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« SARBJIT » ↓ OU: QUI CRÉE LA RÉALITÉ DE CE MONDE

 

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…Une histoire de plus montrant la réalité sadique, même perverse, du système patriarcal dans lequel tout est conçu exactement pour que ce soit ainsi.
La pensée patriarcale – c’est à dire propre aux certains mâles se sentant « valides » seulement dans la situation où ils possèdent le « pouvoir » (important à ajouter : le pouvoir sur l’autre), ainsi qu’à la grande partie des personnes féminines dressées aux comportements de la soumission les siècles durant…
Les prisons pleines des humains…
Les cages pleines des animaux…
La coercition des personnes à certains actes, à certaines vies, qu’elles ne choisiraient jamais si elles avaient la liberté : qui serait LEUR liberté, dans le monde du XXI siècle enlevée pourtant déjà aux enfants pour que les adultes apprennent la céder aux autres…
Les « bureaux des hauts bla–bla-bla », les « conseils », les « lois » putrides, indéniablement valides quand cela arrange le « pouvoir » et qui ne comptent guère, ou pas du tout, quand cela leur serait nuisible…
LES PRISONS PLEINES DES HUMAINS… !
LES CAGES – PLEINES DES ANIMAUX-ESCLAVES : À VENDRE.
LES BORDELS – PLEINS DES FEMMES-ESCLAVES : À VENDRE.
LES TÊTES DU PEUPLE – PLEINES DES ORDRES QUI, DES PERSONNES, FONT LES « OBJETS » : DE « L’EMPLOI » PAR QUI VEUT, DE L’ASSUJETTISSEMENT, ET QUI ASSURENT LEUR OBÉDIENCE, CELLE-LÀ DISSIMULÉE PAR LES ACTES LE PLUS RIDICULES DE LA SOI-DISANTE RÉVOLTE.

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Film « SARBJIT » (2016 ; réalisation : Omung Kumar)
sur Wikipedia : https://en.wikipedia.org/wiki/Sarbjit_(film)
Visionner « SARBJIT » en streaming :
http://streamay.com/15794-sarabjit.html

 

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…En regardant cette histoire – dans laquelle à un homme il arrive ce dont il ne peut pas contrôler du tout, ce dont – à partir de certain moment – il ne peut à l’aucune façon influencer, gérer de quoi que ce soit, cette pensée, que « chacun est le créateur de sa propre vie », et que chacun – comme le veulent certains « prophètes » des philosophies assez aveugles – « peut décider », et que la volonté ait la force changeant tout, et qu’il n’y ait pas de la chose plus puissante, plus forte, que la décision… me revienne.
…Et ainsi est quand je pense de toutes ces fillettes, vendues dans les mains des bourreaux déjà à leur première enfance, contre quelques milles des dollars ou d’euros, ou traitées dans leurs propres « familles » comme les choses ou les vaches, et ainsi est quand je pense de tous les enfants endoctrinés à la guerre, ou à qui – à l’âge des 7 ou 8 ans – on apprend de tuer, si ce soit dans les cités, dans les villages ou si ce soit aux boucheries, et ainsi est quand je pense des personnes vivant sur les terres des carnages (les mêmes « prophètes » qui disent que chacun « décide » de sa vie construisent bizarrement les barrages à leurs frontières quand les personnes des terrains visés par les bombes tentent désespérément y passer…).
…Et ainsi est quand je pense des milliers des emprisonnés : de tous les pays, dans les cages, baraques, prisons, par les « pouvoirs » politiques, ceux-là toujours sordides, et qui l’ont planifié bien ou – plus souvent que cela semble d’être imaginable – qui « se sont trompées » (les « pouvoirs » politiques, toujours sordides, faites des individus les plus opportunistes et les plus lâches car c’est cela qui les fait d’« accéder » à certains « rôles », ne prennent jamais de la responsabilité de leurs décisions ni de leurs actes : au moment d’en être menacés, leur comportement est infantile, comme celui d’enfants, honteusement et avec zélé niant leurs actes au lieu de les assumer, « annulant » les paroles, dissimulant les signatures, cachant les actions, en continu, en continu, en continu… Sarbjit, qui sort de la prison après ses 4, 7, 15 années, y retournera toujours, il y mourra, il ne sortira jamais… !)

Et, quand j’y pense – de toute cette aveuglerie, de toute cette myopie, du regard allant stupéfiement pas loin, , car pas au-delà de leurs propres nez, des apôtres du « chacun – CHACUN… ! – crée sa vie, là et maintenant » et qui osent de le dire comme si toute la « création » se déroulait en « néant », en vacuum total, en indépendance de l’entourage, dès premières années des personnes, des écorchement de la liberté des humains sur lequel le système de cette Terre est fondé, des emprisonnements planifiés, irresponsables, par les« pouvoirs » politiques sordides de tous les genres, du karma, des décisions précédentes, ne venant pas de cette vie-là, et en indépendance des circonstances… je pense aussi sur ces paroles, de kOLya San : qui tranchent, et qui font qu’il devraient cesser immédiatement toutes les discussions folles et vaniteuses concernant « la pensée et la volonté qui peuvent – soi-disament – tout » :

« …Je partage la réflexion d’un monde complètement fou, 
où beaucoup de personnes subissent, 
ne pouvant faire autrement, 
et quand j’évoque mon liberté de choix, 
c’est aussi en conscience du monde alentour, 
pour saisir ces instants « où nous sommes heureux », 
ils sont courts, ils faut les vivre, pleinement… »
(kOLya San) 

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BALLADYNA ↑ NOVEMBRE 2016
Photographies:
Film « SARBJIT » (drame biographique réalisée par Omung Kumar, India 2016).

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AUTANT QUE… (TEXTE APRÈS LA PERFORMANCE “NE CESSEZ JAMAIS DE VOUS BATTRE”)

LE TEXTE EST UN REPRINT DE L’ARTICLE PUBLIÉ EN ORIGINAL LE 10.07.2014 SUR LE SITE « BALLADYNA / WITCH’S WRITINGS »: http://balladyna-witchswritings.tumblr.com/post/91371395892/autant-que-texte-apres-la-performance-ne-cessez.

 

AUTANT QU’UN SEUL EXTERMINÉ SUR CETTE TERRE – EXISTE.
AUTANT QU’UN SEUL EXTERMINÉ – SI CE SOIT PAR UNE ARME DU FER OU SI CE SOIT PAR VOTRE LOI.
AUTANT QUE – EN SOUMISSION ET DANS LA PEUR – VOUS EXÉCUTEZ LES ARRÊTÉS DE L’EXTERMINATION.
AUTANT QUE VOS BOUCHES RESTENT SANS MOT, VOS CŒURS SANS COURAGE ET VOS ESPRITS SANS RÉACTION.
AUTANT QUE VOUS PAYEZ POUR LA MORT ET AUTANT QUE VOUS VIVEZ DE VOTRE PROPRE ESCLAVAGE.
AUTANT QUE VOTRE PROCHE VOUS EST UN ENNEMI CAR AINSI VOUS AVAIT DIT VOTRE GOVERNOR ET PUISQUE VOUS AVEZ SUIVI SON ORDRE – SANS SENTIR NI DE L’IMMONDICE, NI DE LA RÉVOLTE, NI DE BESOIN D’UN CRI.

 

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« EN VRAI, JE N’AI PAS LE DROIT.
PAS LE DROIT DE CHANTER ICI, DE DANSER, DE PASSER UNE SOIRÉE HEUREUSE ET AGRÉABLE, PAS DROIT :  D’ÊTRE PARMI VOUS.
EN VRAI, JE N’AI PAS LE DROIT.
PAS LE DROIT À ÇA AUTANT LONGTEMPS QUE SUR CE MONDE – À DEUX, À DIX, À MILLE DES PAS DE NOUS, DE V O U S, DE CETTE SALLE – EXISTE UNE RÉALITÉ DANS LAQUELLE LES HUMAINS MEURENT : ET MEURENT PAS PARCE QU’ILS MEURENT, NON – MAIS PARCE QU’ON LES TUE, COURTEMENT ET SIMPLEMENT.
JE N’AI PAS DE CE DROIT : CHANTER NI DANSER, NI MÊME RIRE SI CE RIRE ME FAISAIT D’OUBLIER L’EXTÉRIEUR INCONCEVABLE.
ET VOUS, VOUS N’AVEZ PAS DROIT : TELS SOUMIS, LES CERVEAUX MANIPULABLES (« PAIN ET JEUX OLYMPIQUES.. ! ») DE MANGER VOTRE PIZZA, DE VOUS ÉCROULER DANS VOTRE FAUTEUIL, DE REGARDER VOTRE FOOTBALL VENDABLE – QUAND AUX MÊMES MOMENTS, ON NOIE LES GENS DANS LA MER, ET AUSSI DANS LA MER DE VOS RUES.
VOUS-MÊMES EXÉCUTEZ L’ORDRE QUI EST CELUI DES CRIMINELS.

AVONS-NOUS LE DROIT – À RESPIRER… ?
AVONS-NOUS CE DROIT – QUI SEMBLE TELLEMENT FONDAMENTAL À CEUX QUI EN DISPOSENT, MAIS QUI NE L’EST PAS POUR CEUX QUI NE L’ONT PAS… ?
AVONS-NOUS CE DROIT – SI NOUS N’AGISSONS PAS… ?!

UNE SEULE CHOSE QUE JE PEUX DONC – SI JE SUIS DÉJÀ LÀ, ET COMME DANS TOUS LES CAS JE NE PEUX PAS VIVRE SANS CRI: QUI EST ATROCE ET HORRIBLE, MAIS QUI EST L’EXTASE EN MÊME TEMPS… (ON N’A PAS DROIT DE RESTER SANS VOIX, SANS MOT, SANS ACTION: SINON, ÇA SIGNIFIERAIT QU’ON EST D’ACCORD À CE QUI SE PASSE, QU’ON RESTE EN SILENCE; OR LES CHOSES QUI ONT LIEU SUR CE MONDE NE LE PERMETTENT PAS, ÉTANT TROP IMMONDES)…
UNE SEULE CHOSE QUE JE PEUX DONC – SI JE SUIS DÉJÀ LÀ, ET COMME J’AI UN CORPS ET UNE ÂME QUI RÉCLAMENT FORT CES ACTIONS – UNE SEULE CHOSE QUE JE PEUX DONC, AVEC LES OUTILS, LES ARMES QUE JE DISPOSE – C’EST D’EN HURLER, C’EST D’EN CRIER, C’EST EN DANSER.
DANSER ET CRIER : ET CRIER FORT, JUSQU’AU HURLEMENT – POUR QUE VOUS ARRÊTIEZ DE FAIRE PERSISTER CET ORDRE – QUI EST CELUI DU MEURTRE.
DANSER ET CRIER : ET CRIER FORT, JUSQU’AU HURLEMENT – POUR QUE VOUS VOUS RÉVEILLIEZ, POUR QUE VOUS CESSIEZ DE VOUS SOUMETTRE AUX BOURREAUX, POUR QUE VOUS CESSIEZ DE SUIVRE CE QUI VOUS DISENT VOTRE PEUR ET VOTRE CAFARDISE IRRÉFRAGABLE, POUR QUE VOUS CESSIEZ D’EXÉCUTER – LES ORDRES.
CAR C’EST UN HOLOCAUST – QUE VOUS EXÉCUTEZ ICI, SUR CETTE TERRE.
VOUS OUBLIEZ SEULEMENT D’EN PENSER ET D’EN PARLER »*.

