Articles Tagués ‘MUSIQUE’

Les textes du cycle Chants de Witch sont publiés consécutivement sur ces pages,
chaque jour pendant la semaine de 23 juin – jusqu’au 30 juin 2012.
Ensuite, quelques d’eux seront présentés pendant la Sortiariæ Nox (La Nuit des Sorcières),
le SAMEDI 30 JUIN à 23h, à La Cantada, Paris
.

– I –
IL N’Y A PAS D’ÉPOQUE OÙ JE NE VIVRAIS
(CYCLE : CHANTS DE WITCH)


PHOTOGRAPHIE : CHRISTIAN DEMARE

Toujours il est mieux raconter l’histoire,
qu’écrire sur les faits en les vêtant en abstrait.
Car les gens s’en foutent de l’abstrait.
Ils s’en foutent de ce qu’ils devraient « S’IMAGINER ».
« S’IMAGINER » : ils n’en sont pas capables.
Jusqu’au qu’ils ne doivent vivre de la chose eux-mêmes – ils ne savent même pas qu’elle puisse exister.
Même s’ils disent qu’ils savent bien qu’elle puisse exister.
En vrai, ils ne s’imaginent jamais de la chose imaginée – comme la chose réelle.
Voilà pourquoi l’imagination humaine est une fonctionnalité handicapée, horriblement entichée, faisandée pendant le processus de l’évolution.
La chose imaginée – pour eux – ne peut exister que dans l’imagination.
Même s’ils savent bien que les autres – vivent les choses desquelles eux, ils ne font que spéculer dans leurs cervelles de rebut.

C’est l’histoire – qui les atteint, les touche ou les frappe.
C’est l’effet qui compte – et pas la cause : le déclenchement, catastrophique ou heureux – de tout.
Le ressenti, le sentiment.
…Mais quoi, quand on ne veut pas raconter trop concrètement d’une vie…?
De sa vie: puisque elle est à moi, pas aux autres, pas à ceux qui, dans tous les cas, ne pourraient la voir qu’avec leurs propres yeux – les yeux à eux, les yeux qui ne connaissent pas du même vécu, les yeux DES HUMAINS.
Quoi, quand on a un mépris infini – pour certaines indiscrétions et le concret habillé en bavardage… ?
Quoi, si toute sa vie on s’en sorte grâce aux métaphores… ?

…J’étais une poète, je décrivais mes sentiments.
Et alors j’ai vécu une histoire trop cruelle, trop impossible et trop infernale – et je suis devenue une bête, un monstre barbare, mais aussi une Witch – dont le rire résonne triomphalement.
Je ne me refuse d’aucun moyen – pour raconter l’enfer des humains.
Pas par pas.
Lettre par lettre.
Page par page.

Je vivrai cent ans.
Page par page.
J’ai mille ans déjà.
Des pages presque autant.
Il n’y a pas d’époque où je ne vivrais.

– II –
LA WITCH FAIT LA DIGRESSION PENDANT SON CHANT

En réponse à tous les affirmations des ministres du nouveau gouvernement pas plus noble que le précédant – les ministres et les hommes politiques qui osent affirmer qu’ils « assument », que les autres Humains soient :
condamnés à la Non-Être,
censés à rester Non-Existants, Non-Avançants, Non-Libres –
mais pas seulement : car aussi, très souvent, destinés à l’avilissement, l’humiliation, la destruction et toujours au malheur –
je n’ai qu’une réponse.
Et une question sonnant uniformément.

Est-il :
admissible, acceptable, recevable, possible
vraisemblable, juste, agreeable, passable,
carrossable, franchissable

… !

…qu’à la fin du XX, le début du XXI siècle – les milles des personnes –
vivants sur un territoire, et y vivant souvent toutes leurs vies (la durée est pourtant peu importante) –

S O I E N T
E X P E N D A B L E S.

QUI sont ceux – qui disent qu’ils « assument » le fait que les autres meurent, pendant qu’eux-mêmes vivent sans que quiconque mette en question leur Droit Fondamental : à Être Humain – QUI sont-ils… ?!
Si pas les Bastards.
Si pas les Bastards.
Si pas les Bastards, aveugles et horrifiants.

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(* La Digression de Witch
est directement liée à la « déclaration » de hier, du ministre de l’intérieur du nouveau gouvernement français).

– III –
ALORS, QUI VAINC… ?
(CYCLE : CHANTS DE WITCH)

FRAGMENT DU LIVRE « UNE LILITH DE PLUS. HISTOIRE D’UN MEURTRE LÉGITIME »

ALORS, QUI VAINC… ?
(So, who wins… ?!)
– « Tu te souviens ce que je t’ai dit… ? » – elle entend maintenant les mots de quelqu’un de loin. – « Tu te souviens ta voix d’avant… ?
Trop haute, trop aigüe, tellement vierge, insupportablement chaste, comme vierge et insupportable aujourd’hui à admettre était ton amour pour les gens.
Aujourd’hui… tu ne chantes plus avec cette voix-là.
La voix du passé.
Aujourd’hui, tu cries avec ta voix horrible et atroce.
Tu chantes avec ta voix qui pourrait faire s’écrouler les mûrs et effrayer les Bastards d’ici – et qui pourrait être celle d’une monstre – mais qui est pourtant toujours celle de Femme.
(Pas d’une Femme
Pas d’une Femme
Pas d’une Femme…!)
La voix qui voudrait transpercer les montagnes.

