as pas d’air minable – alors tu peux vivre privée des Droits Humains, ce n’est rien.
Tu n’as pas d’air minable – comme nous attendons – alors tu dois mourir.
Car nous devrions conserver l’espace pour les minables, ne le sais-tu pas… ?
Pour ceux qui se rapetissent devant  nous – et dont l’image ne menace pas notre bien-être.
…Ne le sais-tu pas… ?
Ne le sais-tu pas – que seulement ceux qui – suite d’être privés des Droits Humains – se laissent d’enlever aussi leur dignité, obtiennent le Droit de vivre chez nous… ?
Ne le sais-tu pas… ?
Seulement ceux, qui – suite d’être privés des Droits Humains : chez nous et par nous –
ont l’air minable et piteux,
seulement ceux qui engendrent notre compassion,
celle que pouvoir ressentir nous fait tellement du bien…! –
obtiennent le droit de vivre chez nous.
Sans qu’ils doivent mourir avant.
Sans qu’ils doivent de se l’arracher.
Car nous – selon la simple règle de la psychologie humaine,
la règle de la psychologie des espèces les plus basses –
nous avons besoin de sentir notre supériorité vis-à-vis de quelqu’un – pour dire qu’il ait le droit de vivre – parmi nous.
Sans qu’il doive mourir avant.
Sans qu’il doive de se l’arracher.
Ses Droits.
Son âme.
Son âme.
C’est nous – qui accordons tout ça… !
Ne le savais-tu pas, Pagane… ?!
Nous sommes – comme les dieux – même si nos couronnes ont la puanteur de notre sueur de la peur et de mensonge,
la puanteur pestilentielle,
indissimulable.

…Toi, tu n’as pas l’air minable – et comment tu peux ne pas l’avoir, in the hell… ?!
Tu n’as pas l’air minable.
Alors, le fait que nous t’avons privée des Droits Humains – n’a d’aucune importance.
Chez nous.
Tu n’as pas l’air minable.
Tu refuses de te comporter comme telle.
Meure, Sorcière… !
Meureeee… !
Tu le dois, car nous – le voulons.
Tu – n’as – pas – l’air – minable, bon sang, in the hell, à nos dieux... !
Meure alors, car tu ne satisfais pas de notre besoin de nous sentir grands, supérieurs,
et même, ton existence nous menace que nous devions admettre notre condition piteuse et piètre,
et notre faiblesse que tu méprises autant quand tu nous regardes.
Meure alors, Sorcière… !
Meureeeee… !
Car tu es une menace pour nous.
Meureeeeeeee… ! La – Witch… !

***

– Et je ne suis pas morte.
Vous n’avez pas réussi de m’exterminer – dit-elle.
C’est moi, qui va vous Tuer maintenant.
C’est – moi – qui va Tuer.

C’est vous
dé – sor(t) – MES
MES victimes.
Victimes
Victimes

___________

LILITH, WITCH & BALLADYNA, mai-juin 2012
/Quelques des Chants de Witch seront présentés pendant la Sortiariæ Nox (La Nuit des Sorcières),
le SAMEDI 30 JUIN à 23h, à La Cantada, Paris/