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LA VÉRITÉ QUI DÉRANGE ➹ WHISTLEBLOWER (SEULE CONTRE TOUS)

 

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NOTE DE LA PRÉFACE :
Ceci n’est pas un « bon texte ». Il n’est pas écrit « bien », et par cette raison certains ne trouveront peut-être du « lien » entre les choses (pourquoi je parle de ce qui se passait en Bosnia en faisant le lien à ce qui se passe en France ; pourquoi je trouve la réalité dans laquelle les « hauts fonctionnaires » de l’ONU ne sont que le symbole des… autres « fonctionnaires », et aussi ceux d’ici, et pourquoi les liens seulement « en apparence » éloignés… ne le sont pas).
Mais cette fois… je n’avais plus de la patience d’expliquer – en le faisant « graduellement », en avançant « pas par pas » – des liens entre les lieux et les choses qu’on voit – enfin – comme extrêmes, et celles que – selon les « spectateurs », qui peinent pourtant de regarder – ne le sont pas.
Ce qui a été montré dans le film « Whistleblower » (« Seule Contre Tous »), est seulement l’exemple, le plus « extrême » PARCE QUE le plus visible, de ce qui se passe, car ce qui est « prévu », pour certaines personnes dans les sociétés d’aujourd’hui : les sociétés patriarcales.
L’exemple le plus extrême à cause de la clarté de toutes les situations montrées, l’exemple dont ceux qui ne savent pas de faire de lien entre les faits, de les synthétiser, nommeront une « exception » : mais qui « l’exception »… n’est, hélas, pas.
Peut-on mépriser les inhumanités que vivent, toujours, certains individus sur ce monde, seulement sous le prétexte du « degré » qui – dans nos yeux, qui voient seulement ce qui leur est « donné » à voir – ne dépassent pas encore du scale, du « 100 »… ?

 

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Le film « Seule Contre Tous » de Larysa Kondracki avec Rachel Weisz en rôle principal d’une policière de la section criminelle arrivée comme la volontaire en mission de l’ONU en Bosnie (Eng. : « Whistleblower », Polish : « Niewygodna Prawda » / »La Vérité Qui Dérange »/) tarde toujours à entrer sur les écrans en France.
Il a été produit en 2010,
et – autant que le système français est patriarcal –
on peut s’attendre que le film, sur les grands écrans… n’entrera pas ;
ou au moins, qu’il tardera encore assez longtemps pour y entrer.
Vu qu’il est pas seulement fait vraiment bien, mais qu’il parle des choses inadmissibles et impensables – étant pourtant les faits – on peut se demander « pourquoi ».

 

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De quoi parle ce film donc… ?
Et bien, il parle du marché – à côté de celui des animaux le plus ancien sur ce monde – des femmes.
…Le problème est pourtant qu’il ne parle pas que du « marché » : il en parle, en situant l’action là où elle se trouve organisée par les « patriarches » le plus haut placés de l’ONU.
Il faut ajouter ici que toute l’histoire est basé sur les faits qui ont eu lieu effectivement et qui – dans les diverses versions et partout sur la Terre d’Humain, régnée par les mâles le plus vieux et le plus laids… continuent de se poursuivre.
Donc…
…Silence ici.

 

***

 