 

Inhabitants of the Interzone

 

La performance après laquelle j’ai commencé d’écrire ce texte – et dont une partie a été le song « SABBATH (MAIS LES INNOCENTS VONT SOUFFRIR AUSSI) », version with the part « …ET LES SORCIÈRES… » – à trouver dans l’album « OSTRACISED ! » en cliquant sur le lien ici – a été inspirée (si parler de « l’inspiration » la plus directe) par le viol et meurtre des deux fillettes en Inde – pendues par les hommes-chiens à un arbre après le viol. Le concert et la choreograph¥ étaient consacrés à toutes les Witches, ainsi qu’à toutes les victimes de la société patriarcale – ainsi qu’à celles dont la dite société – toujours encore et infiniment – veut faire les victimes, en employant pour cela: la force, les ruses, et les paragraphes bien construits de la « loi ».
À tou(te)s celles qui font la guerre pour leur Liberté et leur Dignité des (No-More-)Women, No-More-Humans.
« Ne cessez jamais de vous battre ».


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…Mais c’est aussi le texte que je planifiais – et en vrai, que j’aurais dû faire entendre, prononcé avec la vive voix, au moins quelques mots, les faire sonner et résonner comme un song – le jour de ma performance à l’occasion de la dernière Fête de la Musique à la CASA Poblano à Montreuil.
Le texte résonnant pourtant dans ma propre tête et dans ma propre conscience – la vitesse des préparations (paradoxalement étant en même temps la chose qui a engendré toutes les pensées qui vont suivre) empêchait quelconque travail sur le mot qui pourrait sortir en forme différente que celle du chant expressionniste.

À cause de la vitesse avec laquelle passaient les jours qui ont précédé l’événement, à cause de manque des certaines possibilités et certains moyens, mais surtout à cause du fait que les pouvoirs politiques et économiques de cette terre ont bien maîtrisé le jeu – en réussissant de faire tout pour interdire aux personnes d’avoir LEUR temps pour ELLES – en état d’urgence, il manquait peu pour que je sois en retard pour ma propre performance. Si pas l’organisation parfaite de l’événement et l’incroyable conscience (je dis : « incroyable » vu le niveau de l’inconscience générale de la société) des organisateurs – Minute Papillon Prod. – concernant ce en quoi peut se trouver transformée une vie après une guerre (et qu’elle continue d’être une guerre)  –  il a manqué très peu pour que le jour « J » je ne puisse ni chanter, ni choreograph¥er, ni parler par tous ces moyens de ce dont parler… est aujourd’hui nécessaire, vital, et dont laisser en silence serait – un crime.

 

***

 

Et pourtant – il en a manqué.
…Il en a manqué très peu : pour que je ne puisse ni parler des certaines choses (par hasard exactement celles dont l’existence est inadmissible et qui malgré ça existent bien sans que « le peuple » se révolte), ni être parmi vous. Parmi ceux qui « en ont droit » pendant que les autres soit ne les ont pas soit sont tués avant qu’un mot sorte de leur poumons et de leur bouche, les « pouvoirs » déjà évoqués voulant la voir monstrueusement déformée par la souffrance qui rend fou, mad, crazy, aliène, folle.
Qui tue, simplement.
Si tu deviens un fou, le monde ne t’écoute plus : et c’est ça de quoi il s’agit, n’est ce pas… ?
… 
Il a manqué très peu pour que je ne me trouve pas parmi vous – « les ayant droits à vivre » – et pour que je ne puisse pas de vous parler.
Très peu aussi – pour que je ne puisse – ni « avoir droit », ni « être autorisée » – ni « être », tout court.
Être – comme vous, vous « êtes ».
Naturellement.
Sans vous poser de la question sur un quelconque « privilège » : car la vie, est-elle un « privilège », une chose qui peut être attribuée par l’autre, contrôlée par lui, proscrite… ?
Faut-il être un « autorisé » – pour pouvoir AVOIR la sienne… ?
Pour pouvoir en DÉCIDER… ?
Pouvoir dire « NON », dire « OUI », dire « ÇA, JE NE LE VEUX PAS » quand tout en nous se révolte… ?

La terre d’aujourd’hui est pourtant un lieu où « être » est devenu une chose pas du tout naturelle.
Ah, cela est naturel pourtant, cela est une chose la plus normale qui existe, vous dites, et quelles bêtises je vous écris… ?
Bien sûr. Votre inconscience est trop grande. Et même, elle est immense et accablante. 

 

***

 

Il n’y a pas de « naturel » aujourd’hui.
Il n’y a que les « autorisations ».
Vous avez une… ? Délivrée par une autorité infectueuse, et devant laquelle vous penchez votre tête comme si devant une divinité de l’Olympe…? Hourrah, vous avez le  d r o i t  à votre vie donc… ! Les véritables heureux.
Mais pas les héros.
…Ne pas  ê t r e  donc… ! Toi, sans « autorisation »… !

…Cela plairait, et même trop, aux governors de toutes les sortes : ceux-là font toujours ce qui est possible pour que la voix de la personne qui a pu voir trop – et surtout de ce qui est le « dessous » des supercheries bien organisées sur le niveau national et supranational – et qui a pu se rendre compte de l’existence du mécanisme – des  t e c h n i q u e s  même – de l’extermination contemporaine, l’extermination « à la douce », de l’extermination par la discrimination nationaliste, sexiste et raciale « au pays qui ne discrimine point » – ne puisse ni sonner, ni être entendue, ni être traitée sérieusement.

 

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Hélas pour eux, cette fois vous avez pu entendre.
J’étais là il y a quelques jours – et j’ai pu chanter « TO DEATH OF THE EXECUTIONERS », j’ai pu choreograph¥er, danser TO DEATH, SABBATH** et THE FOX*** et de mettre la peinture noire partout car la terre sous mes pieds était accueillante.
Ce dernier fait, après les longues années d’assumer les tentatives de l’extermination douce en France, je ressens toujours comme une exception et une chose effleurant l’irréel, malgré que depuis ce temps j’ai recevais les preuves de l’amitié, de l’accueil et de la bienveillance – tout ça étant aussi indicible qu’incroyable.
Après les choses du certain genre et de certain poids – ainsi que de certaine immondice dont l’existence on se rend compte seulement si on la vit – l’état d’esprit que je nommerais la vigilance, l’état d’être aux aguets vis à vis des « autorités » dont l’illégitimité on voit plus clairement si quand on regarderait un ciel à l’aube, reste pourtant inchangeable.
Et c’est très bien comme ça.
La Witch… !, personne ne va te surprendre désormais, personne te voir sidérée : tu es sans un point faible aujourd’hui pour eux – tu ne mourras plus ni de leurs balles, ni de leurs mensonges, ni de leur feintes, des jeux et des stratagèmes qui n’ont jamais de leur fin… !

La Femme maudite n’est plus une Femme.

Hex, Sorgin, Sorcière… ! Voilà ce qu’elle est depuis le temps où ils ont essayé de l’avoir morte – si pas l’avoir pour eux.
À eux, elle ne sera jamais : depuis le premier jour elle leur crachait dans les visages en rêvant de sa liberté quand ils l’emprisonnaient et quand ils tentaient (la « loi » patriarcale est bien pensée et parfaitement mise au point), depuis le premier jour elle les méprisait comme on méprise une immondice la plus grande.

 

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Les mots que j’aurais dû dire parmi les songs de la performance, après les premiers pas de la danse « TO DEATH OF THE EXECUTIONERS », étant déjà sur place, pendant la soirée à laquelle heureusement j’ai réussi d’arriver au dernier moment (voilà la victoire symbolique…), les paroles dont, ayant la conscience du temps qui passait trop vite, et emportée dans les flots de la peinture qui était comme le Sang Noir, je n’ai pas dit – étaient les mots d’un appel.
…Car j’ai failli de ne pas être là – et pas seulement ce jour-là : ne pas être là, du tout, parmi vous – et pourtant, encore vous ne me croyez point quand aujourd’hui je vous parle de l’existence des certains mécanismes, mis tellement bien en place, avec la perfection incomparable avec rien et avec la véritable maestria des professionnels du carnage, perversement – par ceux dont le but est d’amener certaines des « non-humaines » à l’état dans lequel elles deviendront soit les objets de l’usage, soit – sinon – mortes.

 

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Lilith Guerrière dit donc ce qui suit :
– « Ils voulaient me voir morte.
Morte – ou usable.

J’en parle clairement car je n’ai pas de la peur : ni de la mort, ni – il parait – que plus de rien.

Je n’ai pas senti de cette peur d’ailleurs, jamais depuis des années. Sauf, peut-être, une seule fois  – où elle a été près mais où le moment n’était pas bon.
Trop m’était pris, avant – et l’enfer à passer a été trop atroce, cruel, hideux et trop immense – pour que je puisse porter en moi la moindre crainte, l’effroi, quelconque hésitation avant l’acte.
Rien ne m’arrête – et rien ne m’arrêtera plus.
Je SUIS – ce qui est à Faire.
Rien ne m’arrête – avant l’action ». 

 

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Mécanisme – celui de l’extermination.
Douce, lente, invisible pour un œil de l’extérieur, invisible pour ceux qui « ont droit »… à ne pas voir.
On dirait, un mécanisme indétectable.
Si on s’en taise.
Si ceux qui l’ont vaincu – n’en parlent plus.
Mais Lilith – elle va prendre la parole.
Malgré tout.

 

***

 

Drame premier, scène numéro quatre-vingt troisième.
LILITH PARLE.

 

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LILITH :
– « Aujourd’hui, comme je l’ai vécu, et vu, moi-même – comme je l’ai senti sur ma propre peau : le toucher de la mort, l’horreur, l’atrocité de la réalité, la menace… Leurs cris : « Tu seras avilie, abaissée, humiliée, rien ne va te sauver de nous, qui sommes les maîtres du monde… ! », « C’est nous qui décidons de ton sort, ici, maintenant, demain, éternellement…! », « Et toi, tu nous seras un jouet, comme toutes les autres… ! », « Nous ferons tout pour que le monde crache : sur toi et sur ce que tu es – nous deviendrons les gestionnaires – de ton corps, de ton âme, de ton esprit… ! »  – je peux voir ce mécanisme, cette technique – gouvernementale, nationale, patronale – désormais à chaque fois qu’elle se trouve employée.
De ne pas en douter aussi, comme vous le faites – car les choses vous semblent incroyables et trop éloignées de ce qui est votre propre expérience – donc sûrement pas réelles et pas véritables.
Je ne dis même pas combien injustes sentent les personnes exterminées – les telles réactions.
Même si on se rend compte que les réactions du genre sont celles des bourgeois bohème soi-disant, des autres théoristes ou des esclaves apeurés de l’action, des inconscients, des simples idiots, et même si on sait bien que certains se protègent en sécurisant leur conscience par un mensonge imposé comme ils le peuvent… ».