Ta voix… n’est plus une voix de Celle Qui Ne Sait Pas.
Car – tu le Sais déjà.
Tu as souffert beaucoup – pour pouvoir Crier vraiment.
Hurler vraiment – et chanter vraiment.
Chanter…
Ton Hurlement.
Souffrir beaucoup, et de ne jamais oublier ta souffrance – pour que ton Cri puisse sonner comme il sonne aujourd’hui.
Il s’infiltrera dans tout ce que tu feras, et sera présent dans tout ce que tu entreprendras,
il te mènera partout où tu décideras.
Il traversera dans ton chant.
Car il sera – ton chant.
Alors…
CRIE… ! CRIE… ! CRIE… !
Kra… ! Kra… ! Kra… !
CZARNA WRONA Z WLOSAMI UCZESANYMI W PIORUN
NIE WYRZUCI PIORUNA Z DUSZY*.
Jamais.
Voilà, qui vainc.

– – –

Victoire.
COUTEAU dans ta poche.
Désormais.
Et si pas dans ta poche – alors dans ton sac.
Toujours.
Pas d’un jour sans mon couteau.
Victoire… !

– – –

– …Et seulement, il y a cette seule défaite-là – Lilith, Witch, Sorcière, continue de parler. – Ma seule défaite à assumer, à admettre: sans pouvoir le changer.
Même les Witches, mes Sœurs, ne peuvent rien faire dans ces cas-là.

(…)

Dit-elle.
Dit Lilith.
Dit la Witch qu’elle est devenue, qu’elle devient et qu’elle deviendra.

(…)

Le monde – que tu aimais.
En te trompant horriblement.
Dans les deux cas.
Combien ton erreur était grand… !

– …Combien plus grand était le vôtre pourtant.
De ne voir en moi qu’une Femme.

– …Le monde ne fera plus de cet erreur-là, ma Sœur… !
Ma WITCH.
Il ne te dira jamais plus des âneries comme ça.
…Kra… ! Kra… ! Krrrrrrraaaaaaaah… !

– – –

Combien mon erreur était grand.
De ne vous pas Haïr.
De vous aimer.
De ne vous pas Haïr.

– …Combien plus grand était le vôtre pourtant.
De ne voir en moi qu’une Femme.

– …Le monde ne fera plus de cet erreur-là, ma Sœur… !
Ma WITCH.
Il ne te dira jamais plus des âneries comme ça.
KRA… ! KRA… ! Krrrrrrraaaaaaaah… !

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* Langue polon. : Elle, Oiseau Noir Qui Ne Meurt Jamais, les cheveux coiffés en Foudre, ne renoncera jamais la Foudre dans son âme.

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« J’AURAIS DÛ DEVENIR FOLLE DE LA SOUFFRANCE.
Et pourtant, NON »
(CYCLE : CHANTS DE WITCH)

/LE TEXTE DE CE CHANT APPARTIENT ÉGALEMENT AU LIVRE
« UNE LILITH DE PLUS. HISTOIRE D’UN MEURTRE LÉGITIME »/
MUSIQUE DE LA PRÉSENTATION SCÉNIQUE : GOTARD

Les textes du cycle Chants de Witch sont publiés consécutivement sur ces pages,
chaque jour pendant la semaine de 23 juin – jusqu’au 30 juin 2012.
Ensuite, quelques d’eux seront présentés pendant la Sortiariæ Nox (La Nuit des Sorcières),
le SAMEDI 30 JUIN à 23h, à La Cantada, Paris
.

B-WITCH – PHOTOGRAPHY OF THE AUTHOR
PAR CHRISTIAN DEMARE

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J’aurais dû devenir folle de la souffrance – et pourtant je ne le suis pas devenue.
Ne serait-ce pas la preuve que je n’appartenais pas au genre des humains…?

J’aurais dû devenir folle de la souffrance, de l’horreur et de la stupéfaction.

***

J’aurais dû devenir folle de la souffrance.
J’aurais dû devenir folle de l’horreur.
J’aurais dû devenir folle de la stupéfaction.

Et pourtant, NON.
J’ai dit : NON… !
Je n’ai pas dit : « Je suis d’accord – de perdre mes sens ».
Ne serait-ce pas la preuve que ma force était infinie… ?

Mais…
Désormais…
JE – NE – VOUS – A – PPAR – TIENS – PAS.
JE – N’A – PPAR – TIENS – PAS.
ICI.
NULLE PART.
C’est coupé.
Pour de bien.

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I should have become crazy with the suffering – nevertheless, I am not became it.
I should have become crazy with the horror – nevertheless, I am not became it.
I should have become crazy with the stupor – nevertheless, I am not became it.

I should have become crazy with the suffering, with the horror and with the stupor.

I should have become crazy with the suffering – nevertheless, I am not became it.
Would this not be the proof (evidence, testimony) that I did not belong to the gender of humans …?

***

I should have become crazy with the suffering, with the horror and with the stupor.

Nevertheless : NO.
NO – I said… !
I did not say: « I agree – to losing my senses. »
Would that not be the proof (evidence, testimony) that my strength was infinite …?

But…
Now…
I – DO – NOT – BELONG – YOU.
I am not one of you.
I – DO – NOT – BELONG.
HERE.
Of you.
Anywhere.
Anyplace.
Nowhere.
This is cut.

For good.

For God.

 

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BALLADYNA Witch, mai-juin 2012
English corrector-redactor desired (moreover, as French).