On sait très bien que le marché de la chair féminine en Europe est fleurissante.
Sur ce comment les patriarches organisent un univers législatif d’un pays, dans lequel la réalité des personnes étrangères du genre féminin est celle qu’on peut nommer DE L’INCITATION, VOIRE DU FORÇAGE LÉGISLATIF (OU : DES « TRICKS » DE LA LOI, VOIRE… SON NON-RESPECT PAR LES PATRIARCHES EUX-MÊMES QUAND CE RESPECT LES DÉRANGE) AUX CHOSES INDICIBLES, JE POURRAIS PARLER MOI-MÊME : PUISQUE CES « TRICS » DES PATRIARCHES, JE LES CONNAIS PARFAITEMENT, AINSI QUE LES GUERRES QU’ON EST OBLIGÉ À ENTAMER POUR DÉSARMER LES ADVERSAIRES, CEUX-LÀ MUNIS EN STYLOS & PAPIERS GOUVERNEMENTAUX AINSI QU’EN AUTORISATION DU MÊME GOUVERNEMENT (QUAND CELA EST UTILE) À Y CRACHER.
Je pourrais donc parler aussi, et longuement, de ce que vivent les personnes (très peu nombreuses) qui ne réagissent pas aux manipulations gouvernemantales selon le modèle que les bandes des vieux patriarches ont prévues.
Ainsi, de ce que organise le système patriarcal, avec les poignards de sa « loi », d’abord formulée et ensuite utilisée à la façon hypocrite : ce qui n’est que le simple jeu qui garantit au dit système que le nombre des personnes qui doivent « servir » aux certains « maîtres », à la quelque soit façon, reste stable, et surtout, qu’elle ne diminue jamais.
Quand on vient de l’extérieur, quand on conserve donc encore cette capacité de la vue de l’extérieur des choses qui se passent dans le monde qu’on voit comme assez nouveau, et quand on passe soi-même, dans un « nouveau pays » par certains enfers crées par la paperasse et les « paroles changeantes », qui ne tiennent jamais (dans quel but ne tiennent-elles pas, on se demande enfin… ?) des « hauts fonctionnaires » (je ne dis pas « autorités » : puisque leur « autorité » est nulle)… une analyse de tout et une synthèse des faits deviennent les choses assez facile.
…On voit donc ce dont « les citoyens normaux », les « depuis toujours ici » ne voient pas.
On est étonné qu’ils « ne voient pas », mais on sait aussi bien pourquoi.
Le sujet est « l’organisation d’une société dans laquelle l’être humain est réduit aux certains « rôles » – et dans laquelle celles-là… ne sont pas autres que fixés par les mêmes « décideurs » qui rêvent d’avoir le pouvoir égal qu’était celui de leurs aïeuls ».
La société, selon les images conçues dans les têtes de ces individus-là, est celle où les hommes « règnent » : et où les personnes du genre féminin, ainsi que les personnes animales, ont le « rôle » prévu de leur servir.
Le même système, fossilisé, qui crée toujours les camps de concentration multiples de divers genres, et le même qui organise la place, dans les villes, aux rues remplies des femmes prostitualisées, destinées à l’usage du mâle-« client ».
La prostitualisation des personnes prévues pour « usagées », dans les sociétés du patriarcat s’effectue grâce aux outils principaux auxquels appartiennent – par exemple – la simple manipulation – souvent multiple – par la législation, et/menant à la privation des Droits Humains : celle-là étant l’astuce parfait et la plus simple du système des mâles en stade de l’écroulement physique partiel et extrêmement moches, de mettre les individus qu’il vise en situation sans issue.
…Mais ici, dans le film, tout le système est montré en plus fort encore : puisque en plus clair, puisque on a à faire avec le marché de la chair féminine, donc humaine (malgré qu’en langue française, une des le plus patriarcales du monde, le mot « humain » sonne toujours trop « officiellement » ; ici, on s’est habitué de dire « homme » (sic!)) à la façon directe : ici il y a les filles vendues, sans rien cacher, des mains masculines aux autres, passant des tentacules des bourreaux dans les autres tentacules des bourreaux, et il y a les « hauts » (je suis curieuse dans quel sens il faut comprendre ce mot : « hauteur ») fonctionnaires du système des « 3P » (patriarcal, putride, perverse) qui y sont engagés et qui y puisent les « bénéfices ».
Le film « Whistleblower » (« La Vérité Qui Dérange », « Seule Contre Tous »)
montre, et concerne exactement ce qui a lieu en Europe – et plus précisément : IL MONTRE CLAIREMENT LA RÉALITÉ DE L’UTILISATION DES PERSONNES DU GENRE FÉMININ AUTANT QUE LA CHAIR VIVANTE PAR LES – PARMI AUTRES… « HAUTS » GRADÉS DE ONZ (ONU).
Et cela, en parler ouvertement… semble d’être en France une chose inadmissible.
Ici, tout doit être caché : pour que les panneaux publicitaires de la Déclarations des Droits (de QUI, dites-vous… ? encore du mâle ayant les « papiers »… ?), accrochés au bâtiment de l’Hôtel de Ville à Paris, ne croulent pas, par un hasard dont on parlerait bizarre.
…Peut-être c’est par cette raison-là, ici, au pays des Droits de… l’HOMME, (!) les histoires qui ont le plus du « succès » aux cinémas et y programmées massivement sont les comédies avec le Dujardin et avec son équipe des copains très drôles.


Le visage de Rachel Weisz, quand elle se trouve parmi les troupes de ses « coopérateurs », hommes, vénus ici, en « mission de l’ONU », en Bosnia, qu’avec une seule chose dans les têtes comme « l’ordre » : maintenir le système existant.
– Nie rozumiecie… ?! Te dziewczyny… Mamy je chronic… !
– …Walniéta suka… !