 

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Ce que je voulais dire parmi les songs, les gestes et les arrachements plus ou moins violents de ma performance dernière, aurait été donc les mots : « Regardez, il y a les gens dehors quand nous, on (s’en)chante… ! Il y a les gens exterminé(e)s par la persistance des bourreaux, des législateurs, des servants et des soumis sous l’« autorité » horrifiante, les gens avili(e)s, les gens torturé(e)s, les gens tué(e)s… Et qui – eux, elles, pas comme moi aujourd’hui, et  depuis pas longtemps – ce soir ni peut-être jamais ne pourront être parmi vous.
Avons-nous donc – le droit, nous – à… ÊTRE… ?
…Ne croyez jamais que ce qui vous paraît inconcevable, n’appartenant pas à votre réalité, inimaginable dans votre vie – et  simplement, tout court: inimaginable – n’existe pas. La plupart pensent ainsi, en choisissant cette facilité et le manque de l’exercice cérébral : il est vrai que pas conçu pour les lâches, donc pas pour tous.
Mais est ce qu’être lâche – cela doit être la nature d’un humain… ?

Ne serait-ce pas mieux – si un jour, tous en disaient : « STOP »… ?
…Ne croyez jamais que ce qui vous paraît inimaginable, ne soit pas une chose réelle : une telle conviction vient le plus simplement de la paresse de votre cerveau – et est motivée par une raison tellement basse comme l’absence de l’effort.
…Ne croyez jamais que celui que vous voyez presque-mort, ait « choisi » cet état (quelle pensée parfaitement commode d’ailleurs… – mais combien il faut être perverti pour penser ainsi… ?)
…Ne croyez pas – comme beaucoup de vous adorent de faire – que la personne exterminée « ait son extermination dans sa tête », « qu’elle l’ait inventé » : puisque quand on est exterminé, on le sait bien ; ce sont ceux qui regardent de l’extérieur qui n’en savent rien.

 

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…Ne croyez jamais – que ceux que votre gouvernement a condamné à l’avilissement, à la haine, à la violence, à l’enfer infini et au bonheur qui ne peut que seulement se rêver quand on se trouve dans une cage, à la non-existence, enfin à la mort… À la folie peut-être, avant que cette dernière arrive… ? Aux atrocités de servir comme un objet – à vous… ? Aux traitements inhumains… ? Aux abus que vous voyez sans voir (vous pouvez vous permettre à ce luxe incontestable d’être aveugles), et dont les effets vous achetez avec la joie infantile car tout le processus vous échappe et car cela vous convient autant, parfaitement… ?
Aux… quoi encore…?
…Ne croyez jamais – que ceux qui votre gouvernement a condamné à l’invivable – s’« imaginent » les choses dont ils vous parlent.
S’ILS – parlent.
La vie dépasse l’imagination – et un thriller le plus sanguinaire coule encore moins du sang que le cœur de celui ou celle que les « autorités » veulent voir mort(e), fou/folle, sans âme, sans plus de contrôle de ses sens, sans son esprit et sans son corps.

 

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J’ai dans ma chambre aujourd’hui une carte éditée par une compagnie du théâtre, et qui reste accrochée au mur : car malgré que pendant le temps de l’extermination douce et lente je ne conservais pas des objets, la réalité et les conditions de la vie ne le permettant pas simplement, j’ai sauvé celle-ci en y faisant une exception. Parmi autres. Il s’agit d’un imprime d’un spectacle de la Compagnie Trans Europe Théâtre.
« PERSONNE NE M’AURAIT CRU, ALORS JE ME SUIS TU » – était le titre.
Et bien, qu’on se taise donc… ! C’est ce qu’ils veulent exactement, vos governors – et certains de vou le savent bien malgré toutes leurs attitudes de l’inconscience.
Vous devriez rester bêtes, comme ils ont planifié, depuis le jour de votre naissance.

Vous devriez rester bêtes, somnolants comme vous l’êtes, pas du tout clever, pas brillants, pas éveillés, pas perspicaces, ne voyant pas d’un problème – ou même, le voyant pas là où il se trouve vraiment.
Vous devez considérer que le problème – est l’existence de votre proche : et pas du tout l’extermination tellement habilement mise en route par ceux qui tirent les ficelles de vos vies.
Voilà donc, l’existence de votre proche: qui fait le problème.
Le problème, c’est sa vie près de vous.

Le fait qu’il bouge.
Sa respiration. 

 

***

 

D’ailleurs, ce n’est pas un proche, c’est un usurpateur…!

 

***

 

Vos governors font tout pour que ceux qui ont passé par l’enfer conçu de leurs « lois » basées sur les immondices et les mensonges, ne puissent jamais de vous en parler.
Et vous, les SurVivantes… !
Après tout, l’intérêt de ceux qui ont voulu de vous voir mortes, ne peut être l’autre que celui de vous voir silencieuses, sans mot, sans cri.

– « Taisez-vous… ! »

 

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Vous voir morte aurait été une meilleure solution pour cela – car la plus sure : morte, vous ne parleriez plus. Mais, comme quant à cette chose-là, ils n’ont pas pu de l’obtenir facilement (vous avez vaincu votre propre mort, vous n’étiez pas devenue ni un objet de l’usage, ni une folle qui délirerait dans la rue et y crierait les mots sans sens, ils n’ont pas réussi non plus de vous enfermer même s’ils essayaient à toutes les façons de vous faire vivre les situations qui devraient  vous amener à l’état où cela serait la chose possible) – ce qui leur reste, c’est faire tout ce qu’il faut maintenant : pour vous écorcher de chaque minute, chaque pensée, chaque heure et chaque seconde de votre temps, qui compte pour vous pourtant mille fois de plus que ce qu’il compte pour un être humain dont la liberté de faire n’était jamais violée ni anéantie.
Le temps de votre vie.
Tout cela – ainsi que le processus de l’extermination lente, par la « loi » qui en persiste – est tellement bien mis en place, que le système – il pourrait sembler – n’est menacé par aucun défaut, aucune « erreur de fonctionnement », aucune malfaçon.
En vrai, une personne qui a passé par l’enfer que les gouvernements des pays « civilisés » ont l’apitude d’organiser à un être vivant dont le visage, la tête, la nationalité, le sexe (féminin, combiné avec trop besoin de liberté personnelle: et oui – c’est proscrit encore aujourd’hui, c’est à annihiler sans aucune pitié), la façon de vivre ou les convictions antipatronales (par exemple) « ne leur conviennent pas »… selon ce qui est conçu et programmé, ne doit pas – de sa part – être apte : ni à en parler, ni à avoir d’une vie épanouie, ni à l’avoit tout court et simplement.
…Mais surtout : ni à en parler… !

 

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Faut dire que c’est ici, que le système des governors, de ceux qui vous considérez pour les dieux et qui ne le sont pas (on dirait aussi que bien que ce sont eux, les usurpateurs, mais c’est vous qui leur donnez les armes), s’en occupe de la tâche le plus adroitement : car objectivement, les choses par lesquelles la personne aurait fallu passer sont d’habitude trop atroces, trop inhumaines et de la cruauté indicible pour qu’on puisse s’en sortir sans un traumatisme avéré et garanti.
Et bien, il y a les fous qui s’en sortent pourtant, peut-être puisque – à leur chance – déjà avant vivre l’inhumain ils étaient fous : leur résistance a une insanité à suivre a été donc trop grande.
Même si ne plus humains, ne plus humaines – ils, elles – s’en sortent.

 

***

 

Ils s’agit maintenant de ce que vous ne receviez pas de leurs mots comme décrivant une chose inconcevable donc inexistante, comme une invention « car la réalité ne peut pas être telle : la notre est so different… ! »
C’est en concevant cette différence, vos « rois » – qui gèrent aussi vos vies, vos envies, les décisions pseudovôtres, vos choix soi-disant et votre temps – obtiennent votre obéissance, votre soumission, et – votre accord à l’inconscience ainsi qu’à la désinvolture jusqu’à l’indolence et l’air guignol.
Ils acquièrent en vous un état de vos esprits dans lequel vous suivez les ordres des criminels qu’ils sont, eux : des exterminateurs et des bourreaux des êtres humains.
L’ordre, dans lequel vous croyez en plus comme dans une chose légitime et indiscutable.
Et cette endoctrination – est la plus grande victoire des exterminateurs contemporains.

 

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On vous fait croire que votre proche est votre ennemi : oui, il est « différent » de vous, son papier – délivré par une « autorité » humaine mais que vous traitez comme divine et céleste – ne stipule pas qu’il puisse vivre et qu’il puisse le faire librement, voilà la différence. Vous vous croyez donc « plus autorisés », plus des « droits » aux objets divers que vous possédez sur cette terre vous revienne, dans vos pays qui spolient les pays des autres nations et dans lesquels – d’une langue de l’hypocrisie – vous parlez de la « misère du monde » que vous ne pouvez pas nourrir, vous…
Est ce qu’une plus grande imposture – existe…?
Un plus grand mensonge…?
Un plus grand manque de la honte…?
Dois-je vous dire encore combien vous ressemblez les petits veaux, demeurant en obéissance, sans une pensée qui soit vraiment de vous et à vous, vous qui penchez vos têtes devant vos maîtres et devant ceux qui vous possèdent, vous : en exécutant les ordres qui exigent de vous l’indicible et l’immonde – et qui ne se décrit même plus…?
« Les « autorités politiques »… sont capables de changer la vie d’une personne qu’elles veulent voir Sans Droits, et qu’elles considèrent – ou veulent voir – Pas Humaine (car « Pas Humaines », il y’en a toujours besoin pour que la règne puisse s’exercer sans obstacles) en un cauchemar » – je me rappelle d’avoir écrit ces mots à un artiste, le jour même de la performance.

Envoyé à 12H35, tout avant la répétition du chant qui a dû se faire en deux heures à peine.
Même si j’arrive au dernier moment – car ils se sont tellement bien occupés pour que, surtout si vous voyiez l’enfer donc savez de quoi il est bâti (info confidentielle…!) – vous soyez toujours à court de temps**** – il faut en chanter.
Il faut en danser.
Il faut en parler.
Toutes les révoltées, les Witches, les Sorgin, les Hex, celles à qui on annonce que vous êtes les Étrangères de cette terre, toutes les sortant du Hell que les « lois » des barbus ont programmé pour vous, contre vous – la victoire sera à nous.

 

***

 

« …ET LES SORCIÈRES – CELLES QUE VOUS VOULIEZ TUER,
S’ENVOLENT… !,
DE TOUS LES SABBATHS DE CE MONDE – ELLES S’ENVOLENT
POUR VOUS FAIRE SOUFFRIR
SUR TOUTE LA TERRE,
LÀ OÙ VOUS ÊTES.
VOUS ASSIGNER LA SOUFFRANCE.
À – VOUS.
…POURRIEZ-V O U S
  ÊTRE ÉTONNÉS… ?
POURRIEZ-V O U S  – NOUS REPROCHER.
RIONS, LES SŒURS
RIONS, LES ÉTRANGÈRES… !
RIONS ».

 

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* FRAGMENT DU TEXTE PUBLIÉ DÉJÀ PRÉCÉDEMMENT, ASSEZ VITE APRÈS LA PERFORMANCE – COMME LA PRÉAMBULE AU TEXTE ENTIER. CETTE NOTE A ÉTÉ DIFFUSÉE ENSEMBLE AVEC LES SETS DES PHOTOGRAPHIES, SIGNÉES PAR CÉDRIC BARBIER (www.facebook.com/media/set/?set=a.492270474239792.1073741829.225033570963485&type=1) ET PARTIELLEMENT AVEC LE SET DES PHOTOGRAPHIES PAR ANDREAS CARAISCO (www.facebook.com/media/set/?set=a.305513846294476.1073741832.193336117512250&type=1).
** TOUS LES SONGS SONT SIGNÉS ฿ALLADYNA (LYRICS) & L.O.U.P. (MUSIC).
*** “THE FOX” EST LE TRACK SIGNÉ PAR LE DUO PSUKAÏ.
**** C’est pour l’éventualité si vous aviez trop d’envie d’en parler.

PHOTOGRAPHIES DE CE TEXTE : CÉDRIC BARBIER (PHOTOS & ENREGISTREMENT VIDÉO / SOURCE DES IMAGES) – From ฿ALLADYNA / Théâtre De Révolte’s Performance « NE CESSEZ JAMAIS DE VOUS BATTRE » (WITCH’S SONGS & Choreograph¥. MUSIC: L.O.U.P., Psukaï) AINSI QUE  DE LA “WITCH’S DANCE” (DUO WITH MINUTE PAPILLON, MUSICIENS: CLAUDE PARLE & KARIM N). FÊTE DE LA MUSIQUE 2014 / CASA POBLANO, MONTREUIL, 21 June 2014. ORGANISATION : MINUTE PAPILLON PROD.
LE TEXTE EST ACCOMPAGNÉ AUSSI PAR LES PHOTOGRAPHIES DE CHRISTIAN DEMARE: “INHABITANTS OF THE INTERZONE”, “AT NIGHT #5” & « NOWHERE #29 ».

NOTE: L’AUTEURE DE CET ESSAI – POSSÉDANT UNE SOLIDE FORMATION LINGUISTIQUE UNIVERSITAIRE CONCERNANT SA PROPRE LANGUE ET LES LANGUES SLAVES, SUITE DE LA BATAILLE DURANT PLUSIEURS ANNÉES CONTRE LA GENTLE EXTERMINATION EN FRANCE (ET BIEN, CELA PREND TOUT LE TEMPS) A PU APPRENDRE LA LANGUE DE SON NOUVEAU PAYS EXCLUSIVEMENT À LA FAÇON AUTODIDACTE ET SPONTANÉEE, SANS FRÉQUENTER QUELCONQUES CURSUS. VEUILLEZ DONC ASSUMER LA RÉALITÉ DANS LAQUELLE VOUS ÊTES EN TRAIN DE LIRE  UNE NOUVELLE VERSION DE LA LANGUE FRANÇAISE, ET NE PAS REMONTRER AVEC UNE BASSE SATISFACTION DES ERREURS DE LA CONSTRUCTION DES PHRASES : IL EN EST TROP TARD.


« RESPIRE… ! S’IL LE FAUT – AVEC UN COUTEAU DANS TA POCHE ». QUELQUES MOTS SUR LA RESPIRATION DANS LA SOCIÉTÉ DES ESCLAVES SANS MENOTTES

 

« LE FEU
EN TOI
NE MOURRA, JAMAIS
…TES CHEVEUX NE VONT JAMAIS S’ÉTEINDRE.
RESPIRE
RESPIRE
RESPIRE
CONTRE LES TENTATIVES DE CEUX QUI VOUDRAIENT TE VOIR MOURIR
CONTRE LES TENTATIVES DES BOURREAUX
CONTRE CE QU’ON TE DISE ET CE EN QUOI ON VEUT TE FAIRE CROIRE
RESPIRE…!
RESPIRE…!
RESPIRE…!

S’IL LE FAUT – AVEC UN COUTEAU DANS TA POCHE…
RESPIRE…!

S’IL LE FAUT – AVEC UN COUTEAU DANS TA POCHE…

MAIS…
RESPIRE 

RESPIRE
RESPIRE… !!!
TES CHEVEUX NE VONT JAMAIS S’ÉTEINDRE…

RESPIRE… ! »

 

D-luminositeetcontrastechangesparmoi

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

« RESPIRE » – chanté comme une déclaration individuelle, comme un manifeste et un constat : d’être décidé à tout s’il s’agit de se battre et de défendre sa liberté – est aussi le song appelant à quelque chose dans le sens plus général.
Une révolution… ? Qu’est ce que c’est d’autre – si on crie aux gens : « Vous pouvez vous battre », « Vous pouvez : de ne pas laisser qu’on vous écrase », « Vous avez – les Droits »… ?
Droits Fondamentaux – qu’aucun gouvernement ne devrait être en mesure de vous prendre, en vous niant par cela comme l’humain… ?
Le song – le sang.
La révolution – quoi que vous ne compreniez en entendant ce mot, et quel que soit le niveau de votre compréhension.
Je m’en suis rendu compte de cela un peu plus tard que le song était écrit.
Il était écrit comme un cri venant de mes propres vécus, de mes propres expériences : car oui, on a effectivement essayé de me tuer, même si lentement ; vos gouverneurs voulaient de me voir morte – ou au moins avilie, privée des droits à être humaine, privée des droits qui se nomment fondamentaux – et puis, ne faisant pas du « problème » aux « pouvoirs », aux législateurs-menteurs ni aux exécuteurs des ordres qui comptent pour ces derniers plus qu’une vie.
« RESPIRE » – je l’ai écrite et hurlé après – comme le cri tiré de mes propres expériences, très concrètes, qui m’ont permis de me rendre compte des choses inapercevables pour tous car bien cachées par le législateur, par l’executioner, des choses inimaginables pour ceux qui respirent, et des choses ignobles qui existent malgré être inconcevables.
Et cette conscience – qu’à part de crier à partir des expériences et de mon vécu, qui n’aurait rien du traumatique si pas la politique et la « loi » qui (au pays européen prétendant – à la façon risible, on en est d’accord – que sa culture soit basée sur les valeurs venant du passé révolutionnaire) statue et légitime l’extermination lente des « pas autorisés à avoir une vie »…

…À sentir – quoi que ce soit, à rire, sourire ou à aimer. À ne pas être utilisés, exclus, chassés, traités comme les choses ou comme les êtres non-existants car « cette terre ne leur appartienne pas : cette terre – est : à nous ». C’est qui : « nous » pourtant… ? Vous me parlez sur vos étiquettes et votre drapeau… ? Ne voyez-vous pas que ce drapeau ne signifie plus rien à part de la honte… ? Ne le voyez vous pas… ? Vraiment… ?
V r a – i m e n t… ?
…Cette conscience donc – elle m’est venue les mois ou peut-être les années après l’écriture du chant. Peut-être c’était deux ans après sa première présentation au « Langage des Viscères » aux Trois Baudets à Paris… ? À la fin de mon séjour à l’enfer… ?
Conscience : qu’en criant de mon propre vécu, ma propre décision, inconditionnelle, de me prendre la liberté et de la prendre sans cesse, sans jamais hésiter, arrêter, chaque moment –

je cris d’une chose ayant le sens plus vaste encore.
Je crie à tous.
Cette conscience m’était venue avec encore plus de force ce jour où je passais à côté d’une affiche, collée dans le long couloir du métro. L’affiche du genre dont il y a de moins en moins dans la masse de ce qui se colle sur les murs de ce monde, les « œuvres » hideuses et horribles, qui parlent de la vente et incitent aux achats, si ce soit des corps animaliers ou si ce soit de la chair humaine. Ce que j’ai vu était pourtant une affiche différente de ceux-là. Il s’agissait d’un expo.

– « BREATHE… ! » – criaient les lettres, et qui elles-mêmes avaient l’air hurlant.
Et c’est en ce moment, que j’ai pensé : que tout ça a une liaison indéniable – dont il n’est pas possible de ne pas constater ni en avoir la conscience.
J’étais en train de courir pour – comme on le dit encore – « assurer une prestation ».

Une prestation pécuniaire : dont on parle également « le travail » et dont – malgré que l’esclavage est la chose honteuse – certains crétins en sont fiers.
Depuis le premier moment, en attendant le RER, quand j’ai regardé les gens autour – j’ai eu en moi cette pensée inchassable. Voilà la civilisation des esclaves. Des serfs, des captifs – et qui même ne se rendent pas de compte de ce combien l’ordre dans lequel ils vivent sans vie – l’ordre qu’on leur impose – est pervers et cruel.
Donc à changer, et ce immédiatement.
Pervers.
Pervers.
Pervers.
Esclaves qui en souffrent.

(Ne vous souffrez pas, peut-être, en vous levant chaque matin, dans vos bâtiments du béton quadruples pour aller aux lieux où on vous prend vos vies, vos années, vos mois et vos heures, contre votre autorisation de sur-vivre, pour que vous payiez votre place sur cette terre… ? Car bien… il faut payer… !
Mais payer… – à qui… ?)
Esclaves qui en souffrent – mais qui font « la carrière »… !
Au moins, ils se le disent, pour que leurs cervelles ne disjonctent, et pour qu’ils ne se retrouvent pas les fous à lier.
(« On a besoin des slaves, n’osez pas à devenir fous… ! »)
Esclaves qui en souffrent.

…mais qui n’ont même pas de la conscience de cette perversité qui est devenue une règle.
Esclaves – appris pendant les siècles que leur esclavage soit une raison de se sentir fiers, indoctrinés pour croire que leur status des prisonniers des « maîtres » – soit une base du contentement des êtres assujettis et écorchés…
Huit heures ou neuf heures du matin. Normalement, ce n’est pas l’heure où un humain, un être vivant tout court, sentirait quoi que ce soit qui ressemblerait à un instinct naturel de se mettre à « bosser » pour l’autre (« bosser » pour soi-même, créer selon son envie, suivre sa passion, c’est l’autre chose : mais la chose dont justement nous ne parlons pas ici).