 

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Bien sûr, il y a dans la contrée prétendant d’être celle des « Droits de Tous » (mais pas de Toutes), également les sorties des films traitant des sujets graves, des choses immédiatement à changer et qui ne changent toujours pas, des faits qui ne peuvent engendrer que la révolte, l’indignation et l’action, au moins sur le niveau personnel… Quant aux « œuvres de cinéma » qui racontent les horreurs vécues par les personnes du genre féminin et rendues possibles par la législation mâle : cela arrive aussi de plus en plus souvent. Seulement, étrangement, ces histoires se passent toujours là où « cela ne nous concerne pas » (et surtout pas n’effleure pas de notre « système », nos « sacrés » ni de nos « grands fonctionnaires », s’ils soient de l’ONU ou de notre gouvernement), ou concernent les « autres cultures » : celles dont les « ressortissant(e)s » débarquent tout à coup « ici ».
Mais « ici », on dirait, « tout va bien ».
Des putes pleines les rues, mais tout va bien.
Des femmes qui – les années entières – n’ont pas leurs « papiers », sauf si elles se « marient » (« la condition nécessaire du vieux patriarche… ! » …et quelle ridiculisation de l’espèce humaine… !): mais tout va bien.
Des gens qui achètent ce qui ne s’achète pas, pour le baiser ou pour le manger, les étagères pleines des magasins : mais tout va bien.
…Et les « hauts décideurs » : qui « suppriment » les Droits Fondamentaux à ceux et celles qu’on « planifie » de transformer aux « produits du marché.
Mais…
TOUT VA BIEN.

 

***

 

Le film « Seule Contre Tous » de Larysa Kondracki
n’entre donc toujours pas aux écrans en France.
Et pourquoi, on ne le sait pas vraiment.
…La seule chose qu’on sait, mais que la plupart des drogués de la naïveté refoulent constamment, est ce que les caciques du système patriarcal en place s’occupent toujours bien, et tout au long des époques, que la populace reste la populace et qu’elle se bourre les têtes des aventures d’un saucisson animé ou d’un n-ième Brice de Nice.
…À l’occasion, depuis 2010 (l’année de la production du film) un jeu au titré « Whistleblower » a été inventé, qui apparait désormais en « Google » quand on se met à rechercher le film, et le titre français « Seule Contre Tous » a été oublié grâce à l’histoire de « Seul Contre Tous » : ce titre on a attribué en France au film « Concussion », celui-là parlant des contusions traumatiques des joueurs du football américain (le sujet étant, lui aussi, grave: mais dont parler n’est pas une menace au patriarcat et n’effleure même pas à un millimètre de la question de la privation de la liberté et des tortures des personnes destinées à celles-là par les bandes des types au gouvernail, et qui – si pas par la force – personne ne voudrait).

Le mode française de s’en occuper de tout l’indicible, de tout « trop dur à supporter », de tout l’inimaginable, est « faire l’impression » : continuer l’inadmissible mais – que le dieu nous garde… ! – de ne pas en parler.
Depuis 16 ans que je l’observe, j’ai l’impression que la philosophie de cette culture est : « Autant que la chose n’est pas dite, elle n’existe pas », et encore, s’il arrive qu’elle devient dite, on fait semblant que la phrase n’existait pas ou que celui (plus souvent celle) qui a osé d’en parler soit simplement folle ou fou.
…Pendant tout cela, ceux qui adorent de vivre les yeux fermés se baignent dans leur propre folie.

 

BALLADYNA ↑ WITCH, PARIS → NOVEMBRE 2016

 

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REGARDER LE FILM « WHISTLEBLOWER »
(« SEULE CONTRE TOUS »)

sur le web (à ce jour, pas de version française) → 

Version anglaise (le son horrible) : 

The Whistleblower (2010)
with Monica Bellucci, Vanessa Redgrave, Rachel Weisz Movie


Version polonaise (très bon son) : 

Niewygodna Prawda – cały film Lektor PL

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LA BANALITÉ DU MAL /TEXTE INSPIRÉ PAR LE FILM « HANNAH ARENDT » ET PAR LA RÉALITÉ AMBIANTE DU PAYS OÙ AUJOURD’HUI PERSONNE (PRESQUE) NE TUE DIRECTEMENT/

(L’original de ce texte a été publié sur: http://balladyna-bloganarchiste.tumblr.com/post/49209730410/la-banalite-du-mal-texte-inspire-par-le-film-hannah)

« Il est difficile d’admettre le fait qu’à un certain niveau la liquidation d’êtres humains ait paru être une activité plutôt ordinaire que l’on accomplissait sans le moindre sens d’un engagement idéologique ou moral ».
(Propos de Hans Mommsen ; cités dans le « Dictionnaire de la barbarie nazie et de la Shoah » de Daniel Bovy, Éditions Luc Pire, série « Territoires de la Mémoire » ; terme : « Obéissance aux ordres »).