Prendre le métro, manger en vitesse, en courant dans les passages entre les rames dans le transport pour les esclaves…
S’asservir (disons-le clairement et sans euphémismes).
Mais voilà – après cette première violation de ce qui est naturel, après avoir forcé les individus à cet esclavage de couper leu sommeil, de se déplacer pour suivre les ordres (à ceux qui attendent le RER, ou le métro, au matin, ayant les visages pales avec les restes du sommeil qui s’y dessine… il manque des menottes sur les mains pour que la photographie puisse être fiable) – il y a une autre… !
Toute l’industrie est là… !
Les vendeurs du café et des petits pains sucrés (si les esclaves avaient la liberté de ne pas être ici et à ces horaires, ils n’en achèteraient pas du tout de ce shit…  En plus, ils dormiraient encore… Mais là, les « propriétaires » ont eu une bonne astuce aussi. Le glucose contenu dans le shit vendu va direct dans le sang des personnes, l’esclave réagit donc toute de suite : cela le réveille pour les premières heures et fait de se sentir dynamique même celui qui ne dormait pas suffisamment. Après, vers midi, il faudra que les propriétaires de vos corps inventent une autre chose – de là – la pause déjeuner… Voilà vous de nouveau opérationnels… ! Pardon, je voulais dire : dirigeables…), les boulangers, les pâtisseurs, qui avec leurs produits à l’odeur qui réveille et la formule qui fait ainsi…
Servent, eux aussi.
Et puis, les psys… ! « Qu’est ce qu’il ne va pas, mon petit monsieur… ? Vous avez la difficulté de rejoindre le système… ? Ah, ah-ah : le système, qui vous veut pourtant teeeellement du bieeeen… ! Vous n’allez pas bien donc, dites… ? » Ceux-là, plus esclavés encore que les esclaves dont les âmes ils « soignent » par un lavage des cervelles bien pensé, se mettent au travail après toutes les violences que les individus ont subi au préalable.

« La faute, l’erreur – est en vous, les fous… ! »
Combien d’années on peut se lever à l’heure indiqué par un « maître », pas par votre propre corps, combien des nuits se coucher tôt car il faut aller à la boîte (cage, prison, etc.) tôt aussi, et combien des mois il est possible de faire ce que veut de toi quelqu’un autre… ?
Combien des semaines – sans faire de ce que tu rêves de faire, toi-même… ?
N’es-tu pas encore fou, toi, dis… ?
…Il hoche les épaules.
– « Pourrais-je vraiment vouloir quelque chose, moi-même… ? » – il dit. – « Pourrais-je – avoir ma vie, qui soit libre… ? »

 

***

 

Encore une chose : dans le système de l’esclavage tellement bien organisé, dans l’ordre actuel, « le mieux » vit celui qui s’esclave également « le mieux ». Laissons ici à côté l’ambiguïté de ce qui signifient les mots « le mieux » : le mieux – est surtout de souffrir le moins, de ne jamais perdre de son toit, et de ne jamais être vendu avec sa chair contre certains droits basiques que les autres ont sans condition.
Car oui, même parmi les esclaves il y a les différences. Ainsi, l’ordre ignoble est maintenu et persistant. Les propriétaires savent bien jouer : la plupart des servants peuvent vivre dans l’esclavage jusqu’à la fin de leurs vies, sans rébellion ni révolte, comme les chiens habitués à une laisse   – pendant que les autres n’ont que aboyer de la souffrance ou de mourir sur le champ.
Ceux donc qui s’esclavent « le mieux »…
…Portent les costumes bien brillants et s’en vont chaque six mois aux vacances… !
Mais leur souffrance est répartie aux milliers des matinées : des réveils violents à l’aube, visages pales, l’air des soldats à qui il manque que des carabins ou des menottes pour une belle image.
Esclaves privilégiés – comme plein – qui n’ont même d’un ombre de doute que tel est leur sort, tel est le système et l’ordre – et qu’il n’y a pas de salut, ni pour eux, ni pour les autres.
– « Notre vie – n’est pas pour nous… ! »
Car il n’y a pas de l’autre monde.

 

***

 

Vu la soumission de la race humaine, il n’y a pas de l’autre monde.
Il est vrai : il n’y a pas. Et il n’y aura point : tellement longtemps que vous vous soumettriez en attendant des ordres.

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BALLADYNA IN THE STORM : « RESPIRE… ! S’IL LE FAUT – AVEC UN COUTEAU DANS TA POCHE ». QUELQUES MOTS SUR LA RESPIRATION DANS LA SOCIÉTÉ DES ESCLAVES SANS MENOTTES. PHOTOGRAPHIE: STÉPHANIE VIEUXBLÉ (DU PERFORMANCE DU SONG « RESPIRE…! S’IL LE FAUT – AVEC UN COUTEAU DANS TA POCHE » PENDANT « LE LANGAGE DES VISCÈRES » AUX TROIS BAUDETS À PARIS EN OCTOBRE 2011. SOIRÉE ORGANISÉE PAR AMINE BOUCEKKINE. VIDÉO DE LA PERFORMANCE – ENREGISTRÉE PAR CÉDRIC BARBIER – EST ACCESSIBLE ICI: http://youtu.be/AidBErRId3E?list=UUmmUd29OlO1NGD_fqGMJ5YA / LE SONG « RESPIRE… ! S’IL LE FAUT – AVEC UN COUTEAU DANS TA POCHE » EST TÉLÉCHARGEABLE AVEC L’ALBUM « SABBATH. THE BIRTH OF THE WITCH » OU SÉPARÉMENT – CONTRE LE PRIX LIBRE OU CONTRE UNE RÉFLEXION SÉRIEUSE SUR LA POSSIBILITÉ DE LA RÉVOLTE: http://balladyna.bandcamp.com/track/respire-sil-le-faut-avec-un-couteau-dans-ta-poche-breathe-if-the-need-with-a-knife-in-your-pocket

WHERE ARE YOU NOW…?
(“THE MEMBERS OF THE CLUB ONLY”)

 

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PART I
WHERE ARE YOU NOW…?

Chaque jour, tu restais là. Dans les rayons du soleil qui brûlait les têtes des passants : ceux qui ne te regardaient pas, puisqu’ils avaient les choses à voir et à apprendre, dans la poussière de la rue, des rickshaw avec les hommes attelés aux timons comme les chevaux et courant comme les fous car le monde l’est et ne s’en rend pas de compte, dans les cris de joie et d’exhortation de la foule, tu restais en regardant le monde devant toi. Te rendais-tu compte, déjà à ces instants, ayant à peine quelques ans, qu’il était ton ennemi… ?
Toujours près de la même colonne blanche, à la proximité du Musée de l’Histoire Naturelle : grand bâtiment de la renommée mondiale par la porte duquel la masse des visiteurs de toute l’Inde, de l’Asie et du monde entier entraient aux grandes salles, où ils pouvaient voir ce qu’était l’Humain – depuis les débuts de la création de son espèce.

Enfin, presque.
L’histoire de l’évolution.

Sans, bien sûr, des choses desquelles l’espèce humaine ne parle pas, et qu’elle met en silence car elle ne sait pas comment elle pourrait se débrouiller avec, comment les raconter, comment assumer leur véritable sens.


***


C’est étrange – que c’est aujourd’hui, le jour où je me mets à écrire ce texte… – car malgré avoir publié la même photo plusieurs fois – ta photo : en noir & blanc et en couleur, en entier, et enfin recadrée jusqu’au effacer presque tout ce qui t’entourait, pour qu’il ne reste que le portrait, un regard, une main – je n’ai jamais pu exprimer par les mots de ce jusqu’au quel point tu m’as capté et transporté dans ton monde. Tu m’as eu avec le premier regard, le premier geste de ta main tendue : bizarrement et pas conventionnellement sans imploration, ni dans tes yeux, ni dans ta posture, car tu n’étais pas crée pour implorer ni solliciter.

Le monde que je voulais connaître.
Le monde que je portais en moi.
…C’est étrange donc – que c’est aujourd’hui – quand je commence d’en écrire enfin, je tombe sur les choses étonnantes, comme si tout cela devait se lier – ou comme si l’était déjà : lié et associé, une chose avec l’autre, par une logique imperceptible mais évidente, sans besoin de poser des questions. À peine à la veille de poser sur le papier la première lettre de cet article, je passais par la belle rue parisienne, et pour la première fois depuis les nombreuses années j’ai pu m’arrêter sans sentir de la tension, sans éprouver de l’état de l’alerte constante, en respirant enfin l’air frais, sans vivre de l’écoeurement, de la répugnance et de l’aversion toujours sous-jacente donc présente jusqu’à aujourd’hui – tout ça m’étant imposé comme les choses à vivre pendant les années, avec la perversité que seulement les « pouvoirs » de ce monde puissent avoir pendant qu’ils jouent avec les sorts et les vies humaines…
…Calme… ?
– « Ne connais pas… ! », « Ne sais pas ce que c’est… ! »
On t’a pris ton calme… !
– « Je n’en avais jamais, j’ai sauvé ma tête… ! »
L’arrêt momentané donc – cet état de la respiration sans tension, la respiration sans plus de la haine, momentanément, la respiration à laquelle chaque être humain devrait avoir droit si les autres ne l’avaient pris en s’en considérant qualifiés – est tellement surprenant et incroyable que semble appartenir à quelqu’un autre.
Ou à une autre vie.

Mais ici les livres sont parties dans la rue : et devant une librairie tu vois un stand avec les bouquins. C’était un présentoir, plein des titres – mais il n’existait que ce livre : des photographies de Peter Beard, et avec un prologue en première page, la citation de Darwin.

 

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PART II
« THE MEMBERS OF THE CLUB ONLY »

L’Humain… ! A-t-il tellement peu avancé depuis… ?
Tellement peu comme on le voit… ?
À la veille du jour où je t’ai prise en photo, devant ce grand musée de Calcutta, où l’on peut se rendre compte de toute l’histoire de l’espèce et de son évolution, et en dehors duquel on peut comprendre que malgré tout cela les cœurs et les esprits toujours n’ont pas évolué suffisamment, j’ai vu – une presque-nuit – une femme, beauté indescriptible, couverte par la poussière de la rue. La beauté en stade de la destruction, un bébé dans les bras, attente du sommeil. Elle restait allongée devant une porte, et sur cette porte il y avait écrit « MEMBERS ONLY ». C’était la porte du « Lions Club ».
Quelques années plus tard, déjà dans mon autre vie, j’ai photographié presque la même scène devant la porte parisienne du cénacle des « Médecins du Monde ».  
L’Humain – est-il jusqu’au tel point conditionné par les règles : inventés et mises en place pour la perte des uns et pour que les autres puissent vivre mieux en légitimant la destruction et l’avilissement d’une partie de l’humanité par leur propre droit à se trouver dans la situation privilégiée et légitimée par les lois – ces armes des « autorités » et moyens de la discrimination… ?
L’Humain – est-il jusqu’au tel point conditionné par les règles – qu’il ne ressent plus de l’indignation et de la révolte… ?
L’Humain – est-il jusqu’au tel point conditionné par les portes… ?
Faut-il être « membre » – d’un « groupe », pour ne pas être traité comme une bête humaine… ?

PART III
LA LOI – CETTE ARME DES MONOPOLISTES

Et la société – ou plutôt LES sociétés… ?
Elles se sont développées, bien sûr.
Jusqu’au point de protéger leurs « membres » – ceux qui « appartiennent » à l’espèce humaine et peuvent se légitimer d’une affirmation écrite de ce questionnable fait par une « autorité » – des choses risibles, ridicules et absurdes : d’un rien, d’un fantôme inventé à dessein, spécialement pour eux – jusqu’au pont de créer les peurs et de les défendre de la peur elle-même.
Mais il faut être « dedans » pour qu’ils te considèrent pour un Humain – comme eux.
Il faut que tu aies un papier, un titre, une pancarte, une attestation. Une certification, une monnaie ou un billet, et puis une signature de quelqu’un qui sait mieux.
Un acte qui prouverait ton humanité et le fait que tu ressens, que tu souffres et tu rêves comme eux.
Sinon – tu l’es, et tu le seras pour toujours : la bête humaine.
La loi en insiste.

 

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Tu m’as emmené avec toi, small boy de Calcutta, au regard dans lequel je n’ai vu pas encore ni de la haine, ni de la mort – tu m’as mené par plein des rues où je passais après et plein des chemins de ce monde. Tu m’as devenu comme un symbole – celui de l’ordre impitoyable des choses, une métaphore de ce qui se passe autour, dans le silence – et le souvenir de ton visage est devenu une obsession.
Je t’ai vu quand je regardais les hommes, adultes, qui tiraient les rickshaws avec les touristes, comme les chevaux qui passent toute leur vie en attelage, enslavés pour le plaisir des inconscients. Je t’ai vu quand – les mêmes jours – j’avais devant moi les yeux et les visages des mourants, les squelettes, dans l’hôpital Nirmal Hridaj tout près du Temple de la Kalî Noire, Kalîghat. Je t’ai vu même dans les yeux de ces femmes de la gare à Delhi, qui erraient parmi les restes des bananes pourris dans le soleil, et qui mendiaient, dans leurs saris colorés et avec les enfants dans leurs bras – ces femmes qu’on voit toute de suite quand on sort du bus qui lie le train de l’Amritsar avec la capitale. Je t’ai vu malgré que je ne t’ai connaissais pas encore.
Et je t’ai vu quand ici, à Paris, j’ai apprise de la mort d’un jeune rêveur, qui lui non plus n’avait d’aucune « preuve », aucune « attestation » du fait qu’il était l’Humain et qu’il ait donc les besoins physiques comme les autres. Même si ces « autres » ont l’ignobilité de mettre ce fait en question, d’en douter – ou de n’y pas penser.
Paradoxalement, on m’a dit qu’il rêvait de partir à l’Inde. Il pensait qu’il le ferait un jour, enfin – mais le temps a été trop court, les heures parisiennes trop cruelles et les nuits trop froides, vides, remplies de désespoir. En attendant donc, il squattait les lieux, là où il pouvait, sous tous les ponts de la Ville Lumière – mais à la fin, un jour était venu où il n’en pouvait plus.
La Seine l’a accueillit mieux que ses propres frères l’ont su.

Et toi… ? Où te trouves-tu, maintenant… ?

WHERE ARE YOU NOW… ?
Et est ce que tu as pu survivre…?
Si oui – est ce que tu n’avais pas rêvé de mourir quelque part, les heures noires.
Et – si oui – te rendais-tu compte aux mêmes instants, que si tu souffres – c’est l’orgueil et la vilenie de ceux qui prétendent d’être les êtres supérieurs de toi, affranchis à t’adonner les droits humains – ou de les enlever – qui se trouve en cause.
…WHERE ARE YOU NOW… ?!
Où tu te trouves, maintenant… ?!

Quelle est ta vie…?
Est – ce – que – tu – as – pu : Vivre.
Ma tête va se transformer en flambeau… !
Mon cœur n’est plus qu’un brandon.
Attention-explosion. 

 

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TEXT PUBLIÉ ÉGALEMENT SUR LE BLOG « BALLADYNA / SANS FRONTIÈRES » – http://balladyna-sansfrontieres.tumblr.com/post/79673321690/where-are-you-now-the-members-of-the-club14-15 MARCH 2014) & PHOTOGRAPHIES: BALLADYNA IN THE STORM / THÉÂTRE DE RÉVOLTE XXI SIÈCLE. LES PHOTOS SONT DIFFUSÉES AUSSI DANS LE SET « WHERE ARE YOU NOW…? (« THE MEMBERS OF THE CLUB ONLY »). THE BOY NEXT TO THE MUSEUM OF NATURAL HISTORY. CALCUTTA » PUBLIÉ SUR FLICKR (ALBUM « CALCUTTA »: www.flickr.com/photos/balladyna/sets/72157640947457575). LA PHOTO AVEC LA CITATION DE L’Epigraph for « The Descent of Man » DE Charles Darwin: FROM THE BOOK “PETER BEARD”, 2013.

THE CALL FOR A REVOLUTION – PART II. POUR FINIR AVEC LE SYSTÈME DE L’EXTERMINATION MASSIVE / TO FINISH WITH THE SYSTEM OF THE MASSIVE EXTERMINATION

 

Dzisiejszy system – nazywany « mometarnym » : czyli tym, w ktôrym liczba « zadrukowanych numerami serwetek » posiadanych przez ludzkà istoté decyduje o jej rzekomej wartosci, o jej zyciu io jej smierci – jest najwiékszà zbrodnià w historii ludzkosci.

Fakt, ze ciàgle utrzymuje sié przy zyciu nie jest dowodem jak tylko dwôch rzeczy :
sily i monopolu decyzyjnego osôb « u finansowej wladzy » (ktôre – wiedzàc o tym, co dzieje sié na swiecie, nie stajà sié jak tylko eksterminatorami, eksploatatorami, wyzyskiwaczami, katami), a z drugiej strony porazajàcego braku inteligencji, ograniczonego myslenia i braku przenikliwosci ludzkiej masy : ktôra daje sié zindoktrynowac przez swoich wlasnych katôw i wyzyskiwaczy, i ktôra « nie wyobraza sobie » ze jakikolwiek inny system poza zbrodniarskim przyprawianiem milionôw ludzi o smierc – jest mozliwy.

/Le système actuel – « monétaire » : celui dans lequel le nombre des « serviettes imprimées avec les chiffres », possédées par l’individu, décide de sa propre (soi-disant) « valeur », de sa vie et de sa mort – est le plus grand crime de l’histoire de l’humanité/.

/Le fait que ce système du meurtre arrive à être maintenu comme le seul existant prouve deux choses : la force et le monopole décisionnel des personnes « au pouvoir financier » (qui – sachant de ce qui a lieu sur le monde, deviennent par le même les exterminateurs, les exploiteurs, les ravisseurs et les bourreaux), et d’autre part l’absence de l’intelligence accablante, ainsi que la pensée limitée et le manque de brillance de la masse humaine : qui endoctrinée facilement par ses propres bourreaux et exploiteurs, « ne s’imagine pas » que quelconque autre système hors de celui du meurtre sur les milliers des personnes – soit possible/.

« Staline, Mao et Hitler étaient les meurtriers qui ont envoyé les millions de personnes à la mort – MAIS MÊME LES HOMICIDES SYSTÉMATIQUES DES ÊTRES HUMAINS SUR UNE GRANDE ÉCHELLE QU’ILS SONT COMMIS, NE PEUVENT ÊTRE COMPARÉS AVEC CE QUI A LIEU AUJOURD’HUI »*.

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« THE
CALL FOR A REVOLUTION », B. / THÉÂTRE DE RÉVOLTE, XXI SIÈCLE. Citation finale (*) et les images parviennent du film de P. Joseph: « ZEITGEIST – MOVING FORVARD » (2011). Lien pour le regarder: http://www.youtube.com/watch?v=jb1cTRAAzVw&feature=share&list=PLP-Mo2sArLBE5OffzVqfgi_R7EbXcIOtZ). Les autres images issues du film – celui et des autres documents appelant au changement – j’ai mise dans l’album: « THE CALL FOR A REVOLUTION / APPEL À LA RÉVOLUTION / WEZWANIE DO REWOLTY » – https://www.facebook.com/balladyna.detempete/media_set?set=a.199439410222632.1073741836.100004697232756&type=1.

ESQUISSE POUR LE TEXTE « APPEL À LA RÉVOLUTION » / « THE CALL FOR A REVOLUTION » (FRAGMENT)

Première diffusion: August 18, 2013 at 4:57pm
(https://www.facebook.com/notes/balladyna-de-temp%C3%AAte/esquisse-pour-le-texte-appel-%C3%A0-la-r%C3%A9volution-fragment/199482013551705)

 