Hannah Arendt - le film

 

« Le plus grand mal du monde est accompli par les personnes insignifiantes.
NOBODYS »
(« Hannah Arendt », film de Margarethe Von Trotta, 2013).
…Depuis le début de la création de ce monde,
et jusqu’au aujourd’hui.
C’était toujours comme ça, mais – comme sur ce monde il y avait toujours également les personnes qui n’entraient pas dans cette déshonorante règle, celles qui simplement ne s’en conformaient pas, et celles qui, pour confirmer la plus grande médiocrité du genre humain, le faisaient naturellement – jusqu’à certain temps constater cette vérité sur la particularité du mal a été difficile même pour les philosophes, qui – logiquement – appartiennent dans la plupart au premier genre des individus, celle ayant la difficulté indiscutable de s’imaginer le deuxième.
La Banalité du Mal a été donc – pendant longues époques et pour beaucoup des penseurs – une chose étonnante, et même niée – car, pour le plus grand mal on considérait les diverses autres maux, en négligeant ce qui a été évident.

L’OBÉISSANCE DES CHIENS

Je me demande pourquoi dans les magasines du cinéma, dans la foule des articles annonçant les blockbusters, « Iron Man »’s, les autres « Oblivions » et surtout les productions pour rire qui vendent le pop-corn en plaisantant clairement de ce qui est le cerveaux l’humain – il n’y avait dernièrement presque pas d’un mot d’un film de Margarethe Von Trotta « Hannah Arendt ».
Serait-ce parce que la France – pays de toutes les faiblesses et « avec un président aussi faible » comme l’a dit dernièrement quelqu’un*, se trouve dans la période spécifique, où elle arrive enfin à un tel mal avec l’Allemagne, pays de non-faiblards – la rivalité économique, la compétitivité, et surtout les visions différentes de ce qui se considère la Dignité Humaine dans les deux pays – qu’il est difficile ici d’affirmer ce qui mérite une mention, si cette chose-là vient du côté de l’Est… ? Ou, il s’agirait du sujet du film – le sujet, dont parler exige surtout d’être franc quant au sens de ce qu’on dit et la correspondance de ce qu’on dit avec les actions et non-actions – ce qui n’était jamais la tradition en France… ?
Je suis navrée pour l’acerbité de mon langage et ces acrimonious remarks dont je ne m’épargne pas : je considère pourtant que j’en ai le droit bien acquis au cours des dernières années où le fait de ma propre humanité était mis en question dans le pays des frères et sœurs très égaux. Je veux dire par cela que la Banalité du Mal – je l’ai pu voir en France, comme on dit – à mes propres yeux, et le mécanisme de la mise en silence des certains sujets et des certaines ignominies également. L’état français est un spécialiste s’il s’agit de ces actions-là. Mais… quelle liaison ait tout cela avec le cinéma et le film dont je veux parler… ?

***

Le rapport est facile à déchiffrer – il se déchiffre en cours de l’analyse de la question :  « Pourquoi, parmi tous les textes sur ce que le système politique français – social, ploutocrate, coupant les couilles aux gens, consolidé et soutenu par ce que l’état de France nomme l’art et qui ne l’est bien sûr pas – montre aux gens dans les cinémas et ailleurs – il y a tellement du bruit sur les choses comme déjà mentionnés ici « Oblivions », « Les mariages à l’anglaise » ou les autres comprimés calmants – et il se parle tellement peu (voir : évite) de l’histoire de celle qui comme première a mise en lumière le concept de la Banalité du Mal… ?
Et serait-ce justement, car le système politique – social, ploutocrate, coupant les couilles aux gens, consolidé et soutenu par ce que l’état de France nomme l’art et qui ne l’est bien sûr pas – veut éviter à tout prix le danger que les gens pensent trop de cette chose pas négligeable, dont la philosophe juive s’en rendu en 1961… ?
Quant à la littérature, c’est un peu différent, mais quant on parle de cinéma, les films démasquant les vérités sur les règles de la psychologie humaine pas glorieuses, celles qui ont décidé des plus grandes horreurs infligées à l’homme par l’homme, n’ont – en général – pas de succès.
Serait-ce parce que le consommateur statistique des films, est un mangeur du pop-corn, pendant que celui qui consomme les écrits est plus souvent lui-même consommé par un feu intérieur… ? Ce qui est certain, c’est que ce deuxième, cherche plus souvent penser au lieu d’avaler le maïs grillé ou l’autre chose. Et hélas, il y a plus des consommateurs du maïs, dans chaque pays, que des penseurs : et chaque gouvernement s’occupe bien de ce qu’il reste ainsi.
En fait, les vérités sur les concepts comme celui de la Banalité du Mal sont bien trafiquées et masquées par chaque pouvoir politique, car chaque pouvoir sait bien ce qui suit : la conscience chez trop grand nombre des personnes, leur réflexion de ces choses-là, déclencheraient peut-être les réactions non-souhaitées chez certains. Comme celle de s’opposer aux « chefs ».
Seulement, et hélas : cacher ou mettre en silence cette chose-là – ne change pas de ce que la Banalité du Mal – est un fait.
Un fait, et une vérité pas insignifiante – et à ce propos-là, je n’en reviens toujours pas à chaque fois quand je vois les confirmations de ce constat dans les simples situations de la vie, quand j’observe la docilité et la facilité étonnantes avec lesquelles les gens s’accordent à être les outils dans les mains des leaders qu’ils traitent comme leurs propres bergers – avant l’exécution, pendant et ensuite.
Je n’en reviens pas, quand je vois ces « insignifiants », les « nobodys » – qui « ne font qu’exécuter les ordres » et qui avouent qu’ils n’en pensent pas. Combien loin peut l’on aller dans la négation de sa propre dignité, si on est un humain… ? – voilà la question à suivre si on en parle.

LA PERSONNALITÉ DU CHIEN

Eichmann :
– « Je ne faisais qu’exécuter les ordres, sur le chemin administratif »
Question du tribunal :
– « Et vous n’avez pas pensé… ? »
… « Vous – n’avez – pas – pensé… ?! »
Silence.
– « Vous – étiez – un – idiot… ?!
VOUS – N’AVEZ – PAS – PENSÉ… ? »
– « On m’en donné l’ordre.
Je devais obéir aux ordres » – répète l’homme.
– « Je – devais – les exécuter.
Je devais le faire, c’est tout ».
(Fragment dialogue du film « Hannah Arendt »).


Photo d’Adolf Eichmann pendant le procès en 1961 (www.telegraph.co.uk; AFP/GETTY IMAGES)

Adolf Eichmann a été un nazi lieutnant-colonel (pour ceux qui ne le savent pas, le lien de wikipedia : http://en.wikipedia.org/wiki/Adolf_Eichmann) qu’on considère d’être un des majeurs organisateurs de l’Holocaust. Les curieux qui iront sur le web en ce moment le verront sur les images dans son chapeau de l’uniforme de gala : l’homme sourit comme un type du cinquième étage d’un HLM à côté, il pourrait être ainsi bien imaginé comme un oncle avec lequel jouer au tennis ou un des dogues de préfecture de Paris, si on préfère.

Au fur et à mesure de développement de l’action du film racontant son procès, je deviens de plus en plus dégoûtée par les propos : je connais bien sûr l’histoire, j’étais consciente et bien informée du concept de l’« Homme Ordinaire » – mais tout cela ne change rien**.
Je dis en clair – je serais beaucoup moins horrifiée par ce que je vois et entends si le chienhumain avait été en vrai : un antisémite, un xénophobe, un meurtrier au cerveau – mais… il n’était qu’exactement un chien, et il n’y a d’aucune façon de modifier l’atrocité de ce fait.
Celui que l’on dit d’être responsable des millions des meurtres, n’était qu’un bureaucrate, prétendant d’être exonéré de responsabilité de ses actes dès qu’un placé plus haut dise qu’il faut le faire. En bref, une machine, un robot, ne plus un homme. Un ustensile fiable car idiot.
…Comment peu-on attendre que les non-humains d’aujourd’hui nous traitent comme les humains si on sait tout ce qui y est dit jusqu’à là… ? Pouvons-nous être étonnés – qu’aux bureaux multiples de nos jours, on ne nous parle que comme si on parlait aux objets, si ce sont les objets qui nous parlent et qui « décident » de nos droits, sans – comme on sait – n’y jamais penser… ?
Pourquoi je le dis en ce moment… ?
Parce que, selon ce que je vois partout, j’ai les raisons indélébiles de considérer qu’au moins 80% de la société possède le trait du caractère : que je nommerais eichmannien.
Le trait du caractère… ?
De quoi je parle… ?
Je parle… de la personnalité du chien.


Photo des bureaucrates: Yaroslav Naumkov (http://rbth.ru)

UN HOMME – OU UN ROBOT… ?