Tu cours chaque matin ou soir pour t’esclaver, comme le petit âne en cédant ta vie à quelqu’un.
Une corporation…?
Un « patron »…?
Un individu qui – et par laquelle raison… ? car il en a plus que toi… ? – ose de se nommer ton « chef ».
Ou: tu es assisté (donc: humilié) – par un appareil du contrôle permanent : où le gouvernement – par l’intermédiaire de ses chiens encore plus dressés que toi tu l’es (même si cela semble d’être impossible) – te paie en échange les miettes pour te tenir à la vie jusqu’au moment où tu ne pourras plus de t’échapper, et où le nouveau « place du travail » donc de l’enslavement, te serait attribué.
Mais pourquoi tu cours tellement pour tout cela : ce qui ne devrait avoir d’aucune valeur dans la vie – et qui pourtant est devenu le moyen de te transformer en un être soumis, de ta naissance et jusqu’à ta mort profité par la poignée de ceux qui se trouvent en haut de la pyramide… ?
Et toi – chaque jour dans ton costume de merde, ce signe de l’esclavage, comme un tampon d’appartenance contemporain.
Ou – dans ton uniforme de fonction, si tu es assujetti à représenter un shit de marque, bien sûr dont personne n’a véritablement pas besoin, mais que les uns esclaves n’arrêtent pas de produire pour que les autres esclaves l’achètent, contre l’argent gagné des « patrons » qui ensuite la vendent pour avoir encore plus : encore pire.
Et toi, dans ton costard du cadre…? Le rôle qui tellement significativement font monter ton esprit, en t’assurant de ta propre utilité, l’importance, peut-être même de ta supériorité…? Toi, qui pourchasses au matin chaque heure de ta vie perdue – et qui aux mêmes moments te rassures toi-même que ta vie, c’est ça – c’est ça car tu n’as rien que ça et pas d’une autre…?
Et parmi eux tous – toi, une pute (car ça ils ont organisé et considéré pour un travail également : les chiens affamés ont besoin de se désenchaîner après les heures du travail eux aussi) – toi, de ton côté sans uniforme, car dénudée, dépouillée, ou avec une plume dans ton cul, car tu n’es qu’un objet et ce sont eux qui paient…? Tu es ridicule – et eux, ils en jouissent.
Et maintenant toi, l’assisté…!
L’assisté, et qui fais sembler devant toi-même que tu ne l’es pas.
Assisté à qui on dit de « profiter le système » qu’eux, ils ont crée pour te profiter en détournant devant toi la vérité. Toi, qu’eux, ils profitent en échange contre ton obéissance, ton silence et ton dignité, toi à qui on dit qu’ils t’« entretiennent » en te distribuant de la merde la plus minable et salie qui tombe de leur table… ? Pourquoi es-tu suivi, traqué, mis sous le contrôle, traité comme un être qui ne pourrait pas se débrouiller en vivant lui-même – et en vivant vraiment… ? Pourquoi tout ça : pour te faire croire que tu reçois comme une aumône un argent qui en plus en vrai n’existe pas – car ceux qui t’endoctrinent et qui te disent d’être supérieurs de toi, le produisent de rien en jouissant des privilèges, dans leurs cas sans jamais voir la vignette des « assistés » mise sur leurs fronts… ?
Tout ça, parce qu’ils ne sont pas les esclaves.
Eux – ils ONT.
Ils ont les moyens de te prendre ton dignité, ton humanité, ils ont les moyens de se prendre leur propre bonheur et le tien, et le bonheur des milliers.
Eux, ils ne sont pas les esclaves.
TOI, TU L’ES.

***

« Dans un monde où 1% de la population
possède 40% des toutes les richesses et ressources de cette terre,
chaque jour 34000 enfants meurent de la faim et des maladies,
et la moitié de la population mondiale vit avec moins de 2 dollars par jour.
Une chose paraît d’être certaine:
QUELQUE CHOSE ici ne va complètement pas »*.

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BALLADYNA / Théâtre De RÉVOLTE : ESQUISSE POUR LE TEXTE « APPEL À RÉVOLUTION » / « THE CALL FOR A REVOLUTION » (FRAGMENT). PARIS, 18 août 2013. La citation finale et les photographies parviennent du film de Peter Joseph, réalisateur militant américain : « Zeitgeist. Money Governs the World » – à voir ici : http://www.youtube.com/watch?v=Z5SCTP0aLYc

ALERTE…! (OU « COMMENT RAVIVER LA FLAMME »). LA LETTRE (DEVENUE OUVERTE) À TOUS LES ARTISTES ET PAS SEULEMENT*

/J’AI DÉCIDÉ DE PUBLIER CETTE LETTRE – PENSÉE D’ÊTRE AU DÉPART  UN MOT DIFFUSÉ SEULEMENT PARMI LES ARTISTES QUE JE CONNAIS : ET CE SEULEMENT CERTAINS D’EUX – APRÈS EN AVOIR LES RÉACTIONS DE LA PART DES PERSONNES QUE J’APPRÉCIE ET QUI – ELLES AUSSI – SE SENTAIENT CONCERNÉES PAR LES CHOSES QUI Y SERONT DÉCRITES.
J’AI CONSIDÉRÉ QUE LES PROPOS DES CHOSES DONT JE PARLERAI ICI DEVRAIENT ÊTRE DIFFUSÉS LARGEMENT, AUTANT QUE C’EST POSSIBLE.
CAR IL N’Y A PAS DE SILENCE ADMIS – OU AU MOINS IL NE DEVRAIT PAS EN ÊTRE – LÀ OÙ IL S’AGIT DE LA PRIVATION DES HUMAINS DE LEUR HUMANITÉ, DE LA DE VIOLATION DE LEUR DIGNITÉ,  VOIR – DANS LES CAS PARTICULIERS MAIS BIEN EXISTANTS – DE LA MORT/.

????????????????????FICHIER JOINT À CE TEXTE:
« SABLES (CE N’EST PAS L’EAU, LE VENT, LE FEU OU LA TEMPÊTE
– QUI EMPÊCHENT DE VIVRE
ET QUI PEUVENT NOUS TUER OU NOUS ARRÊTER…) »
– clic ici.

Le sujet est grave, et il concerne ce qui – on dirait comme toujours – se trouve d’être un moyen pour causer la malheur de l’autre : si ce soit par les gouvernements, les états, les politiques, les (trop) grands propriétaires, ou les individus qui deviennent les bourreaux des autres grâce à ce qu’ils possèdent et dont l’autre ne possède pas du tout.
On ne sait pas très bien quand cela est arrivé – que la terre, de son état naturel d’être accessible à tous : si ce soit l’être humain ou l’être vivant tout court – est devenue un lieu accessible, pour y vivre vraiment (sans s’enslaver, sans perdre de sa liberté, de sa dignité et de son bonheur) exclusivement pour certains ; ceux qui se sont trouvé la façon de s’approprier les richesses qu’on ne devrait jamais devoir acheter, ou au moins – si achetées par le moyen symbolique de l’échange – on devrait avoir droit à les acquérir tous.
Les richesses qui au départ – ne leur appartenaient pas.
Les moyens de vivre – dont le mot-symbole s’écrit aujourd’hui en singulier : l’argent – pourraient être les moyens qui serviraient à procurer le bonheur de chacun – mais en général, pour la plus grande partie des humains (sans dire des animaux – tués aujourd’hui par les psychopathes et devenus un article de la consommation : car le peuple achète et cela se vend) ils ne sont qu’un outil de leur exploitation, de leur enslavement (travail obligatoire contre l’argent), de leur discrimination (manque du « droit » au travail obligatoire contre l’argent) et de leur malheur.
Souvent – et je ne dis pas ici des univers bien bourgeois, mais des mondes éloignés de ceux-là : parfois à quelques rues, quelques étages, quelques pas ou quelques souffles d’air – l’argent, approprié par ceux qui en ont le droit devient un moyen de la mise à la mort, souvent c’est le moyen avec lequel on prive l’autre être humain de son bonheur – irrécupérable et pour toute sa vie. Je sais bien de quoi j’écris ici, donc je ne veux pas entendre en ce moment en réponse : « Ah, arrête, tu exagères… ! » ; ceux qui m’écriraient les idioties pareilles devraient d’abord devenir les migrants privés des droits fondamentaux au moins pour quelques ans, les vacances compris.

POURQUOI… ?
(LES DROITS
À AVOIR UNE VIE)

 

Pourquoi ce qui aurait dû être une simple monnaie de l’échange, rendant au départ plus facile le partage des biens produits par plusieurs personnes** – est devenu un instrument tellement cruel, décidant des vies heureuses (de ceux qui en ont droit) ou de la vie-avilissement, donc la mort réelle (de ceux et celles à qui ce droit aujourd’hui se refuse)… ?
Pourquoi certains collectionnent les maisons, les appartements et les biens – et certains sont chassés des couloirs du métro qui deviennent les maisons à eux : tels survivoires, dans lesquels les condamnés à la vie des rats ne trouvent même pas de la possibilité d’assurer leurs fondamentaux besoins sanitaires… ?
Pourquoi certains volent en avions d’un continent à l’autre, en changeant les hémisphères avec la vitesse des jumbo jets et même sans en payer des billets de ce plaisir indéniable – et les autres sont tués à l’occasion, par hasard ou sans hasard du tout, pendant qu’ils essayent de se déplacer d’un pays à l’autre par la frontière sous les podwozie du TIR… ?***
Pourquoi les uns achètent les kilogrammes des corps tués des animaux massivement mis à la mort, préparés préalablement exprès pour eux par les esclaves dans les usines de la mort (bien psychopathes quand même, ces esclaves, pour être d’accord à un travail ainsi indigne et révoltant…), aux mêmes moments où on chasse les autres de leurs propres plantations, leur terre étant nécessaire pour les salauds qui vont y récolter le soja servant ensuite à nourrir les bovins destinés à être tués pour le plaisir des premiers … ?
Pourquoi les uns – comme la chose normale – s’accordent tous les droits, avec celui à ne pas travailler en s’enslavant et celui à passer leur vie sans souffrance inclus – et les mêmes personnes osent de dire aux autres que pour eux il n’y a même pas suffisamment de la place – ni pour qu’ils puissent exister, ni pour qu’ils puissent conserver leur santé, ni pour qu’ils puissent aimer, au lieu de haïr car sinon devenir les animaux aux besoins ne dépassant de celles qu’on dit animales… ?
Pourquoi certains n’ont que le droit à être violé(e)s,
pendant que certains ont celui à aimer,
pourquoi certains n’ont que le choix à être acheté(e)s
pendant que les autres peuvent choisir par qui ils/elles,
approuvent d’être touché(e)s et abordé(e)s – et par qui non et jamais,
pourquoi les uns – en XXI siècle
pourrissent toujours dans la rue, y jeté(e)s comme le garbage
pendant que les autres n’hésitent pas à jouir comme chez Orwell, et ils se paient dix putes
(dix vies humaines mises à néant, avilies et détruites)
dans une, la même nuit que ce monde meurt… ?
Meurt… ?
MEURT… ?


***

Pourquoi ce qui aurait dû être une simple monnaie de l’échange – est devenu un instrument cruel, décidant de la vie/non vie… ?

***

Et bien, parce qu’au départ, il ne s’agit pas de l’argent.
Au départ – ou pour mieux dire : ce qui se trouve au fondement – est cette privation des droits – bien planifiée, organisée, et ensuite maintenue par les gouverneurs, s’ils soient officiels ou pas.
Desquels droits je parle… ?
Et bien, des droits à avoir une VIE.

L’HUMAIN – OU UNE VIGNETTE, UN POINT, UN IDÉOGRAMME SUR LA CARTE DE L’EXPLOITATION

Les gouvernements et les grands décideurs ont compris cela très bien et il y a longtemps.
Posséder beaucoup, beaucoup trop – plus que l’autoriserait le sens moral, l’empathie pour les autres, et le simple sens de l’équilibre et de la justice – cela est possible seulement si on enlève aux autres le droit à posséder leur part. Il n’y a pas d’autre moyen : le simple calcul mathématique l’indique et le tranche ici. Si on répartisse trop des richesses au point « B », il ne reste rien au point « A ».
Et seulement grâce à telle manipulation – de traiter l’autre humain comme le simple point – ont survécus tous les systèmes d’exploitation : ainsi dans le passée que les contemporains.