Envoyer les gens à la mort car on n’a pas des convictions qui décideraient qu’on ne le fasse pas.
Envoyer les personnes (en cochant préalablement le mot : « personnes ») Sans Papiers dans le néant ou dans la mer, car autant dit le chef.
Envoyer les Sans Rien à la rue, car le préfet l’ordonne et je ne suis qu’une chaussure du préfet (oui, il y en a qui se considèrent pour les chaussures et s’y sentent bien).
Envoyer les Étrangères aux bordels, comme le font ceux qui leur disent aujourd’hui : « Vous n’avez pas droit », ce qui signifie : « Vous n’êtes pas l’humaine, bien qu’on doit vous accepter sur la même terre ; mais elle est bien à nous ».
Envoyer ceux qui ne sont pas comme moi, là où on nous a dit : au hell, car « ce n’est pas moi qui en décide ». Donc tout est tranché, point.
Dogue de la préfecture, celui des grandes entreprises, ou – visons bien – de la mairie de Paris.


Photo: « Dear Federal Reserve Bureaucrat » (Therepublicanmother.blogspot.fr)

Ce que je haïs le plus, ce sont les gens qui ne font que prononcer ces mots : « Ce n’est pas moi – qui décide » – j’en assure. En fait, le mot « haïs » est peut-être assez mal choisi ici, la haine prévoyant un respect qu’on ait pour la personne visée ; le meilleur mot ici serait un simple mépris.

LE PLUS ATROCE – VERSUS LE PLUS MÉPRISABLE… ?

En 1961, les contemporains de Hannah Arendt ont réagi par un proteste, un presque opprobre contre la philosophe après qu’elle a révélé le fait : le grand meurtrier Allemand n’était qu’un médiocre exécuteur de ce qu’on lui ordonne, sur le chemin administratif.
Personnalité de dogue, un vrai zéro.
Comprenant d’où elles venaient et pourquoi, les réactions des contemporains me révoltent néanmoins, comme révolte toujours l’acceptation pour le chiennisme, beaucoup plus grande dans la société, que celle pour le crime délibéré auquel un individu soit motivé personnellement.
Dire que quelqu’un – ne cessant quand même pas prétendre au nom de l’humain – a été un exécuteur des ordres, ne devrait dans aucun cas ouvrir d’un chemin dans mental, qui mènerait à diminuer la gravité de son action. Au contraire : être un exécuteur soumis, qui s’est mis en accord à son propre obéissance – n’augmente-t-il pas de la gravité de ce qui est fait, et ne rend-il pas de l’acte criminel encore plus méprisable… ?
En fait, un rôle d’exécuteur docile – si on est l’humain, donc ne pouvant pas de s’extirper son cerveau – devrait être considéré pour le crime en soi, et être lié avec les plus dures punitions, en engendrant le plus grand dédain pour les personnes qui suivent ce chemin.
Les individus qui ne font qu’exécuter – devraient être considérées pour les parias de toutes les sociétés – et malheureusement, il est au contraire. La raison est simple, et se résume au fait que les pouvoirs de tous les systèmes tiennent exactement la présence des personnes se caractérisant par ce trait du caractère-là : bien pourri et honteux, on y est d’accord – mais qui fait qu’elles peuvent être utilisées comme les engins et les objets par le même pouvoir.
L’état donc – au lieu de les dédaigner publiquement – promeut ces personnes-là exactement, en les blottissant à son sein, même si en privé leur réservant le mépris sincère et sans borne : celui que le pouvoir… a toujours pour les chiens.

LES MEURTRES PAR UN CHIEN ASSERVI.
EST CE QU’AUJOURD’HUI – LA MÊME CHOSE NE POURRAIT SE PASSER… ?


Photo: Franck Johannès (« Libertés surveillées », Blog de « Le Monde »)

– Mais bien, elle se passe… ! Regardez seulement à la mer… ! – je crierais à ceux qui en entendant la question se mouvementent soudainement et me conseillent de ne pas oublier qu’aujourd’hui il n’y a pas de guerre quand même.
– Regardez vos rues, pleines des personnes jetées en dehors de la vie et de TOUT, par vos bureaucrates, voyez ce qui se passe, au moins un peu… !
Aux bureaucrates – surtout ceux des préfectures et des mairies, et qui tranchent des horreurs vécues par leurs semblables, des morts et des vies – je dis ici une chose :
– Vous êtes : comme les Eichmanns. La seule différence est que vous ne tranchez pas de la même mort, du même nombre, et que personne ne vous juge devant le tribunal. Ceux qui pourraient le faire sont d’ailleurs bien neutralisés au préalable : et mis en silence par votre état.
…Et bien, la plus grande différence entre le temps de guerre et le jour actuel se conclut aux répercussions et conséquences, et au degré de ce qu’on vous demande.
…Mais est ce que vraiment… ?
Les femmes meurent dans la rue pourtant.
Et les hommes ne vivent plus.
Dans tous les cas, vous vous en fichez : il suffit une signature.
– « Vous êtes quel numéro donc, monsieur… ? »
– « Vous êtes combien à virer, déporter, démanteler d’ici… ? »
– « Il y en a trop… ! »
 

LES NUMÉROS

CRIME D’OBÉISSANCE – jamais nommé ainsi clairement, et pourtant jugé devant un tribunal en 1961.
Ses mécanismes, restant les mêmes jusqu’à aujourd’hui, en 2013.
L’indifférence – de vous, qui appartenez – et votre regard sur l’humain qui vient d’ailleurs – l’humain que vous ne connaissez pas et qui n’est pas de vous.
Un superflu, dont il y a assez, donc facile à le noyer dans la mer de votre lâcheté ainsi que dans la mer d’eau.
Hier, aujourd’hui, demain. Les milles d’humains – à qui les dogues des préfectures refusent l’accès à la vie humaine sous le prétexte qu’ils n’aient pas d’un papier qui les en autoriserait – combien de ces milliers et combien d’eux va pouvoir vivre, malgré que tous ont été nés pour la vie… ?
Qui oserait de dire que la règle aujourd’hui – soit l’autre qu’avant – vu des milles, parmi lesquelles UN SEUL – ne signifie rien et qu’on n’hésite de tuer sans rien… ?
Et vous, les bureaucrates de France… !
Vous ne renonceriez pas, je vous dis car j’en suis sûre – le jour où ceux qui vous gèrent et qui décident pour vous, vous demanderaient la mort de l’autre directement, sans le cacher par un papier.
Pourquoi je le dis… ?
Comment je l’ose… ?
Ai-je le droit de le faire… ?
Et bien, oui.
Comment ça… ?
…Car je vous ai vus au travail, messieurs et mesdames : je vous ai vus en action, je vous ai vus causer l’exclusion, le malheur, la prostitution, les suicides et la mort. Et ce que je dis ici, tous ces mots atroces – ne sont pas, hélas, une métaphore des autres mots ni autres choses ; chaque lettre signifie exactement ce qu’on lit et ce qu’on comprend.
Vous êtes – comme les nazis de jadis, et pas mieux – je vous dis.
– Révoltez-vous, et criez : « NON » donc… ! – je hurlerais si j’en croyais, mais comme je sais que vous ne le ferez pas, je ne dis rien.
L’extermination – sera toujours, comme dit dans la citation du préambule de ce texte – « une activité plutôt ordinaire que l’on accomplit sans le moindre sens d’un engagement idéologique ou moral » – mais autant plus facile quand elle est exercée en forme dissimulée laissant aux exterminateurs de se mentir eux-mêmes.
N’est ce pas cela qui a lieu actuellement… ?
Un trait sur une fiche, un hochement de tête, un geste : « Partez de là ! », « Vous n’entrez pas, c’est clair », « Vous devez comprendre ! ».
C’est tellement peu.

L’Humain – sera pour vous toujours un superflu, numéro « N », la chose pas nécessaire.
Comme pour les Hommes Ordinaires de l’Allemagne nazie l’étaient les Juifs – les bactéries : à neutraliser vite pour ne les voir plus***.


Photo: Manifestation des travailleurs Sans Papiers à Paris (« StreetPress »)

LA PAIX – UN PREMIER DÉSIR DU CHIEN


– « Je ne faisais qu’exécuter les ordres… ».
(« Qu’en est-il des personnes qui exécutent les ordres…? » – hurlent les musiciens de « SABATON » dans le « Wehrmacht » (Album: « Coat Of Arms » (2010)).
– « Et – vous – n’avez – pas – pensé… ?!
VOUS – N’AVEZ – PAS – PENSÉ… ? »

Ici, on pourrait s’arrêter – la Banalité du Mal et la vérité sur ceux qui exécutent les ordres et qui ne pensent pas sont les choses confirmées et évidentes. Cesser donc – en constatant la vérité peu noble, un avis sur la bêtise, l’idiotie, la débilité et la joie avec laquelle la plupart des humains se mettent en soumission volontaire.
Seulement, hélas : tout ça, n’est pas encore la fin.