***

L’argent – a toujours été, et est utilisé par les magnats de ce monde pour causer le malheur, le profitage et la destruction des individus – qu’on met précédemment dans la situation de l’esclavage, de la soumission (travail obligatoire) et de l’humiliation programmée (assistanat par les « maîtres-chiens », les assedics, etc).
La discrimination et l’exclusion n’ont pas d’autre source et ne viennent pas des autres raisons que celle-là : avoir plus pour nous.

DISCRIMINATION – PRIVATION DES MOYENS DE VIVRE – MISE À NÉANT DE L’HUMAIN

Au moment où j’étais arrivée en France – sans même envisager à l’époque que je serais contrainte à y rester jusqu’au moment présent – il s’agissait surtout des migrants.
Des discriminés car nous avons les raisons de les discriminer.
Le gouvernement s’est rendu compte pendant ces années-là exactement, plus qu’avant, qu’on peut très bien jouer le rôle d’un protecteur et d’un gardien de providence, en collant sur le front d’un groupe de la société les étiquettes avec les mots : « Sans droit ! » et en discriminant ensuite les individus – en les accusant simultanément de toutes les calamités, de toutes les crises et de toutes les échecs sur le niveau national/international.
C’était bien sûr la chose que je ne nomme aujourd’hui autrement que l’ignoble.
Aujourd’hui pourtant, le gouvernement se prend aux autres : car les migrants, cela n’est plus suffisant pour couvrir le déficit dans le budget – et surtout pour l’expliquer avec habileté suffisante.
Ce ne sont donc plus seulement les migrants, qu’on discrimine, qu’on met dans les conditions invivables, et qu’on essaie de rabaisser au préalable pour qu’ils soient plus plastiques, ductiles et malléables : aujourd’hui, on le fait avec tous ceux qui – à la façon peut-être trop visible, dérangeante  et détectable pour le système – ne font pas de la partie du troupeau qui coure chaque matin aux usines à la viande – si elle soit humaine, animale ou celle des anges qui ont tombé ici à la gueule directement du ciel.

***

La très courte période des quelques jours derniers a été pour moi un temps où j’ai pu me rendre compte clairement du fait, que – bien que les artistes en France se trouvent dans la situation incomparablement confortable à côté des migrants, et je dis ici de ceux à qui le système refuse même leurs Human Rights – les artistes français et vivant en France se trouvent de plus souvent dans la situation des personnes privées des moyens pas seulement pour la création, mais pour la vie tout court.
En bref – les artistes français, ou vivant en France – sont les individus dont les vies oscillent souvent sur la frontière de la merde – et je ne trouve même pas de l’autre mot qui exprimerait à la meilleure façon ce qui devrait être dit ici.
On n’a pas des moyens pour se soutenir réciproquement en lutte contre le système économique qui promeut les actes ayant pour le but le gain d’argent – comment peut-on rêver d’avoir les moyens pour créer, mettre les créations en œuvre, organiser, montrer, exposer… ?
– Et hourraaaah… ! Le système a eu ta peau, l’artiste insoumis… !
– Et bien, non – je dis. – Pas encore.

PAS ENCORE

« Les artistes français, ou vivant en France – sont les individus dont les vies oscillent souvent sur la frontière de la merde » – et la vérité est que cette merde-là… est bien planifiée, organisée et maintenue par le gouvernement.
Un exemple… ?
Les personnes – et il s’agit bien du milieu artistique – avec lesquelles je travaille for the money  (ayant en plus la conscience que ce travail, comme chaque travail obligatoire pour assurer la survie de l’individu qui l’exerce – est un esclavage : mais encore c’est de s’enslaver le moins possible en comparaison avec les autres… ha : « emplois ». {Au diable : « Je ne suis pas un Objet : qui aurait un « emploi »!}) ont été augmentées en cours des années UNE seule fois : seulement puisqu’elles se sont battues comme les folles, et augmentées avec une somme n’ayant rien à voir avec l’augmentation réelle du coût de la vie. Le mépris du gouvernement et des décideurs envers les individus est de plus en plus visible, apercevable, lisible dans les mots et même lisible sur les visages des magnats qui piétinent les corps des humains jetés à la rue, dépouillés de la dignité et privés des droits à l’existence humaine.
Donc, celui qui me dirait que cela n’est pas, et qu’il n’y s’agit pas, de la merde organisée – serait raillé sans hésitation de ma part à la même minute où il prononcerait ses mots.
La merde organisée est un fait.
La merde où ceux qui veulent avoir 1000 fois autant qu’un humain peut utiliser en cours de sa seule vie, font mourir les autres : l’équilibre est endommagé et détruit par les bastards qui s’en fichent de la mort, des saloperies qui touchent les autres, pas eux-mêmes, des abus, des viols qui suivent les situations où un humain, une humaine, n’a même droit de crier « NON » car on le/la prive des droits humains d’abord.
Avant, comme j’ai dit – tout cela concernait exclusivement les « Sans-Droits » : que le gouvernement, pour légitimer et expliquer l’ignominie de l’exclusion, a appris de nommer « Les Sans-Papiers », l’expression autorisant tout.
Mais aujourd’hui, ce qui a lieu, touche de plus en plus des gens – et le fait que cela touche d’abord les artistes a pour la première raison ce que ceux-là sont souvent « pas vendables ».
Une autre raison est celle que le gouvernement se rend très bien compte qu’un artiste qui ait de la force et les moyens (et hélas, ici il s’agit des moyens financiers d’abord car sinon l’artiste se trouve privé même des outils de sa création), peut faire brûler ce monde avec une seule étincelle qui s’allumerait d’abord et qui irait jusqu’à la flamme – celle qui emporte toute la saleté avec les têtes des gouverneurs compris.
Ce n’était pas sans raison, qu’en Pologne stalinienne on emprisonnait d’abord… les artistes et les intellectuels : on le sait bien, et les pouvoirs en France savaient tout ça aussi ; ils ont fait donc tout le nécessaire, on pourrait dire au préalable, pour dépouiller les artistes de leur potentiel, de leur volonté de la non-soumission, de leur désir de changer ce monde et de le voir plus juste (« Si tu as ce désir-là – pas de subvention et dans tous les cas la foule que nous avons apprise d’avoir soif de l’« amusement » au lieu de l’art, ne voudra même pas te voir… !).

À QUI LA FAUTE
(DÉMUNI
– DÉPOUILLÉ – …DÉSARMÉ…?)

En réponse à mon message privé en cours d’une échange avec quelques personnes il y a deux jours, et qui a déclenché l’écriture de ce texte, j’ai pu lire les mots d’un artiste pour lequel j’ai une immense appréciation, et dont la contribution dans la création à Paris (et même je peux dire qu’en France, car il n’y a pas de cela au pays entier) est indéniable.
Ce que j’ai pu lire, de ce personnage qui un jour va se trouver sans doute dans le Wikipedia et les historiques d’art/création à Paris, étaient les mots : « Je suis démuni ».
J’ai été écoeurée par ce constat. Et écoeurée car je considère qu’il est inconcevable d’entendre cela de la bouche d’un artiste, un écrivain et un grand homme qui n’a jamais dans sa vie arrêté de créer.
Je considère que c’est indicible – et que cela ne devrait pas avoir droit d’exister.
Mais ici, on revient de nouveau au point de départ : QUI, au monde d’aujourd’hui, et aux humains d’aujourd’hui – accorde les droits.

***

Même si on vit Without Human Rights  – on peut combattre.
On peut créer.
Il faut être crazy pour ça, mais on peut, et personnellement je peux dire que l’expérience dans la lutte pendant le temps Without Human Rights  m’en a préparé superbement en changeant visiblement en machine du fer et de la guerre – mais je sais qu’il y a les gens, pour qui l’indicible est encore plus grand, et pour qui l’enfer est encore plus immense que celui que j’ai connu et connais. Les gens, pour qui l’enfer ne dure pas quelques jours ni même quelques années. Ni huit – comme je pensais que ce serait pour moi, ni dix – comme je m’en suis rendu compte ensuite, ni treize – l’état de compte d’aujourd’hui.
Je sais qu’il y a les gens pour qui LA VIE ENTIERE est comme l’infini enfer.
Plus grand que je connais.
Plus grand que tu connais.
Et est ce que c’est humain… ?

***

…J’ai écrit donc ce texte pour dire cela : LE MONDE VA MAL.
Mais ce n’est pas « le monde » qui va mal : c’est L’HUMAIN – qui va mal, c’est sa tête, son âme, son estimation de ce qui est admissible, dicible, de ce qui n’est pas encore un crime, et de ce qui n’est plus qu’un acte ignoble et infâme.
Aujourd’hui, ON TUE LES GENS DANS LA RUE, et on les tue très « doucement », cela se fait bit by bit,  cela se fait graduellement – et personne ne proteste, personne ne crie, personne ne s’arrache des cheveux.
Jusqu’à que le crime ne touche elle-même, personne.
Les gens marchent dans les mêmes rues, tout près, en se disant que « c’est comme ça », et que cela doit durer, et les gouvernements jouissent en s’achetant les putes, les putes se suicident après quelques années, ou elles sont tuées, et les hommes démunis rivalisent pour un sandwich contre les rats sous les ponts à Paris.
FAISONS QUELQUE CHOSE.
CE GOUVERNEMENT N’EST PAS HUMAIN.
AUCUN NE L’ÉTAIT.
IL N’EST PAS, ET NE JAMAIS ÉTÉ HUMAIN – SAUF SI ON SE DISE QUE HUMAIN SIGNIFIE IGNOBLE.
Il y a Urgence.
Urgence.
URGENCE.

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BALLADYNA STORM / THÉÂTRE DE RÉVOLTE, 29 JULY 2013
(TEXTE DIFFUSÉ : 4-5 AOÛT 2013).
PHOTO: CÉDRIK.B (FESTIVAL « RESPECTONS », PARIS).
FICHIER JOINT À CE TEXTE:
« SABLES (CE N’EST PAS L’EAU, LE VENT, LE FEU OU LA TEMPÊTE – QUI EMPÊCHENT DE VIVRE ET QUI PEUVENT NOUS TUER OU NOUS ARRÊTER…) » – http://www.deezer.com/track/64035467.

* La lettre publiée ici est une copie envoyée aux artistes le 29 juillet 2013, et comporte les modifications nécessaires pour la rendre publique (effacement des propos privés, etc.).
** Même si on se rend compte qu’on dit ici de ce qui « pourrait être », et d’un concept idéal déjà au départ détourné à leur avantage par certains décideurs et ceux qui voulaient se nommer les maîtres du monde…
*** Podwozie du TIR (polonais) – partie basse du camion, entre les roues et le réservoir au carburant, où – pour voyager – s’accrochent les personnes pas autorisées à se déplacer sur la terre, et touchées par l’interdiction de vivre là où elles le souhaitent ou ont besoin.