***

Contrairement à ce qu’a dû constater Hannah Arendt et ce que veulent penser certains, je considère que la Banalité du Mal ne se base pas exclusivement sur l’idiotie de ses exécuteurs volontairement soumis.
Contrairement à ce qui était prouvé en 1961 et ce qui se dit jusqu’à aujourd’hui, je vois les choses qui prouvent que la vérité est beaucoup plus encore effrayante que celle des idiots qui ne penseraient pas.
Car oui, ils pensent. Hélas.
Ils le font même tout le temps, ils n’arrêtent pas s’il faut.
L’evil, est ce que la finalité de leur pensée n’est pas… ce qu’on pense, et le but n’est pas être humain – mais ce comment atteindre une chose ; et cette chose-là est leur propre paix. Il ne s’agit bien sûr pas de la paix d’esprit noble, atteignable seulement s’il y a certaines conditions remplies : comme celle qu’on agisse juste ; les esprits dont on parle ne sont pas nobles, donc les actes conformistes ne leur dérangent guère d’avoir le coeur léger.
Ceux, qui signent les arrêts, les avis d’expulsion du pays, les condamnations d’aujourd’hui – en vrai ne pensent que de ce que signer un papier leur laissera leur journée libre, sans nécessité de s’embêter, ce qui serait le cas si on s’opposerait ou s’engagerait.
La paix – qui s’obtient, et je suis désolée pour être franche – le plus facilement sur la voie de la soumission – est la chose la plus pensée par les exécuteurs des ordres.
Le way de soumission est celui qu’ils ont choisis – et, même si c’est le constat atroce – ils ne l’ont pas fait sans réfléchir ni décider eux-mêmes.
La paix.
Il suffit de leur montrer ce mot qui suffirait pour anesthésier tout leur criticisme, s’ils l’avaient – pour les faire accepter tout et faire tout.
Exclure, tuer, humilier.
Par non-action.
– « Je n’ai rien fait ».
– « Et pourtant, j’ai mis/refusé seulement ma signature… ! »
Tu as refusé, fucker. C’était hier.
Aujourd’hui un homme est mort et t’en sais rien.

***

Il revient chez lui le soir, l’exécuteur contemporain, et il met en son status « Facebook » :  « Amour et paix… ! ».
Il ne voit pas de liaison, il est tellement assommé par ceux qui les gèrent que peut-être il ne le verra jamais.
Milles d’exécuteurs d’ordres. En France. En Europe.
Leur rôle des Eichmanns, ils ne le recommencent que demain.

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BALLADYNA / 28-30 AVRIL 2013
THÉÂTRE DE RÉVOLTE XXI SIÈCLE
PHOTOS (chronologiquement): Affiche du film “Hannah Arendt”, photographie documentaire du procès Eichmann (www.telegraph.co.uk & Wikipedia), photographie de Yaroslav Naumkov de l’article d’Evgeniya Pismennaya (Vedomost, (www.rbth.ru)), Therepublicanmother.blogspot.fr, Libertes.blog.lemonde.fr, Streetpress.com
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/Avis aux auteurs des photos mises en lien avec l’article: les textes de “BALLADYNA / WORDPRESS” ne sont financés par aucun organisme, entreprise, etc. et l’auteure ne puise d’aucun profit de la rediffusion des images et de la diffusion des mots. En y insérant les liens vers les photos d’information diffusées sur le web (surtout sur les sites de la presse d’info), je tiens toujours citer leur source & les noms des auteurs. Pourtant – ces derniers n’étant pas toujours évoqués sur les sites d’origine – l’insertion des signatures s’avère souvent impossible. Ainsi, si vous êtes l’auteur d’une image insérée ici et vous souhaitez là: signer, modifier la légende, prendre le contact, ou vous ne souhaitez pas que votre work soit rediffusé sur « BALLADYNA / WORDPRESS » – contactez-moi/.

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* Stéphane Dupont, Isabelle Ficek et Dominique Seux : « F. F. : ‘Avec un président aussi faible, le risque est que le pays devienne ingouvernable’ » : « Les Echos », 23 avril 2013.
** Christopher R. Browning « Des Hommes Ordinaires: le 101e bataillon de réserve de la police allemande et la solution finale en Pologne » (Paris, Les Belles Lettres 1994).
*** Le problème des Humains superflus et de la lente déshumanisation, entraînant la conséquence que les femmes et les hommes descendent dans la pensée de l’autre jusqu’au niveau de la bactérie, est touché dans le « Dictionnaire de la barbarie nazie et de la Shoah » de Daniel Bovy, Éditions Luc Pire, série « Territoires de la Mémoire » (termes : « Homme Ordinaire », « Obéissance aux ordres »). La lente déshumanisation est en réel ce qui s’exerce aujourd’hui dans les pays civilisés : elle est en effet un reflet exact de ce qui s’effectuait en Allemagne sur les Juifs, ces derniers – comme les Sans Papiers en France d’aujourd’hui, « perdirent à la fois leur identité, et leur qualité d’être humain au sein d’une société qui ne vit plus en eux que des bactéries à éliminer et pas des citoyens ».